LE DINDON SAUVAGE
nié Wild Turkey.)
Oviedo est le premier qui (1526) ait parlé des Dindons sauvages, souche de l’espèce domestique. Ces oiseaux furent introduits en Espagne vers l'année 1562, par les missionnaires, et dix huit ans après, aux noces de Charles IX, on servit les premiers dindons, qui aient été mangés en France. Les Jésuites en engraissaient un grand nombre à leur ferme près de Bourges. Brillat-Savarin n’oublie pes de faire hommage à ces pères de ce qu'il appelle le pius beau cadeau. que le nouveau monde ait fait à l'ancien. Il considère l’introduction des Dindons, en France, au nombre des bénédictions que les Jésuités répandirent.sur ce royaume.f .,
Ces oiseaux abondent, surtout dans les immenses prairies qui bordent l'Ohio, le Mississippi et le Missouri, ainsi que dans une partie de l’ouest du Canada, tel que Saint-Clair Flats et autres endroits avoisinants, Le comté d'Essex et Lambton, celui de Kent,] (Haut-Canada,)sont à peu près les seuls où l'on trouve ‘ les Dindons sauv 1e n’avons pas apptissi notre royal visiteur, le Prince.-de Galles, dans éon expédition aux prairies de l'Ouest. en septembre dernier,
* No. 455. Meleagris gallopavo.—BaiRD.
Méleagris gallopavo.—AvDuBon.
4 Toüssenel prétend tout le contraire, ‘C'est & tort, ditil; qu'on attribue l'honseur de l’iportation aux jésuites; car cette importation est contemporaine de la foudation de
l'ordre, et les Anglais possédant déjà le Dindun en 1524, époque où les révérends Pères n'avaient pas ehcore éu lé de dé conquérir des’ roÿaumes en Amérique.”
£ H serait à désirer que la Législature éteridit aux Dindons sauvages, la même qrotscion qu'elle accorde aux Oùribaus, aux Canards, à la Bécassine et autres gibiers. Espérons que les honoräbles députés pour ces comtés tou. blieront pas leurs constituants, nous ne voulons pas dire les Dindons sauvages de ce comté, mais les électeurs, nous pourrions dire les bons. vivants du Haut-Canada entier;.et quelguesuns du Bes,.qui ne: psrdonneront jamais à député quelconque si ce met savoureux, venait, faute d'être protégé, à disparaître. —(Nofe de l'autéur.)
fut assez heureux pour ajouter un dindon sauvage à sn gibecière gonflée de Cailles, de Coq de Bruyère (pinnated grouse), etc. Dans ces vastes clairières, à. l’ouest de la province, les Dindons sauvages ont coutume. de cheminer à pied, et d’émigrer d'une. contrée : à une autre, suivant qu'ils trouvent en plus grande abondance les baies et les graines d'herbes dont ils se nourrissent, les mâles voyagent par bandes de dix à cent individus ; les femelles s’avancent séparément avec leurs petits ou réunies avec d'autre familles ; elles évitent avec soin les mâles, qui atteignent leurs jeunes et souvent les: tuent, et cependant tous suivent la mème direction. Lorsqu'ils arrivent sur le bord d’une rivière, ils se portent sur le point le plus élevé de la rive, y restent un ou deux jours en délibération, puis montent sur les arbres, et, à un signal donné par le chef de la troupe, ils prennent leur vol vers la rive opposée.’ Les vieux y parviennent sans peine, lors même que la rivière a un tiers de lieue de largeur, mais les petits tombent dans l'edu et'achèvent la traversée à la nage. A la fin de l'hiver, les femelles se séparent de leur familles devenues adultes et s'occupent dela ponte et de l'incubation.. Elles déposent dans un nid construit à terre avec quelques feuilles desséchées, dix à quinze œufs, qu’elles ont à défendre contre les corbeaux,
les chats sauvages et même contre les Dindons. Il
arrive souvent que. plusieurs femelles se réunissent pour couver.et:élever leurs petits en commun. Nos Dindons domestiques sont moins grostque les Dindons sauvages ; leur plumage est. d'ordinaire noir, tandis que, dans l’état de nature, il est d’un brun verdâtre, glacé de teintes cuivrées magnifiques, La chair.du Dindon sauvage est préférable même à celle du Dindon domestique : c’est un plat de roi. .: Les chasseurs s6. servent de divers modes pour s'emparer de cet. oiseau au printemps; ils imitent, au moyen d'un pipeau fait avec l'os de l'aile d’un Dimdon, le cri de la femelle ; le mâle accourt de loin et les chasseuts, de lénr retraite, tirent dessus, | T4
Æa: «are ‘Ori mr see 2e on: découvre nt les. perchoins: du Dindôn me man Fneisde glousser ‘dès qu'il st À éri ‘dsébh impitoyable nneinis:' Les: Dindons sdavages’ suéuombent aussi aux:embû-hes que l’homme!leur tend da nuit ; on se-place: dans :l8 voisinage du perehoir ue-la bande s'est choisi depuis longtemps" ‘et on tte sur-eux:au clair de la lune.
