CHANT IV
Mercure, après avoir rempli son message, remonte vers l'Olympe. Electre appelle près d'elle Harmonie, et lui fait part des volontés de Jupiter. La jeune princesse refuse d'abord de donner sa main à un étranger, qu'elle croit être un aventurier. Son refus est accompagné de larmes, qui coulent de ses beaux yeux, et qui relèvent encore l'éclat de ses charmes. Mais Vénus sa mère, sous I9, forme de la persuasion, triomphe de sa résistance, et la détermine à suivre Gadmus partout où il voudra l'emmer ner. fiarmonie obéit, et s'embarque sur le vaisseau de Gadmus qui l'attendait au rivage. Le vent printanier qui agite doucement les voiles porte les deux amants sur les cotes de Grèce.
Le premier soin de Gadmus en débarquant, est d'aller consulter l'oracle de Delphes : il apprend que le bœuf qui a enlevé sa sœur n'est pas un animal terrestre ; que c'est le taureau de l'Olympe; qu'inutilement il le chercherait plus longtemps sur la terre. Le dieu l'invite à renoncer à ses recherches et, à se fixer en Grèce, où il bâtira une ville qui portera le nom de Thèbes d'Egypte, sa patrie; il ajoute que le lieu où il doit la fonder lui sera indiqué par une vache divine, qui s'y reposera. Gadmus, à peine sorti du temple, aperçoit cet animal sacré, qui devient son guide et qui le conduit dans les lieux où Orion périt de la piqûre d'un scorpion; c'est là qae se couche la vache. On voit ici une allusion manifeste au coucher du signe céleste, où les uns peignent un taureau et d'autres une vache, et sous lequel et avec lequel se couche Orion, au lever du scorpion céleste, signe qui lui est opposé. Voilà le phénomène céleste que le poëte a chanté dans cette fable. Gomme le scorpion a aussi le serpentaire
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placé au-dessus de lui^ et qui monte avec lui au coucher du taureau, la fable suppose que Gadmus se prépare à immoler ce dernier. Mais il manque d'eau pour son sacrifice', il va pour en chercher à une fontaine, qu'il trouve défendue par un énorme dragon, fils de Mars, ou du dieu qui préside au signe sur lequel est Gadmus. Ceci est une allusion manifeste au dragon du pôle, placé au-dessus de Gadmus, qui monte avec lui, et qu'on appelle dragon de Gadmus en astronomie ; c'est le dragon des Hespérides, dans la fable où le serpentaire est pris pour Hercule; c'est Python dans la fable d'Apollon ; c'est celui que tue JasoUj dans la fable de Jason, que nous expliquerons bientôt.
Lp monstre dévore plusieurs des compagnons de Gadmus. Minerve vient au secours du héros; elle lui ordonne de tueV le dragon, dont il sèmera les dents, comme fait aussi Jason. Gadmus tue le dragon, et des dents qu'il a semées, il en naît des géants, qui bientôt s'entre-tuent. On remarquera ici, que dans toutes les fictions solaires destinées à peindre, sous une foule de noms différents, le triomphe du dieu du printemps sur le génie de l'hiver et des ténèbres, il y a toujours à cette époque une défaite du grand dragon, ennemi du héros qui triomphe, et que c'est toujours par le dragon du pôle, ou par celui qui annonce tous les ans l'automne et l'hiver, que s'explique chacune de ces fables. Nous aurons occasion de rappeler cette observation dans notre explication de l'Apocalypse.