LES PICS OÙ PIQUE-BOIS
Les Pics, habitants naturels des grandes forêts, sont beaucoup plus nombreux dans l'Amérique septentrionale qu’en Europe. Pour cinq espèces que Vieillot comptait en Francè, on en compte maintenant vingt-neuf en Amérique. On en a remarqué neuf à dix sortes en Canada. Symboles du travail et de la persévérance, la nature leur a donné des instruments appropriés à leurs besoins. Des pieds coûrts, des ongles forts et arqués pour grimper etse cramponner aux arbres ; un bec dur, quarré et taillé en Ciseau à sa pointe pour creuser et fendre l'écorce : une queue composée de plumes élastiques, fortes et à barbes roides et dures pour se solider et servir de point d'appui; une langue pointue, longue, visqueuse et susceptible d’être dardée hors du bec par un mécanisme tout spécial, pour retirer les insectes des trous; tels sont les moyens ingénieux que la nature leur a fournis pourgbien exercer leur laborieuse industrie. Les Pics ont un merveilleux instinct pour découvrir les insectes dans le cœur des arbres cariés ou morts. Ils se cramponnent d'abord au pied de l'arbre, posent le ventre sur le tronc et prêtent l’oreille pour s’assurer s’il contient des insectes rongeurs: ils montent ensuite peu à peu, s’arrètent un instant pour écouter, et continuent ainsi jusqu’à ce qu’ils entendent le bruit que fait la larve : lorsqu'ils sont assurés de l’endroit, des coups de becs redoublés lui ont bientôt livré leur proie.
Ils ont encore une autre manière de chasser qu’ils
emploient d'ordinaire sur un arbre vert: après l’avoir frappé violemment, ils se transportent aussitôt sur le côté opposé pour saisir l’insecte caché dans l'écorce, que le bruit réveille et met en mouvement; enfin ces oiseaux défians et craintifs se dérobent à la vue du chasseur en tournant autour du tronc ou d’une grosse branche, et en se tenant toujours sur la face opposée.
Tous les oiseaux de ce genre vivent de larves et d'insectes, mais il en est qui joignent à ces aliments | les baies et les fluits tendres: un poirier sauvage ‘ avoisinant notre résidence était, en août dernier, un point d'attraction pour un Pic qui conjointement avec une troupe de Récollets, * véritables Gargantuas, l’eut bientôt dégarni de tout son fruit. Quelques uns à l’ouest de la province se tiennent en famille, d’autres par troupes : nous les avons généralement rencontrés isolemment ou par pairs. Il en est qui ne grimpent pas, mais se tiennent aussi souvent à terre que sur les arbres, tels que le Pic doré, connu dans nos campagnes maintenant, comme au temps où écrivait le vieux Gouverneur des Trois-Rivières, sous le nom de Pivert ou Pivart. Les arbres vermoulus sont ce que ces oiseaux préfè-" rent pour y,percer le trou qui doit receler leurprogéniture : ils l’arrondissent avec leurs becs et lui donnent souvent ue grande profondeur. Les Pics ont un vol onduleux et gracieux. ‘Leur nid se compose : | d'herbe, de mousse et de divers autres matériaux à réunis sans art. Les petits naissent couverts d’un { léger duvet, et ne quitter® leur berceau que quand leurs doiuts et leurs ongles ont assez de force pour Jeur faire gagner l'entrée de leur antre, et que leurs $ ailes ont assez de longueur pour leur donner les moyens de suivre leurs parents. Le grand maître de la tribue, le Pic au bec d'ivoire, nous regrettons de le dire, nous ne l’avons pas ; maïs en revanche, nous avons le Pic noir à huppe rouge.
* Jaseur du Cèlrce.
[LE PIC NOIR A HUPPE ROUGE. * {lack Wood Cock.]
Ca superbe oiseau qui brave les froids arctiques aussi bien que les chaleurs des tropiques, forme partie du petit noinbre des espèces sédentaires en Canada: c’est le grand Chef des Pics de l'Amérique du Nord.
