BULLE
Celle expression dérive du latin bullare qui signifie sceller. Son origine étymologique lui vient de la forme ronde du sceau appliqué. Le sceau delà Bulle représente d'un côté les têtes de saint Pierre et de saint Paul, et de l'autre le nom du pontife régnant. On pense que ce sceau fut mis en usage pour la première fois par le pape Sylvestre 1". en 314. Il n'a pas toujours porté la représentation dont nous avons parlé, on en cite un de Clément VII ouest figurée seulement la téte de saint Pierre, avec l'inscription S. P. A. S. P. E. ALMA ROM A.
Par extension, on donne le nom de Bulle à l'acte lui-même qui en est scellé : cet acte est écrit en latin sur un parchemin brut, en caractères gothiques et lombards pareils à ceux qui étaient en usage à l'époque où les papes faisaient leur résidence à Avignon, et on n'y voit ni point ni diplitîiongue. En téte est le nom du pape régnant avec la qualification de JCpiscopusttervus servoritm Deiad perpeluam rei memoham. Ces derniers mots ne figurent que lorsque la Bulle est donnée pour statuer quelque chose qui doit rester stable. Quand elle s'adresse à un particulier, au lieu de ces mots, on écrit les noms et les qualités de la personne à laquelle elle est adressée.
Nous devons présenter quelques détails
Soi se rattachent maintenant à la Liturgie, 'est de la Bulle in Cœna Domini que nous voulons parler, et qui se lisait, tous les ans, le Jeudi saint, avec appareil. Cette cérémonie se pratiquait de la sorte. Le souverain pontife, le sacré collège et toute la cour romaine y assistaient. Un auditeur de Rote, montait sur la loge du Vatican et lisait la Bulle en latin. Un cardinal diacre la lisait, après lui en italien. Quand celte lecture était terminée, le pape jetait du haut delà loge sur la place une torche de cire jaune allumée. On attribue l'institution de ce cérémonial, et la Bulle, au pipe Martin V. Le pape Jules 11, en 1511 , déclara que celle Bulle avait force de loi , tt Paul III, en 1536, se réserva l'absolution dei
censures fulminées par ladite Bulle. On y prononce des peines ecclésiastiques contre ceux qui sont coupables d'hérésie, et ceux qui les soutiennent , contre ceux qui falsifient les Bulles , ou autres lettres apostoliques, qui exercent des violences contre les prélats, qui font métier de pirates, ou qui atlentent à la juridiction ecclésiastique. Grégoire XIU y ajouta les appellations à un futur Concile contre les décrets pontificaux: il y était encore question de la limite des deux puissances et de l'exemption des tributs en faveur des ecclésiastiques. Plusieurs souveraius protestaient contre celle lecture solennelle de la Bulle et contre la Bulle elle-même. En France, en 1510, on déclara qu'on n'acceptait point cette Bulle. Enfin le pape Clément XIV, élu en 1769, pensa qu'il était prudent de suspendre celte publication qui se faisait au Jeudi saint, aucun de ses successeurs n'a jugé à propos de faire revivre cet usage et aujourd'hui il se trouve aboli, si non de droit, du moins de fait.
La Bulle diffère du Bref en plusieurs points. La première émane de la chancellerie apostolique, la seconde de la secrétairerie dilo des Bref.*, cl sous l'anneau du pécheur. La Bulle est écrite comme il a été dit, tandis que le Bref est sur papier blanc en caractères latins. La Bulle a pour date l'année de l'Incarnation de Noire-Seigneur, et le Bref celle de la Nativité de Jésus-Christ. EnGn la Bulle commence par les mots précités, et le Bitf ne porte que le nom du pape régnant, par exemple : Gregorius XVI.
On Irouvo dans le Dictionnaire du droit canonique de Durand de Maillane, cl dans d'autres ouvrages de celle nature, les plus grands détails sur cet objet.
Sous l'article Bulle, nous croyons devoir placer deux documents de la plus haute importance qui, dans l'état présent de la Litur-
f ic, en France, sont généralement ignorés. I ne s'agit pourtant de rien moins que do deux Bulles publiées par le pape saint Pie V, en exécution d'un décret du Concile de Trente. Du moins on ne peut ignorer que dans ce Concile œcuménique, session XXV, il fut statué sur la correction des livres liturgiques. Le Concile après avoir renvoyé au pontife romain le travail déjà fait pour la correction des livres suspects ou pernicieux et l'avoir chargé de terminer et de publier lo tout, lui confie aussi le travail à faire pour la correction du Bréviaire et du Missel : Sacrosancta Synodus... idem de calechismo a Patribus quibus illud mandatum fuerat, et rit Mùsali et Breviario fieri mandat.