: On: construit aussi des enclos avec des troncs d'arbres et'une:toiture en‘dessus : on place ‘une: trafnée:de mais dans la forêt, qui conduit à l'enclos:: les: Dindons.\l’ont ‘bientôt ‘découverte’et la bande éntière :arrive :peu::à peu à l’eniclos :-uno fois en dedans, le: Dre les- pc et. er oiseaux n'ont
mère la sagacité: de fuir par où ils ont pénétré amet Hbneloen4lsr :8ont: bientôt: mis à pr La besuté, peut-être l'utilité du Dindon sauvage, avait frappé: “era ae il ‘ex rima souvént'un reprét, ‘que
lo-Dindon ;sauvage n'éût pas été préféré à l'aigle
à tête blanche, ‘«omme blason mational de la Grande République: “L'Aigle à tête: blanche, ‘ditil,-est un brigand, lâche, paremeux et cruel, c’est un vrai chevälier :d'Iüdustrie;: trop indolent pour ichasser luimèmié,>iliarrache aux'autres oiseaux, la proie qu’avec peine: ils se-sont procurée:; de plus, ‘il est indigène à a als né #“ilest doné de: ‘courage, et ‘mul ntastiques, il ne reculerait même enadier-en uniforme :qui oserait en ° sour:” ‘Le Dindon sauvage: rréduiten caÿtivité;s"apprivoise ayec:un peu de soin, # 10es oiseaux pèsent ordinairement vingt livres à où'en ‘a vivatteimädre le poids de:quarante. : :
lb Dindon sauvage: de Honduras ést. las petit ue Fespève:que nous: venons de décrire ; :6’est'um Ébhobel oiseau au pienge pou ich d'abord décrit par Ouviér. :
::Nous, ae dontiérons : ‘pasune deseription plis dé taillée + AA ur sauvage «ré ralalie beaucoup
Thomas Mal once du Département dus Mesowaraiihols, à où oc, avait " je Mono .
e e Hot beaux Dindons sauvages, l'année
dérnière, 4 sa résidence Faubourg St. Roch ds Québec.
au Dindon domestique, mais qui: lai est supérieur en:bsauté et en tail REA de DIT À RON Le mâle lorsqu'il a atteint toute sa groseut' y qe quatre pieds du haut du bec à l'extrémité queue. ; EL ERA TE 2
: Longueur totale 49, envergure 68 pouces. “ ‘La colonisation ‘de lagProvince a graduellement réfoulé le Dindon sauvage, aux confins ouest dé
Un vieux Gouverneur de Trois-Rivières évrivait en 1663 : AB
Pour le Coq d'Inde sauvage, il ne-s’én trouve point à Québec, ni à Trois-Rivières, ni à Montréal" mais dans-le pays des Iroquois, et däns le payé où demeuraient autrefois les Huron, il y et: 4 des: quantités, et dont la chair est bien plus délicate que des Coqs d'Inde domestiques.” [éfsi 36 fus EUR
“is
‘LA PERDRIX ORDINAÎRE OÙ COQ'DE CBRUYÈRE À PRAISE + 4 (Ruffed, Grouse.), RE
“Cet oiseau, connu ‘en Canada et dits leë Etats Est de la République voisinié, sous le ‘not de Pert ” dtit; est éettaitiement après le Dindon stuvage, 16
hatle plus savoureux que les forèts du Notivéaus
mds:péuvent procuret au roi de la création #"## distribution géographique s'étend dé Maryland av! sud, dt jusqu'au rives du Saécatehewan'at/notd; ”*
-L4 perdrix habite les déclivités des collines, ét? pomdunt la saison des œufs, lés élairièrés où le fe a passé; éllé se nourrit de graines, dé fruits dé tonte” espèces; éft'hiver; lorsque là nature révet son Blanc
- mâftéau, la perdrix recherche les ‘bourgéüns dé
plaines; dé merisiér et autres arbrés. La fernelté re”
“construit dans lé mois de mai ni nid de feuilles et'&é’ …. MO nt, PTE à Nr110 j'2 A Et ART gigi
® No. 465. Bonosa umbellus.—-BAïR D.
