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certains prêlres qui pouvaient présenter do légitimes motifs pour en obtenir la concess u>n. Saint Pie V d'ailleurs le déclara aboli a jamais quand il publia le sien, qui était obligatoire pour le monde entier, et qui n'était, que l'accomplissement des décrits du concile œcuménique de Trcn'e.
A l'occasion de ce dernier, nous croyons mouvoir émettre notre opinion, sans blesser F* sentiment de personne, et en respectant les susceptibilités les plus légitimes. On a voulu quelquetois absoudre du reproche de diversité les Bréviaires diocésains de France, en disant qu'il était convenable que chaque F.çtise eût son type spécial, et que celte variété d'Offices, tous parfaitement orthodoxes, donne à 1 Eglise gallicane un aspect pittoresque. Pour notre compte, nous ne voyons pas trop que le catholicisme en France gagne beaucoup de dignité à s'isoler de l'Eglise mère, et de celles d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie, d'Irlande, etc., qui parlent toutes la même langue liturgique, récitent la même Prière , lisent les mêmes Homélies et les mêmes légendes. S'il s'agissait d'une Liturgie particulière, comme celles de Milan, de Tolède ou Mozarabe, des Grecs-unis, des Arméniens, des Cophtes, etc., le reproche de diversité serait mal fondé. Ces antiques Liturgies sont des monuments respectables qui fhurnisscnl des preuves de l'unité de doctrine xUns tous les temps et dans tous les lieux, liais c'est au sein même de la Liturgie romaine que celte variété se fait remarquer. Celte variété ne scmble-t-ellc pas tendre à rompre ce lien d'unité qu'il faudrait au contraire resserrer de plus en plus, au moment où l'esprit d'innovation s'efforce de le relâihr et de le briser? Sans doute, chaque diocèse doit posséder son Propre des saints et ses fêles locales. Est-ce qu'il n'en a pas élé ainsi constamment? Nous ferons même une concession plus large, et nous ne ferons en cela qu'abonder dans un sens très-catholique, puisqu'elle est consacrée par la Bulle de publication du Bréviaire romain de Saint Pic V.- Si la France fût restée fidèle à ses anciens usages diocésains, pour lesquels elle pouvait juslifler d'une possession de plus de deux cents ans, celle diversité resterait inattaquable; mais, encore une fois, au dix-huitième siècle, en a-t-il été ainsi, et l'inauguration de Bréviaires entièrement neufs, n'at-ellc pas donné lieu de soulever la grave question du droit liturgique? Depuis le commencement du dix-neuvième siècle jusqu'à nos jours, la publication de nouveaux Bréviaires est venue aggraver, oserons-nous le dire, cette position exceptionnelle de l'Eglise de France. Nous faisons les vœux les plus ardents et les plus sincères pour qu'à l'avenircellclendanceà rédiger de nouveaux Bréviaires rencontre une insurmontable barrière dans la sagesse de nos prélats. Le moment est venu de se rallier autour de la mère de toutes les Eglises, qui leur porte l'affection la plus tendre , cl pour elles la plus salutaire. Quelques diocèses de France possèdent encore le Bréviaire romain ; qu'ils le Liturgie.
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conservent piécieusemenl comme la prunelle de l'œiL Nous ne voulons ajouter aucune foi à certains bruils d'abandon du Rit romain, pour un Kit plus ou moins rapproché du parisien. Ne serait-ce point rétrograder dans celte voie d'unité dont on doit sentir plus
Sue jamais les inappréciables avantages ? ous avons le bonheur de signaler le diocèse de Langrcs qui vient, en 1840, d'accueillir le Rit romain, digne successeur des Rites variés, qui actuellement se partageaient celte Eglise.
