‹ OrnithologieChapitre 6 sur 93 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

du continent méridional ; car ils passent, en mars, de Cuba vers l'Amérique du Sud, continuent leur route au midi, traversent, en avril et en mai, les régions tropicales, comme nous l'avons vu plusieurs fois en Bolivial, et arrivent plus au sud, à l'instant où les eaux, se retirant de dessus les immenses marais, leur laissent à découvert une pâture abondante et facile.

Si maintenant nous cherchons à découvrir quelle route suivent ces oiseaux dans ces grandes migrations , nous en trouverons peut-être une explication satisfaisante, dans les observations publiées, en 1525 et 1547, par Oviedo ; voiei ses propres paroles :

« Je dis que, presque à l'extrémité de Pile de Cuba, il » passe une trés grande quantité d'oiseaux de diverses » espèces, venant du côté du Rio de las Palmas, qui » confine avec la Nouvelle-Espagne, et du nord de la » terre ferme ; ils traversent les iles de los Alacranes »et celle de Cuba, le golfe qui sépare ces iles et la » terre ferme, et arrivent à la mer du Sud (la mer des » Antilles). Je les ai vus au Darien, au Nombre de Dios, »et à Panama, sur le continent, pendant plusieurs » années de suite : alors le ciel en parait couvert » pendant un mois et plus. Il y a, du Darien au Nombre » de Dios ou Panama, quatre-vingts grandes lieues. J’ai » vu ce passage sur les trois points pendant quelques an- » nées. Les oiseaux viennent toujours du côté de Cuba et » des lieux que j'ai cités, se dirigeant au sud-est à la » terre ferme, vers sa partie la plus large. Comme on » voit ces oiseaux , tous les ans, suivre la même route, ct » qu’on n’en voit aucun retourner à l’ouest ni au nord, je » crois que ceux qui la reprennent sont les mêmes, ou ceux » qui en sont nés revenus aux mêmes lieux après avoir fait » le tour de l’univers , en suivant la route que je viens d’in- » diquer. Ils font ce voyage au mois de mars, pendant » vingt ou trente jours, plus ou moins, depuis le matin » Jusqu'à la nuit; le ciel alors est couvert d’un nombre » considérable d'oiseaux, les uns si élevés dans les airs, que

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