, Tetrao umbellus.—Aupuson.
branches sèches, près d’un tronc d'arbre coupé ou sous l'ombre d’un arbrisseau touffu, sur le solet là ou le vent. a.accumulé les feuilles tombées; elle y dépose de cinq à douze œufs, d’un jaunâtre sale et uniforme. Elle oublie de les recouvrir quand elle quitte le nid, et les corneilles et autres brigands de cette espèce se les approprient pendant, son absence. Si l’attaque a lieu en sa présence, la femelle ne manque ni
e courage, ni de force pour la repousser et souvent : avec succès; elle emploi son bec et ses ailes à la manière de la poule qui défend ses poussin. :
. Les Perdreaux sont prêts a suivre leur mèré dès qu'ils. ont quitté la coquille : agés de ‘six à sept
‘jours, ils ont la force de voler quelques toises.: Leur
indulgente maman, les conduit à la recherche de Jeur nourriture, les reçoit sous ses ailes pendant la nuit et fait preuve d’une sollicitude ét d’une-affection.remarquables ; à la première apparence du danger, employant mille artifices -pour distraire l’attention de ses perdreaux sur elle même: à cette fin, elle simulera d'être blessée ; elle: boitera; telle se traînera avec peine : et. de cette. manière, elle assure très souvent leur salut. De leur côté les Perdreaux, se‘blottiront sur le sol, et à la première note d’alarme de... leur. mère, se couvriront d’une fouille, : diton, s’il s’en trouve à.leur portée et se cacheront si effectivement, qu'ils faut poser la main dessus. pour: les faire. remuer. À cette époque, les mâles com-: mencent à se séparer des femelles, font bande à. part ; mais à l’approche des froids, la famille entière
‘se réunit de nouveau. Pendant l'été, les Perdrix,
aiment à se rouler dans le sable des grands :chemins; c’est un bain qu'il faut aussi leur procurer . en captivité. Quand le chasseur ou son chien, les fait lever de. terre, elle s’envolent en faisant entendre un bruit d'ailes très fort, mais, lorsqu'elles ne sont pas alarmées, elle prennent leur vol sans faire de bruit. , Elles‘iront se poser à une distance de trois cents pieds du lieu d'où elles sont parti,. ou bien
md
* Lemaoût.
Lorsqu'on les surprend au haut d'une colline, elles se pre trans vers le bas, tourneront à droit ou à gauche: et ce sera peut-être la seule fois que le chasseur les verra ce jour là, |
Les forêts au printemps retentissent du bruit d'appel (drumming) des mâles: un naturaliste Européen, décrit comme suit, le fait et gestes du Coq de Bruyère, quand il somme la présence de ses bayadères.
“ # Aussitôt que le Coq de Bruyère a‘ressenti les premières atteintes du mal qui le tourmente, il <ommence par chercher dans.le canton qu’il habite un local et surtout une tribune convenablement disposée peur l'exercice de la parade printannière, Cette tribune est généralement un tronc d'arbre renversé et facilement arpentable de l’un à l’autre de ses extrémités. Une fois em possession de son théâtre, notre héros ne tarde pas a en annoncer d'ouverture. Pour ce faire, il se hisse sur la flèche la plus aiguë du plus haut sapin de la montagne, et adresse de là son appel passionné à toutes les poules des alentours Cette réclame éloquente, que j'aurais beaucoup de peine à écrire en langue
musicale, débute par un coup de tamtam assez
semblable au gloussement du dindon. Cette note détonnante est immédiatement suivie d’un fou de file d’autres notes grinçantes, atridentes ot criardes, douces au timpau comme les gémissements d'une scie qu’on. écorche. Après quoi le chanteur s’arréte, pour reprendre haleine d’aberd et ensuite pour. juger de l'effet de ce premier morceau, et puis il recommence. La durée de chaque séance est d’un heureenviren. Colle du matin ouvre avant le lever du soleil; celle du soir se continue un pou après que l'astre est, couché. Le même coup de tamtam qui avait annoncé le commencement des exercises, en annoncent la clôture. | |
Pendant qu’il exécute sa cavatine, l'artiste est tellement absorbé par son art et'tellement énivré
“ Toussenel.