Les nouvelles éditions du Bréviaire de Paris, depuis le concordat de 1802, n'ont fait que très-peu de changements à celui de Vintimille. Il est vrai qu'on y a ajouté les Offices établis dans l'Eglise depuis 1736, et notamment celui du Sacré-Cœur. Quelques festivités ont repris l'Octave que le dix-huitième siècle leur avait ravie, et par conséquent un degré supérieur. Nous devons surtout rendre justice à celle édition nouvelle, en la louant d'avoir replacé au rang de solennel-majeur l'Office de saint Pierre et saint Paul avec une Octave. Il faut espérer que les diocèses qui, à l'instar de celui de Paris, avaient abaissé au rang de solennel-mineur celle festivité, imiteront le Rit parisien. 11 est à regretter néanmoins que la Conception de la sainte Vierge, qui a repris récemment à Paris le rang de solennel-majeur, n'y ail pas recouvré son Octave, que le Bréviaire do Hariay ne lui avait pas ravie. La fête de saint Joseph, que le Rit inauguré par Charles de Yinlimille avait placée au 20 avril, a repris, conformément aux Bréviaires de saint Pie V et de Harlay, sa place au 19 mars. On reproche pourtant au nouveau Bréviaire des suppressions intempestives de quelques saints. Espérons que graduellement on reviendra à ce qui fut abandonné, cl que
fieut-élre un jour on sentira le besoin de 'unité dans la prière comme dans le dogme, sans abroger ce que les Eglises particulières peuvent posséder de véritablement vénérable en fait de pure antiquité liturgique.
VARIÉTÉS
Il existe une pièce fort curieuse. C'est une consultation des docteurs de Sorbonnc, en réponse à la question du chapitre de Notre- Dame de Paris, pour savoir s'il était opportun de recevoir le Bréviaire de saint Pie V. Elle est de l'année 1583. Dans cette consultation il est fait un grand éloge de la variété qui est l'objet de la prédilection divine. La puissante cl sage providence de Dieu, y est-il dit, éclate surtout dans l'harmonie et l'accord de choses diverses el contraires. La raison inférieure, ou humaine, doit s'harmoniser avec la raison éternelle qui , dès la commencement , a placé la diversité dans la disposition de l'univers, en sorle qu'il en résulte une concorde discordante: Ut sit concordia discors. Les docteurs soutiennent
3ue l'unité de prières diminuerait la gloire c Dieu, le culte des saints et l'édinVatiort mutuelle et exemplaire des chrétiens, et que
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l'acceplation du Bréviaire romain porterait une grande atteinte à l'autorité des évéques et des diocèses. Les docteurs ne voient point dans le fêle oui pousse certains personnages a provoquer l'acceptation du nouveau Bréviaire de Uomc la piété simple et sincère, mais la ruse et la politique avant tout ; ils font de cela leur affaire personnelle, et y cherchent leur intérêt. La Reine, continuent les docteurs, se tient parée d'ornement $ variés, à la droite de son époux. Après plusieurs autres considérations , les docteurs s'écrient : « Pourquoi adopterions-nous le Bréviaire « romain que nous avons vu en peu d'an- « nées trois fois changé et abandonné? A < l'avénement d'un autre pape, il faut peut- « être s'attendre encore à un nouveau Bré- « viaire. » Ils veulent qu'on se contente de corriger les Bréviaires diocésains, s'il y a lieu, mais qu'on ne les abandonne pas. Nous ne devons point omettre un passage que le lecteur pourra traduire : Non ceaat crista Gallica romano supercilio, non enim hic dereligione, sed de superbia astuta agitur... Dixit antiquitas quod major est orbis Vrbe : Hic vero Urbs orbem tentât complecti et sibi
subjicere. . "
La consultation que nous examinons insiste principalement sur l'inconvénient qu'il y aurait à supprimer plusieurs festivités lacales que le nouveau Bréviaire romain n'admettait pas. Ainsi les curés et les prédicateurs ne pourraient instruire les peuplessurla vie de ces serviteurs de Dieu s'ils n'en connaissaient pas les légendes.
