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chaud , monsieur, et vous m'aviez recoramandë d'aller vite. — Je me suis arrêté dans un cabaret , et en arrivant ici je n'avois plus de lettre. Ce n'est qu'après votre départ que je l'ai retrouvée dans- ce même cabaret. »
« Pietrouvée ! » s'écria Henry en s'avanrant vers lui : « Et où est-elle? »
«- Oh ! je l'ai conservée avec soin , » ditil en tirant de sn poche une espèce de vieux porte-feuille, « afin de vous la remettre quand vous reviendriez. — La voici , M. Henry. »
Ormond saisit vivement la lettre , et reconnut sur l'adresse l'écriture de lady Annaly. 11 déchira l'enveloppe , et y trouva deux lettres dont l'une étoit de miss Florence.
<f Je vous pardonne , » dit-il au domestique , en lui faisant signe de sortir.
Lorsqu'il eut lu les deux lettres , ou pour mieux dire, lorsq^ue , sans les lire, il en eut compris le sens par le coup d'oeil rapide qu'il y jeta , il tira violemment le cordon de la sonoette.
■ « Courez au bureau des postes , » dit-il « son domestique, » et ioformez-vous où
est maintenant lady Annaly, si c'est en Irlande ou en Angleterre. Tâchez desavoir positivement le lieu de sa résidence , et apportez-moi la réponse sans tarder un instant. »
Elle ne se fit pas attendre long-temps.
— « Elle est en Angleterre , monsieur, dans le Devonshire. Voilà son adresse qu'on m'a donnée par écrit. — Faut-il demander des chevaux de poste ? »
^— «Certainement, à l'instant même. »
En les at tendant ,.Ormond écrivit quelques lignes au docteur Cîinibray , pour lui témoigner son regret de partir sans l'avoir vu , et pour lui expliquer les motifs de son arrivée subite , et dé son brusque départ.
Enfin il monta en voiture, et partit, au grand chagrin de tous ceux qui le virent s'éloigner avec toute la vitesse dont étoient capables les chevaux qui le conduisoient. Mais son domestique , placé sur le siège , répandoit des paroles de consolation parmi tous ceux qu'il rcncontroit, et les assuroit que , s'il plaisoit au ciel , son maître et lui ne tarderoient pas à revenir.
Et maintenant que le voilà en voiture ,
qu'y avoit-il donc dans ces deux lettres pour produire sùfrlui un tel effet? Aucun charme , aucun talisman n'auroit pu agir avec cette célérité magique. Quels mots avoient eu ce pouvoir inconcevable?
C'est un secret qui ne sera jamais révélé au monde.
La seule chose qu'il importe à nos lecteurs de savoir , est ce qu'ils ont probablement déjà deviné.
Sans répondre directement à ses propositions, les deux lettres étoient conçues dans un style amical , et contenoient des assurahces d'estime. On lui disoit que le colonel Albemarle étoit venu à Annaly pour une affaire dans laquelle il ne réussiroit pas : qu'il en devoit partir tel jour ; qu'on le prioit de ne pas venir au château avant son départ , et on l'assuroit qu'après cette époque , il y seroit le bien venu.
IN'ayant pas reçu ces lettres, Ormond s'étoit rendu à Annaly avant le terme qui lui avoit été fixé.
Il lui paroissoit maintenant bien certain que le jeune militaire qu'il avoit vu aux genoux de Florence n'étoit pas un rival favorisé, triomphant , mais un rival
dédaigné , désespéré. Comment cette idée ne s'étoit-elle pas présentée à son esprit?
