LA PERDRIX ORDINAIRE OU COQ DE BRUYÈRE À FRAISE
(Ruffed Grouse.) na
Cet oiseau, connu en Canada et dans les Etats Est de la République voisine, sous le nom de Perdrix, est certainement après le Dindon sauvage, le an le plus savoureux que les forêts du Nouveau-
[onde peuvent procurer au roi de la création; sa: distribution géographique s'étend du Maryland au
sud, et jusqu’au rives du Sascatchewan au nord.
La perdrix habite les déclivités des collines, et pendant la saison des œufs, les clairières où lé feu a passé ; elle se nourrit de graines, de fruits de toutes espèces; en hiver, lorsque la nature rêvet son blune manteau, la perdrix recherche les bourgeons de plaines, de merisier et autres arbres. La femelle se construit dans le mois de mai un nid de feuilles et de
ete
* No. 465. Bonosa umbellus.—Bairp.
Tetrao umbellus.—AuDuBon.
branches sèches, près d’un tronc d’arbre coupé ou : sous l’ombre d’un arbrisseau touffu, sur le sol et là ou le vent a accumulé les feuilles tumbées ; elle y dépose de cinq à douze œufs, d’un jaunâtre sale et uniforme, Elle oublie de les recouvrir quand elle quitte le nid, et les corneilles et autres brigands de cette espèce se les approprient pendant son absence. Si l’attaque a lieu en sa présence, la femelle ne manque ni de courage, ni de force pour la repousser et souvent avec succès ; elle emploi son bec et ses ailes à la manière de la poule qui défend ses poussins,
Les Perdreaux sont prêts a suivre leur mère dès qu’ils ont quitté la coquille : agés de six à sept jours, ils ont la force de voler quelques toises. Leur indulgente maman, les conduit à la recherche de leur nourriture, les reçoit sous ses ailes pendant la nuit et fait preuve d’une sollicitude et d’une affection remarquables ; à la première apparence du danger, employant mille artifices pour distraire l’attention de ses perdreaux sur elle même: à cette fin, elle simulera d’être blessée ; elle boitera, elle se : traînera avec peine et de cette manière, elle assure très souvent leur salut. De leur côté les Perdreaux, se blottiront sur le sol, et à la première note d’alarme de leur mère, se couvriront d’une feuille, diton, s’il s’en trouve à leur portée et se cacheront si effectivement, qu’ils faut poser la main dessus pour les faire remuer. À cette époque, les mâles commencent à se séparer des femelles, font bande à part ; mais à l’approche des froids, la famille entière se réunit de nouveau. Pendant l'été, les Perdrix, aiment à se rouler dans le sable des grands chemins; c’est un bain qu’il faut aussi leur proue en captivité. Quand le chasseur ou son chien, les fait lover de terre, elle s’envolent en faisant entendre un bruit d’ailes très fort, mais lorsqu'elles ne sont pas alarmées, elle prennent leur vol sans faire de bruit, . Elles iront se poser à une distance de trois cents pieds du lieu d’où elles sont parti, ou bien
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* Lemaoût.
lorsqu'on les surprend au haut d’une colline, elles se LD vers le bas, tourneront à droit ou à gauche: et ce sera peut-être la seule fois que le .Chasseur les verra ce jour là.
Les forèts au printemps retentissent du bruit d'appel (drumming) des mâles: un naturaliste Européen, décrit comme suit, le fait et gestes du Coq de Bruyère, quand il somme la présence de ses bayadères.
4 # Aussitôt que le Coq de Bruyère a ressenti les premières atteintes du mal qui le tourmente, il commence par chercher dans le canton qu’il habite un local et surtout une tribuna convenablement disposée pour l'exercice de la parade printannière. Cette tribune est généralement un tronc d'arbre
renversé et facilement arpentable de l’un à l’autre de ses extrémités, Une fois en possession de son théâtre, notre héros ne tarde pas a en annoncer l'ouverture. Pour ce faire, il se hisse sur la flèche la plus aiguë du plus haut sapin de la montagne, et
adresse de là son appel passionné à toutes les poules des alentours Cette réclame PA sp que j'aurais beaucoup de peine à écrire en langue musicale, débute par un coup de tamtam assez semblable au gloussement du dindon. Cette note détonuante est immédiatement suivie d’un feu de file d’autres notes grinçantes, stridentes et criardes, douces au timpan comme les gémissements d’une scie qu’on écorche. Après quoi le chanteur s’arréte, pour reprendre haleine d’aberd et ensuite pour juger de l'effet de ce premier morceau, et puis il recommence. La durée de chaque séance est d'un heure environ. (Celle du matin ouvre avant le lever du soleil; celle du soir se continue un peu après que l'astre est couché. Le même coup de tamtam qui. avait annoncé le commencement des exercises, en annoncent la clôture.
