‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 32 sur 68 · H : 14 HET · texte numérisé non relu

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la femelle, celle-ci s'occupe aussitôt dela seconde, Les jones se dispersent pendant le jour, pour chercher eur nourriture, et se réunissent le soir près du lieu de leur naissance, où ils se mettent sous la sauvegarde du mâle. Quand la seconde couvée est parvenue à sa perfection, l’une et l’autre se réunissent et forment une petite troupe, à laquelle les familles des cantons voisins se joignent pour se rendre sous | uv'climat où les insectes, leur principale nourriture, se ES trouvent dans une abondance proportionnée aux fl besoins de tous. Les individus attardés cherchent leur pâture devant les granges, dans les champs de blé, de maïs et de millet. La Fauvette bleue et rousse a été vue dans le District de Québec ; on dit { même qu'elle y couve: mais elle y est rare : tandis | qu’elle est très abondante dans le Haut-Canada ; \ Ll quelques-unes y passent l’année entière. | 1 Le vol de cette Fauvette est sinueux et très ra- | ide lorsqu’elle est poursuivie par l’Oiseau de Proie : Hi | k est lent et droit dans leurs voyages : elles se tiennent alors à quelque distance Îles unes des autres, et répètent sans. cesse leur cri plaintif, Quand elles veulent s’arrèter,.elles descendent lentement et planent avec. grâce jusqu’à ee qu’elles soient posées : elles se dispersent ensuite de. tous côtés, mais elles ne manquent pas de se trouver le soir au rendez-vous, qui est ordinairement sur la lisière d’un bois : elles passent la nuit ensemble, partent au lever du soleil et ne se reposent que sur les dix.à onze heures du matin. Leur naturel peu craintif permet de les approcher ; cependant elles savent très bien discerner le danger ; car dès qu’elles voient qu’on les pourchasse, elles deviennent très défiantes. Les mâles, surtout, s'inquiètent LL pus promptement que. les femelles. Les cantons | écouverts sont ceux qui leur conviennent le mieux ; aussi les voit-on presque toujours sur les clôtures des champs,et des vergers, et rarement sur les arbres... Hs saisissent avec adresse l’insecte ailé qui voltige à leur proximité et plongent avec une grande vélocité sur celui qui se pose sur l'herbe. Ils vivent aussi de vers et de vermisseaux, et ils

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semblent les préférer à toute autre aliments ; car c'est A toujours à terre qu’ils cherchent leur pâture. Le nom de Fauvette peut convenir à cette espèce comme nom générique, mais non autrement ; car il a dans son naturel aucune analogie avec Îles vraies Fauvettes.

Un beau bleu d’outremer brille sur la tête du mâle, ainsi que sur le dessus du cou, le dos, le crouet sur les pennes des aïles et de la queue, dont

e côté interne est noirâtre ; la gorge, le devant du cou, le haut de la poitrine et les flancs sont roux ; le milieu du ventra et les parties postérieures blancs ; une petite tache d’un gris bleu sépare l'œil du bec, qui est noir de même que l'iris ; les pieds sont bruns.” ;

Longueur totale 7 ; Envergure 10. |

Le bleu est mat sur le plumage des adultes, et comme lustré sur celui des vieux, mais seulement pendant la belle saison.

La femelle a des couleurs ternes, si ce n'est sur les barbes extérieures des pennes primaires, alaires et caudales qui sont d'un beau bleu ; un gris-brun, faiblement mélangé de bleu, règne sur toutes les pere supérieures ;'la teinte férugineuse qui couvre

a gorge et la poitrine, borde à l'extérieur les pénnes secondaires et les couvertures des ailes ; celles-ci sont d’un gris-bleuâtre dans le reste de leur étendue ; le bec est brun, et les pieds sont d’uné nuance sombre.

LA FAUVETTE À GORGE BAIE. * (Bay breasted Warbler.)

Cette Fauvette arrive régulièrement chaque printemps dans l’ouest de la Province. Elle est d’une activité incessante dans ses courses et ses évolutions aériennes, à la recherche d'insectes. Ses babitudes

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* 197. Dendroica castanea.—BaïD.

Sylvicola castanea.—Aunusox,

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paraissent peu connues et l'espèce peu nombreuse. 4 Le mâle a la gorge, la poitrine et le dessous des Le ailes d’un chatain pâle ; l’occiput, les joues, et. une : LUI ligne au-dessus et à travers l'œil, noires ; les parties ! inférieures, d’un blanc jaune sale ; le sommet de la tête, chatain foncé ; le derrière de la tête et le dos, striés de noir, sur un fond gris-jaunàtre ; les ailes d'un, brun noir, frangées de gris ; les. trois pennes b: extérieures marquées d’une tache de blanc, sur leurs 4 barbes internes : derrière l’œil est une large plaque oblongue de blanc jaunâtre.