Quoiqu'il ne se plaise, dit Vieillot, que dans les grandes forêts, il s'approche cependant des habitations pendant l'hiver, et fréquente pendant l'été les champs de maïs: il y perce l’épi de ce blé avant sa maturité. Wilson est néanmoins disposé sinon à nier du moins à exténuer ce fait, et dit que c'est tout au plus pour chercher les larves qui se cachent sous son enveloppe : d’autres, moins charitables, disent que c'est pour manger le grain lorsqu'il est encoretendre ; cette dernière nourriture n'est pas étrangère au Pic tricolor ni au Pic doré.
Le bec est long de deux pouces et noïrâtre: les plumes qui s'avancentsur les narines, d’un blanc roux ; liris, de couleur d'or; le dessus de la tète paré d’une huppe totalement rouge qui sejette en arrière; les moustaches, du même rouge; trois bande:, sur chaque coté de latète: celle du milieu est noire et les deux autres sont blanches, l’une de «238 dernières pousse au dessus de l’œil, l'autre part du bec, s’étend sur les joues, se prolonge vers le cou et se perd vers l'épaule ; le bord de l'aile et le haut de la gorge sont de cette dernière couleur, ainsi qu’une petite bande qui est sur le milieu des pennes primaires; le reste du plumage est noir; plusieurs plumes des flancs sont terminées de gris,
Dimensions du mâle, 18 x 28.
La femelle n’a point de moustaches; elle diffère encore du mâle en ce qu’elle a le devant de la tête brun; la poitrine et les parties postérieures d’un
ns
* No. 90. Hylatomus Pileatus.—Batrn.
‘ Picus Pileatng.-AUntBoN, . ha
noir grisâtre. Les jeunes n’ont point de rouge à Ja tête, et sont d’un noirâtre ondulé de gris sur les parties où les vieux sont noirs.” (Vieillot) Ce Pic ne va pas en bande : on en voit d'ordinaire un ou deux ensemble.—Il est difficile à tirer et fort féroce quand il est blessé ; inquiet, infatigable, il est constamment à l’œuvre ; son bec est d’une force énorme ; il fait voler en éclats l'écorce des arbres. Il pond six gros œufs d’une éclatante blancheur dans un tro d’arbre, sans prendre Ja peine de construire un nid régulier. Nous avons vus de bien beaux Pics, tués près du lac Beauport, comté de Québec—l’hiver dernier : les Américains le nomment Black Wood Cock ou Pileated Woodpecker.
PIC DORÉ—PIVART. # [Golden wioged Woodpecker.]
Quel est le jeune chasseur qui n’ait fait connaissance avec le Pivart ; quel est l’écolier qui ne l'ait déniché ? “Ce Pic, dit Vieillot, remarquable par l'élégance de ses formes, la disposition agréable de ses couleurs, par l'éclat du jaune doré répandue sur les plumes alaires et caudales, a les parties inférieures du corps parsemées de tâches noires sur un fond gris blanc : cette dernière teinte prend un ton roux sur l’occiput, sur les côtés de la tête et ceux de la poitrine, dont le milieu est occupé par un large croissant noir ; elle se change en gris ardoisé clair sur les côtés du cou, et elle est coupée sur la nuque par une bande jones des monstaches noires partent des angles du bec et se prolongent jusque sur les bords de la gorge; le dos, les scapulaires, les couvertures supérieures, et les pennes secondaires des ailes ont des raies noires transversales sur un
* No. 97. Colaptes auratus.—BatrD.
| Picus auratus. —-AUDUBON.
Pique-bois jaune de la Louisiane.
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fond gris brun ; les primaires sont noirâtres en des-
‘sus, et quelques-unes ont des tâches grises à l’ex-
térieur ; toutes sont en dessous, ainsi que sur leur tige, d’un beau jaune doré ; le croupion est blanc et tacheté de noir, ainsi que les couvertures supérieures de la queue, dont les pennes sont noires en dessus et d’un jaune soyeux en dessous ; les deux premières pennes latérales ont des taches blanches à l'extrémité et du côté externe ; le bec est noir et l'iris noisette ; les pieds sont bruns.”
Longueur totale, 124, Envergure, 16.
