HR CD RS
LE MARTIN-PÉCHEUR. * [Belted Kingfisher.]
Cet oiseau que la mithologie antique a immortalisé sous le nom d’Alcyone, fille d’Eole est réie dans l’Amérique, depuis le Mexique jusqu’à a Baie d Hudson. À l'instar des bergers amoureux chantés par les poëtes, il recherche Île ruisseau au doux murmure, le cours d’eau limpide, moins cependant par goûts romanesques que pour des objets utilitaires. Il part d’un vol rapide, file le long des contours des ruisseaux en rasant la surface de l'eau, puis il vase poser sur une pierre ou une branche sèche qui s’avance au-dessus du courant ; de cette station, son œil pénétrant ira chercher le poisson qui se joue sous la vague ; puis rapide comme la pensée, il fond sur sa proie et revient à sa branche sèche, pour l’y déguster à loisir. Son cri accentué et désagréable ressemble au grincement du Trictrac, que les gendarmes portent dans certaines villes. Son vol est parfaitement onduieux.
Où trouver en Canada un petit lac, une rivière, une écluse de moulin, où ne séjourne au moins un couple de Martin-Pêcheurs ? Les
. œufs sont au nombre de cinq, d’un blanc très
pure : rien moins que des affronts réitérés ne sauraient leur faire déserter le nid. Wilson nous apprend qu’une personne de sa connaissance ayant enlevé les œufs d'un Martin-Pècheur, à l’exception d’un seul, le couple continua à pondre ; que finalement dix-huit œufs furent enlevés de cette manière du même nid. Le Martin-Pècheur se creuse un trou qu’il occupe pendant plusieurs années successives) ans la rive d’un ruisseau à une profondeur de quatre à cinq pieds; c’est là qu’il place sa couche nuptiale. Il ne la suspend plus sur les flots tel que les poëtes, grands menteurs, ont tenté de nous le persuader, pendant ces jours de calme tant vantés par l’an-
* No. 121 Ceryle Alcyon.—Bainp, Alcedo Alcyon.—Aupuson.
nent ess
RER Se SE -
“tiquité. * Lo nom anglais Belted Kingfisher est
assez impropre, attendu que la femelle seule porte la ceinture Belt, dont lui vient le nom.
Le mâle a le dos et toutes les parties supérieures ardoisés clair : il porte une aigrette noire; le ventre est blanc, le dessus des ailes est varié de bleu : ‘le bec est brun noirûtre, et vert clair à sa bâge : l'iris noisette ; les pieds gris bleus; les griffes noires ; une tache blanche devant les yeux et une barre blanche sous la Lt) Me ; les peunes des ailes brunâtres tirant sur le noir ; la bàse des primaires barrée de blanc, les secondaires bleues à leur frange extérieure : deux des plumes du milieu de la queue bleues, ainsi que la frange extérieure des autres, excepté celles de chaque bord ; une laige bande blanche qui traverse le cou, plus large au-devant : cette banile couvre aussi le menton et la gorge ; une bande bleue sur le devant Go la poitrine, le reste des parties inférieures blanches, excepté les côtés, qui sont variés de blanc. |
* Voici comment Toussenel dans son langage pittoresque, fronde cette vieille erreur, en parodiant la charmante trudition que le pinceau d’Ovide a immortalisée. |
“ Il parait donc qu’autrefois le Martin - Pêcheur, qui s'appelait alors l’'Alcyon, jouissait du curieux privilége de poser sou nid sur la mer,à la smrface même des flots. Or, comme il fallait que la mer fût très douce pout que l’embarcation ne chavirât pas, et comme l’oiseau avait besoin de trois semaines au moins pour parfaire toutes ses opérations de ponte, d’incubation et d'éducation des jeunes, les Dieux avaient décidé dans leur sagesse de lui accorder chaque année cet intervalle de calme plat. Ils lui avaient de plus attribué le don de prévoir à heure fixe la venue de ces jours pacifiques quo les rharins appelaient les jours Alcyouiens. Naturellement il s'était trouvé beau: coup de gens de bonne volonté pour être témoins de la construction et de la mise à l’eau du nid de l’Alcyon. Plutarque fut un de ceux qui virent l'Alcyon travailler. L’Alcyon commençait, comme nos ingénieurs de marine, par construire la char; ente de son embarcation à terre, Cetta charpente était composée des arêtes d'un certain poisson qui étaient reliées entre elles par un mastic doué d’une inpei méabilité supérieure à celle du caoutchouc, mais dont lc secret est perdu. La construction avait l'apparence d’une chambrette ronde assise dans un canot, et les
fisher est le porte la
ipérieures : le ventre ) bleu : le eo : l'iris es noires »
ine barre des ailes primaires eur frange à la queue es autres, ge bande 1-devant :
)rge ; une , le reste les côtés,
pittoresque, mante tra-
- Pêcheur, eux privinême des ouce pout iseau avait ) toutes ses à des jeude lui acat. Ils lui re fixe la appelaient ouvé bear.