du propre bruit de sa voix, qu’il en oubli l'univers et jusqu'à la méchanceté de l’hôtime, qui profite du tapage et de son émotion pour s'approcher de lui traitreusement et l'occir” a un
Une traditon religieusement transmise de père en filé parmi les Canadiens, va à dire, que lorsque le chasseur tire d’abord sur la perdrix qui est perché sur la plus basse branche d’un arbre, peut se rendre maître de toute la bande, s’il a soin de commencer par la plus basse; cette tradition est combattue par Audubon. ‘“ Cela a pu avoir eu lieu, dit-il, lorsque lamaigreur ou la faim les rendaïent inactives, mais jamais autrement” Quand une perdrix se pose sur um arbre, après avoir été alarmée, elle ne bougera pas, se dressera sur ses pieds : c’est le moment de l’approcher. Audubon rémarque que lorsqu'il y a une épaisse couche de neige dans la forêt, la perdrix se précipitera sur la neige s’enfoncera dedäns et se montrera à sept à huit pieds de l'endroit où ‘elle avait disparu : de cétte sorte, elles évitent le chasseur: néanmoins quelquéfois, ellés ont été capturées lorsqu'elles étaient sous la‘neige. * :: | sn Nc hf La Perdrix à fraise (ruffed) a le bec couleur de corné ;: l'œil rouigeätre couleur de noisette: au-des- . sus ést une espacé sans plume, écarlate ; une espèce d’aigrette: orne son chef; le cou est varié de noir, de rouge, de brun, de blanc et de brun pâle; les . côtés du cou sont garnis d’une touffe de grandes plümes nôîres, au nombre de vingt-nenf ou de trente qu'elle érige de temps à autre; le haut du corps douleÿr de rouille clair, marqué de taches ovales d’un jaune blané, et d'olive ; la queue est arrondie ét dépasse les bout dés aïîles de cinq pouces; elle est d’un roussâtre brun barré et nuancée de noir et terminée d’une large bande de noir, entourée de deux étroites bandes de bleuâtre blanc ; uné bande jaunôtre part de la mandibule supérieure à l'œil et le dépasse ; la poitrine ‘et lés parties inférieures du coù, d'un'brun jaunâtre clair; les plumes du bas de la fraise sont de même couleur, barrées de roussâtre-
brun ; celles du. haut, uoires à reflets bleus Une tou dé plumés d’un chatain clair, sous les ailes. ‘Le reste des parties inférieures, d’un jaunâtre blanc avec des taches transversales de roux.et les couvertures de dessons la queue, tachetées de brun, La femelle a des teintes plus pâles; la fraise et. la dur sont d’un noir moins foncé : elle est moins
elle.
‘Longueur totale du mâle 18 ; envergure 28, * "Le plus grand nombre des Perdrix. exposées en vente sur nos marchés ont été prises au collet et non tirées au fusil. La Perdrix du Canada diffère de celle d'Europe en ce qu’elle n’est pre susceptible d’être apprivoisée comme elle : les’ jeunes pris au nid sont toujours farouches et intraitables, |
LA ‘PERDRIX D'ÉPINETTE OU DE SAVANNE. + (Spruce Partridge.—Canada Grouse.) +, Cet oiseau qui est le coq de Bruyère dn Canadaest . bien moins commun en.cette Province que l’autre espè- ce; quoiqu’au dire du Docteur Richardson, il abonde * dans toutes ces épaisses ,savannes d’épinétte noire depuis le Canada à la mer arctique. On les a trouvées endant les hivers les plus rigoureuses jusqu'au 67e dégré : Townsend, les a vues dans les. Montagnes Rocheuses. La Perdrix de savanne couvé en Canada eh juin; les individus diffèrent beaucoup quant au plumage, dans les différentes latitudes; leur phnnage est plus. éclatant dans l'Etat du: Maine qu’au Labrador: cette différence existe aussi chez la Perdrix ordinaire, au point que les individus de l'Etat du Kentucky et autres localités du Bud Ouest,
1e * Cunadign Naturalist. ME t No. 460. Tetrao cauadensis.—Bairp.
Tetrao canadensis.—Aununon.