Dès que le temps des œufs est arrivé, la voix du Pic se fait entendre du sommet des arbres vieux et desséchés, proclamant joyeusement l’ouverture de la belle saison. Son chant est la joie elle-même, car il imite un rire jovial et prolongé. On voit une douzaine de màles, attachés à voltiger autour d’une femelle, monter, descendre, baisser la tête, étendre la queue, se balancer en avant, en arrière, à droite, à gauche, exécuter enfin une espèce de ballet burlesque, dont il est difficile d’être témoin sans rire. C’est ainsi que les prétendants témoignent à leur belle le désir de lui plaire et de l’amuser. Point de jalousie, point de haine entre ces dandys emplumés ; d’arbre en arbre, de buisson en buisson, les mèmes cérémonies se répèteut: la coquette, après bien des indécisions, donne un coup de bec à celui qu’elle honore de son choix, aussitôt tous les prétendants s’envolent, et le couple s'occupe de chercher une habitation commode pour la future famille ; ils partent ensemble, et choisissent dans le bois un tronc d'arbre facile à creuser. Tour à tour le mâle et sa compagne opèrent à coups de bec l’excavation qui doit les contenir eux et leurs petits. A mesure qu’un débris de l’arbre vole dans l’air sous le bec de l’un d'eux, l’autre le félicite par un cri aigu qui exprime Ja joie. Enfin le nid s'achève, et c’est un plaisir de voir les deux oiseaux monter et redescendre le long de l'arbre dans tous les sens, aiguiser leur bec sur tous les rameaux, chasser inexorablement les Rouges-Gorges, les Geais et les autres oiseaux dont le voisinage leur
est suspect, aller en course lointaine à la recherche de larves de fourmis, d'insectes. Quinze jours après, six œufs blancs et transparents comme le cristal sont déposés dans le nid. Ces oïseaux fréquentent, le pie les champs de maïs, et dévorent les épis orsqu’ils sont tendres. Wilson a vengé ses amis les Pics des calomnies nombreuses de Buffon, et au lieu d’un caractère mélancolique il leur prête des habitudes gaics et sociales. Il signale divers inexactitudes qu’avaient commmses Linné, Vieillot, Latham et autres qui avaient prétendu que le Pic doré était une espèce de Coucou ; qu’il ne perçait jamais les arbres ; qu’il ne se cramponnait pas aux troncs d'arbres et qu’on ne le rencontrait qu’à terre. Le Pic Doré hiverne en Canada, on Île pense du moins ; mais nous n’avons que le dire de certaines personnes pour constater le fait, On le rencontre en Pennsylvanie pendant l'hiver.
LE PIC CHEVELU. * CHairy Woodpecker.]
Cet oiseau sa rencontra en Virginie aussi bien que dans les Etats du Nord, en Canada ainsi qu’a la baie d'Hudson.
Dessus de la tête noir; une ligne au-dessus et au-dessous des yeux, blanche ; l'œil est placé dans une ligne noire, qui s’élargit en descendant vers le dos : derrière de la tête écarlate, quelquefois mélangé de noir : narines ombragées par des poils épais : bec bleuatre, taillé en ciseaux, les parties supérieures sont noires, de même que les
etites et les moyennes couvertures alaires, qui ont leur extrémité une marque blanche en forme de cœur; les grandessont moustachéesde blanc sur un fond noir, ainsi que les pennes, mais sur les secon-
* No. 74. Picus Villosus.—BAIRD.
Ditta —AUDUBOI:.
