INTRODUCTION. XXII
faire les questions suivantes : 1° Pourquoi les migrations ne suivent-elles pas, vers le sud , la direction des Antilles, au lieu de parcourir le pourtour de la mer des Antilles ? 2° Pourquoi Oviedo n’a-t-il jamais vu revenir un seul oiseau par la route qu'ils suivent en s’avançant du nord au sud ? Nous allons chercher à résoudre ces deux questions. Relativement à la première, nous croyons qu’arrivés à Cuba, les oiseaux partis de l'Amérique du Nord ne suivent pas les Antilles pour s’acheminer vers le continent, quoique cette route soit plus directe, parce qu'ils auraient alors à lutter constamment contre la direction des vents régnants ; aussi sont-ils forcés de se rapprocher de la terre ferme , et de suivre, pour ainsi dire, les sinuosités de la côte, pour rencontrer moins d'obstacles.
Quant à la seconde question , nous devons supposer que les oiseaux qui se dirigent le long des côtes de l'Amérique centrale, pour éviter les vents alizés des Antilles, en se portant vers l'Amérique méridionale, n’ont plus les mêmes motifs pour revenir, et qu'au lieu de faire le tour du monde, comme le croit Oviedo, ils prennent, pour retourner vers le nord, la chaine même des Antilles, favorisés qu’ils se trouvent alors par les vents alizés, faisant ainsi, dans ce double voyage, le tour de la mer des Antilles.
Parmi les oiseaux propres aux deux Amériques, il y a donc quinze espèces sédentaires, qui, indifférentes aux climats, sont réparties indistinctement sur les deux continents et sur les Antilles, chacune dans la zone plus ou moins large dans laquelle elle est circonscrite; et o7ze qui émigrent annuellement d’un hémisphère à l’autre, en passant par Cuba.