CALENDRIER
Ce nom dérive du verbe grec KaH», toco, je convoque , j'appelle. Comme c'est dans le calendrier que sont inscrites les solennités et fêles du christianisme, nous devons consacrer à ce mol un article spécial dans lequel nous fournissons les documents indispensables pour son intelligence , sous le rapport liturgique. Son institution remonte à la fondation de Rome. Komulus , chef d'un peuple qui avait vécu jusqu'à ce moment sans police, jugea qu'il était important d'établir un ordre de temps pour se reconnaître et fixer les époques du travail, du repos, des fêtes, des jours de négoce; mais c'est à Numa, son successeur, qu il était réservé de créer un calendrier qui fût mieux en harmonie avec lu • ours de l'année. En effet , Romulus l'avait divisée, en dix mois qui étaient alternativement de trente et de trente cl un jours. Ainsi limité à trois cent quatre jours, l'an, annus, ou cercle annulaire, errait dans loulcs 1rs saisons de l'année, relativement à son commencement. 11 crut rectifier l'erreur par des jours supplémentaires cl dos mois d'inégale longueur. Numa établit l'année lunaire qui aurait dû être de trois cent cinquantequatre jours; mais, par l'effet d'une superstitieuse vénération pour le nombre impair, il donna à celte année (rois cent cinquantecinq jours. Au lieu de dix mois , il y en eut douze, tous impairs , excepté un seul ; mais au bout de deux ans on intercalait un mois tour à tour, de vingt-deux et de vingttrois jours ; il y avait donc dans l'espace de quatre ans . quatorze cent soixante-cinq
jours , soit trois cent soixante six jours et demi par année. Par la suite, ayant rctonnu cet excédant d'un jour par année, ce qui faisait en vingt-quatre années vingl- juairc jours , il trouva moyen de corriger cel'o inexactitude en supprimant, en chaque vingtquatrième année , l'inlercalalion de ving'trois jours, cl en faisant seulement de vingtdeux celle de la vingtième année de chaque cycle. Quelle que fût l'imperfection d'un tel système, l'année aurait été replacée, tous lés vingt quatre ans, dans sa première position à l'égard du ciel, si la prescription de Numa oûl été fidèlement observée ; mais comme la distribution du temps cl des époques de l'année élait fixée par les pontifes, ceuxci Irop souvent intervertirent l'ordre des intercalations. Il faut savoir que chaque mois, le peuple était convoque au Capitale pour apprendre de la bouche des prêtres païens combien de jours on dcvail compter dans le mois , quelle en était la distribution , quelles devaient en élre les cérémonies, en quels jours devaient se tenir les marchés , et c'est cette convocation qui avait fait donner le nom de Calendes à l'ordre des temps. Du reste, celle dénomination grecquo n'était point du tout une imitation de ce qui se pratiquait chez les Hellènes : car ces peuples en ignoraient même le nom. De là celte expression proverbiale : Renvoyer aux calendes greeffues , c'est-à-dire à une époque qui n'existe pas.
En l'an 703 de la fondation de Rome , Jules-César qui réunissait à la puissance dictatoriale la qualité de souverain pontife, remédia à ce grand désordre. Un des plu* habiles astronomes de l'époque, Sosigenes
IJTVlir.it:
d'Alexandrie, fut consulté. 11 déclara qu'on ne pou mit établir un calendrier certain si l'on n'avait égard au cours du soleil, cl il prouva que cet astre faisait son cours annuel ••H trois cent soixanic-cinq jours et six heures. Au bout de quatre ans, ces six heures formant un jour, il fut résolu qu'à la fin de celte période quadrîannuellc, on compterait ce jour entier et que celle année serail composée de Irois cent soixanle-six jours. On donna à celte nouvelle distribution de temps le nom de cycle ou calendrier Julien. Ce cycle commença quarante-deux ou quaranlc-trois ans avant la naissance de Jésus- Christ, et fui suivi jusqu'au pontifical de Grégoire XIII. Mais déjà dans un Synode tenu à Rome en 1412. le cardinal d'Ailly avail présenté au pape Jean XXIII un traité sur la réforme du calendrier. Ce projet fut soumis au Concile de Constance en 141%, à celui de Bâlc en 1436 et en 1439, qui ne portèrent aucune décision. Les papes Nicolas V el Sixte VI, dans le quinzième siècle, Léon X et Sixte IV au seizième , s'en occupèrent à leur tour. Le Concile de Trente décida qu'il y avail lieu à réformer le calendrier, cl enfin Grégoire XIII termina cette œuvre difficile.
