‹ Ornithologie du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 56 sur 68 · LE BUTOR D'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

LE BUTOR D'AMÉRIQUE

(American Bittern.)

Le Butor d'Amérique est un oiseau plus nocturne que diurne. “ Le Héron fréquente de préférence les gués des fleuves, les plages découvertes et les plaipes où l’ennemi se voit de loin ; le Butor se plait au contraire au plus épais des fourrés de roseaux, où il se tient caché tout le jour,” attendant pour partir que le chasseur ou son chien lui marche sur le corps.

“ No. 492. Botaurus lentiginosus.—BatRn.

| Ardea lentiginosa, —Aupuson.

ail'ou.

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Il niche à terre, et en qualité d'oiseau de nuit se dispense de bâtir pour sa famille un domicile confortable, Il porte une espèce de fraise qui s’arron: dit en housse circulaire, et qu’il érige, quand il est irrité : ce qui lui donne une attitude belliqueuse et imposante. Il va passer dans le sud de la républi-

ue voisine, la saison des grands froids, Le Butor

Amérique diffère de celui d'Europe, surtout par son cri: “l’espèce Européenne pendant la saison des amours, fait entendre un benglement de taureau, lequel a fait croire autrefois à l'existence de certaines cavernes éoliennes situées au fond des eaux.” On appelle en français, un butor, un homme mal appris: pourtant un butor n'est pas un oiseau plus mal élevé que beaucoup d’autres, c’est seulement un oiseau qui on Europe, au temps des œufs, beugle comme un taureau Botaurus.” Le Butor d'Amérique au contraire a une voix gutturale, quand il s'élève dans les airs Aoua/ Il pond quatre œufs verts-cendré : c’est au crépuscule qu’il voit le mieux : mais chez lui, le sens de l'ouï est très parfait. Qnand il est gras, sa chair est très savoureuse et recherchée, dit-on. (Cet oiseau est très répandu dans les deux Canadas où on le rencontre sur toute l’étendue du littoral du St. Laurent et ailleurs.

Le bec du Butor a quatre pouces de long; la mandibule supérieure, noire; l’inférieure, vert-jaunâtre ; les paupières, jaunes ; l'iris, jaune vif; le dessus de la tête, ap'atie; le plumage qui en cetendroit est d’un brun noir foncé, long derrière le cou, est en général d’un brun jaunâtre, nuancé d’un brun plus foncé; ceci constitue la fraise dont nous avons déjà parlé; la poitrine blanchâtre, barrée d’un brun foncé ; une des marques distinctives de cette espèce est une large bande noire qui traverse le cou diagonalement ; le dos est noir foncé, maculé et barré de points et de lignes d’un jaune brunâtre ; les remiges sont noires, à reflets plombées et traversées de brun

jaunâtre; les pieds et les jambes, jaunes nuancées

d'un vert pâle ; la griffe médianne, comme un peigne;

le ventre, d’un jaune brunâtre-clair; les cuisses, parsemées de points d’un brun foncé. Mâle et femelle se ressemblent : la queue est composé de douze plumes. Il se nourrit de poissons et de greuouilles. -

Longueur totale 27 ; envergure 45.

LE GRAND HÉRON BLEU. * (Great Heron )

Autre espèce calomniée sans raison, par Buffon dans ses éloquents paradoxes, mais maintenant rétablie par Wilson, Audubon et autres dans toutes les hautes prérogatives que sa naissance lui assurent,