On no j>eul s'empêcher de reconnaître que les docteurs exagèrent les avantages de la variété liturgique. S'il fallait poser en principe cette diversité de la prière publique, il faudrait donc que chaque diocèse, nu moins, se fit un Bréviaire et un Missel qui ressemblât le moins possible aux livres liturgiques de chacun des autres diocèses, et plus il y aurait de diversité , plus l'édiGcation serait grande et féconde dans l'Eglise de Jésus- Christ; ce que n'entendaient pas néanmoins les docteurs. Nous n'avons pas besoin de Faire remarquer la faiblesse et même l'inconvenance des autres raisons alléguées. Mais la bulle du pape ne faisait pas elle-même une stricte obligation de prendre le nouveau Bréviaire. Il suffisait de se prévaloir d'une possession séculaire de plus de deux cents aus. Or l'Eglise de Paris était dans ce cas exceptionnel comme plusieurs autres. Il s'agissait donc seulement de s'appuyer sur cette prescription, et de corriger le Rit parisien, si cela était nécessaire. C est ce qui eut lieu. Mais, malgré l'éloiguement qu'on semblait manifester pour les livres romains, les commissaires délégués corrigèrent tellement le Bréviaire de Paris, qu'ils le rendirent presque identique avec celui de saint Pie V. L'ancien Romain-français fut donc abrogé, et nous pouvons assurer que ce fut là une inconséquence à laquelle on ne devait guère s'attendre. L'Eglise de Paris abjurait donc ftiasitia prérogative, que le Pape l'autorisait acousurver; cl, loul en protestant qu'elle
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voulait jouir de son droit, ello le répudiait. Il esl probable, néanmoins, que la consultalion de la Sorbonnc n'avait pas été goûtée par Tévéque de Paris, Pierre de Gondy, ni par les chanoines de son Chapitre. On ne peut expliquer autrement cette anomalie.
Les autres diocèses de France se conformèrent presque tous à la bulle du pape, cl acceptèrent le nouveau Bréviaire, les uns purement cl simplement, les autres avec des modifications. 11 est bien entendu que partout on conserva le Propre des festivités diocésaines, et dans plusieurs, certains usages particuliers. Lyon, à peu près seul de tous les diocèses de la France, selon les limites qu'elle avait en ce temps-là, resta, à peu de chose près, fidèle à son antique Rit. Parmi les diocèses de ce royaume, près d'une moitié prirent le Bréviaire romain , en faisant imprimer à part un Propre particulier; les autres conservèrent le litre de la ville épiscopale, en ajoutant les mots : Ad formam Breviarii romani, ou bien juxta decretum Coneilii Tridentini. Ainsi la France entière, pendant le dix-septième siècle, se conformait à peu près à la Liturgie et au Rit de la mère de toutes les Eglises, et jamais la conformité n'avait été aussi voisine de l'unité totale et complète.
L'inauguration du Rit de Harlay, à la fin du dix-septième siècle, donna le signal de l'affranchissement de la liturgie purement romaine, comme nous l'avons dit, mais il y cul encore jusqu'au delà du milieu du dixhuitième siècle assez peu de diocèses qui suivirent l'impulsion. C'est à celle dernière époque que l'exemple de la capitale exerça une puissante influence sur les diocèses de la France. Le Bréviaire de 1736 fut embrassé dans un grand nombre d'Eglises, dont plusieurs avaient ou un Rit particulier, ou la pure Liturgie romaine. Nous laissons à d'au» très le soin d'examiner si cette adoption était conforme au droit liturgique. Toujours est-il certain que le saint-siége ne fit entendre aucune réclamation. Nous connaissons trop l'esprit éminemment catholique de la France et des prélats qui la gouvernaient en ce temps-là, pour ne pas être intimement persuadé que si la chaire pontificale eût improuvé l'abandon des Rites anciens pour prendre celui de Paris, la déférence envers la mère de toutes les Eglises l'eût emporte sur les considérations locales ( Voy. liturgie).
Nous avons parlé dans le troisième paragraphe de l'Antienne du Magnificat pour la fête des saints Apôtres Pierre et Paul : l'Antienne substituée dans le Bréviaire parisien à celle du Rit romain se trouve dans celui-ci, aux suffrages des Laudes, pour les mêmes saints Apôtres : Gloriosi principes terrœ quomodo in vita sua dilexerunt se. ita et in morte non sunt separati. Le texte est le même, avec la seule variation dans les termes latins qui le traduisent de l'hébreu. Ainsi donc le Bréviaire de Rome, comme celui de Paris, applique aux princes de l'apostolat les paroles du