‹ OrnithologieChapitre 26 sur 93 · SECOND ORDRE · texte numérisé non relu

SECOND ORDRE

PASSEREAUX , PASSERES.

Nous n’avons plus à nous occuper de ces oiseaux voraces, terreur de la gent ailée ; de ces oiseaux amis du carnage , aussi redoutés du fermier, dont ils déciment la basse-cour , que des animaux sauvages des forêts et des plaines. Nous quittons ces oiseaux de proie , aux couleurs ternes , aux habitudes carnassières, pour les légers Passereaux aux mœurs volages, le plus bel ornement , parmi la nature animée , de la végétation grandiose des pays chauds ; ces Passereaux, que l'habitant des campagnes aime à ne pas troubler , et dont il protège la nichée ; ces Passereaux , que le citadin contraint à la captivité, pour qu’ils viennent charmer ses loisirs de leurs chants mélodieux , privé qu’il est d’en jouir au sein des bois , sur les coteaux fleuris , dans les plaines sillonnées par le soc du laboureur ; ces Passereaux aux couleurs diaprées , souvent rivaux des fleurs éphémères , par l’éclat de leur parure, et des papillons par la légèreté de leur vol ; ces Passereaux, enfin , dont les uns , fidèles à leur terre natale, y meurent sans jamais V’abandonner ; les autres au contraire, et c’est le plus grand nombre, voyagent tous les ans pour fuir les rigueurs des saisons, abandonnant le froid hiver du continent septentrional , pour devenir quelques mois insulaires. Alors, seulement de passage, ils ne se livrent pas aux douceurs de l’amour , attendant la saison propice pour regagner leurs pénates, et élever une nichée qu’ils ramëne-

ront plus tard avec eux dans leurs nouvelles migrations, sur leur résidence temporaire.

Nous devons établir sur les Passereaux , dont nous venons d’esquisser les différences avec les oiseaux de proie , quelques généralités de distributions géographiques comparatives à celles qui précèdent le premier ordre des oïseaux. Nous ne parlerons plus de la position favorable de Cuba, mais bien seulement de ses résultats , comme pour les oiseaux de proie. Nous allons voir, parmi les cinquante espèces de Passereaux recueillis dans l’ile de Cuba , quels sont : {° ceux qui y viennent de l’Amérique méridionale ; 2° ceux qui y arrivent de l’Amérique septentrionale ; 3° ceux qui vivent également sur les deux continents; et 4° enfin, ceux que nous croyons sédentaires à Cuba.

Dans la première série , les espèces qui, de l’Amérique méridionale , arrivent à Cuba, nous sommes loin de trouver les mêmes résultats que pour les oiseaux de proie ; ceux-ci, sur dix espèces, nous en ont montré trois, ce qui est presque le tiers ; tandis que, sur cinquante Passereaux , deux seulement viennent à Cuba : le Fringilla dominicana (sur lequel encore nous avons quelques doutes ; car, bien que tué dans la campagne, il pouvait fort bien s’être échappé d’une cage); etle Cæreba cyanea, Vieill., très commun aux Guianes et au Brésil ; ainsi, non seulement nous ne trouvons aucun rapport d’uniformité entre les oiseaux de proie et les Passereaux, pour le nombre comparatif des espèces qui viennent du continent méridional , mais encore le premier Passereau étant douteux; le second, propre à toutes les régions chaudes, paraissant s’étendre jusqu’au Mexique , il y a réellement lieu de douter s’il vient ou non des Passereaux de l'Amérique du sud jusqu’à Cuba.

Si nous avons à peine trouvé des traces des migrations du sud au nord , pour les Passereaux de Cuba , il n’en est pas ainsi de ceux qu’amènent, du continent septentrional, les migrations hivernales ; car nous en trouvons l’énorme chiffre de #rente-trois sur cinquante , presque les deux tiers de la totalité , ce qui prouve évidemment que, pour les Passereaux, les lois de distribution géographique donnent à Cuba des espèces appartenant à PAmérique du nord bien plutôt qu’à l'Amérique méridionale, fait au reste très intimement lié à la position relative de cette île avec le continent. Comme il serait trop long de retracer ici le nom de toutes les espèces de Passereaux qui forment ce chiffre de trente-

OISEAUX. 39 trois, nous nous contenterons de donner comparativement le nombre d'espèces par genre, afin qu’on puisse juger de sa composition zoologique : "

Canne Turdus. 7 à... .

