PLANCHE III
Noctua. Fronte albido, supra brunneo, saturatiori, tenuiter subbrunnescente; genis albidis; pectore rufo, transversim rufo-brunnescente radiato ; ventre albido, fusco maculato ; cruribus rufis ; cauda brunnea, lineis quinque transversim distincta.
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Front blanc ; une tache de cette couleur sur les yeux ; toutes les parties supérieures brunes, marquées de points roux très clair, plus rapprochés sur la tête, qui est aussi un peu plus rousse que le reste du corps; devant du cou et poitrine roux, rayés, en travers, de bandes brunes interrompues sur la ligne médiane; ventre blanchàtre, marqué de larges taches brun foncé; cuisses rousses ; tarses couverts de plumes blanchâtres ; rémiges en dessus brunes, avec quelques taches transversales moins foncées, et quelques gouttelettes blanches sur les plus extérieures; dessous de Paile gris brun, avec des taches blanchâtres en travers; couvertures inférieures des rémiges jaune paille; rectrices brunes, munies de cinq bandes blanches transversales, interrompues sur la tige de chaque plume, ces bandes rousses sur les pennes externes; yeux d’un beau jaune ; bec verdàtre.
Cette espèce parait commune à Cuba; on la rencontre, de jour, au sein des bois où, par la vivacité de ses manières, elle semble, plus que beaucoup d’autres oiseaux nocturnes, douée des facultés propres aux espèces diurnes; elle s'envole à l’approche de quelqu’un et va se poser très légèrement à peu de distance, tout en ouvrant
et relevant la queue, à l'instant où elle se perche, et se rehaussant, en même temps, sur ses pattes. Son chant de nuit peut s’exprimer
ainsi :
Ca, Ca ra CO CO, CO CO CO Co co
Les sons, d’abord répétés rapidement , s’arrêtent brusquement. C’est au reste un chant bien analogue à celui du Caburé d’Azara et des autres petites espèces américaines qui s’en rapprochent pour les couleurs. La Chevêche Siju paraît se nourrir de reptiles et d’insectes, et devient très grasse. Souvent on l'élève, et cela, sans beaucoup de peine, même quand on la prend adulte : elle se contente, alors, de viande crue ou de petits Lézards.
Cette espèce est un peu plus grande que le Caburé et diffère essentiellement du Strix Chevéchoïde de Tem., planches coloriées, par la distribution de ses teintes; cependant l'individu qui nous sert de type paraît être encore jeune (1).
GENRE EFFRAYE STRIX.
x° 9. EFFRAIE À QUEUE FOURCHUE, STRIX FURCATA, Tem.
Lechuza À CUBA.
Strix furcata,Tem., col. 432 (2).
Sur les trois individus rapportés de Cuba, tous dans des dimensions identiques, et en rapport exact de proportions, deux seulement avaient sur l'aile la grande tache blanche indiquée par
Ga) M. Vigors, dans sa description des oiseaux de Cuba (Zool. journal, 1827, t. II, p. 439), indique le Strix occipitalis ; maïs celui-ci étant indiqué comme du Sénégal par M. Temminck (planches col.), il nous paraît que c’est uue erreur de M. Vigors. Dans tous les cas, cet oiseau n’a point été rapporté par M. de la Sagra.
(2) Nous supposons que le Strix furcata de Tem. est identique avec le Sérix perlata, Licht., n° 613, et par conséquent le même que celui d’Azara, n° 46, celui du prince Max. et lenôtre (voy. dans l'Amérique méridionale); mais , dans l'incertitude , nous reproduisons encore cette espèce, venue du même lieu que celle de Temminck, sous le nom consacré par cet auteur.
M. Temminck et représentée dans sa planche 432, comme caractère de son Strix furcata. Cette espèce est donc sujette à varier de plumage, comme notre Strix flammea, avec laquelle elle a tant d’analogie (sauf les proportions plus fortes, et les tarses plus robustes). M. Temminck cite ce caractère; et, en outre, celui de la queue fourchue et de la tache blanche. Ce dernier n’étant pas constant, et les couleurs étant aussi variables que dans le Strix flamme , il ne reste plus, pour caractères distinctifs, qu’une taille plus forte, et peut-être la queue un peu plus fourchue que dans cette espèce. M. Temminck (Man. d’ornit., t. III, p. 49) dit que toutes les Effraies de l'Amérique du sud paraissent appartenir à son Sérèx furcata ; dès lors, il faudrait y réunir le Strix perlata de Lichtenstein (Verz. der. Doubl., n° 613) et LEffraie d’Azara, n° 46; mais nous sommes bien indécis sur cette réunion; car aucun des individus que nous avons vus dans l'Amérique méridionale n’avait les ailes blanches, ni la queue notablement fourchue; ils avaient seulement les proportions un peu plus fortes que ceux de l’Europe. On pourrait peut-être en conclure que le Sfrix furcata n’est qu’une variété de l’espèce américaine, munie, quelquefois, de taches blanches sur l’aile, et qui ne serait elle-même qu’une variété de notre Strix flammea. Les différences d’ailleurs sont si peu marquées que M. Vigors (Zool. jour., 1827, t. III, p. 438), ayant recu des Effraies de Cuba, lieu d’où venait le Sfrix furcata de Temminck, dit n’avoir reconnu aucune différence avec le Strix flammea. est néanmoins difficile d'admettre que les deux espèces se trouvent en même temps à Cuba ; il est plus raisonnable de croire que les individus observés par M. Vigors manquaient de taches blanches, comme ceux que nous avons sous les yeux, et que le caractère de la queue fourchue n’est pas assez apparent pour Pavoir frappé.
Incertain encore sur la réunion du Strix perlata , avec cette variété de Cuba, nous ne pouvons y rapporter aucune des observations qui nous sont propres sur les mœurs et la distribution géographique de cette espèce. Au reste, nous supposons que ses mœurs sont les mêmes que celles de notre Effraie d'Europe, le Strix perlata les ayant aussi. Partout c’est un oïseau qui fréquente les maisons, les vieux monuments, les rochers crevassés; partout il sème la terreur parmi les crédules sauvages comme parmi les habitants des villes.
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