ins de la yon. Pluler. L'’Alarine, pat re. Cetta n poisson ué d’une Duc, mais it l'appaot, et les
Longueur totale, 124 ; Envergure, 20.
Le bleu de la femelle est plus pâle : la bande sur le haut de la poitrine est d'un gris bleu sale mêlé de roux clair : en dessous est une étroite bande blanche et sur le milieu de la poitrine un large -ceinturon de jaune roussâtre ; les côtés sont de même couleur : le reste des parties inférieures sont blanches, nuancées de rouge, -
ae ——— + +
constructeurs, avant de le laucer pour tout de bon, avaient soin de Ja mettre à l’eau une ou deux fois pour l'essayer et voir si elle n’embarquait pus la lame; puis, quand elle était eu état, et qua le mowent favorable était venu, ils la livraient sans crainte à lamerci des flots et à la protection de Neptune. Une seule chose intrigue l’historien dans toute cette affaire, c'est de u’avoir jamais pu surprendre la manière dont la couveuse s’introduisait dans son domicile. C’est bien le cas de répéter avec le sage que l'homme n’est jamais content. Je n'aurais vu que la moitié des phénomènes dont Plutarque eut Ia chance d'êtra témoin oculuire, que je m'estimerais suffisamment heureux. Îlest difficile aujourd’hni de vérifier si Plutarque
et les autres ont dit toute la vérité et rien que la vérité en tout ceci, puisque, depnis un temps immémorial,
les Martins pêcheurs ont renoncé à l'habitude de ni.
cher sur les flots de la mer pour adopter le sys-
tême de la nidification à huis-clos dans le sein de la terre;
mais j'avoue néanmoins que cette histoire des faits et ges-
tes de l’Alcyon racontée si nuïvement par Plutarque n'a
pes peu contribué à invalider pour moi le témoignage de
‘illustre écrivain relativement à la continence de Scipion.
Du reste, il nous faut reconnaître, à la justification-de Plu:, tarque, que baenucoup de uaturalistes modernes et desplus éminents même ne paraissent guère mieux renseignés que lui sur la nidification du Martin pêcheur. C'est ainsi: que François de Neufchâteau, persounage consulaire mort . en 1828, eu plein dix-neuvième siècle, affirme encore à son heure derniére que cetle espèce fait son nid sur les saules, version qui n’est pas plus vraie que l’autre, et qui est moins amusante. 2414
‘* Ceux qui sont forts en mythologie savent pourquoi
les Dieux avaient concédé à l'Âlcyon le priviléze de bâtir, sur l'eau ete don de prévoir le beau temps. C'était pour le récompenser de sa vertu et d’avoir été parmi les bommes un modéle parfuit de tendresse et de fidélité eonjugule avaut de subir sa métamorphose en oiseau."