Orpheus. . . . .

SEIUTUS. 0e Ne SYEvIAL 2202 Tanagra.

Pyranga.. .

Tyrannus. . . . .

Muscicapa. . .

Setophaga. . .

CULCNOA OMRS Caprimulgus.

Passerina. .

Carduelis. . . . .

Pyrrhula.

Sturnella. . . ..

Quiscalus. .

Trochilus. . .

Alcedo. . . .

[= muwme mins mue = œio ce

Go

Total. :. 3

Dans ce nombre nous ne voyons, pour ainsi dire, que des oiseaux qui viennent à Cuba seulement dans l'hiver et n’y restent point , s’en retournant sur le continent septentrional , aussitôt que le printemps s’annonce. Il y a néanmoins quelques exceptions à cette règle; et même parmi les espèces qui émigrent régulièrement , il en est qui restent quelquefois à Cuba, pour y nicher. Nous avons vu que les deux oiseaux de proie qui viennent du nord dans l'ile de Cuba ne franchissent pas les grandes Antilles pour s’avancer vers le sud jusqu’à la Terre-Ferme : il en est absolument de même des Passereaux que nous venons de signaler, aucun ne passant au sud des Antilles, et tous prenant ces îles comme les limites méridionales de leurs migrations annuelles.

Les Passereaux trouvés en même temps sur les deux continents et à Cuba ne sont qu’au nombre de deux : le Vireo gilous, Bonap., et l’Hirundo purpurea, espèces qui habitent indifféremment la

plus grande surface des deux Amériques et acclimatées dans Pile , au point d’y nicher.

Nous n’avons plus à parler que des espèces de Passereaux qui paraissent spécialement propres à lile de Cuba et aux grandes Antilles. Celles-ci sont au nombre de freize, ainsi divisées :

RHrOUSu:, 1 PRE EYANNus. ENS ARE Museipeta se Passerina. . . .

Linaria.

CRIS NT XANTHOFNUS. EU UNE Ouiscalus va EEE CONS Se Trochilus.

Todus. .

a SAT LE OS RTS

EE Go

On voit dès lors que ce nombre est réparti à peu près également dans les différents genres. Si nous comparons le mode de nourriture particulier à ces espèces, nous verrons même qu’elles renferment autant d'oiseaux insectivores que de granivores. En comparant ces données, à ce que nous avons dit des oiseaux de proie propres à l’ile qui nous occupe, nous trouvons que les Passereaux sédentaires y sont proportionnellement beaucoup plus nombreux.

En résumé, nous trouvons, quant aux Passereaux, que les espèces recueillies dans l’ile de Cuba sont, pour les deux tiers, venues de l’Amérique du nord ; que celles qui sont propres à Cuba n’en forment qu’un peu plus du quart, tandis qu’à peine y a-t-il deux espèces propres aux deux Amériques et le même nombre encore douteux , appartenant à Amérique méridionale ; ainsi la plus grande partie de l’ornithologie de passage appartiendra à la zoologie septentrionale.

Les proportions spécifiques des Passereaux , par genre et par famille, sont, au reste, résumées comparativement dans le tableau qui suit:

NOMS des

Laniadæ

Durdidæ: . 1.

Sylvidæ

Tanagridæ

Muscicapidæ...

Hirundidæ. ...

Caprimulgidæ..

Fringillidæ. ...

Trochilidæ. ..

Alcyonidæ Todidæ

TOTAL DES ESPÈCES een} us |

PASSEREAUX DE L'ILE DE CUBA PROPRES CR QE à l'Amé- à l'Amé-

rique

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