Lé
re
erche daires, les moustachures ont une forme irrégulière ; près, les quatre pennes intermédiaires de la queue sont sont Ç noires ; les deux suivantes variées de noir et de nt, le blanc ; les autres, totalement de cette dernière cou- À M leur : l'iris est rouge. La femelle diffère du mâle enr 4 en ce qu’elle est privée de la bande rouge que le n, et "à mâle a sur l'occiput. Dimensions 9 x 15. leur À Il choisit quelquefois pour le berceau de ses gnale ; jeunes, un verger où il creusera à une profondeur de inné, 4e cinq à six pieds un vieux pommier. Il y pond cinq La “À œufs blancs. Son cri est fort et aigu. Il est il Fe difficile à tuer, et une fois blessé il se fixera par une anait 5 seule griffe à une branche d’arbre et ne lâchera trait rise qu’en expirant. Ilyatrois variétés de ces n le Pics, savoir : Major, Medius et Minor. La pree de . mière se rencontre dans le nord et l’ouest des Etats- Ju le Unis et en Canada ; la seconde, habite les Etats centrales, et la troisième, le sud de l’Union. LE PIC MINULLE,. * LDowny Woodpecker.] bien 1 Cet oiseau que Buffon décrit sous la nom d’Æpièche qu'a 3 ou petit Pio varié de Virginie, est le nain de }. l'espèce. Il ressemble beaucoup au Pic Chevelu des- À quant au plumage, mais ilest plus petit que ce est * dernier. Les plumes du front sont d’un blanc roux ; des- 4 le dessus de la tête est noir ; l’occiput est traversé ate, :4 par une bande rouge interrompu par une tache noir; par l'œil brun placé dans une raie blanche qui s’avance les au-delà ; une bande noir lui succède, et à celle-ci les une troisième, dont la couleur blanche, s'étend jusque ont sur la nuque ; une quatrième enfin, pareille à la : de seconde, est au-dessous et descend sur les côtés du un eou, dont le dessus est noir dans le milieu, ainsi que pn- les couvertures et les pennes des aîles qui sont de
oo * No. 76. Picus Pubescens.—Batrp.
Ditto —AUDUBON.
plus variées de blanc ; les quatre pennes intermé-
* diaires de Ja queue sont noires, et deux sont bordées
de blanc, les six autres ont plus ou moins de ces deux couleurs ; la gorge et la poitrine sont rousses ; le ventreet les parties postérieures, d’un blanc roux ; le bec bleuatre tirant sur le brun, les pieds bleuverts. Il hante les vergers où, après müre délibération, il choisit un antique pommier, pour recevoir son nid : père et mère travaillent avec une vive énergie à creuser un trou profond à un angle de près de quarante dégrés et ensuite perpendiculairement pour dix ou douze pouces : un ébéniste ne saurait donner un poli plus parfait, que le Pic Minulle ne le fait, à ce receptacle de ses futurs amours. L'entrée est fort étroite. Notre charpentier, pendant l’œuvre de la construction, étepd
au loin les éclats de bois qu'il enlève afin d’éviter
les soupçons du but qu’il se propose, La femelle, avant de pondre, passe un temps considérable à examiner avec l'attention la plus munitieuse l’intérieur et l'extérieur de l'habitation qu’elle s’est préparée : le tout étant meublé à son goût, et après s'être assuré qu’il n’y a pas de vicé de construction dans sa future demeure telle que la prudence l’exige, elle prend possession en forme de son nouveau domicile. Les œufs sont ordinairement au nombre de six. Pendant l’incubation, le mâle veille à l'alimentation de la femelle et vers la fin de juin, les jeunes sortent du nid et grimpent comme des Ecureuils le long de l'écorce de l'arbre. Quelquefois le Troglodyte ædon (House Wren) attend patiemment que le Pic Minulle ait creusé son nid et s’en empare pendant son absence.
Ce Pic est si peu craintif que l’on en approche facilement : une persévérance, une force musculaire extraordinaire dans les muscles du cow et de la tête, tels sont quelques-uns de ses traits distinctifs, S'il fait tort aux pommiers, d’un autre côté il est très utile par le nombre d'insectes et de larves qu’il détruit, Il piochera quelquefois une demi-heure au
“même endroit avant de pouvoir déloger le ver
es interméont bordées ins de ces nt rousses ; blanc roux ; pieds bleuiüre délibéur recevoir C une vive n angle de endiculaireébéniste ne qua le Pic ses futurs Notre char:
ion, étepd in d'éviter La femelle, sidérable à tieuse l’inu’elle s’est t, et après onstruction nce l'exige, nouveau au nombre e veille à de juin, omme des Quelqueattend son nid et
approche nusculaire et de la istinctifs, Ôté il est arves qu’il -heure au > le ver
rongeur qu'il convoite. Dans ces occurrences, vous pouvez marcher jusqu’à deux pas de l'arbre, sans qu'il s'occupe de vous. Wilson dit qu'il l’a vu passer deux heures ainsi employé sur le mème arbre. |
Le Pic Minulle est sédentaire en Canada ; come on l’a dit précedemment, il trouve sa nourriture quotidienne dans Jes plantations d’arbres fruitiers, où les ponmicrs n’échappent que rarement à son soigneux examen. Iln’a qu'une seule note, qu'il fait entendre quand il s'envole d’un arbre à un autre. D’aucuns sont portés à croire que les trous qu'il fait aux pommiers, loin de leur nuire, servent au contraire à les rendre plus fructueux. Wilson est de cette opimon et regarde la tribu entière des Pics comme un bienfait de la Providence, qui pourvoit de cette manière à ce que les arbres des jardins et de la forêt soient débarrassés des parasites nuisibles qui s’y attachent. Ils citent de vieux pommiers dont le tronc était perforé en mille endroits, et dont les rameaux se courbaient jusqu’à terre sous le poids du fruit. Dimensions 64 x 12.
