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« v^uoi! ni danse ni musique ce soir au château de l'Hermitage! toutes les dames assises cérémonieusement en cercle , et semblant des statues de marbre ! »
Telles furent les premières paroles que prononça sir Ulick OShane en entrant dans son salon , entre dix et onze heures du soir , suivi de ce qu'il appeloit son arrière -garde. C'étoient des vétérans de cette ancienne école de bonsvivans, qui, à cette époque , époque passée depuis long - temps , regardoient en Irlande , comme utile à la santé , nécessaire au bonheur, et convenable à la dignité dé riiomme, d'avaler, de jour et de nuit, un certain nombre de bouteilles de vin de Bordeaux , sans perdre la faculté de I. I
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se tenir encore, tant bien que mal, sur leurs jambes.
« Hë bien , continua sir Ulick, de tout ce que la nature et l'art ont produit, un cercle formaliste est en gênerai ce qu'il y a de plus ennemi d'une conrersation sociale; c'est pour moi la cliose la plus redoutable. Toutes mes facultés y semblent suspendues : je me trouve ici comme un oiseau autour duquel on a tracé un cercle avec de la craie , qui n'ose remuer ni la tête, ni les yeux, et qui ne pourroit eu sortir quand il s'agiroit de sa me. »
Ou entendit un murmure enjoué dans la partie du cercle où se trouvoient les jeunes demoiselles. Sir Ulick étoit leur favori. Elles aimoient à le voir arriver dans la société, parce que , disoient-elles, « il avoit toujours quelque chose d'agréable à dire , quelque chose d'amusant à proposer. »
a Pour l'amour du ciel , lady O'Shane , continua-t-il, plus de ces cercles cérémonieux au château de THermitage, »
— « Personne n'en seroit plus enchanté que moi, sir Ulick ; mais quand ces mes-
sieurs sont occupés de leur bouteille, je ne sais trop ce que peuvent faire les dames , si ce n'est de s'asseoir en cercle. »
— « Ne peuvent-elles danser eh rond?
n'ont-elles pas la ressource de la musique?, J'en vois plus d'une ici qui , à ma connoissance , peut aussi bien battre des entrechats , que toucher le clavier d'un pianO : le tout sans parler des cartes pour celles qui les aiment.»
— « Lady Âniialy ne peut les souffrir , et je n'aurois vouki demander à aucune de ces demoiselles de s'épuiser la poitrine à chanter, ou dé' se fatiguer à donner des preuves de ses talens sur un instrument,' avan^ que ces messieuts fussent sortis de table. »
— « Je suis bien sûr , ina chère , que ces jeunes demoiselles ne nous feroient pas l'honneur de nous attendre, nous autres vieux coquins; et il y a plus d'une heure que les jeunes gens nous ont abandonnés pour venir vous rejoindre. Pour"»
quoi donc n'avez-vous pas dansé ? C'est un mystère que je ne puis comprendre. »
« Voulez -vous du thé ou du café, sir Ulick?» s'écria la voix aiejre d'une femme
partant du coin du salon où était la table à thé. a C'est la troisième fois que je vous !« demande. » .;'. )!'^f.
« Ne jureriez- vous pas que cette voix est celle d'un Presbytérien ? » dit tout bas sir Ulick au ministre qui se trouvoit derrière lui. « Vous êtes trois fois trop obligeante, miss Black , » répondit-il tout baut : «je ne veux.de vous ce soir ni thé ni café : je vous remercie trois fois. » '
«Vous avez bien raison,» dit miss Black, « car l'un et l'autre est froid comme du marbre , et cela n'est pas étonnant. »
« Pas étdnnant ! >?, répéta lady O'Shane , en regardant à sa montre^ et; en laissant échapper un soupir de manière à le faire remarquer.