« Pourquoi me suis-je tellement pressé de partir pour Paris? Ne pouvois-je pas attendre quelques jours ? suivre l'avis du docteur Cambray ? écrire de nouveau ?
questionner encore le domestique? enfin le parti que j'ai pris n'étoit-il pas le dernier que je dusse prendre ? »
De même qu'un homme dont la colère est dissipée , voit clairement ce qu'il auroit dû faire ou ne pas faire , s'il eût été de sang froid ; de même que dans toutes les autres passions , un homme , lorsqu'elles sont calmées , reconnoît la folie de tout ce qu'il a fait , dit ou pensé, tandis qu'il s'y abandonnoit ; ainsi Ormond ouvroit maintenant les yeux sur sa jalousie , sur sa précipitation insensée , et délestoit les transports auxquels il s'étoit aveuglément livré.
Mais il restoit encore une grande question à résoudre. « Comment réparer le passé? Pouvoit-il espérer d'obtenir son pardon ? »
Ormond, en matière d'amour, n'avoit pas le défaut d'être présomptueux : la fa-
tuitë de Connal ëtoit tout l'oppose cîe soft caractère. Jamais il ne se flattoit d'avoir pu faire une impression profonde, et le mérite supérieur qu'il reconnoissoit avec raison dans l'objet de son choix , contribuoit peut être encore àaugnrieritersadë" fiance de lui-même. Sous quelque point de vue qu'il considérât sa position , il découvroitde nouvelles raisons pour craindre de ne pas remporter , et peut-être d'iivoir déjà perdu le prix auquel ilaspiroit. Quoique missAnnaly ne fût pas encore mariée, ne pouvoit elle pas avoir promis sa main?
Quoiqu'elle n'eut pas la fierté d'une hé"roïne , pour se déterminer à épouser, paf dépit , un homme qu'elle n'aimeroit pas, afin de punir celui qu'elle ainieroit, cependant elle {\voit un p^u de la force de caractère de sa mère , et dans une circonstance où son cœur avoit du être sensiblement blessé, ne pouvoit- elle pas se laisser influencer par la chaleur de son indignation ? Elle avoit assez de fermeté pour refuser la main d'un homme pour qui son cœur plaideroit en secret, si elle découvroit en lui quelque défaut essentiel; si elle pensoit que soq attachement pour
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ellen'étoit pas assez vif, assez solide , tel, en un mot, qu'elle méritoit de l'obtenir, et que sa sensibilité et ses espérances de bonheur dévoient l'exiger dans un mari.
S'il portoit ses réflv xions sur lady An-' naly, ses motifs d'inquiétudes n'étoient pas moindres. Qu'avoit-elle dû penser de lai en le voyant partir tout à coup , sans la voir, sans lui écrire; au moment où il venoit de déclarer son amour pour sa fille , et où la réponse qu'elle devoit croire qu'il avoit reçue , avoit du lui faire concevoir quelques espérances ? Si elle avoit remarqué en sa fille quelques dispositions favoral)les pour lui , n'a voitelle pas du travailler à les déraciner; lui conseiller, lui ordonner de l'oublier?
Ormond, seul dans sa voit ure , eut tout le temps de se livrer à des idées qui, alternativement , l'agitoient de craintes , ou le berçoient d'espérances : double motif pour désirer la fin de son voyage. Aussi ne s'arrèta-t-il que lorsqu'il fut arrivé chez lady Annaly.
- En faveur des lecteurs qui ne font grâce ni d'un quand ^ ni d un où , ni d'un comment ^ nous dirons qu'il arriva dans la
soirée. Elles habitoient un des cantons les plus retirés et les plus pittoresques du Devonshire, et Florence se proraenoit sur les bords de la mer, avec iady Annaly, quand un domestique , qui ne connoissoit point Ormond, vint les avertir qu'un monsieur arrivant d'Irlande demandoit à les voir.
L'impatience d'Ormond lui avoit fait suivre le domestique. Elles l'aperçurent de loin.
« Seroit-il possible ? » dit Iady Annaly , en se tournant vers sa fille, pour éclaircir ses doutes ; mais les couleurs quelle remarqua sur ses joues la convainquirent qu'elle ne setrompoit pas , et que c'éloit bien M. Ormond qui se présentoit devant elle.
