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LES DEUX SEXES

Ardea egretta, Great white Heron, Wils., Amer. orn. WIL> p.106, pl: 61,5%

Ardea alba, Bonap., 4dd., p. 115.

Ardea alba, Bonap., Syn., sp. 237, p. 304.

Ardea alba, Vigors, Zool. journ., 1827, p. 447, n° 35.

OISEAUX. 1953 Ardea egretta, Temm., Man. d'ornith., t. WA, p. 572. Ardea egretta, Princ. Max., Beitrage, t. IV, p. 607. Ardea leuce, Ilig., Wag. Syst., n° 7.

Ardea. Subcristata, alba; pennis dorsi pectorisque laxis, angustis, pendulis, longissimis ; rostro flaso aut nigro ; pedibus nigris.

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Vieux mâle. En été, entièrement blanc, huppe courte, pendante ; des plumes longues, à barbes rares et effilées, partent du milieu du dos et dépassent la queue ; pieds noirs ou verdâtres, bec jaune ; yeux jaunes ou blancs.

Jeune et femelle. Point de huppe, ni de plumes tombantes du dos ; extrémité de la mandibule supérieure noire.

Comme M. le prince de Musignano et M. Vigors, nous conservons à cette espèce le nom d’Ardea alba, donné par Linné; car, bien qu’il désigne la livrée de la femelle , il n’en est pas moins le plus anciennement imposé , et par conséquent celui qui doit rester.

Cette belle espèce est non seulement indigène de l'Amérique du Nord, de l'Amérique du Sud et des Antilles, mais encore de lEurope; aussi, au lieu de lui assigner, comme on l’a fait, l'hémisphère boréal pour habitation , nous la signalons sur tout le nouveau monde, et dans Phémisphère nord, sur Pancien. En Europe, elle n’est que de passage : on la voit très rarement en Angleterre et en France ; on la rencontre en Hongrie, en Pologne, en Sardaigne , de passage à l’orient de lAllemagne. En Asie, elle se montre au Japon ; en Afrique , dans toutes les parties du nord : mais , pour nous restreindre au nouveau continent, nous l'avons rencontrée en grand nombre dans la Patagonie, dans les pampas de Buenos-Ayres , à la frontière du Paraguay , au Chili, dans toutes les parties orientales de la Bolivia ; elle est commune au Brésil , à la Guyane , aux grandes Antilles, aux Florides, dans toute PAmérique du Nord ; aussi, en Amérique, habite-t-elle de-

puis les 50° de latitude australe jusqu'aux 50° de latitude boréale, sur toute la largeur de ces deux continents.

On la rencontre partout : néanmoins nous ayons remarqué qu’elle voyage continuellement , suivant les saisons ; par exemple, elle est très commune au sud du 34° degré, dans l’été; tandis qu’elle abonde au nord de ces lieux en hiver. Les motifs de ces migrations annuelles tiennent, le plus souvent, aux inondations : en effet, l’été, il pleut beaucoup dans les régions tropicales ; les plaines s’inondent , et tous les oiseaux de rivage les abandonnent, ne pouvant plus y rencontrer une nourriture facile. Alors, au centre de la Bolivia, dans la province de Moxos , nous avons vu passer continuellement, plusieurs jours de suite, des troupes de cette espèce souvent composées de centaines d'individus , volant à une très grande hauteur, formant toujours un large front en arc , et se dirigeant toutes au sud vrai, la variation de aiguille corrigée. Elles vont vers le sud, où l'été est le temps des sécheresses, s’abattent sur les immenses marais de la Laguna d’Ybera au 22° degré, et passent jusque dans les pampas ; mais, aussitôt que les mois d’avril et de mai arrivent , elles commencent à s’approcher des rives du Parana , dont les eaux baissent alors et, peu à peu, regagnent les régions chaudes ou les marais salan(s. C’est à l’époque de ces voyages ou même aux points extrêmes de leurs migrations qu’on rencontre des réunions fortuites et considérables d’oiseaux riverains de toute espèce, couvrant en même temps une surface immense de terrain et y étant chacun pour soi. Là, le Tantale blanc aux ailes noires ; le Jabiru au cou rouge et noir, la blanche Aïgrette, la Spatule rose , se trouvent réunis et forment un singulier mélange de teintes; le jour, occupés à dépecer les poissons morts, ou à tournoyer dans les airs; et la nuit, combien de fois, dans le silence imposant des déserts de l'Amérique méridionale, n'avons-nous pas entendu ce mélange confus, cette cacophonie de cris divers, qu’ils font entendre, en se disputant leur pâture! Les sifflements aigus des canards de toute espèce ; la voix sonore des râles , l’aboiement du bihoreau retentissent par intervalles, au milieu des rauques accents des Hérons, de la grande Aigrette, du Tantale , des Ibis et des Jabirus.