« Quelle heure avez - vous , m.ylady ? » demanda miss Black. «J'ai dans l'idée qu'il est effroyablen;ient, tard ! »
« Quimporte , miss Black ? Sommesnous assujettis aux heures dans cette maison ? » dit sir Uhck en s'approchant de la table au thé , et en lui lançant un ref^ard qui sembloit lui dire, aussi clairement q^'un regard peut le faire : « Vous feriez bien mieux de vous taire. »
Lady O'Shane suivit son mari , passa son bras sous le sien , lui parla d'un ton amical , prit un air affectueux , et fit avec lui quelques tours clans le salon en causant : il paroissoit distrait, etlui rëpondoit avec froideur.
« Versez-moi une tasse de café , miss Black », dit. il enfin en quittant le bras de son épouse qui parut fort mortifiée,
« Il y a trop long-temps, ladyO'Shane,» lui dit-il , «que nous sommes ici comme deux amans , ne nous occupant que de nous ; rien n'est plus gauche en compagnie. »
Comme deux amans ! le son de ces mots plut à l'oreille de la pauvre lady O'Shane, De toutes les femmes qui se trouvoient dans le salon, elle eût été la dernière qu'iin étranger eût prise pour l'épouse de sir Ulick.
Sir Ulick étoit un beau galant Irlandois , un peu sur le retour, dont l'air et le ton avoient une sorte de hardiesse qui , au premier coup d'œil , pouvoit engager un observateur superficiel à le regarder comme un homme dont les manières étoient communes : mais après l'avoir vu
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cinq minutes , lin juge éclairé auroit reconnu en lui la faculté de se revêtir de toutes les marques qu'il vouloit prendre, depuis l'audace du débauché le plus déhonté, jusqu'^a la bassesse du plus souple courtisan ; l'art de savoir adapter sa conversation à la compagnie dans laquelle il se trouvoit et aux vues qu'd pouvoit avoir , soit qu'il cherchât à se distinguer à table parmi les fervens adorateurs de Bacchus , soit qu'il voulût s'insinuer dans le cœur délicat d'une femme. Quant à ce dernier point -^ lâgè avoit diminué son influence , mais sans la détruire entièrement. La renoniniée d€ ses anciens exploits parloitencoreensa faveur, quoiqu'il eût passé depuis long-tertips le brillant midi de sa galanterie.
Tandis que sir Ulick boit sa tasse de café froid , nous pouvons jeter un coiup d'œ'l sur l'histoire de sa famille. Pour ne parler que de ses amours légitimes , nous dirons qu'il avoit épousé successivement trois femmes , dont chacune avoit été toiir à tour éperduement éprise de sa personne. Il aimoil la première , et l'épousa imprudemment par amour à dix-
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sppt ans ; il adrairoit la seconde , et l'épousa prudemment , par ambilion , treize ans plus tard ; il haïssoit la troisième, mais il l'épousa par nécessité , pour sa fortune , à quarante ans. Sa première femme, miss Annaly , après avoir eu le cœur déchiré pendant dix ans , mourut sans enfans, victime , dit-on, de l'amour et de la jalousie. La seconde , lady Théodosia , appuyée par une famille puissante et distinguée , lutta vigoureusement pour s'emparer de l'autorité. Ayant eu Vavantage de devenir mère , et mère d'un fils unique , héritier et représentant d'un père dont Fambition étoit à cette ëpoquô la passion dominante , elle disputa le terrain , et maintint sa prééminence à force de combats pendant l'espace de quatorze ans. Une mauvaise fièvre , ou un plus mauvais médecin l'emporta à cette époque, au grand soulagement, pour ne pas dire à la grande joie, de sir Uhck. Son épouse actuelle , ci-devant n^istress Scraggs , étoit veuve , et jouissoit d'une grande fortune. Elle demeuroit à Londres, où elle en fit la connoissance , quand il alla dans cette ville pré-