«M. Ormond!» s'écria Iady Annaly, d'un ton mêlé de réserve et de dignité, en s'avançant vers lui. « Après une si longue absence , je n'osois m'attendre à cette visite ; mais il est toujours le bien venu chez moi. »
Florence , tandis qu'Ormond s'approchoit , crut voir dans ses regards , dans son air , quel(jue chose qui lui fit espérer
qu'il pourroit prouver à sa m^re qu'il n'étoit pas tout-à fait indigne de pardon ; et quand il leur parla, le son de sa voix, l'expression de ses yeux, disposèrent en. sa faveur le cœur de lady Annaly , et lui firent désirer qu'il pût donner une explication satisfaisante de son étrange conduite.
Lorsqu'on se trouve ainsilieureusement porté à écouter la raison , à pardonner les erreurs dans lesquelles la passion entraîne quelquefois les êtres les plus raisonnables , les explications ne sont ni longues , ni ennuyeuses. A peine Ormond eut-il tiré de son porte-feuille la réponse qui lui avoit été faite , et dont Tenveloppe portoit les traces du long séjour qu'elle avoit fait dans celui du domestique négligent, que Florence devina une partie de la vérité ; et dès qu'il eut dit : « il n'y a que trois jours , mylady , que j'ai reçu cette lettre , » toute la réserve de lady Annaly disparut. Ormond sentit diminuer ses craintes en la voyant sourire, et reprenant courage , il leur fit le récit de l'accident qui l'avoit empêché de recevoir plus tôt leurs lettres.
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Il s'accusa lui-même avec tant de fran^ chise , blâma sa malheureuse précipitation avec tant de chaleur, peignit avec de si vives couleurs le désespoir dont il ^voit été saisi en voyant un jeune militaire aux genoux de miss Florence , que lady Annaly ne put s'empêcher de chercher à le consoler , en lui disant que sa fille n'avoit pas été médiocrement confuse au même instant , en reconnoissant son cheval par la fenêtre, dans le moment où le vent avoit écarté le rideau.
« Je ne voulois pas , » dit lady Annaly, « que vous parussiez au château avant le départ du colonel , parce que je savois à quelles extrémités la jalousie peut porter deux jeunes gens bouillans et impétueux. Et lorsque vous pensiez le voir au comble de la joie et du bonheur, il étoit au désespoir du refus définitif qu'il venoit d'essuyer. C'est ainsi que la passion juge toujours mal des choses , en ne consultant que leur extérieur. »
Si lady Annaly avoit eu dessein de moraliser en ce moment, elle auroit pu le faire aussi long-temps qu'elle l'auroit voulu, sans crainte d'être interrompue par
l'un ou l'autre de ses auditeurs. Elle au* roit pu compter sur une soumission sans réserve , et sur une humilité sans bornes de la part de noire héros , qui se trouvoit trop heureux de concevoir des espérances favorablesà son amour, pour ne pas avouer ses torts et sa folie , et reconnoître qu'il méritoit tous les reproches qu'elle auroitl voulu lui faire.
Mais elle étoit bien loin de songer à la >Tnorale , car elle lui parla de Paris , des succès qu'il avoit obtenus dans la société , de M. et de madame de Connal, de plusieurs autres personnes qu'il avoit connues en cette ville , et entre autres de l'abbé Morellet.
Ormond ne fut pas fâché de savoir que lady Annaly n'ignoroit pas qu'il eût été admis dans la société intime de ce dernier ; et ses espérances redoublèrent eiv voyant qu'elle paroissoit instruite de tout ee qu'il avoit fait à Paris , et que sa coqt duite avoit obtenu soji approbation. Le fait est que lady Annaly, quoique piquée de la conduite d'Ormond à son égard, n'avoit jamais cessé de prendre intérêt à lui , et avoit eu de ses nouvelles par plu*-
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sieurs voyageurs anglois , qui l'avoient vu
dans différentes sociétés à Paris.