C'est en vain que des Naturalistes Européens, Buffon en tête, ont essayé de vilipendir ces nobles oiseaux, ces héros pacifiques du travail ; ils:.ont trouvé d’éloquents défenseurs dans Wilson, Michelet et autres. Wilson en particulier a fait table rase de tous ces préjugés vermoulus. Il a su combattre victorieusement, cet esprit érroné de système qui allait à démontrer que les oiseaux du nouveau monde étaient en tous points inférieurs à ceux de l’ancien.
Voyons comment un éloquent contemporain résume l'existence du Pic: |
“ Le travail, dit-il, l'a pris tellement qu'aucune rivalité nele conduit à la guerre. Il l’absorbe, exige de lui tout l'effort de ses facultés.
“# Travail varié et compliqué. D’abord l'excellent forestier, plein de tact et d'expérience, éprouve son arbre au marteau, je veux dire au bec. Il ausculte comment résonne cet arbre, ce qu'il dit, ce qu'il a en lui. Le procédé d’auscultation, si récent en mé-
decine, était l’art principal du Pic, depuis des mifliers d'années, Il interrogeait, sondait, voyait par l'ouïe les lacunes caverneuses qu'offrait le tissu de l'arbre. Tel, sain et fort en apparence, que, pour sa taille gigantesque, a désigné, marqué le inarteau de la marine, le Pic, bien autrement habile, le juge véreux, carié, susceptibie de manquer de la manière la plus funeste, de plier en construction, ou de faire une voie d’eau et de causer un naufrage.
“ L'arbre éprouvé müûrement, le Pic se l’adjuge, s’y établit: là il exercera son art. Ce bois est creux, donc gâté, donc peuplé; une tribu d'insectes
.ÿ habite. II faut frapper à la porte dela cité. Les
citoyens, en tumulte, voudront fuir ou par dessus les murailles de la ville. ou en bas, par les égouts. Il y faudrait des sentinelles; au défaut, l'unique assiégeant veille, et de momemt en moment regarde derrière pour happer les fugitifs au passage, à quoi sert parfaitement une langue d’extrème longueur que darde comme un petit serpent. L’incertitude
e cette chasse, le bon appétit qu’il y gagne, le passionnent ; il voit à travers l’écorce et le bois; il assiste aux terreurs et aux conseils du peuple ennemi. Parfois, il descend très-vite, pensant qu'une issue secrète pourrait sauver les assiégés.
Un arbre sain au dohors, rongé, pourri au dedans, c’est une terrible image pour le patriote qui rêve au destin des cités. Rome, au temps où la réquoi commençait à s’affaisser, se sentant sem-
lable à cet arbre, frissonna un jour que le Pic vint tomber en plein forum sur le tribunal, sous la main même du prêteur. Le peuple s’'émut grandement, et roulait de tristes pensées. Mais les devins mandés arrivent : si l'oiseau part impunément, la république mourra ; s’il reste, il ne menace plus que celui qui l’a dans sa main, le prêteur. Ce magistrat, qui était Ælius Tubero, tua l'oiseau à l'instant, mourut lui-même bientôt, et la république dura deux siècles encore.
