‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 68 · MOUCHEROLLES · texte numérisé non relu

MOUCHEROLLES

Les Moucherolles ou Gobe-Mouches, sont des oiseaux de petite taille dont le plumage est orné des pus vives couleurs ; quelques-uns portent de belles

uppes sur la tète, et, souvent leur queue est terminée par de longues plumes.

“ Les Moucherolles se nourrissent principalement d'insectes aïilés, et sont forcés de ex bar leur pâture dans les airs ; en effet, ils descendent rarement à terre : ils se tiennent en embuscade sur les branches et souvent au sommet des arbres, d’où ils fondent sur leur proie au moment qu’elle se montre à leur portée. Éette manière de vivre contribue beaucoup à leur donner l’air triste et inquiet qui les caractérise, et les fait aisément distinguer des Fauvettes, avec lesquelles plusieurs ont de l’analogie dans le chant, la taille et le plumage. Ils se rap-

rochent des Tyrans par la forme de leur bec et par eur nourriture ; mais ils n’en ont ni l'audace, ni le courage ni les habitudes sociales. Naturellement taciturne, sauvage et solitaire, le Moucherolle vit isolé de ses pareils ; on le voit toujours seul, si ce n’est dans la saison des amours, où l’on rencontre quelquefois le mâle et la femelle ensemble. La plupart se plaisent dans les forèts ou les bosquets, et très peu fréquentent les campagnes découvertes. Les uns couvent dans des trous de rocher ou de muraille; d’autres préfèrent un arbre creux, et quelques-uns construisent leur nid avec assez d'art à la bifurcation des grosses branches. Leur ponte est ordinairement de quatre ou cinq œufs : ils en font deux par an dans les pays tempérés.”

Jusqu'à présent on a pu observer à peu‘près dix espèces de Moucherolles qui fréquentent nos climats pendant la belle saison : nul doute, que des observations subséquentes vont ajouter à ce nombre.

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LE TITIRI OÙ TRI-TRL * [Tyront Flycatcher—King Bird.)

Au premier rang, parmi les Moucherolles du Canada, on doit placer le Titiri, espèce des plus connues en ce pays.

Le nom de cet oiseau est tiré de son cri le plus familier ; en effet, il prononce souvent ces syllabes, surtout quand il vole, et les repète, dans la saison des amours, plusieurs fois de suite, avec une telle précipitation que l’on saisit diflicilement l'intervalle qui les sépare.

Les Tyrans ou Titiris sont à cette époque d’un naturel gai et se réunissent pour se jouer dans les airs, s’agacer réciproquement, se battre quelquefois avec une sorte de fureur et disputer d'adresse et d'agilité, aux yeux de leurs compagnes qui, tranquilles spectatrices de leurs jeux, les encouragent

ar leurs clameurs. Le Titiri est fort mL il 86 fait entendre longtemps avant le lever du soleil : c’est aussi le dernier endormi, car il crie encore après que la nuit est presque close. La cime des arbres, tels que les ormes, les bouleaux, est l'endroit qu'il parait préférer ; c’est de là qu’on le voit s’élancet après l’insecte ailé, le saisir adroitement, retourner aussitôt à sa branche favorite et la quitter de nouveau, pour. fondre sur le preinier qui se montre dans les environs.

Il'chasse ordinairement depuis le lever du soleil, jusqu’à dix heures, se repose ensuite, et recommence deux heures avant la nuit. Sa hardiesse fait qu’on l'approche aisément, et le poste à découvert, qu’une proie ailée comme lui et toujours fugitive le force d'eceuper une partie du jour, l’expose aux coups meurtriers du chasseur : mais on le ménage, et on a raison, car c’est pour les habitations, où il se plait plus qu'ailleurs, un gardien vigilant qui veille sans ‘la volaille.

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* No. 124 Tyrannus carolinensis.—BarrD.

Muscicapa Tyrannus.—Aupusox.

Les Eperviers, les Cornoilles * craignent de se montrer où est le Titiri. Doué du courage des plus grands oiseaux de rapine, c'est surtout lorsqu'on cherche à lui enlever sa jenne famille, qu’il en donne les preuves les plus frappantes ; son audace devient fureur ; il se précipite sur ie ravisseur, le poursuit avec intrépidité, et si, malgré ses efforts, il ne peut sauver ses potits, il en prend soin dans la prison où ils sont retenus.

Les Titiris couvent enjuinet juillet. Ils placent Jeur nid à la bifurcation des branches d’un arbre élevé et le composent de petits rameaux secs et d'herbes fines. Leur ponte est de trois ou quatre œufs blancs avec des taches longitudinales brunes et rousses vers le gros bout : l’incubation dure treize ou quatorze jours et les petits éclosent couverts de duvet ; ensuite ils se revètent d’une robe dont les teintes sont plus ternes que celles des vieux, et ils n’ont alors sur la tète aucun vestige de la couleur jaune ou orangée qui caractérisé Île plumage des adultes.

Le Titiri est un oiseau trapu, un peu moins gros

u’un Merle ; son manteau est gris noir ; le ventre gris blanc ; ila la tête noirâtre, avec une tache rouge vif entourée de jaune, et porte une espèce de huppe.

Dimensions du mâle, 8% x 144 Les couleurs de la femelle sont moins vives.

Ces oïseaux sont sédentaires en petit nombre dans la Floride du Sud.

# 4 La Corneïlle qui est si fanfaronne quand elle s'ew prend au pauvre Hibou, qui n'y voit goutte le jour, n'a d’autre défense qu une honteuse fuite à opposer aux attaques d’un tout petit oiseau que nos habitants sppel en

#Æ Tri-tri”” ]1 fait son nid au haut des grands arbres et lorsque la Corneille veut s’y reposer dans ses courses jouvnalières, de Ja montagne à la rivière Saint-Charles, le Tri tri, alarmé pour la sûreté de sa ponte ou de ses petits, fond de suite sur la Corneille, se cramponne sur son dos et lui fait de douloureuses blessures avec son bec : la Corneille s'enfuit à tire d'ailes en jetant les hauts cris, poursuivie par son ennemi qui ne cesse de la persécuter, que lorsqu'il l’a conduite assez loin pour n’en avoir plus rion à craindre. —(Ed. Glackemeyer, de Québec )

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