senter une pétition au gouvernementpour régler quelque point de difficulté entre l'Angleterre et l'Irlande. Il étoit alors en grand deuil , et le cœur de la veuve s'ouvrit à la pitié. Elle n'étoit pourtant pas de ces femmes à qui il auroit cru pouvoir espérer de plaire, C'étoit une dame stricte , sévère , rigoriste , et faisant souvent aux jeunes gens des sermons gratis. Etoit. ce à un pécheur comme sir Ulick O'Shane qu'il devoit être réservé de faire sa conquête ! H la fit cependant, mais la sainte ne lui plut pas , quoiqu'elle mît tout en œuvre pour le salut de son ame , €t que , pour lui plaire , elle se relâchât de ses principes , jusqu'à mettre du blanc et du rouge , à porter de faux cheveux , à se teindre les sourcils, et à avoir recours à toutes les ressources que l'art de la toilette put 'lui fournir. iMais après avoir acheté toute la jeunesse et tous les charmes que l'argent peut procurer , ses efforts furent inutiles , et il est probable que la veuve Scraggs , avec ses grands yeux hébétés , auroit échoué dans ses projets, sans deux circonstances qui se trouvèrent favorables à sa passion , et qui arrivèrent
en même temps. L'une fut que le ministère irlandois , où sir Ulick avoit une place , fut entièrement changé ; ce qui renversa la moitié de sa fortune : l'autre, que l'administration d'un canal d'Irlande fit tout à coup banqueroute ; et comms il y avoit placé ce qui lui restoit de son patrimoine dont il avoit follement dissipé une bonne partie , il se jeta sur la veuve par désespoir , lui fit une cour assidue pendant neuf jours, et l'épousa le dixième. Ce fut ainsi qu'elle et toutes les actions de banque qui lui appartenoient , mais non ses maisons et ses terres, devinrent alor$ la propriété de sir Ulick O'Shane ; mais l'amour étoit maître d'elle, et de tout ce qui lui appaîtenoit , et elle suivit son nouvel époux en Irlande.
C'étoit au commencement de l'automne de sa vie, qu'on l'emmenoit dans un pays nouveau pour elle; qu'on l'établissoit- au milieu d'un peuple qu'on lui avoit appris jusqu'alors à mépriser ou à haïr. Elle craignoil horriblement les troubles d'Irlande , et la boue d'Irlande encore davantage. Elle étoit persuadée que rien ne pouvoit être ni beau , ni bon , ni agréable, s'il n'étoit '
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anglois. Ses goûts , comme ses habitudes , ëtoieiit irrévocablement fixés. Son expérience ne s'étoit pas étendue au delà de celle qu'avoit pu lui fournir la vie de Londres , et plus la sphère de ses observations avoit été resserrée , plus son caractère étoit devenu intoléraut. Elle ne savoit rien accorder à la différence des coutumes , des opinions , des localités , et elle avoit encore bien moins d'indulgence pour les foiblesses et pour les fautes de ceux qui lui étoient étrangers , et chez qui elle se trouvoit. Il n'étoit donc pas vraisemblable qu'elle se plût , ni qu'elle pût plaire dans sa nouvelle situation. Sou ilisrl, étoit le seul être , la seule chose animée ou inanimée qu'elle aimât en Irlande : et tandis qu'elle aimoit passionnément un A Irlandois , elle détestoit l'Irlande et tout ce qui étoit irlandois. Les talens particuliers à ce pays , les vertus de ses habitans , leur esprit, leur gaieté, la générosité de leur caractère , la liberté de leur franchise , tout cela n'étoitrien pour elle. Ses voisins étoient repoussés par son air de taciturnité, qui annonroit que rien ne lui plaisoit q^u'eîle-méme. Quant à elle , elle
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déclaroit souvent à sir Ulick qu'elle auroit été heureuse de vivre seule avec lui au château de l'Herraitage.
