‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 52 sur 68 · HE · texte numérisé non relu

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paraissent uno tout autre espèce quo ceux des Etats du nord et de l'Est. La perdrix de savanne est un excellent baromètre, pour indiquer les variations de température, la pluie et l'orage ; le jour qui precède les changements, elles se hâtent de gagner leurs perchoirs plusieurs heures avant l'ordinaire. “ J’ai remarqué dit Audubon, que lorsque la même bande continue à rechercher sa nourriture longtemps après le coucher du soleil, mes espérances d’un beau lendemain n’étaiént jamais déçues ; mais j° pense que cette presciencé est commune à toute la famille des gallinacés. ”

Les mâles, au printemps cherchent à capter l’attention des femelles, par les mêmes allures, la pompe et l'appel (drumming) de la perdrix ordinaire : ce bruit d'ailes est même plus sonore, chez cette espèce que chez l’autre. La femelle niche sous les

‘branches horizontales et basses des épinettes : ce

nid composé de branches sèches, de mousse de feuilles sèches, est caché avec soin : la ponte varie de huit à quatorze œufs, fauves foncés, tachetés irrigulièrement be barres brunes. Ils n’élèvent qu’une seule famille et les jeunes sont en état de suivre les vieux dès qu’il sont nés. Dès que l’incubation a commencé, les mâles se séparent des femelles et ne les rejoignegt qu’à la fin de l'automne : ils n’habitent même pas les mêmes bois pendant ce temps, et sont plus méfiants et plus farouches que pendant la saison des amours ou pendant l'hiver. Ces oiseaux ont la même degaine que l’autre espèce ; mais ils ne hochent pas la queue et ne se cachent pas dans la neige comme la précedente: au contraire, quand ils: sont poursuivis, ils gagnent les arbres. Il faut plus que l’aboiement d’un chien de chasse pour les faire déguerper et une fois lancés, ils font entendre leur cri cluck, qu'ils repètent en se posant sur l'arbre voisin. En hiver, on les prend facilement, ils ne sont pas méfiants. Ils sont

u-communs au Labrador où les Lagopèdes ou Perdrix blanches les remplacent.

“ Un jour dit Audubon, quand j'étais au La-

brador, je faillis mettre le pied sur une Paix de savanne entourée de sa nombreuse fanifillle : c'était le 18 juillet. Cette mère éplorée, hérisen immédiatement ses plumes à l’instar de la poule domestique et se rua à notre rencontre comme pour défendre sa progéniture ; son courage commanda notre respect : nous la laissämes en paix. Dès que nous lui tournâmes le dos, elle se mit

à lisser son plumage et à encourager de sa voix.

ses perdreaux, lesquels bien qu'ägés de sept jours seulement prirent leur vol avec une aisance

et une joie indicibles. Je fus charmé de leur

avoir permis de s’envoler.

Cette Perdrix se gorge l'été et l'automne de divers baies, de bourgeons, etc. On a prétendu que cet oiseau était si peu méfiant, que sa couvée entière pouvait être captürée par la personne qui commencerait à tirer celle qui serait le plus près du sol, ensuite sa voisine; mais je n'ai jamais été assez heureux pour réaliser ce fait moi-même.”

La chair de cette Perdrix n’est mp que lorsqu'elle s’est nourrit de fruits; pendant l’hiver

lorsqu'elle ne subsiste que de feuilles d'arbres ou

de bourgeons, elle acquiert une amertume fort désagréable.

Le mâle porte un costume varié de brun-noir et de gris clair; les ailes sont nuancées d’un jaune gris ou foncé ; les remiges, brunes; la frange extérieure des primaires, tachetée de jaune; la queue, noirâtre brun, terminée de rougeâtre jaune; les parties inférieures, noires ; les plumes près de la gorge ont une tache blanche près de leur extrémité ; une bande composée de taches blanches derrière l'œil ; les couvertures caudales inférieures, abondamment marquées de blanc.

Longueur totale 15%, envergure 218,

La Perdrix de Savanne est distribuée, et couve de l’Etat de New-York jusqu'au Labrador, et de là je la Mer Polaire. Elle émigre partiellement

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LE LAGOPÈDE DES SAULES.—LA PERDRIX BLANCHE, * (Willow Ptarmigan.)

# Le Lagopède, dont le nom veut dire pied de lièvre, est un bel oiseau plus blanc que la neige, un habitant des zones glaciales et compatriote du Chamois, qui ressemble à ces gros Pigcons blancs pat-

‘tus domestiques. La nature en donnant des gants fourrés et une robe blanche au Lagopède, lui a assigné pour patrie les dernières régions de Ia zône habitable, et Jui a fait des attractions proportionnelles à sa destinée, Beaucoup d'oiseaux redoutent Ja froidure ; le Lagopède semble au contraire la chérir par dessus toutes choses et ne craindre que les rayons du soleil ; il ne comprend pas le bonheur dans un autre milieu qué la neige, et meurt immédiatement de nostalgie quand on l’arrache à ses déserts de glace, pour lui faire: un sort plus tranquil dans un séjour plus doux. |

Le Lagopède a d’ailleurs ses motifs pour adorer la neige et pour plaindre les habitants des zônes que nous appelons fortunées. C’est le blanc manteau des hauts Pics dont la couleur se confond avec

* No. 467, Lagopus albus.—BaiRD.

j'a . Lagopus albus —AupuBon. :

* Eu 1648, il y eut une quantité prodigieuse de Perdrix blanches; on en tun 1200 dans ui mois à Beauport.— (Jourval des Jésuites.)

Voici.ce que dit Charlevoix : :

“Il y a trois sortes de Perdrix ; les unes sont blanches et elles ne $e trouvent que l'hyver; elles ont de la plume jusque sur les argots, elles sont fort belles et plus ‘grosses : que celles de Fraüce; la chair n'en est pas si bonne à manger ; mais c’est un bel Oyseau, et elles ne sont, pas bien communes. A ; : PR, ‘ nr, 4 HU: nl

TT ÿ a aussi des Perbrix grises, qui sont groëses comme des Poules ; celles-là sont fort cominunes et bien ‘aisées! à' tuer; car ellee ne s’enfuyent quasi pas du monde ; la-chair est extrêmement blanche et sèche.”

(Voyage en Amérique.) .

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