JAGATA. f
:Audubon, parcourant Je Kentychy dns l'automne .de.1813, en vit passer au-dessus de sa: tête cent “soixante-trois bandes en vingt minutes ;à la fin, ditil, les bandes se touchèrent, et un Sem à de : Pigeons lui déroba la lumière du soleil ; tendant
cette éclipse d'un nou;9au genre, la flente des Pigeons tombait comme une épaisse, et leurs ailes produisaient un sifflement monotone qui provoquait le sommeil. Le caleul 4 fit Audubon pour évaluer la quantité de ces Oiseaux lui donna un résultt effrayant. “ Stipposons, dit-il, une colonne d’un mille de largeur; supposons qu'elle effectue son p e en trois lieues: comime sa vitesse est d’un mille par minute, sa longeur sera de cent quatre-vingt milles, composé chacun, de mille sept cents soixante verges : si chaque verge quarrée est occupé par deux Pigeons, on trouvera que le nombre de ces Oiseaux est un milliard, cent
uinze millions, cent trente-six mille (1,115,186,-
600). Or chaque individu consommant, dans une
. journée, une demie pinte de fruits, la nourriture
d'une bandé exige huit millions sept cent douse
inille (8,712,000) boisseaux de graines par jour. Les troupes émigrantes se tiennent bien au-dessus
de la portée d’une carabine; dès qu’un Faucon
vient menacer leur arrière-garde, les rangs sont
serrés; une masse compacte se forme, execute les lus belles évolutions aérienn:s, se précipite vers a terre avec l’impétuosité d’un torrent ; puis, lorsue ses zizags multipliés. ont lassé la persévérance e l’ennemi, ‘elle rase le sol avec une vitesse inconcevable, et se levant de nouveau comme une colonne majestueuse, elle reprend ses ondulations, imifant dans l’air, mais sur une échelle démesurée, la marche sinueuse d’un serpent.
Dès que les Pigeons aperçoivent de loin une ee suffisante de nourriture, sur les arbres ou lans les compagnes, ils se disposent pour une
halte ; on les voit voler en tournant pour explorer
les environs, et ces mouvements circulaires, dans des lans diversement inclinés, font briller tour à tour es belles couleurs de leur plane: Dans une position, toute la bande se revêt d'un bleu clair, qui bientôt après, est remplacé par. un pourpre, oncé : bientôt ils se glissent dans les Bois ot disparaissent sous le feuillage. 1ls dépouillent les ar- < } . 2 +
bres de leur fruits, et découvrent adroitemient, sous les feuilles dessechées qui, jonchent le sol, les fruits et les graines de l’année précédente. Vers midi, les oissaux vont se reposer et faire la digestion sur les’ atbres voisins ; mais lorsque le solail disparait sous l'horizon, tous s'envolent én même temps, et retournent en masse vers le juéhoir commun, situé souvent à plus de cent lieues de leur refectoire, Cette fidélité au juchoïr leur est fatale, C'est toujours un bois de haute futaie que les Pigeons choisissent pour lieu de repos; mais sous ces arbres séculaires, où ils vont arriver au commencement de la nuit, se prépare une horrible scène de “destruction. Des populations entières de chasseurs et de fermiers viennent les y attendre longtemps avant le coucher du soleil: les uns arrivent avec des chariots vides qui seront remplis dans quelques heurés, les autres amènent des troupeaux de porcs qui doivent s’engraissér sur place de læ chair. savoureuse et succulente des Pigeons. Done ” Chacun fait ses préparatifs, les fusils sont chargés, tes torchés allumées ; les réchauds pleins de souffre, ” dont la vapeur doit étouffer les Pigeons, sont prêts ; enfin, vers neuf heures du soir, un cii général se fait entetidre: les voilà / Ils, arrivent en effet, et leur paësago agite l’air, comme la brise qui annonce l'ouragan ; leurs innombrables légions s’abattent sur les arbres, et alors commence une scène de carnage et de confusion difficile à décrire; les cris des assaillants, les coups de fusil multipliés, le fracas des hautes ranches brisées par le poids des malheureux oiseaux qui s’y précipitent et écrasent leurs compagnons perchés sur les branches inférieures ; tout dans cet effroyable tumulte, inspire un sentiment de peine autant que de surprise au naturaliste jui ne consent à détruire que pour observer.
‘Pendant ce massacre, lès Pigeons arrivent. par millions ; c’est à minuit seulement que les dernières bandes entrent dans la forêt; mais le carnage dure jusqu'au jour. Dès que les M ni du soleil ont frappé la cime des arbres, les Pigeons quittent Île
juchoir et vont aux vivres, sans que leur nombre paraisse sensiblément diminué.
n ce moment, la
scène change : au vacarme de la nuit, succèdent les hurlements des Renards, des Lynx, des Cougards, des Loups qui accourent prendre leur part au festin. que l’homme leur a préparé, et l’on voit arriver des Aigles, des Faucons, suivis de Buses et de ‘Corbeaux, qui viennent aussi chercher leur vié dans” cette immense destruction. ” ENS
‘Voilà bien encore un de ces tableaux animés. qu'Audubon saït tracer de main de maître: cetté description, qui convient sans doute aux habitudes du Pigeon de passage, dans les solitudes du Kentucky, nous parait surchargée à nous habitants”
du Canada, où on ne les voit jamais dans uné, telle abondance. En juillet et en août, lo
que la
foudre a grondé dans les montagnes, les Tourtèe. sortent sur la lisière des bois et se perchent par petites troupes sur les arbres vers le point du jour. : C'est’ le moment où les chasseurs les tirent au fusil, ou 165 rennent à la rêt avec de la drogue * et du froment. e’ Pigeon de passage élève plusieurs familles pen] dant l'été; les œufs sont au nombre de deux ; "I s' pétits sont généralement mâle et femelle ; l’incubä-
tion dure quinze jours et les jeunes laissent. 16 nid:
huit jours après qu'ils sont éclos. ‘Le nid eét construit quelquefois à terre, quelquefois dans des arbrisseaux et se compose de petites branches sèches, si négligemment liées ensemble qu’on voit quelquefois les jeunes à travers. Ils ont à peu près le: même
rouvcoulément que les Pigeons domestiques: "les
mâles et les femelles sont bizarrement distribués . dans les bandes; dans les unes on ne voit que. des femelles, tandis que d’autres se composent presqu’exclusivement de mâles ou dé jeunes ciseaux." Le’
Pigeon de passage a seize pouces etun quart de long. et:une envergure de vingt-cinq pouces : :
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*: De l'Aséa foetide. : Les Tourtes prises avec cette’ déô:
guëe se corrompent fort vite. La lo
sage pour l'ühjet en question.
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