Le Grand Iéron bleu se rencontre en cette Province de temps à autre ; il habite constamment les rives de l'Atlantique depuis New-York à la Floride, et dans les Carolines, où il fait son nid, dans dés solitudes impénétrables, couvertes d’eau croupissante et malsaine, de rivière ombragées de

rands cèdres dont les troncs denudés de Fées et le sommet couverts d’une luxuriante verdure, présentent le spectacle le plus singulier que l’on puisse imaginer: une verdure composée de mousse et de plantes aquatiques recouyrant le marais où le silence de la mort règne, la plus grande partie de l’année. Au haut de ces cèdres, dix à douze couples s’établiront ensemble, le sommet de chaque arbre porte un nid. Les œufs sont généralement au nombre de quatre, d’une forme oblongue pointue, plus gros que des œufs de poule et d’un bleu-vert-clair sans aucune tache. Quand on moleste les Hérons, ils quittent le nid et font entendre leurs accents discordants et semblables au cri de l’Outarde. Ils se nourrissont de poissons qu’ils attrapent avec une rare dextérité ; les mulots,

: * No. 487. Ardea Herodias.—Batrp.

Ardea Herodias.—AupuBox.

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les sautcrelles et divers insectes ailés qui fréquentent lès bords des ruisseaux, tels sont ses mets de prédilection. |

Le grand Héron bleu, a un vol puissant ; il double son cou en deux en volant, étend ses longues pattes, comme une queue et en guise de gouvernail. Ce Héron a quatre pieds de haut *: il a le bec pointu, jaune ; l’espace autour de l’œil, depuis la narine, d’un bl:> nourpre-clair : l'iris, orangé ; une calotte blanc, sur sa tête ; les côtés de la tète et l’occiput, couleur d’ardoiïse-foncée ou bleublanc, avec une jo'ie aigrette ; les deux plumes noires, -qui partent du derrière de la tête, longues au moins de huit pouces ; le menton, les joues et les côtés de la tête, blancs dans une étendue de plusieurs pouces ; la gorge, blanche, abondamment barrée de noir; le reste du cou, d’un brun cendrée: dn bas du cou, part un grand nombre de plumes blanches pointues et étroites qui lui couvrent la poitrine et lui descendent presque sur les cuisses ; sous ces longues plumes, la poitrine et le milieu du ventre sont de couleur d’ardoïse foncé striés de blanc ; les côtés, bleus cendrées ; les cuisses et les couvertures des ailes, couleur de rouille foncé nuancé de pourpre ; le dessus des ailes, la queue et le corps, un beau cendré ; il y a aussi de ces longues plumes blanches qui naissent sur les épaules et recouvrent les ailes avec grâce ; les pieds, brun noirs avec des coutures jaunes ou blanches :

Longueur totale 48 ; envergure 72.

La femelle est très ressemblante au mâle.

* Ce Héron, d'après Wilson, mesure quatre picds quatre ouces du bout du bec à l'extrémité de la queue, et an fou des pattes cinq pieds quatre pouces, —Enverguré, 72 pouces.

LE HERON DE NUIT.—LE QUAC. * (Night Heron. —Qua bird.)

Ce Héron, sans être aussi abondant en Canada qu’il l’est dans la Louisiane et dans le sud des Etats voisins, est très commun sur les grèves marécageuses de notre grand fleuve et en général dans tous les endroits humides; son cri ordinaire Qudc, d’où lui vient son nom, est familier au chasseur canadien, attardé sur les battures, et qui attend à la tombée de la nuit, le passage des Canards ou autres gibiers.

Le Héron de nuit se rencontre en vastes bandes près de ces grandes plantations de riz des Carolines ou dans l’intérieur de quelque savanne retirée, où de grands chènes, des pins, ou des.cèdres lui fournissent l’ombrage et un gîte assuré pendant le jour ; au crépuscule, les Hérons se dispersent le long des marais; leur voix rauque ressemble aux efforts d’une personne travaillée par un émétique violent, Certaines localités contiennent depuis un temps immémorial, les nids des Quaucs, au nombre de quelques cents. , Lorsque l’homme a réitéremment porté le trouble et la guerre parmi ces paisibles habitants des airs, la colonie entière déguerpit et établit ses foyers dans des régions plus inaccessibles.

