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Chapitre I

LE COUCOU AU BEC NOIR. * [Black billed Cuckoo.]

Des quatre sortes de Coucous connues dans l’Amérique, deux viennent en Canada. L'Ouest de la Province les réunit toutes deux, mais nous n’avons jusqu’à présent observé qu’une seule espèce dans le Bas-Canada, savoir le Coucou au bec noir : encore est-il assez rare.

Voici son signalement: Bec noir; le dos généralement d’une teinte métallique verd-olivâtre ; le ventre blanc; la falle d'un jaune brunâtre ; le dessous des pennes couleur de canelle; une peau rouge dénudée de plumes encercle l'œil.

Longueur totale 12 pouces—long : del’aile 5 pouces, long : de la queue 64 pouces.

On sait la fâcheuse célébrité qui s’attache au Coucou d'Europe: f son congenère en Amérique

* No. 70. Coccygus ery throphthalmus.—Bairp.

Ditto —AUDUBON.

t Le Coucou (d'Europe) est l’ogre, le cauchemar, l'épée

au contraire n'a jamais fait parler de lui en mal ; ses mœurs sont irréprochables. Son nid, il le construit lui-même : il veille affectueusement à l’éclosion et à l'éducation de ses jeunes. Sa fidélité conjugale, ses vertus domestiques sout exemplaires ; le souffle de la calomnie oncques ne les ternit. La ponte se fait en mai, soit dans un vieux pommier, soit dans un cèdre : les œufs sont au nombre de quatre, quelquefois de cinq, d’un bleu foncé. La femelle affrontera les plus grands dangers plutôt que de quitterle nid ; si on la force de déguerpir, elle emploie les mêmes artifices que la perdrix et la bécasse pour détourner l'attention loin de sa chère couvée ; elle feindra d’être etropiée et se trainera en pirouettant,

La nourriture du Coucou se compose d'insectes de fruits, de molusques et autres objets qu’il trouve le long des ruisseaux où il aime à séjourner. Le mâle,

sent leurs petits avec des insectes. C'est un fléau, dont l’atteinte toujours mortelle, semble choisir ses victimes parmi les plus intéressantes familles. Il immole chaque année des hécatomhes de Fauvettes, de Rouges-Gorges, de Rossignols, de Bec-figues, etc. Un naturaliste anglais s’est livré à de profonds calculs de statistique pour savoir le chiffre d:s petits oiseaux que le Coucou détruisait bon an mal an dans les Iles Britanniques. Il est arrivé à un chitfre de deux à trois miliions!

Le Coucou est un des plus épouvantables emblômes d’infamie que la nature a forgés. C’est un miroir de perversité omnimode qui reflète, avec une intensité étrange, les sept nuances de lu gamme du vice, dite des sept péchés capitaux, Gourmandise, Paresse, Avarice, Luxure. etc., avec la soif du meurtre et l’ingratitude féroce par dessus le marché. Le jeune Coucou débute dans la vie par le crime ; ses yeux ne sont pas encore ouvert à la lumière du jour, que sa conscience est déjà chargés de cinq ou six in Saticides.

Si l’histoire du Coucou au berceau est un récit de for. faits monstrueux quasi contre nature, celle du Coucoù adulte est une chronique scundaleuse et ure inépuisable source de gais récits et de drames lugubres, où puisent également, à pleines mains, Boccace, Lafontaine, Frédéric Soulié, Eugène Sue, Ony li: une satire sanglante des amours officielles et des traités de mariage où le roi « signé.—ToussxnEL.

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quant au plumage, diffère peu de la femelle. Une

seule faute peut lui être reprochée: il pille sans miséricorde le nid des Corneilles, des Geaiïs et autres Jarons de mème aloi, et mange sans scrupule leurs œufs, En revanche, le Coucou est l’ami du cultivateur et détruit les larves d’un grand nombre d'insectes nuisibles à l’agriculture.

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