‹ Origines et raison de la liturgie catholique en forme de dictionnaireChapitre 93 sur 519 · GRÉGOIRE XVI PAPE · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE XVI PAPE

« Vénérable Frère, salut et bénédiction.

« Nous avons reconnu le zèle d'un pieux « et prudent archevêque dans les deux lettres « que vous nous avez adressées, renfermant « vos plaintes au sujet de la variété des livres «• Nturgiqucs, qui s'est introduite dans un » graud nombre d'Eglises de France, el qui « s est accrue encore depuis la nouvelle circonscription des diocèses, de macère à «■ offenser les fldôïes. Assurément nous dé- « p orons comme vous ce mallieur, venérao Me Frère, et rien ne nous semblerait plus « désirable que de voir observer partout « chez vous les Constitutions de saint Pie V, « notre prédécesseur d'immortelle mémoire, « qui ne voulut excepter de l'obligation de " ™ev?jrlc Bréviaire et le Missel, corrigés « et publiés à l'usage des Eglises du Rit ro- " mam,' suivant l inlention du Concile de « Trente ( Sess. XXV), quc ceux qui, dc-

• puis deux cents ans au moins, avaient cou- « tume d'user d'un Bréviaire cl d'un Misse •• différents de ceux-ci , de façon, toutefois, t qu'il ne leur fût pas permis de changer et « remanier, a leur volonté, ces livres parti- « culiers, mais simplement de les conserver, a si bon leur semblait ;' Const. Quod a nobis, « VII id. Julii MDLXVIII. et Const. Quo ' primwn pridie idus Julii MDLXX ). Tel « serait donc aussi noire désir, vénérable « Frère ; mais , vous comprendrez parfailc- « ment combien c'est une œuvre difficile et « embarrassante de déraciner celle coutume,

• implantée dans voire pays depuis un temps " déjà long. C'est pourquoi, redoutant les « graves dissensions qui pourraient s'ensui- « vre, nous avons cru devoir, pour le pré- « sent, nous abstenir non-seulement de pres- « scr la chose avec plus d'étendue, mais « même de donner des réponses détaillées

• aux questions que vous nous aviez propo- « sées. Au reste, tout récemment, un de nos p vénérables frères du même royaume , « profilant avec une çarc prudence d'une oc-

• casion favorable, ayant supprimé les divers <• livres liturgiques qu'il avait trouvés dans « son Eglise, et ramené tout sou clergé à la « pratique universelle des usages de l'Eglise « romaine, nous lui avons décerné les éloges <> qu'il mérite, cl suivant sa demande nous <■ lui avons bien volontiers accordé l'induit « d'un Office \olif pour plusieurs jours de « l'année. aGn que ce clergé, livré avec zèle

aux fatigues qu'exige le soin des âmes, se « trouvât moins souvent astreint aux Offices

• de certaines fériés qui sont les plus longs « dans le Bréviaire romain. Nous avons « même la couGance que, par la bénédiction » de Dieu, les autres étéquesde France suî- « vronl lour à tour l'exemple de leur « collègue , principalement dans le but « d'arrêter cette très-périlleuse facilité de « changer les livres liturgiques. En atten- « dant, rempli de la plus grande eslime pour « votre zèle sur celte matière, nous adres- « sons nos supplications à Dieu, afin qu'il « vous comble des plus riches dons de sa « grâce, el qu'il multiplie les fruits de jus- « tice dans la portion de sa vigne que vous ar- « rosez de vos sueurs. Enûn, comme présage « du secours d'en haut, et comme gage de •• notre particulière bienveillance, nous vous « accordons avec affection, pour vous, vè- « nérable Frère, et pour lous les fidèles, « clercs el laïques, de votre Eglise, la béneV « diction apostolique.

« Donné à Rome, à Sainle-Maric Majeure, « le sixième jour d'août 1842, la douzièm» « de notre pontifical. »

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