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4 C'est sur un arbre, dit Monbeillard, mais sur yn très grand arbre, que les Hirondelles de cheminée ont coutume de s’assembler pour le départ, Ces assemblées ne sont pas aussi nombreuses que celles
" des Hirondelles de fenètres : elles nous quittent en
août et partent ordinairement la nuit, comme pour dérober leur marche aux Oiseaux de Proié, qui ne manquent guère de les harceler dans leur route. L'Hirondelle d'Europe hiverne au Sénégal sans y nicher”; l’Hirondelle du Canada hiverne dans le sud des Etats-Unis. Plusieurs des Hirondelles d'Europe n'émigrent pas : quelques-unes vivent sédentaires dans leur pays natal ; tel que cela arrive sur les côtes de Gônes, où les Hirondelles passent la nuit sur des Orangers en pleine terre, que leur station endommage considérablement. Il en est qui, après avoir passé la saison chaude dans des climats plus septentrionaux, où toute nourriture doit leur manquce pendant la saison rigoureuse, y passent l'hiver
ans un état d’engourdissement léthargique ; Aristote avait mentionné cette curieuse particularité qui a été reconnue depuis un siècle, par plusieurs observateurs. Ces espèces Européennes qui n’émigrent pas se cachent dans des trories d'arbre, quelque fois dans de vieux batiments abandonnés. Cela & lieu aussi dans quelques-uns des Etats de l’Union américaine.
: “ Cette * hibernation des Hirondelles et notamment de l'Hirondelle de rivage, a donné lieu dans le XVI siècle à une erreur singulière : on a prétendu qu’elles passaient l'hiver engourdies au fond de l’eau.
Olaüs Magnus, évêque d’Upsal, affirme que, dans les pays du Nord, les pècheurs tirent souvent dans leurs filets avec le poisson, des groupes d’Hiron-
delles peletonnées, se tenant accrochées les unes
aux autres, bec contre bec, pieds contre pieds, ailes . contre ailes, et que ces oïseaux, transportés dans des lieux chauds, se raniment assez vite, mais pour
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mourir bientôt après.” Ce fait, qui malgré son invraisemblance n’est pas revoqué en doute par Cuvier, a trouvé dans Alexandre Wilson un éloquent contradicteur.
Le retour des Hirondelles, a lieu, en Canada, vers
les premiers jours de mai, le jour même, dit-on, où les Bécassines arrivent. Elles arrivent, non pas en bandes comme elles partent, mais isolement et par couple, et chaque jour on voit leur nombre augmenter. De nombreuses observations ont constaté que ces oiseaux reviennent constamment chaque année à leur nid, et que le mariage qu'ils y ont contracté est indissoluble, Frish, le premier, ayant imaginé d'attacher aux pieds de quelques-uns de ces oiseaux un fil teint en détrempe, revit, l'année suivante, ces mêmes oiseaux avec leur fil, qui n’était post décoloré, preuve assez bonne, remarque Moneillard, que du moins ces individus n’avaient point passés l’hiver sous l’eau, ni même dans un endroit humide, et présomption très forte qu'il en est ainsi de toute l'espèce. Spallanzani aussi a renouvelé l'expérience de Frisch, et il a vu pendant dix-huit années consécutives, six ou sept couples d'Hirondelles de fenêtres revenir à leur ancien nid, et y faire deux couvées annuelles sans presque s’occuper de le réparer. Il en est de même de l'Hirondelle de cheminée, seulement celle-ci bâtit chaque année un nouveau nid au-dessus de celui de l’année récédente. Ecoutons sur leur constance conjugale, ‘honnête philanthrope Dupont de Nemours :
“ Les amours des Hirondelles sont des mariages indissolubles, non des fantaisies du moment, comme ceux de quelques oïseaux, ni même des liaisons d’un printemps comme celles de la plupart des autres. Et, quand un des deux époux meurt, il est rare que l’autre ne le suive pas en peu de jours. Le doux caquetage a cessé ; plus de chasse, plus de travail : un sombre repos, un morne silence sont les signes de la douleur à laquelle le survivant succombe. J’en avertis les jeunes gens qui s'amusent quelquefois à leurtirer des coups de fusil, cer pa
u'elles sont difficiles à toucher. Mes amis tirez
es noix en l'air, cela est plus difficile encore, et respectez ces aimables oiscaux. Songez que chaque coup qui porte tue deux Hirondelles, la dernière par un supplice affreux.”