Pendant qu'il exécute sa cavatine, l'artiste est tellement absorbé par son art et tellement énivré.
* Toussenel.
du propre bruit do sa voix, qu’il en oubli l’univers et jusqu'à la méchanceté de l’homme, qui profite du tapage et de son émotion pôur s'approcher de lui traitreusement et l’occir.” | Une traditon religieusement transmise de père en fils parmi les Canadiens, va à dire, que lorsque le chasseur tire d’abord sur la perdrix qui est perché sur la plus basse branche d’un arbre, il peut se rendre maître de toute la bande, s’il a soin de commencer par la plus basse: cette tradition est combattue par Audubon. “Cela a pu avoir eu lieu, dit-il, lorsque lamaigreur ou la faim les rendaient inactives, mais jamais autrement.” Quand une pérdrix se pose sur un arbre, après avoir été alarmée, elle ne bougera pas, se dressera sur ses pieds : c’est le moment de l’approcher. Audubon remarque que lorsqu'il y a une épaisse couche de neige dans la forêt, la perdrix se précipitera sur la neige s’'enfoncera dedans et se montrera à sept à huit pieds de l'endroit où elle avait disparu : de cette sorte, elles évitent le chasseur: néammoïns quelquefois, elles ont été capturées lorsqu'elles étaient sous la neige. VA La Pérdrix à fraise (ruffed) à le bec couleur de corn6 ; l'œil, rougeàtre couleur de noisette : au-dessus est une espacé sans plume, écarlate ; une espèce d’aigrette orno son chef; le cou est varié de noir, de rouge, de brun, de blanc et de brun pâle ; les côtés du cou sont garnis d’une touffe de grandes plumes noires, au nombre de vingt-nenf ou de trente qu’elle érige de temps à autre; le haut du corps couleur de rouille clair, marqué de taches ovales d’un jaune blanc, et d'olive ar queue est arrondie ot dépasse les bout des ailes de cinq pouces; elle est d’un roussâtre brun barré et nuancée de noir et terminée d’une large bande de noir, entourée de deux étroites bandes de bleuâtre blanc ; une bande jaunâtre part de la mandibule supérieure à l'œil et le dépasse ; la poitrine et les parties inférieures du cou, d'un brun jaunâtre clair; les plumes du bas de la fraise sont de même couleur, barrées de roussätre-
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brun ; celles du haut, noires à reflets bleus. Uua touffe de plumes d’un chatain elair, sous les ailes. Le reste des parties inférieures, d’un jaunâtre blanc avec des taches transversales de roux et les couvertures de dessous la queue, tachetées de brun, .. La femelle a des teintes plus pâles; la fraise et la tête. sont d’un noir moins foncé : elle est moins belle, hi Longueur totale du mâle 18 ; envergure 23,.* Le plus grand nombre des Perdrix exposées en vente sur nos marchés ont été prises au collet et non tirées au fusil. La‘ Perdrix du Canada diffère de celle d'Europe en ca qu’elle n'est
pas susceptible d’être apprivoisée comme elle :
les jeunes pris au nid sont toujours farouches et
intraitables.
LA PERDRIX D’ÉPINETTE OU DE : SAVANNE. } (Spruce Partridge.—Canada Grouse.)
Cet oiseau qui est le coq de Bruyère du Canada est bien moins commun en cette Province que l’autre espèce; quoiqu’au dire du Docteur Richardson, il abonde
dans toutes ces épaisses savannef d'épinette noire depuis le Canada à la mer arctique. On les a trouvées pendant les hivers les plus rigoureuses jusqu’au 67e dégré : Townsend, les a vues dans les Montagnes Rocheuses. , La Perdrix de savanne. couve en Canada en juin; les individus diffèrent beaucoup quant au plumage, dans les différentes latitudes ; leur plumage est plus éclatant dans l’Etat du Maine qu’au Labrador: cette différence existe aussi chez la Perdrix ordinaire, au point que les individus de l'Etat du Kentucky etautres localités du Sud Ouest,
* Canadian N:aturalist.
t No. 460. Tetrao canadensis.—BAitrp.
Tetrao canadensis,—Aupunox.