# Cela est grand, non ridicule. Elle dura par ce noble appel au dévouement du citoyen. Elle dura
s des milvoyait par e tissu de ue, pour sa e marteau le, le juge la manière ou de faire
se l’adjuge, » bois est 1 d'insectes cité. Les par dessus es égouts.
, l'unique ent regarde ge, à quoi longueur incertitude me, le pase bois; il iple enneant qu'une
ri au detriote qui s où la rétant seme Pic vint s la main andement, ins mannt, la réplus que magistrat, l'instant, dura deux
ra par ce lle dura
ar cette reponse muette que lui fit un grand cœur. be tels actes sont féconds, ils font des hommes et des héros: ils font la durée des cités.
& Pour revenir à notre oiseau, ce travailleur, ce solitaire, ce grand prophète n'échappe pas à la loi universelle. Deux fois par an, il se dément, sort de son austérité, et, faut-il le dire, devient ridicule,
“ Ridicule ? il né l’est pas par cela qu’il est amoureux, mais il aime cotiquement. Noblement endimanché et dans son meillettr plumage, relevant sa mine un peu sombre de sa belle grecque écarlate, il tourne autour de sa femelle; ses rivaux en font autant. Mais ces innocents travailleurs, faits aux œuvres plus sérieuses, étrangers aux arts du beau monde, aux grâces des colibris, ne savent rien autre . chose que de présenter leurs devoirs et leurs trèshumbles hommages par d’assez gauches courbettes. Du moins, gauches à notre sens, elles le sont moins , pour l’objet dont elles captent l'attention. Elles plaisent, et c’est tout ce qu'il faut. Le choix pro-, noncé par la reine, nulle bataille. Mœurs admirables des bons et dignes ouvriers ! les autres, chagrins, se rétirent, mais avec délicatesse conservent religieusement le respect de la liberté.
“ Le préféré et sa belle, vous croyez qu’ils vont faire l'amour oisifs, errer dans les forêts! Point du tout. Immédiatement, ils se mettent à travailler. : # Prouve-moi tes talents, dit-elle, et que je ne me suis pas trompée.” Quelle occasion pour un artiste ! Elle anime son génie. De charpentier, il devient menuisier et ébéniste ; de menuisier, géomètre ! La régularité des formes, ce rythme divin, lui apparait : dans l’amour.
# C’est justement la belle histoire du fameux forgeron d'Anvers, Quintin Metzys, qui aima I» file d’un peintre et qui, pour se faire aimer devint le plus grand peintre de la Flandre au xvie siècle.
D'un noir Vulcain, l'amour fit un Appelle.
“ Donc un matin le Pic devient sculpteur. Avec la précision sévère, le parfait arrondissement que donnerait le compas, il creuse une élégante voûte d’un beau demi-glove. Letout reçoit le peli du marbre et de l’ivoire. Les précautions hygiéniques et stratégiques ne manquent pas. Une entrée sinueuse, étroite, dont la pente incline au dehors pour que l’eau n’y pénêtre pas, favorise la défense; il suflit d’une tète et d’un bec courageux pour la fermer.
“ Quel cœur résisterait à cela? Qui n’accepterait cet artiste, ce pourvoyeur laborieux des besoins de la famille, ce défenseur intrépide ?
Ce n’est pas la faute du Picsi la nature, à son génie, a refusé la muse mélodieuse. Du moins dans son âpre voix on ne méconnaitra pas le véhément accent du cœur.
- Qu'ils soient heureux! qu’une jeune et aimable génération éclose et croisse sous leurs yeux! Les oiseaux de proie ne pourraient aisément pénétrer ici. Puisse seulement le serpent, l’affreux serpent poir, ne pas visiter ce nid! Puisse la main de l’enfant n’en pas arracher cruellement la douce espérance! Puisse snrtout l’ornithologiste, l’ami des oiseaux, se tenir loin de ces lieux !
& Si le travail persévérant, l’ardent amour de la famille, l’héroïque défense de la liberté, pouvaient imposer le respect, arrêter les mains cruelles de l’homme, nul chasseur ne toucherait à ce digne oiseau. Un jeune naturaliste, qui en étouffa un pour l'empailler, m’a dit qu’il resta malade de cette lutte acharnée, et plein de remords ; il lui semblait qu’il eut fait un assassinat.”