C’est encore lors de ces voyages, que chaque troupe de la grande Aigrette, soit à l’arrivée , soit au départ, vole ensemble et se pose sur le même buisson , sur le même arbre , toujours au bord des eaux ; et, de loin, forme, au milieu des savanes inon-

OISEAUX. 195 dées, une large tache blanche , contrastant avec la verdure du so! , tache qui étonne d’abord le voyageur sans expérience , mais que bientôt il reconnait pour un grand nombre d'individus de cette espèce , serrés les uns contre les autres, le cou dans les épaules, affectant une immobilité parfaite.

Hors le temps des voyages ou de ces réunions fortuites, dues au desséchement des marais, on les rencontre isolés, au bord des lacs, des étangs, des fleuves, des rivières, des ruisseaux ou dans les lieux dits esteros au Paraguay , mais jamais au bord de la mer. Ils y restent jour et nuit, vivant absolument comme nos Hérons d'Europe, c’est à dire, soit en observation, dans l'attente, cherchant à surprendre un petit poisson, des grenouilles, un crabe, ou même des larves d'insectes, soit le cou entre les deux épaules , le bec horizontal, dans l'attitude la plus stupide possible, soit encore se promenant au bord des eaux avec assez de lenteur et de gravité. Très défians, l'oreille toujours au guet, au moindre bruit, ils s’envolent avec peine, font entendre alors un chant rauque, analogue à celui du corbeau, puis se rendent dans un lieu voisin. Lorsqu'ils ont satisfait leur appétit ; ils vont de suite se percher sur les basses branches des arbres et reprennent leur immobilité ; c'est même, parmi les Hérons américains , l'espèce qui se perche le plus souvent. Dans l'ile de Cuba , où ces oiseaux ne sont que de passage, ils sont continuellement par troupes au bord des rivières : au temps de la récolte de la canne à sucre, dès que la canne est coupée, ils s’y rendent immédiatement, sans doute pour y chercher les reptiles qui s’y trouvent à découvert; mais M. Poey remarqua que, trois jours après que le champ a été coupé, ils n’y reviennent plus.

Vers les mois de novembre et de décembre, dans l'hémisphère austral, les individus dispersés se réunissent par paires pour la nichée. Nous en avons vu des nids isolés, placés au sommet des plus hauts arbres, dans les parties les* plus désertes des marais de la province des Missions, ainsi qu’en Patagonie, dans les bois de saules du Rio Nigro , où nous avons appris que ces oiseaux , non plus isolés, mais en société, nichent sur les arbres , en si grand nombre, que les habitants du Carmen vont, avec des canots, faire une récolte deleurs œufs et des autres qui s’y trouvent par milliers. Leur nid est composé de racines et de petites tiges sèches : Les œufs sont d’un beau bleu verdàtre et au nombre de quatre ; leurs diamètres sont 63 et 43 millimètres. Le mâle et la femelle couvent alternativement , et tous deux aussi se partagent le soin

de leurs petits, auxquels ils apportent des reptiles, des poissons, des insectes et des coquillages.