Quel était le défaut du calendrier de Jules César ?Sosigènes avait cru que le soleil faisait sa révolution annuelle en trois ccnl soixantecinq jours cl six heures, comme nous l'avons dit. Mais il avait clé postérieurement reconnu que les six heures n'élaicnl point complètes cl qu'il y avait en moins onze minutes. En ccnl trente-quatre années, ces onze minutes formaient un jour de vingt-quatre heures, cl jusqu'à l'année 1582, les douze cent cinquante-sept ans qui s'étaient écoulés depuis l'an 325, époque d'une première réformo opérée par le Concile de Nicée , en accumulant les erreurs, plaçaient l'équinoxc du printemps au dix ou onze du mois de mars eu lieu du vingl el un du môme mois. C'était un grave inconvénient pour la célébration de la féte de Pâques , fixée par le Concile de Nicée au dimanche qui suivait le quatorzième jour de la lune de mars. Grégoire XIII appela au Vatican les plus savants mathématiciens. Nous devons nommer le cardinal Sirlel, qui fut président de la Commission ; Vincent Laure , créé cardinal l'année suivante ; Olivier auditeur de Kote français, puis cardinal ; Ignace Nécmct , patriarche des Syriens ; Pierre Ciaconne , prôlre espagnol ; Ignace Danlî , dominicain de Pérouse qui fut fait é\êqued'Alatri ; Antoine Giglio, médecin de Calabrc; Jacques Mazzoni, célèbre littérateur de Césène.ChristopheClavius, allemand, qu'on appelait TEuclitlc de son siècle. Sur le rapport de cette doclc Commis ion , le pape fil une Bulle daléc de Frascati. le 24 février 1582, qui commence par les mots : Jnter grarusimas. Cette Bulle ordonne qu'on retranche de l'annéo 1582 dix jours, en comptant pour le quinzième «l'octobre de la mémo année, le jour qui n'était que le cinquième. On commua d observer, chaque quatrième année, I Inlercalalion d'un jour entier, mais il lu! ordonné que .sur quatre cculs ans, les
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dernières années ne seraient poinl bissextile* el qu'il n'y aurait que la dernière de ces an nées séculaires qui reçût celle inlercalalion. Cela s'est effectué en 1700 et en 1800 ; il en sera de même en 1900 ; mais en 2000 l'année ne sera point bissextile. C'est ainsi qu'au calendrier Julien succéda le calendrier Grégorien qui esl aujourd'hui en usage.
Celte heureuse réforme fut accueillie par les Elals catholiques. La France fut la première, el l'année suivante l'empcrcuf Rodolphe Il écrivit à tous les évéques d'Allemagne d'aceneilfir le calendrier grégorien. Les Anglais cl autres Etats séparés de l'Eglise catholique par l'hérésie, pour ne pas sembler adhérer au sainl siége, refusèrent de se conformer au nouveau calendrier. Rien de bon et d'utile ne pouvait émaner, à leur avis, du papisme , tant il est vrai que l'esprit d'hétérodoxie est impartial et tolérant 1 Néanmoins l'Anglelcrre, en 1752. finit par adopter le calendrier de Grégoire XIII. La Russie seule el la Grèce onl continué d'user du calendrier de Jules-César. Celui-ci, du reste, fut introduit par Pierre I*' dans la Russie au moment où le calendrier grégorien régissait la plus grandeparlic de l'Europe. Le pape Clément XI réunit au commencement du dix-huitième siècle à Rome , les plus habiles astronomes de l'Italie pour examiner le calendrier do Grégoire XIII ; on y reconnut quelques défauts, mais on jugea qu'une réforme nouvelle aurait de plus grands Inconvénients que ce qui existait, et on y renonça. Nous ne parlerons pas des critiques dirigées contre celte réforme, surtout par Jules Scaligcr. Clavius, Pétau el Riccioli , tous jésuites, réfutèrent Victorieusement le censeur calviniste. On doit néanmoins reconnaître que l'ouvrage de Scaliger, sous le litre de : De Emendalione fcm« porum, esl d'une immense érudition.
Nous ne pouvons avoir l'intention de faire, en cet article, un traité complet sur celte matière, mais il nous parait Irès-ulilc de donner quelques notions sur les calendes, les ides et les nones, dont le nom revient souvent dàns les Légendes du Bréviaire cl d'autres parties de l'Office divin ou de l'histoire ecclésiastique.
Les Romains nommaient calendes le premier jour de chaque mois , parce que c'est en ce jour que le pontife païen convoquait le peuple pour régler les divers actes du mois, ainsi que nous l'avons dit. Ce premier jour était celui de l'apparition de la nouvelle lune, car leur année était composée de mois lunaires. On sait que chez les Hébreux c'était la nénménic; on les comptait à rebours: ainsi le quatorzième jour de décembre était le dix-neuvième avant les calendes de janvier; un acte qui avait eu lieu le quatorze décembre portail la date de : Anle calendns januarii decimo nono ; la formule actuelle est, pridie kalendas ou ealendas, sous entendu anle , lorsque la dale que l'on veut indiquer est celle du jour qui précède le premier du mois qui va commencer. Sur ce principe , la dalc énoncée : Pridie caltndas februarii, nVbt