Même dans ce premier moment, et en présence de l'objet de toutes ses affections , Ormond prit soin , et lous ceux qui ont jamais aimé doivent lui en savoir gré ^ de rendre justice à Dora, qu'il n'espéroit plus revoir. Lady Annaly lui ayant fait quelques questions relativement à M. de Connal , il saisit adroitement cette occasion pour lui dire que madame de Connal n'étoit pas seulement admirée à Paris pour sa beauté , mais qu'elle y faisoit honneur à l'Irlande , ayant su con* server une réputation sans tache, au milieu de la société dissipée où elle vivoit,. et où elle trouvoit peu d'exemples de ces vertus conjugales qui doivent naissance eu Angleterre à l'habitude et à l'éducation.
Il leur fit part aussi du résultat de ses observations sur les mœurs et les usages de la France ; convint que les plaisirs de la société y étoient plus vifs et plus variés ^ mais ajouta que notre bonheur domestique leur étoit bien préférable.
Il avoua , avec toute la franchise qui le
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caracte'risoit , l'impression qu'avoient dV hord fait sur lui la gaieté française et le brillant de la société parisienne. Il éloit charmé cependant d'avoir vu tous les.
plaisirs auxquels l'imagination prête de loin tant de charmes, et dont le cœur reconnoît, en les voyant de près, le vuide et le néant. 11 avoit , grâce au ciel , traversé cet océan de dissipation , sans perdre le goût qu'il avoit toujours eu pour une vie plus tranquille. Le peu de temps qu'il y avoit passé, n'avoit laissé, dans son esprit , que les traces d'un rêve brillant du délire , de la fièvre , mais il espéroit en avoir retiré une véritable utilité,. en se confirmant dans ses anciens principes, et en se convainquant, parla comparaison qu'il avoit pu faire, que la préférence étoit due à son pays , et surtout » ses concitoyennes.
Pendant qu'il parloit, et qu'il dcbitoit ainsi son petit cours de morale , la mère et la fille ne pouvoient s'empêcher de remarquer que quelques mois de. séjour en France , n'avoient pourtant pas peu contribué à le former, et à lui faire acquérir les grâces et les agrémens extérieurs que
sa première éducation n'avoient pu lui procurer.
Lady Annaly lui dit , en souriant , que cette excursion , en apparence raaUieureuse , et déterminée par un mouvement de colère, avoit eu des résultats avantageux pour lui ; elle le félicita d'avoir sauvé sa fortune et établi son caractère, et le laissa plaider sa canse auprès de sa fille, désirant de tout son cœur qu'il pût réussir.
Nous ne savons ni ce qu'il dit à miss Florence, ni ce que celle-ci lui répondit; mais quand nous le saurions , nous ne voudrions pas ennuyer le lecteur en le lui répétant. Lady Annaly les attendit patiemment pour le thé, qu'on ne prit que fort tard , et que nos jeunes gens crurent qu'on prenoit beaucoup plus tôt qu'à l'ordinaire. Le résultat de cette conversation , fut qu'Ormond resta , dans cette charmante retraite , un jour, — deux jours , — trois jouis ; — nous ne pouvons en dire le nombre précis, llexistoit ici, dans nos mémoires , un blanc que nous ne croyons pas devoir remplir, de peur que quelque mistress Mac-Crule ne js'é-
Crie : « Quel scandale d'avoir garde si long-temps un jeune homme sous le même toit que sa maîtresse?» ou : «Quel scandale de les avoir si promptement maries?
Nous prions donc humblement toute jeune darne douée de sentiment et de dé» licatesse , de se m(-ttre à la place de miss Florence ; de supposer que c^lui qu'elle préfère soit Henry Orniond , et de remplir le blanc dont il s'agir de tel nombre de jours qu'elle jugera convenable.