Wilson rapporte un fait analogue dont il fut témoin près de Philadelphie: les agresseurs en ce cas étaient une troupe de Corneilles. Les nids se composent de branches d’arbres ; le même arbre en contient jusqu’à trois ou quatre, ‘Le Héron pond quatre œufs, longs de deux pouces et un quart, épais d’un pouce et trois quarts et d’un bleu pâle: le sol au bas des arbres qui contiennent les nids est jonché des coques des œufs, de plumes, d’excréments, de restes de petits poissons. Il existe encore plu-

* sieurs féronnières en Canada. Un chasseur nous signale entre autres celle de Conti, sur l’Ile-aux- Oies, ->mté de Montmagny, aussi les restes d’une

* No. 495. Nyctiardea gardeni.—BairD.

‘» Ardea Nycticorax. —AuDtron.

Lada

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héronnière dans un bois avoisinant la résidence du consul de France à Beauport près de Québec. Quand on approche d’une héronnière, le vacarme que ivnt les jeunes et les vieux ferait presque croire, qu’au sein du bois deux ou trois cents sauvages s’égorgent les uns les autres ; dès qu’une personne se montre, tous les Hérons s’envalent et s’abattent sur la cime des arbres dans une autre partie du bois; puis sept ou huit Hérons sont députés par les autres comme éclaireurs pour observer les mouvements de l'ennemi. Quand les jeunes peuvent sortir du nid, ils grimpent jusqu’au haut de l’arbre sans essayer de voler. L’ouïe de ces oiseaux parait extrêmement subtile. Ces pauvres Hérons ont de nombreux ennemis. Plusieurs Faucons, l’Aigle à tête blanche même les choisit pour victimes; mâles et femelles se ressemblent fort; tous cent les trois élégantes lumes blanches qui partent du derrière de la tête. ls vivent de petits poissons, de grenouilles, et se

servent de leurs pieds en guise de peignes pour se *

nettoyer la tète et le corps de parasites désagréables. |

Le mâle a son chef orné d’une jolie calotte noire à reflets lustrés et verdâtres, laquelle se termine par trois plumes blanches longues de huit à neuf pouces, lesquelles s’emboîtent l’une dans l’autre et se réunissent en une, toutes les fois qu’on les sépare. Les ailes, le croupion et la queue sont d’un bleu clair tirant sur le gris et nuancés de blanc; le ventre et l’abdomen, blancs couleur de crème; le bec, noir: l'iris, d’un rouge vif; les paupières, vert-jaunâtre ; les pieds, jaunes ; les griffes, brunes; le devant du front, blanc ; le devant du cou, blanc ; les cotés et le derrière, nuancés de lilas pâle; la queue, courte, légèrement arrondie, et composée de douze plumes arrondies. |

Longueur totale 25.712, envergure 44.

Laissons maintenant à l'auteur du beau livre “ L'Oïseau” le soin de nous donner à sa manière la généalogie et l’histoire du Hérorr de nuit.

‘+ J'ai maintes fois, en des jours de tristesse, observé un être plus triste, que la mélancolie aurait pris pour un symbole : c'était le rêveur des marais, l'oiseau contemplateur qui, en toutes saisons, seul devant les eaux grises, semble, avec son image, plonger dans leur miroir sa pensée monotone.

Sa noble aigrette noire, son manteau g':s de perle, ce deuil quasi royal contraste avec sou corps chétif et sa transparente maigreur. Au vol, le pauvre hère ne montre que deux aïles ; pour peu qu'il s'éloigne en hauteur, du corps il n'est plus question ; il devient invisible. Animal vraiment aerien, pour porter ce corps si léger, le héron a assez, il a trop d’une patte ; il replie l'autre ; presque toujours sa silhouette boiteuse se dessine ainsi sur le ciel dans un bizarre hiéroglyphe.