Li La femelle a bien moins de bai sur la poitrine : L le noir sur l’occiput est moindre et d’une teinte l brunâtre. Les tarses et les pieds dans chaque in- | 0 dividu, sont d’un gris foncé ; les griffes fort aigues | pour grimper, le bec est noir; l’iris couleur de noisette.

Longueur totale 54, envergure 11.

LE FAUVETTE AUX CÔTÉS CHATAINS, * "9 (Chesnut sided Warbler.) ‘ie | Encore une espèce de l’ouest de la province et | inconnue pour nous.

| . Cette Fauvette niche dans les aubépines et les .ÿ rosiers. Elle arrive, lorsque les arbres commencent

qi à fleurir et s’occupe alois activement à dévorer les 4 insectes qui cherchent à s’y attacher, pour y déposer leur larves.

e front, une ligne au dessus des yeux et les ‘4 plumes des oreilles sont d’un blanc pur; le som- :} met de la tête d’un jaune brillant : le dos et LE le derrière de la tête sont marqués de gris, de foncé, de noir et de jaune pâle; les ailes sont LE noires ; les primaires, frangées d’un bleu pâle ; les secondaires largement frangées d'un jauue pâle; la

| el * No. 200. Dendroica pennsylvanica.—BairD, | Sylvicola icterocephala. —AuDuson.

quence noire, fourchue et frangée de gris à l'extérieur ; les barbes intérieures des trois plumes extérieures matquées d'une tache blanche ; là où se termine le noir, à la mandibule inférieure, de chaque côté, une barre de chatgin roussâtre descend le long des oôtés du oou et sous les ailes à la racine de la queue.

Lé reste des parties inférieures sont d’un bleu pur ;

les jambes et les pieds gris; le béc noir ; l'iris, couleur de noisette. |

La femelle a le derrière de la tête d’un brun plus clair: le chatain sur ses ébtes est moindre et moins foncé.

Longueur totale 54; Envergure 8.

LA FAUVETTE D'AUTOMNE. * (Hemlock Warbler.)

Cette Fauvette passe quelques mois chaque année dans le Haut-Canada. Elle est d’une grande activité et d’une rare agilité, se cramponnant aux branches et y denreurant suspendue comme les Mésanges; sa chanson se compose de quelques notes faibles mais très douces : elle iuterrompt ses évolutions un. instant pour chanter, puis elle repart. Elle fait la chasse aux mouches avec une grande dextérité, commençant par les branches inférieures d’un arbre et continuant ainsi jusqu’à la cime de l’arbre, qu'elle quitte pour aller recommencer le mème manége sur l'arbre voisin. se lou

Le mâle a le bec noir en dessus, pâle en ‘dessous; les couvertures supérieures, noires barrées d’un jaune-olive : le dessus de la tête, jaune avec des points noirs ; une ligne de la narine au-dessus de l'œil, les

côtés du cou, la poitie d’un beau jaune; le ven-,

tre plus pâle strié de foncé ; autour de la poitriné

de petites lignes noirâtres ; les aîles noires; avec dèux

* Rylvicola parus.—Aunusox.

bandes blanchés ; les primaires frangées d'olive ; les tertiaires frangées de blanc ; les (couvertures eaudales, noires terminées d'olive ; la queue légèrement fourchue, noire et frangée d'olive: les trois | ae extérieures tout à fait blanches sur leurs es internes: Îles jambes et les pieds, d’un jaune

sale; l'œil, couleur de noisette foncé ; quelques soies autour du bec : le bec droit. | Longueur totale 54; Envergure 84.

LA FAUVETTE DU CAPE MAY. # (Cape May Warbler.)

Cet oiseau est très rare en Canada : M. McËlraith s’en est procuré deux individus dans les bois qui avoisinent Hamilton. Il fréquente les‘lieux bas et marécageux : ses ‘habitudes ne sont que peu connues.

Le mâle a le bec et les jambes noirs; le sommet de la tête, noir foncé; une ligne jaune de Ia narine ia au-dessus de l'œil au menton, et des côtés du cou; les auriculaires sont orange et cette couleur ge reflète sur la ligne jaune au-dessus des yeux; à Pangle extérieur et postérieur de l'œil, est un pétit point noir: le derrière de Ta tète, le dos, le croupion et les couvertures caudales, jaune-olives, striés de noir: une large bande blanche sur les ailés, cette couleur existe aussi sur les couvertures alaïres à leur ‘extrémité: le reste de l'aile est noirâtre frangé de jaune-olive: le cou et la poitrine d’un superbe. jaune qui s’étend en dessons des ailes, entrecoupé de taches noires qui forment des chainons ; le ventre d’un blanc-jaune:; la queue ‘fourchue, d’un noir clair, avec des bordures d'un jaune olive; les trois pennes extérieures de chaque côté marquées sur leur barbées internes d’une tache blancho. Le jaune sur la gorge et le cou en fait presque le tour'et est fort brillant.