Mais sir UHck n'avoit pas la moindre envie de vivre seul avec elle , ni seul avec qui que ce fut. Toutes ses habitudes étoient sociales et convivi;iles. Il aitnoitla magnificence et la compagnie. Il avoitëté toute sa vie dans l'usage de recevoir chez lui des gens de toute condition , depuis sou excellence le lord lieutenant , et le commandant en chef des troupes , jusqu'à Tim , le jaugeur , et l'honnête Tom Kelly , le maquignon. Il lui parla de l'utilité de maidtenir son crédit dans le comté , et lui représenta la nécessité de bien vivre avec tous ses voisins comme un des premiers devoirs de Thomme. Dans tout cela , sir Ulick n'avoit d'autre motif ostensible que le désir de voir régner au châtea\i de l'Hermitage une suite non interrompue de plaisirs ; înais sous cette apparence d'hospitalité , de profusion et de légèreté , il existoit , ce dont quelques personnes croyoient qu'il avoit hérité de sa mère qui étoit écossoise , une vue d'intérêt personnel , le désir d'à-
méliorer sa fortune , et d'avancer sa famille.
Avec de telles habitudes et de tels projets , il n'étoit guère probable qu'il cédât aux idées romanesques , aux dispositions jalouses, et aux goûts économiques d'une femme qui avoit dix ans" plus que lui. Aussi lady O'Shane, presque aussitôt après son arrivée en Irlande , fut-elle obligée de recevoir chez elle autant de monde que sa maison en pouvoit contenir , et elle se trouva condamnée à en faire successivement 'es honneurs à des troupes d'amis "qui se succédoient les uns aux autres, qu'elle ne connoissoit pas , et qui ne pouvoient rien faire ni rien dire qui ne lui déplût. Son cher sir TJlick étoit , ou sembloit être si occupé de ses affaires de plaisirs , son temps étoit tellement consacré à ses hôtes, qu'à peine pouvoitelle jouir de sa compagnie quelques minutes dans toute une journée. Elle se voyoit entourée d'une jeunesse aimable et jolie à qui sir Ulick dévouoit ses soins et ses galanteries, et quoique son âge et sa qualité d'homme marié semblassent éloigner, dans l'opinion d'un spectateur froid
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et impartial , toute idée de véritable motif de jalousie , l'imagination de lady O'Shane ne lui laissoitvoir les choses qu'à travers un verre qui grossissoit les objets. Le démon de la jalousie s'établit dans son cœnr pour le déchirer , et , pour comble de souffrances , elle fut obligée de cacher ce qu'elle éprouvoit , de crainte de devenir l'objet de la dérision publique , ou des plaisanteries des sociétés particulières.
C'est le malheur et la punition ordinaire des passions déplacées et déraisonnables , que les chagrins qu'elles occasionnent ne font naître aucune compassion ; et tandis que les conséquences en. sont tragiques pour l'être qui en est victime , les effets qu'elles produisent ne font qu'amuser le spectateur. Lady O'Shane ne pouvoit plus être jeune, et ne vouloit pas être vieille , de sorte que , dépourvue également des charmes que prête la jeunesse, et de la dignité que Tâge donne, elle ne pouvoit ni inspirer l'amour , ni commander le respect. Aucun genre de comr pagnie n'étoit capable de lui fournir une occupation ou uu amusemeat qui lui
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convînt , et elle ne trouvoit ni refuge m consolation dans aucune classe de la société. Son esprit qui . n'avoit jamais brillé par le discernement, étant entièrement aveuglé par la jalousie , elle avoit choisi parmi ses relations de famille , pour les objets particuliers de sa crainte et de sa haine , les deux personnes qui éloient le plus disposées à la plaindre et à l'excuser ; à la servir en particulier près de sir Ulick et à lui témoigner des égards en public. Ces deux personnes ëtoient lady Annaly et sa fille.