“ Quiconque a vécu dans l’histoire, dans l’étude des races et des empires déchus, est tenté de voir là une ima-

ge de décadence. C'est un grand seigneur ruiné; un roi dépossédé, ou je me trompe fort. Nul être né sort à cet état misérable des mains de la nature. Donc, je me hasardai à interroger ce rêveur et je lui dis de loin ces paroles que sa très-fine ouïe percut exactement: ‘ Ami pêcheur, voudrais tu bien me dire (sans délaisser ta station), pourquoi, toujours si triste, tu sembles plus triste aujouxd'hui? As-tu manqué ta proie? le pois*#ntrep subti} a-til trompé tes yeux ? la grenouille moqueuse te défie-t-elle aû fond de l'onde ?

“Non, poissou ni grenouilles n’ont pas ri du héron... Mais le héron lui-même rit de lui, se méprise quand il entre en sa pensée de -< que fut sa noble race et de l'oiseau des anciens jours.

‘+ Tu veux savoir à quoi je rêve? Demande au chef indien des Chérokés, des Jowais, pourquoi des jours entiers, il tient la tête sur le coude, regardant sur l’arbe d'en face un objet qui n’y fut jamais.

‘La terre fut notre empire, le royaume des oïseaux nqnatiques dans l’âge intermédiaire où, jeune, elle émer-

eait des eaux. Teinps de combats, de lutte, mais «l’u-

jondantes subsistance. Pas un héron alors quine gagnât sa vie. Besoin n'était d'attendre ni de poursuivre ; la proie poursuivait le chasseur ; elle sifflait coassait de tous côtés. Des millions d'êtres de nature indécise, oiseaux, crapauds, poissons ailés. infestaient les limites mul tracées des deux éléments. Qu’auriez-vons fait, vous autres, faibles et derniers nés du monde? L'oiseau vous prépara la terre. Des combats gigantesques eurent lieu contre les monstres énormes, fils du limon; le fils de l'air, l'oiseau, prit la taille du géant. Si vos histoires ingrates n'ont pas trace de tout cela, la grande hisioire de Dieu le raconte au fond de la terre où elle a déposé les vaincus, les vainqueurs, les monstres extermiués par nous et celui qui les détruisit.

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‘ Vos. fictions mensongères nons bercent. d’nn Hercule humain. Que lui eût servit sa massue contre le plésiosaure ? Qui eût attendu face à face ce terrible léviathan ? Il y fallait le vol, l’aile forte, intrépide, qui du plus haut lançuit, relevait, reiançait l'Hercule oiseau, l’épiornis, un aigle de vingt pieds de haut et de cinquante pieds d'en. vergure,* implacable chasseur qui, maître de trois éléments, dans l’eau, dans la vase profonde, suivait le dragon sans repos.

k L'homme eût péri cent fois. Pour nous l’homme devint possible sur une terre pacifiée. Mais qui s'étonnera que ces terrible guerres, qui durèrent des milliers d’années, aient usé les vainqueurs, lassé l'Hercule ailé, fait de lui un faible Persée, souvenir effacé, pâli de nos temps héroïques ?

‘ Baissés de taille, de force si non de cœur; affamés par la victoire même, par la disparition des mauvaises races

ar la division des éléments qui nouscacha la proie au

ond des eaux, nous fûmes sur la terre, dans nos forêts et nos marais, poursuivis à notre tour par les nouveaux ve-

nus qui, sans nous ne seraient pas nés La malice de.