L'heureux mo. tient arriva enfin. On.
retourna en Irlande, à Annaly, et Ic^ur excellent ami, le docteur Cambiray, seira les nœuds d'une union qu'il avoit prévue depuis long ten^.ps , et qu'il avoit vivement désirée.
Ceux qui s'occupent d'autre chose que d'amour et de mariage, ne seront pas fâchés de savoir qu'Oraiond reçutj à cette époque, une lettre de Marcus , qui lui mandoit que le domaine du château de l'Herniitage alloit être vendu parles créaii* ciers de son père , et qui l'engageoit à l'enchérir et à l'acheter , pour emjjécher qu'il ne fût donné pour rien. Mais il lui en
arriva une aalre de M. de Connal , qui prioit son cher ami, M. Ormond, de le débarrasser des Iles Noires qui ne j)oii- Toient lui convenir, puisqu'il étoit décidément fixé à Paris. Rien n'étoit moins étonnant : le corps de Connal étoit à Paris, sa télé à Versailles, et son cœur au pharaon.
Ormond ne pouvoit les satisfaire tous deux. Le château de l'Hermitage étoit, sans contredit, le plus beau des deux domaines , et présentoit l'affaire la plus avantageuse. Mais d'autres considérations agissoient sur le cœur de notre héros. Le souvenir du bon roi Cornv lui faisoit ehérir les lies Noires. Les habitans de ces îles lui étoient sincèrement attachés. Ils considérorent le prince IJenry comme le véritable représentant de leur cher roi Corny ; il pouvoit leur être utile en travaillant à leur civilisation. Il se décida donc à faire cette acquisition , et ne tarda pas à prendre possession de sa nouvelle souveraineté.
Des revers au jeu, et la nécessité de mettre de nouveaux fonds dans sa banque de pharaon, avoient décidé M. de
Connal à celte vente. Mais le ciel ne voulut pas qu'il en touchât le prix. Dans le court intervalle qui sépara le jour de la vente de celui du paiement, il eut une querelle au jeu qui fut suivi d'un duel où il perdit la vie. Dora manda cet événement à Ormond , en le priant d'employer ses fonds de la manière qu'il jugeroit la plus convenable. Sa lettre arriva précisément la veille du jour cù le château de l'Hermitage devoit être vendu , et elle devint propriétaire de ce domaine.
Le colonel Albemarle avoit fait à cette époque un voyage en France , pour les mêmes motifs, qui, peu de temps auparavant, y avoient conduit Ormond. Il y fit connoissance de la jeune veuve qui ne iarda pas à prendre dans son cœur la place que miss Annaly y avoit occupée.
Le colonel étoit aimable, il plut à Dora, et l'ayant épousée un an après la mort de son mari , il la ramena en Irlande , au grand chagrin de miss O'Faley , qui les y suivit , parce que sa nièce lui étoit encore plus chère .que la France.
Ils trouvèrent Ormond jouissant d'un
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bonheur parfait avec son épouse qui eloit sur le point de l'augmenter encore , en le rendant père. Ils résidoient alternativement à Annaly et aux lies IS^oires , où Moriarty , sous un litre moins pompeux, avoit repris les fonctions de surintendant des forêts., et d' inspecteur général des chasses ^ dont il avoit été jadis investi par le roi Corny.
Ormond continua toute sa vie à jouir de l'empire qu'il avoit acquis sur lui-même, et à maintenir un caractère, qu'en dépit de sou éducation négligée et des circonstances fâcheuse^ auxquelles sa jeunesse avoit été exposée , il étoit parvenu à se former à force d'énergie et de fermeté. Lady Annaly fut glorieuse de voir i\insi rentier accomplissement de ses prédictions , et trouva la plus douce récompense de la bienveillance désintéressée qu'elle avoit conçue pour notre héros , €11 le voyant assurer la félicité de sa fille.