Dans l'hémisphère boréal, ils nichent, selon Bartram, en troupes, au sein des savanes inondées de la Floride et sur les grands cèdres du nouveau Jersey. Ils nicheraient donc également dans les deux Amériques et par des latitudes bien différentes.

Comme les habitants de l’Amérique méridionale n’aiment pas la chair de ces oiseaux, et comme les nations sauvages n’emploient pas leurs plumes en guise d'ornement , ils ne les chassent point.

Leur nom espagnol, dans toute l'Amérique méridionale , est Garza, ou Garza blanca. Les indigènes les désignent aussi dans leurs idiomes par les dénominations distinctes qui suivent : Huaca, en Patagon du sud ; Huaja, en Puelche des pampas (noms iritatifs de leurs cris) ; Soco-moroti, en Guarani du Paraguay ; Allagare conic, en Mbocobis du Grand Chaco ; Oc-oc, en Botocudo du Brésil. Leur synonymie indigèneest également distincte dans toutes les langues de la province de Chiquitos, au centre de l'Amérique méridionale ; ainsi on les nomme Opopuch, en Chiquito; Ayujana, en Guarañoca ; Ogojna, en Samucu ; Huasé, en Otuké, Afsolareta, en Morotoca ; Cozozohuaré , en Sarabeca ; foin , en Quitemoca ; Huaaki, en Cuciquia ; Taurunu, en Paunaca ; Nupilo, en Paiconeca. On le connaît aussi, dans la province de Moxos , sous les noms de Chuhuë, en Chapacura, de Kechollenan, en Muchojeone; de Co huricnan , en Burires ; de Hualapa , en Itonama ; de Vake, en Cayuvava ; d’Adaco , en Iténes ; de Vicho, en Pacagnara ; de Toba, en Movima ; de Niuyacle, en Canichana , et de Charuchi ,

en Moxo.

no 84. HÉRON PANACHÉ.

ARDEA CANDIDISSIMA , Gmel.

Garza blanca, À CUBA.

Ardea candidissima , Gmel., Syst. nat. ed. 13, p. 655, n° 45.

Ardea carolinensis, Snowy-Heron, Wils., Am. orn., VIH, p- 125, pl. 62, f. 4.

Ardea candidissima , Bonap., Add. to the Ornith. of the Uni. Stat., Ann. nat. hist. of New-For., vol. IE, p. 154.

Ardea candidissima , Bonap., Synop., sp. 229, p. 305.

Héron panaché, Temm., Man., t. H, p. 570.

Ardea candidissima, Wagler sp. 11.

Ardea candidissima, Prince. Max., Beitr., t. IV, p. 612.

Buff., Enl. 901.

Ardea nivea, Lath., nd. orn., vol. IE, p. 696, sp. 67.

Lath., Syn., supp., vol. I, p. 236.

Garza chica blanca, con manto, Azar., Apunt. de los pax., t. III, p. 153, n° 349 (mäle en été).

Garza blanca mediana, Azar., Apunt., t. UE, p. 156, n° 351 (male en hiver).

Garza blanca menor, Azar., Apunt., t. WI, p. 159, n° 352 (jeune).

Ardea alba minor carolinensis, The little white Heron, Catesby, Carol., t. 1, p. 77.

Ardea alba minor carolinensis, Klein, Avi., p. 124, n°10.

Ardea caroliiensis candida, Briss., Ornith.,t. V, p. 435.

Rochefort, Æist. nat. et mor. des Antilles, p. 149.

Ardea equinoxialis, Gmel., Syst. nat., ed. 13, n° 25 (junior).

Turt., Syst, p. 380.

Ardea. Occipite cristalo; pennis angustatis, elongatis; pennis dorsi, pectorisque laxis ; corpore albo ; rostro nigro; loris lutescens.