Lady Annaly étoit parente éloignée de la première femme de sir Ulick, pendant la vie de laquelle elle avoit conçu contre lui une indignation que diverses circonstances avoient fait naître en elle , et pendant un grand nombre d'années , el le avoit cessé de le voir. C'étoit une femme pleine de générosité , constante dans ses affections , et douée des principes les plus solides. Devenue veuve dans la fleur de la iennesse et de la beauté , elle s'étoit entièremehl dévouée à l'éducation et aux intérêts de ses enfans , et résistant aux nombreuses tentations que multiplièrent
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autour d'elles l'amour , l'ambilion et la vanité , l'amour maternel la fit rester dans un veuvage honorable. Pendant la longue minorité de son fils , elle avoit parfaitement administré ses biens qui étoient considérables, et avoit fait, delà meilleure grâce , à sa majorité , la résignation de son autorité. Elle s'en trouvoit récompensée par l'affection , la gratitude et la déférence de ce fils , qui avoit continué à se soumettre volontairement à son influence , et dont toute la conduite prouvoit qu'il avoit bien profité de ses conseils. La réputation que toutes ces circonstances lui avoient acquise , Te rang qu'elle occupoit dans la société , ses liaisons distinguées, tout avoit contribué à lui assurer l'estime publique , toute l'estime qu'on a droit d'attendre dans un pays où l'enthousiasme national ne manque jamais d'être excité par les nobles qualités naturelles au caractère irlandois.
SirUlick O'Shane sentant parfaitement combien il étoit désavantageux pour lui d'avoir cessé toute liaison avec une telle parente, et bien capable d'apprécier la valeur de son amitié, s'étoit donné, de-
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puis plusieurs années, des peines infinies pour regagner son estime et son affection. Son adresse consommée , aidée , soutenue et déguisée par une apparence de franchise, aiiroit cependant eu peine à y réussir, si elle ri'avoit été accompagnée de quelques qualités véritablement estimables, et surtout d'un cœur noble et généreux. On pouvoit pardonner beaucoup de ses fautes en faveur de son goût naturel pour la vertu , et qui avoit survécu à ses nombreux écarts. Lady Annaly voyoit donc encore en lui quelques espérances d'amendement. D'ailleurs, pour dire les tlioses telles qu'elles sont, il avoit trouvé un moyen infaillible de se rendre la mère favorable , en témoignant la plus haute admiration pour la fille. Lady Annaly avoit donc enfin consentir reparoître au château de llïermitage , et la visite qu'elle y faisoit en ce moment, étoit celle de réconciliation.
Sir Ulick ne négligeoit rien pour lui rendre agréable le séjour qu'elle devoit faire chez lui. Indépendamment du crédit que devoit lui procurer dans le pays szv liaison avec elle , il avoit d'autres mo-
lifs pour désirer d'obtenir son nmitie'. Son fils Mardis venoit d'atteindre sa vinijtième année , il avoit trois ans de j3lus que miss Annaly. Son père pensa donc qu'avec le temps , il pourroit en résulter un mariage, et Marcus n'en pouvoit espérer un plus avantageux ; beauté, fortune, naissance, tout ce qui peut flatter en même-temps l'ardeur de la jeunesse et la prudence de l'âge mûr , s'y trouvoit également réuni. D'ailleurs (car dans tous les calculs de sir Ulick , cV ailleurs étoit un mot dont il faisoit grand usage), d'ailleurs donc le frère de miss Annaly n'étoif pas si fortement constitué au physique qu'au moral. Il avoit déjà eu deux maladies qui avoient*fait désespérer de sa vie j une troisième pauvoit l'emporter , -et sa succession passeroit alors toute entière à sa sœur. D'ailleurs, encore , quoi qu'il put arriver à cet égard, ^ sir Ulick devoit à lady Annaly, depuis ^^ le décès de sa première femme, une «somme assez considérable , à laquelle \\ falloit joindre tous les intérêts échus depuis ce temps, et cette scmrrie se confondroit nécessairenient dans la dot de