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des bâtiments affectés spécialement à la collation du baptême: ils étaient de forme ronde* et dans le fait ce n'étaient que des bassins assez spacieux, recouverts d'un dôme; on y montait par trots marches , et l'on y descendait par quatre degrés. Saint Isidore reconnaît déjà un symbolisme dans ce nombre septénaire , et il pense qu'on voulait ainsi désigner les sept dons du Saint-Esprit. Néanmoins , il n'était pas de régie que le baptistère formât an éditice à part. Assez fréquemment oo voit qu'il était sous le même toit que l'église elle-même; tel était celui de Keiras lorsque Clovis reçut le sacrement de Baptême des mains de saint Bemi. C'est principalement en Italie que les baptistères étaient isolés. Déjà , du temps de saint Ambroise , ils avaient pris un tel développement, qu'on Ifur appliquait le nom de Basiliques. Nous lisons en effet que ce saint évéque expliquait la doctrine chrétienne dans la basilique du baptistère. Les peintures qui ornaient ces édifices étaient ordinairement des images de saint Jean-Baptiste, et au-dessus était suspendue une ûgure d'or ou d'argent représentant la colombe qui s'était reposée sur la tète de Jésus-Christ lorsqu'il fut baptisé par le saint précurseur.
Lorsque les prêtres chargés du gouvernement des églises subsidiaires de la cathédrale , sous le nom de Paroisses , furent in* reslisdn droit d'administrer solennellement le baptême , chacune de ces églises eut son baptistère , mais généralement ce ne fut plus an édifice séparé. On destinait à cet usage nn espace ménagé au vestibule ou dans la partie appelée Narthex, entre la porte principale et la nef, mais on affectait de le placer à gauche. Ces anciens baptistères, quelle que fût leur position , peuvent être regardés autant de chapelles dédiées à saint
-Baptiste. On y élevait des autels , on y plaçait des reliques des saints, on y allumait des lampes ou des cierges. Les Grecs appelaient ces lieux des illwninatoires , parce qu'on y recevait les lumières de la foi. On les trouve quelquefois désignés , chez les Latins, sous le nom de saïes baptismales, sels baptismaux. Il est peut-être à regretter que le lien destiné à la collation du baptême ne soit plus l'objet d'une si grande vénérai, qni donnait aux peuples nne haute de ce sacrement. Il est vrai qu'au temps où les baptistères étaient une partie de l'église si importante, le baptême était conféré par immersion, et il fallait alors nécessairement on endroit assez vaste pour y placer le bassin plein d'eau baptismale et renfermer un assez grand nombre de personnes dans certains baptêmes solennels, etc. Lorsque le baptême d'infusion se fnt répandu et fut même devenu , en Occident , la règle exclusive, les grands baptistère» des premiers siècles durent insensiblement disparaître : il ne (allait plus qu'un vase de médiocre grandeur pour contenir l'eau baptismale , et ce vase devait en même temps être à la portée i)e la mata pour y puiser. On put varier de aille manières la forme de co vase et de son
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support, et le placer part jet où l'on jugea â propos. Néanmoins , une règle assez généralement suivie a marqué la position des baptistères au coté gauche et au fond des églises, près la porte: celte règle s'explique par lo cérémonial même du baptême , qui veut que les exorcismes se fassent sous le porche extérieur, et qu'on introduise ensuite le catéchumène dans l'église. Le point le plus rapproché et la partie gauche après avoir dépassé la porte, sont ce qu'il y a de plus commode dans cette introduction silencieuse et pendant laquelle le prêtre, ayant le livre à la main droite , lient Vétole sur la tête du catéchumène avec la main gauche.
Depuis la dégénéralion des anciens baptistères en simples piscines baptismales , les Conciles se sont occupés de faire des règlements sur cet objet. Celui d'Aix , en 1d85 , ordonne que les fonts soient recouverts d'une manière décente; en effet, presque tous les fonts baptismaux des seizième , dixseptième et dix-builième siècles sont surmontés d'un petit dôme en bois, qui rappelle assez heureusement les antiques baptistères bâtis en forme circulaire ol couverts d'un dôme. Aujourd'hui on ne consulte pas assez les vénérables traditions des siècles antérieurs, et la construction ainsi que ta décoration et les accessoires d'un baptistère sont abandonnés à la capricieuse habileté d'un artiste nullement initié aux anciennes formes. Assez fréquemment, dans les campagnes, c'est une simple armoire praliquce dans l'épaisseur du mur qui remplace des fonts en pierre couronnés d un couvercle pyramidal, qu'on a détruit ou laissé tomber.
Selon les règles liturgiques , le baptistère doit être, autant que possible, dans uni' chapelle fermée d'une grille. Les tableaux qui peuvent y être placés doivent préférablement à tout autre sujet retracer le baptême de Notre-Seignenr , et d'autres traits de l'Histoire sainte qui s'y rapportent. Le vaisseau contenant l'eau baptismale doit être, selon le Bituel de Toulon, de plomb ou d'étain ; s'il esl en cuivre , il doit être soigneusement étamé. Celte prescription est bien différente de celle que fait Durand do Mende , lorsqu'il dit : Débet esse fons lapi* deus , etc., « le baptistère doit être de pierre, a car c'est de la pierre que jaillit l'eau , pré- « sage du baptême : linbapiismiprœsagium. Il ajoute que Jésus-Christ , qui est la source d'eau vive, est en même temps la pierre an* gulaire. 11 est bon de se conformer pour cela aux règles diocésaines.
Chez les Grecs, les baptistères sont des cuves ou grands bassins de pierre, assez souvent placés à droite , entre la nef et la principale porte; ils ressemblent beaucoup aux anciens baptistères que nous avons décrits, et cela doit être, puisque les Orientaux ont retenu l'usage de baptiser par immersion.
(Voyejt BAPTÊME, SEM1IMB SAl.VTR , ttC.1
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LITURGIE CATHOLIQUE. Uo