Dimensions. (Adulte). Longueur totale.....................,.. 550 millim. Du pli de l’aile à son extrémité.................... 245 Dé 12 queué....2...22 0.02 se emoiers ee 0 0e oleje » 15 Dan Decrssemeniole ele se eieieelanieeelelenieieln els etaierels elsteLsLe 80 Sathantenr. eee edchemmeeneesecle-toeel-s IL Sa lirreur.- cn... maelel/ieiss cime e je 10 (Jeune). Longueur totale.....,............................ 480 Du pli de l’aile à son extrémité.................... 230 Deliquené:.2%0 8. ue ee etre 70

Mâle en été. Une huppe, composée de longues plumes étroites, à barbes lâches ; des plumes semblables sur le devant du cou à sa partie inférieure ; sur le haut du dos, des plumes à barbes encore

plus lâches , qui arrivent jusqu’au bout de la queue sans la dépasser. Plumage entièrement blanc ; le bec noir, le lorum jaunâtre ; jambes noires ; pieds jaunes ; yeux jaunâtres.

Femelle et mâle en hiver. Vs manquent des plumes longues du dos; quelquefois la huppe est moins longue.

Jeune. Sans huppe ; les plumes du bas du cou peu longues ; taille beaucoup moindre.

Cette espèce est restée pendant bien longtemps nice avec l’Ardea garzetta, ou seulement a été considérée comme une simple variété locale ; cependant Gmelin l’en avait distinguée sous le nom d’Ardea candidissima , dénomination qui maintenant doit lui être consacrée. Elle diffère néanmoins del Ardea garzetta par une huppe touffue et par son cou, orné d’un bouquet de plumes longues et lâches, dont la baguette est faible et dont les barbes sont soyeuses, presque semblables à celles du dos, tandis que autre espèce n’a que quelques plumes effilées sur la tête et les plumes du bas du cou étroites et lustrées.

Ce charmant Héron a été indiqué par quelques auteurs comme se rencontrant en Asie; mais, pour nous restreindre à PAmérique, il paraît habiter en même temps les deux continents. Suivant les Ornithologistes de l'Amérique septentrionale , on le rencontre partout ; il n’est pas moins commun sur le territoire de l'Amérique méridionale, où nous l’avons trouvé jusqu’au 34° degré de latitude , dans les pampas de Buencos-Ayres, et à la frontière du Paraguay. Ainsi connu, il se trouve aussi aux Antilles ; on peut lui assigner comme latitude d'habitation au nouveau monde du 30° au 40° degré au nord et au sud de la ligne : il n’existe pas à la Caroline en hiver, suivant Catesby.

On le rencontre toujours au bord des eaux courantes ou des marais , où il chasse aux petits poissons, aux reptiles aquatiques , sans dédaigner les larves d’insectes, les vers et même les mollusques. Dans l’automne de l’hémisphère du sud , il est presque toujours isolé , sans être défiant, se perchant alors très rarement ; sa démarche est vive, légère ; ses mouvements sont pleins de grâce et bien plus prompts que chez l’espèce précédente, avec laquelle il est bien souvent mélangé, surtout à l’époque des voyages d’émigration. C’est principalement l’été qu’il forme des troupes qui, seules ou mêlées à celles de la grande Aïgrette, couvrent des arbres entiers de leurs nombreux individus, dont la blancheur est éblouissante.

Au printemps, nous n'avons plus rencontré ce Héron sur les rives du Parana, ni dans toutes les contrées qui l’avoisinent ; ce qui nous ferait croire qu’alors il s’'avance vers le nord , fait coïneidant avec son arrivée dans les provinces de Moxos à la fin de Phiver, ou même à cette époque.

La forte odeur de marécage de sa chair empêche qu’on la mange dans tous les pays que nous avons parcourus , et, comme ses plumes ne sont pas plus estimées des citadins que de l’homme sauvage , on ne l’inquiète nullement.

Son nom est partout le même que celui de PAigrette ; on se contente d’y ajouter l'adjectif petit, comme, par exemple, Gurrati mini , des Guaranis , etc. , etc.

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