Origines prehistoriques de l'ecriture
Les langages, tels que nous les connaissons, hciens ou modernes, et les écritures qui servent à les exprimer, sont-ils, comme le prétendait Renan, l'aboutissement logique et Le lent perfectionnement des onomatopées plus ou moins imitatives et des cris des peuplades sauvages originelles ? Sont-ils, au contraire € Révélés » au même titre que les « livres sacrés » qui sont à la base des Religions ? Telles sont les questions que nous nous sommes posées à l'issue de nos études sur la lan-
gue Berbère, lors de nos essais sur l’Atlantide.
Il est piquant de constater que nous sommes obligés de nous ranger à la seconde hypothèse :en effet la science moderne se fait, de nos jours, une toute autre idée de la « Révélation » que le positivisme de la génération qui nous a précédés.
Elle conçoit volontiers par exemple, chez les peuples primitifs encore dominés par l’âme collective des tribus, la formation de collèges sacrés, seuls en possession de la connaissance, alors que le reste du peuple, à peine au-dessus du niveau intellectuel de fourmis ou d’abeilles humaines
n obéissait qu à l'instinct de la conservation collec-
Sn
tive. Loin d’être issues de l'agglomération lente de couples devcous rude puis clans, tribus, peuplades, les sociétés préhistoriques furent au contraire, comme les animaux républicains, dès l'origine, exclusivement des « Sociétés ». L'Individualité de l’homme, n'est née lentement au cours des âges, que du développement de la conscience individuelle. Les troubles sociaux modernes proviennent en partie de la substitution de l'égoïsme individuel à l'instinct collectif et de la difficile transformation d'un collectivisme animal en un collectivisme « conscient ». Nous aurons à revenir ultérieurement sur cette lente évolution des
consciences adividuelles et collectives.
Mas: il paraît certain que dans ces collèges, des individus particulièrement disposés, des prophètes, entrant en transe médiumnique, traduisaient, en langage vulgaire, les aspirations des
âmes collectives.
Ils « Révélaient » donc, sous l'influence d'une force supra-humaine, ce qui était utile et néces-
nc à ls consesvation des collectes
Cette méthode de connaissance par la méditation et la communication directe avec les entités : psychiques formées par des collectivités, a été réquente à travers les âges et nous en avons traité dans notre ouvrage «€ L'âme Inconnue de la Patrie >. L'emprunt de connaissances nouvelles, de visions et d'inspirations, à ces réservoirs communs de « Savoir » élaboré on ne sait par quel mécanisme, explique maintes découvertes simul-
tanées et prophéties, ou simplement des œuvres
Ve
poétiques d'un caractère très particulier et dont les métapsychistes modernes s’eflorcent d’éclaircir l’origine.
La Révélation ou la Prophétie, et quelquefois le gémie, sont donc expliqués par cette communication, accidentelle où provoquée, avec un milieu sub-conscientiel ou s élaborent des courants d'idéation. En un mot, en devenant de plus en plus cérébral, l'homme na pas cessé d'être une unité dans un organisme collectif, analogue à la Ruche et à la Fourmilière. Il pense souvent en fourmi ou:en abeille et lorsqu'il saisit nettement l’idée fondamentale ou l'aspiration de la collectivité, et la traduit en langage clair, il devient prophète.
C’est par un mécanisme analogue, que l'écriture a pu être «€ révélée ». Nous verrons, en effet, que le symbolisme de l'écriture primitive est poussé tellement loin qu'il paraît difficile de le croire le fruit du travail d’un seul cerveau,
ë d I de l’é même en admettant que les penseurs de l'époque néolithique aient été encore plus transcendants
que nos savants contemporains.
Si l’on préfère, en effet, voir dans l’œuvre de ceux qui ont inventé les langues primitives et leur alphabet, de simples humains, n'ayant que eurs propres ressources intellectuelles, on conviendra avec nous, qu'ils avaient une remarquable facilité, à laquelle bien peu de nous pour-
raient prétendre.
Même alors, les inventeurs du langage, hom- ?
mes de génie remarquables, n eurent aucune peine
RMETE
à croire, modestement, ou à faire croire au peuple, qu a n'avaient agi que sous l'empire
‘une contrainte divine.
Sous l’un ou l'autre de ces aspects, les langues primitives furent « Révélées », c'est-à-dire inventées, créées de toutes pièces sur un plan précis, et leur étude nous met en possession, sans coup férir, d'un résumé complet de la con naissance, de la science, de la mystique, de la Religion même, de la nation qui utilisa la première cette langue.
Nous avons trouvé dans la langue Berbère ou Tamachèque une de ces langues primitives, datant incontestablement de la période mégalithique et son étude est particulièrement atta-
chante.