l'homme des bois et sa dextérité furent fatales à nos nids. Lâchement, dans l’épaisseur des branches qui gênent le le vol, entravent le combat, il mettait la main sur les n6tres. Nouvelle guerre, celle-ci moins heureuse, qu'Homère appelle la guerre des pygmées et des grues. La haute intelligence des grues, leur tactique vraiment mili. taire, n’ont pas empêché l'ennemi, l'homme, par mille arts maudits, de prendre l'avantage. Le temps était pour lui la terre et la nature; elle va deséchant le globe, tarisiant les marais, supprimant la région indécise où nous régnàmes. ll en sera de nous à la longue, comme du castor. Plusieurs espèces périront; peut-être un siècle encore, et le héron aura vécu.’ s Histoire trop vraie. Sauf les espèces qui ont pris leur parti, ont délaissé la terre, se sont franchement vouées et sans réserve à l’élément liquide, sauf les plongeurs, le cormoran, le sage pélican et quelques antres, les tribus aquatiques semblent en décadence. L’inquiétnde, la s0brieté, les maintiennent encore. C'est ce souci persévérant qui a doué le pélican d’ua organe tout particulier, lui creusant sous son bec distendu un réservair mobile signe vivant d'économie at d’attentive prévoyance. 1 Plusieurs, comme le cygne, habiles voyageurs, vivent en variant leur séjour. Mais le cygne lui-même, immangeable, ménagé de l’hcmme pour sa beauté, sa grâce, le cygne, si commun jadis en Italie, et dont Virgile parle sans cesse. y est rare maintenant, On chercherait en vain ces blanches flottes qui couvraient de leurs voiles les eaux du Miucio, les marais de Mantoue, qui pleuraient Phaéton

* L'œnf et le squelette de ce géant ailé existe actuellement au musée de Paris.

à l'ombre de ses sœurs, ou dans leur vol sublime, poursuivant les étoiles d’un chant harmonieux, leur portaient le nom de Varus.

Ce chant. dont parle toute l’antiquité, est il une fable ? Les organes du chant, qu'on trouve si développés chez le cygne, lui furent-ils toujours ivutiles ? Ne jouaient ils pas duns une heureuse liberté quand il avait une atmosphère plus chaude, quand il passait le meilleur de l’année aux doux climats de Grèce et d'Italie? On serait tenté de le croire. Le cygne, réfoulé au nord, où ses amourstrouvent mystère etrepos, a sacrifié son chant, a pris l’uccent barbare, ou il est devenu muet. La muse est morte; l'oiseau a survécu.

Sociable, disciplinée, pleine de tactique et de ressource, la grue, type supérieu d'intelligence dans ces espèces,

evait, ce semble, prospérer, se maintenir partout dans son ancien empire. Elle a perdu pourtant deux royaumes : la France, qui ne la voit plus qu’au passage; l'Ane gleterre, où maintenant elle hasarde rarement de déposer ses œufs. ,

Le héron, au temps d’Aristote, était plein d'industrie et de sagucité. mr le consultait sur le beau temps, l'orage, comme un des plus graves augures. Déchu au moy RAR mais gardant sa beauté, son vol qui monte au ciel, c'était encore un prince, un oiseau féodal ; les rois voyaient en lui une chasse de roi et le but du noble faueon. Si bien le chassa-t-on que sous François Ier il devint rare ; ce roi le loge autour de lui à Fontainebleau, y fait des héronuières. Deux ou trois siècles passent, et Buffon croit encore ‘“ qu’il n’y a guère de provinces où des héronnières ne se trouvent.” De nos jours, Tousscnel n’en connaît qu’une en France, au nord du moins, dans la Champagne ; entre Reims et Epernay, un bois recèle le dernier asile où le pauvre solitaire ose encore cacher ses amours.

Solitaire! c’est là sa condamnation. Moïns sociable que la grue, moins familier que la cigogne, il semble devenu farouche même aux siens, à celle qu’il aime. Il tient peu à la vie. Captif, il refüse souvent la nourriture, s'éteint sans plainte et sans regrets.

Les oiseaux aquatiques, êtres de grande expérience, la plupart réfléchis et docteurs en deux éléments, étaient, dans leur meilleure époque, plus avancés que bien d’antres. Ils méritaient les ménagements de l’homme. Tous avaient des mérites d'originalité diverse. L'instinct social des grues, leur singulier esprit mimique, les rendaient aimables, amusantes. La jovialité du pélican et son humeur joyeuse, la tendresse de l’oie, sa faculté d’attachenent, la bonté enfin des cigognes, leur piété pour leurs

vieux parents, attestée par tant «le témoins, formaient entre

ce monde et nous des liens sympathiques que la légèreté humaine n’aurait pas dû briser barbarement.”’

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