* No. 206. Dendroica tigrina.—BaïRD, Sylvicola maritima.—Aupuson.

Longueur totale 54 ; Envergare 8à. | Le cadre de cet ouvrage ne nous: permet pas de décrire plus au long, cette intéressante famille des Fauvettes, dent il existe dans l’Amérique Septentrio: uale, au delà de trente six espèces. Le plus nombre sëéjournent pendant la belle saison, dans POuest du Canada. On ne saurait nier que le Haut-Canada n'embrasse une bien plus grand vas riété d'oiseaux que le Bas-Canada. phénomène peut s'expliquer par la douceur de la température pendant l'hiver : nombre d'oiseaux sont sédentaires Au Haut Canada, tel que les Blue Bird et les Cailles que lon ne rencontre à peine dans cette partie de la province ; on dit que les Caïlles n’ont jamais été vues plus bas que Kingston.

Mme DE TRACY.

Les oiseaux, ce sont des baisers

Que donne: le ciel à la terre;

Sur les lacs, par leur vol rasés,

Les oiseaux, ce sont des baisers.

+: On & publié récemment les “ Lettres et Pensées * de Mme de Tracy, une parisienne qui a laissé le souvenir d’un aimable esprit daus la société française. Ces lettres centieugent uu passage admirable de tendresse pour la gent ailée, Tout en reposant Pesprit du lecteur après les nombreuses descriptions d'oiseaux qu’on vient delire, ce passage fournit également une leçon salutaire, à ces êtres: iabumains qui enlèvent aux oiseaux leurs œufs ow leurs jeunes: et tuent les vieux pour le blaisir de les tuer.

Mme de Tracy aimait les petits oïseaux et leurs. chansons, comme Dieu les aime, Elle leur donnait la pâture sur ses genoux; elle se levait la nuit pour les suivre. Un jour son rossignol tomba ile Vous savez que J. J. Rousseau ne: pouvait entendre le chant d’un rossignol sans pleurer

Un cœur aussi dans ses notes palpite,

a dit M. de -Lamertine en parlant du rossignol ; Dupont de Nemours a noté sa musique et traduit ses chansons, Mme de Tracy était bien près de faire comme Rousseau, de pleurer parce que son rossignol ne chantait plus.

fs La duchesse de Coigny, dit elle dans une de À

sés lettres, vint me voir un matin. Elle me trouva 1 courbée en deux comme si j'avais un “ lumbago. ?” Qu'avez vous donc ! me dit-elle.—J’ai. un oiseau k sur l'estomac. — Vous en avez mangé 2 — Non, Dieu merci, je suis la garde malade de mon ros-

signol et j'ai essayé de le rechauffer... .” Aimer

lès oiseaux, pour Mme de Tracy, c’est le,commen-

cement de la sagesse. Leur couper les, pattes, 4 c’est se montrer capablo d’étrangler ses. enfants ou à d'empoisonner son mari, témoin Mme Lafarge | qui mutilait les moineaux de son grand-père.

Mme de Tracy sa plait à nommer tous ceux de sescontemporains illustres qui ont montré de la sen-

sibilité en matière d’ornitholegie. Lisez ce qu’elle

en dit : | M. de Lamartine :est un grand amateur de rossignols ; mais il n’en conserve aucun, “ parce | -

qu'il les change continuellement de place” M. hiérs est plus sage. Il sait gouverner une volière, ét Mme dé Tracy remarque qu’il a toujours accueilli # avec beaucoup de déférence ” “ les .conséils qu’elle lui a donnés à ce sujet.” Quant à M. Michelet, elle n’en dit rien, peut-être parce qu’elle ä su que cet apologiste outré ‘de “l'oiseau ” était, du fond, un ornithopage détermimé. L’abbé Dupanloup (aujourd’hui évèque d'Orléans) est bien mieux son fait. Un jour qu’elle causait avec lui des Pères de l’Eglise latine, tout à coup l’abbé s'écrie: “ Ah! le joli petit oiseau!” C'était un des’ rossignols de la maison qui se promenait sur le tapis. F

k Il a dit cela, ajoute Mme de Tracy, avec un accent qui m'a été au cœur. J’avais de l’admiration pour M. Dupanloup; maintenant, c'est une vive

affection que j'ai pour Jui.”—Mais ne nous parler

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