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LE PIC MACULÉ, * [Yellow bellied Woodpecker.]
Ce Pic est répandu dans l'Amérique fiers trionale, depuis les Carolines jusqu’à la baie d Le son. On le rencontre pres des habitations, pen 0 l'hiver et le printemps, mais à la saison de la nue il gagne les grandes forèts pour y élever ses Ée its. Ses habitudes sont presque celles du Pic Chevelu et du Pic Minulle, quand à la manière de construire son nid. Ses œufs sont blancs et au nombre de quatre. Il se nourrit principalement d’inséctes. Dessus de la tète d’un rouge vif avec une bordure noire : il possède une espèce de huppe qu'il érige à volonté : une bande nue part du front, s'étend sous les yeux, passe sur les oreilles et se perd à l’occiput ; au-dessus de bande, il y en a une noire qui nait à la bâse de la mandibule inférieure, et descend sur les côtés de la gorge, laquelle est blanche à son ofigine et rouge dans le reste ; les parties supérieures sont noires et tachetées de jaune sale et de blanc : chaque plume a deux de ces taches, dont les unes sont oblonques et les autres terminées en pointe ; les couvertures du dessus de la queue en ont de noires sur un fond blanc ; les petites plumes de la partie intérieure de l'aile, et plusieurs qui leur succèdent sont de cette dernière couleur ; les moyennes et les grandes, couvertures, d’un blanc roux ; les pennes primaires noires et mouchetées de blanc jaunâtre ; quelques secondaires sont noires et traversées de blanc, les autres blanches et tachetées de noir : cette dernière teinte domine sur la queue, et est variée de blanc sur les pennes les plus extérieures et sur les infermédiaires ; au-dessous du rouge qni couvre la gorge est une bande noire à reflets verts et bordée d’un jaune sale, lequel prend une nuance plus belle sur A RS ES 2e D de ee Un "+ picus varius.—BAIRD.
Horn, SPF Ro ns varius.—AUDUBON.
la poitrine et le ventre, s’élargit sur les couvertures inférieures de la queue, et est marquée de gris et de noir sur les flancs ; les pieds sont menus ; les doigts et les ongles faibies et noirs. Le bec long d’un pouce, en forme de coin, de couleur de corne.
Dimensions 84 x 15.
La femelle diffère du mâle en ce qu’elle n’a peu ou point de rouge sur la tête. Ily a diversités dans les couleurs des jeunes. Îls se nourrissent de larves, de fruits, de gravois et de scarabées. Ce Picest plus craintif que le Pic Minulle, Il est aussi moins commun en Canada.
LE PIC GRIS. * CRed hbeliied Woodpecker. ]
Cet oiseau fort répandu au Hant Canada, l’est un peu moins dans l’Est de la Province. “Les plumes des narines sont rousses : les joues grises ; latète et le dessus du cou roux : le dos, le croupion et les couvertures supérieures des ailes rayées en travers de noir et de blanc; les pennes primaires noires avec des marques et une bordure blanche ; les secondaires tachetées de cette dernière couleur, qui prend un ton roux à l'extrémité de quelques-unes des latérales de la queue, dont les deux plus extérieures ont en dehors et en dessous des teintes blanches, ainsi que les deux intermédiaires sur leurs côtés internes: du reste elles sont toutes noires ; les couvertures inférieures et les côtés du bas ventre sont variés de noir sur un fond blanc ; la gorge est grise : cette couleur devient jaunâtre sur le devant du cou, sur la poitrine, et rouge sur le ventre ; le bec et les pieds sont noires ; l'iris est noisette.
Dimensions du mâle 7% x 154 de la femelle 8 x
* No gl. Centurns Carolinus.—Bairp.
Picus Carvolinus.—Aupupux.
Couvertures de gris et de ; les doigts : long d’un corne.
lle n’a peu y a diver- Ils se nouret de scara- Pic Minulle.
ada, l’est un Les plumes : latête et le pion et les en travers aires noirés > : les seconr, qui prend es-unes des extérieures es blanches, urs cÔtés inles couverentre sont gorge est r le devant ventre ; le isette.
femelle 8 x
Lise ms E SE PR