EST-CE UNE LANGUE PRÉSÉMITIQUE
On a classé, arbitrairement, le Berbère parmi les langues pré-sémitiques, à cause d'un certain nombre d'analogies entre cette langue et l'hébreu. On doit voir cependant, dans la langue Berbère une langue très particulière dont l'origine est
nordique ;
Mais il est curieux de jeter en passant, un coup d'œil sur la mystique de l'Hébreu pour montrer l'importance que les anciens attachaient au langage et à l'écriture.
Le Talmud (Sabbat 29), nous dit qu'en montant au ciel « Moïse trouva Dieu occupé à tresser des couronnes aux lettres >, c'est dire que les lettres sont les Reines des choses ou l'essence même des objets. Pour les sémites comme pour les peuples plus anciens ç Etre et avoir un nom ÿ, constituent la même idée. T'arde (Logique sociale), nous indique d'ailleurs que la même idée se retrouve au Groënland : « L'homme se compose de trois parties, le corps, l'âme et le nom, ces deux
ermiers étant immortels >. Cela explique aussi l'usage magique des « Runes >, Ou caractères primitifs scandinaves De tous temps: nommer quelqu'un c'est l'évoquer et c'est la base de toutes es cérémonies magiques. C’est aussi pourquoi le
Dieu Ineffable n'avait pas de nom ou ne devait
EEE
pas être nommé, puisque son apparition aurait foudroyé l'imprudent évocateur.
Toute la K abbale, qui a fait couler tant d'encre, tourner tant de têtes et brûler tant de pauvres rêveurs est basée sur la philologie mystique.
Le Sepher jesireh et le Zohar ne sont que des accumulations de considérations plus ou moins nettes ou incomplètes, sur Les idées mystiques exprimées par chaque lettre, nous savons que le seul moyen de bien comprendre un mot hébreu est de le décomposer en ses éléments orthographiques et de combiner ces différentes idées pour en faire un tout. Nous verrons que c'est B aussi le mécanisme de la nomination des choses dans les langues antiques.
L' Hébreu primitif n'était pas celui que nous connaissons. € Au commencement, dit Mar-Zuthra, Dieu donna la loi aux israélites en éeriture ibri (1) et dans la langue sainte. Ensuite il la donna la seconde fois au temps d'Esdras, en écriture assyrienne, et en langue araméenne. Les Israélites ont choisi pour eux l'écriture assyrienne, et la langue sainte, ils ont laissé aux ignorants l'écriture ibri’et la langue araméenne >.
L'hébreu originel était composé de beaucoup moins de lettres que l'hébreu moderne et ce n'est qu'au cours des temps historiques que les alphabets des pays civilisés se complétèrent ; c est également le cas de la langue grecque, par exemple. La légende dit que les Grecs tenaient l'écriture de
(1) Ibri se dit aussi Ibère.
AUOT)
Prométhée, l Arcadien, père de Deucalion, c'est dire qu'elle existait avant le déluge dit de Deucalion, celui qui bouleversa le Péloponèse, submergea de nombreuses îles en Méditerranée et ouvrit le Bosphore. Eusèbe de son côté prétend que les Grecs ont emprunté leur écriture aux Barbares (numides-berbères). Nous pouvons d'ailleurs admettre les deux hypothèses, le Berbère
étant de la période mégalithique antérieure au
déluge de Deucalion.
Cécrops est signalé aussi comme ayant apporté des caractères et Cadmos introduisit de nouvelles lettres empruntées aux Phéniciens. Enfin Palamède et Simonis introduisirent chacun quatre lettres. Le premier pendant la guerre de Troie, ajouta, theta, ki, phi et x1, le second ultérieurement zeta, eta, psi et omega.
Ces additions sont dues à l’intrusion de nouveaux éléments ethniques apportant de nouvelles prononciations et de nouveaux mots, inexprimables dans l’ancienne langue et pour lesquels il fal-
lut inventer de nouvelles lettres.
Au cours de l’âge du fer, les langues méditer-
’ lé x 4 2 ranéennes se comp eteérent OnC'reE acquirent notamment les voyelles qui n'existent pas dans les langues primitives, la vocalisation des consonnes
étant restée jusque 13 arbitraire et flottante.
Aristote rappelle qu'en principe 18 lettres suffisent, et, suivant À nticlidès, les lettres furent inventées en Egypte par Menos (d'autres disent par Thot), 15 ans avant Phoronée, le plus ancien roi de la Grèce. Ce qui nous confirme que les
premiers Grecs empruntèrent leur écriture à des peuples plus anciens qu eux.
Si les lettres SRE er des significations individuelles, du moins nous n'en avons pas trouvé trace, tandis qu ’Eusèbe, nous donne en détail, la signification de chacune des lettres hébraïques, ce qui Jui pese de transformer l'alphabet hé-
reu en une prière ou métaphrase plus ou moins
cohérente.
Ces diverses indications, pour superflues qu'elles paraissent, nous montrent cependant qu'il Y eut sans aucun doute une écriture primitive, mère de la plupart des écritures des peuples méditerranéens, écriture qui fut modifiée au cours des âges, par des apports nouveaux à la fois de nouvelles
lettres, de nouveaux sons et de nouvelles idées.
Ce qui, pour le philologue, frappe le plus dans l'étude de l’hébreu, c'est l'abondance inattendue d'idées abstraites et mystiques Ces idées n'existent pas dans les langues plus anciennes qui res” tent purement objectives, et il semble qu'un apport extérieur, d'une philosophie déjà fort avancée, soit Aux Origines de la langue hébraïque que nous connaissons et qui ainsi, ne reflète plus qu imparfaitement la langue primitive, qui, à É origine, dut en être la source.
Et c’est pourquoi, sans nier la filiation qui joint les langues sémitiques aux langues barbares (ou berbères), nous voyons dans ces dernières le tronc primitif et relativement lointain de la
plupart des langues circum-méditerranéennes.
Que, selon l'Ancien Testament, ce soit à
l’occasion des vastes travaux de Babel, pour lesquels une énorme main d œuvre étrangère fut appelée, que se produisirent ces premiers mélanges, peu importe, il nous suffit de savoir que c ’est à une époque très reculée que les langues sémitiques se séparèrent du tronc Berbère dont nous allons étudier l'antiquité.
D'autres langues en découlent plus directement qui ont disparu, comme l’'Etrusque dont les caractètes se sont modifiés pour donner les caractères latins, ou qui ont persisté pre modifications comme le grec, ou encore qui n ’ont duré que sous la forme parlée, comme le Basque, l'écriture de ce dernier idiome ne nous ayant pas été
transmise.
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