paraissent une {out autre espèce que ceux des Etats du nord'et de l'Est. La perdrix de savanne est un excellent baromètre, pour indiquer les variations de température, la pluie ét l'orage ; le jour qui precède les changements, elles se hâtent de gagner leurs yerchoirs plusieurs heures avant l'ordinaire. ‘“ J'ai remarqué dit Audubon, que lorsque la même bande continue à rechercher sa nourriture longtemps après le coucher du soleil, mes espérances d’un beau lendemain n'étaient jamais déçues ; mais je pense que cette prescience est commune à toute 14 famille des gallinacés. ”
Les mâles, au printemps cherchent à capter l’attention des femelles, par les mêmes allures, la pompe et l'appel (drumming) de la perdrix ordinaire : ce bruit d'ailes est même plus sonore, chez cette espèce que chez l’autre. La femelle niche sous les branches horizontales et basses des épinettes : ce nid composé de branches sèches, de mousse de feuilles sèches, est caché avec soin : la ponte varie de huit à quatorze œufs, fauves foncés, tachetés irtigulièrement be barres brunes. Ils n’élèvent qu'une seule famille et les jeunes sont en état de suivre les vieux dès qu’il sont nés. Dès que l’incubation - a commencé, les mâles se séparent des femelles et ne les rejoignent qu’à la fin de l’automne : ils n’ha- , ‘bitent même pas les mêmes bois pendant ce temps, et sont plus méfiants et plus farouches que pendant : Ja saison des amours ou pendant l'hiver. Ces oiseaux ont la même dégaine que l’autre espèce ; mais ils -pe hochent pas la queue et ne se cachent pas dans la neige comme Ja précedente: au contraire, quand “ils sont poursuivis, ils grgnent les arbres. Il
faut plus que l’aboiement d’un chien de chasse pour les faire déguerper et une fois lancés, ils font entendre leur cri cluck, qu'ils repètent eh se sant sur l'arbre voisin. En hiver, on les prend fcilemient, ils ne sont pas méfiants, Ils sont eu communs au Labrador où les Lagopèdes ou Perdrix blanches les-remplacent.
# Un jour dit Audubon, quand j'étais au La-
en hiver.
brador, je faillis mettre le pied sur une Perdrix de savanne entourée de sa nombreuse famille : c'était lo 18 juillet. Cette mère éplorée, hérissa immédiatement ses plumes à l'instar de la poule domestique et se rua à notre rencontre comme pour défendre sa progéniture ; son courage commanda notre respect: nous la laissämes en paix. Dès que nous lui tournâmes le dos, elle sé mit à lisser son plumage et’ à encourager de sa voix ses perdreaux, lesquels bien qu'ägés de sept jours seulement prirent leur vol avec une aisance et une joie indicibles Je fus charmé de leur avoir permis de s'envoler,
Cette Perdrix se gorge l'été et l'automne de divers baies, de bourgeons, etc. On a prétendu que cet oiseau était si peu méfiant, que sa couvée entière pouvait être capturés par la personne qui commencerait à tirer celle qui serait le plus près du sol, ensuite sa voisine; mais je n’ai jamais 6t6 assez heureux pour réaliser ce fait moi-même.”
La chair de cette Perdrix n’est mangeable que lorsqu'elle s’est nourrit de fruits ; pendant l'hiver EL ne subsiste que de feuilles d’arbrés ou de bourgeons, elle acquiert une amertume fort désagréable. nn E ie,
Le mâle porte un costume varié de brun-noir et de gris clair; les ailes sont nuancées d’un jaune gris ou foncé ; les remiges, brunes: la frange extérieure des primaires, tachetée de jaune; la queue, noirâtre brun, terminée de rougeâtre jaune; les parties inférieures, noires ; les plumes près de la gorge ont une tache blanche près de leur extrémité ; une bande composée de taches blanches derrière l'œil ; les couvertures caudales inférieures, abondamment marquées. de blanc.
Longueur totale 15%, envergure 214.
La Perdrix de Savanne est distribuée, et couvs.….. dé l'Etat de New-York jusqu'au Labrador, et. de. là : jusqu'à la Mer Polaire. Elle émigre partiellement
LE LAGOPÈDE DES SAULES.--LA PERDRIX BLANCHE, * (Willow Ptarmigan.)
“ Le Lagopède, dont le nom veut dire: pied. de lièvre, est un bel oiseau plus blanc que la neige, un habitant des'zones glaciales et compatriote du Cha: mois, qui ressemble à ces gros Pigeons blancs pattus domestiques. La nature en donnant des gants fourrés et une robe blanche au Lagopède, lui a assigné pour patrie les dernières régions de la zône habitable,.et lui a fait des attractions proportion: nelles à sa destinée, Beaucoup d'oiseaux redoutent la froïidure ; le Lagopède semble au: contraire la: chérir par dessus toutes choses et ne craindre que les rayons du soleil ;.il ne comprend pas le bonheur dans un autre milieu.que la neige, et meurt immédiatement de: nostalgie quand on l’arrache à: ses: déserts de glace, pour lui-faire' un'sort plus: tranquil dans un séjour plus doux. : -
Le Lagopède a d’ailleurs ses motifs pour. adorer la neige et pour plaindre les habitants des: 7ônés que nous appelons fortunées. C’est le blanc manteau des hauts: Pics dont la couleur se-confon'd'aved celle. de sa robe qui le dérobe à l'œil. de: toùs ses
* No. 467, Lagopus albus.—BainD.
her Lagopus albus —AuDpuBon. | fx.
* “En 1648, il y’ent une quantité pr'odigieute de Perdrix blanches; on en ton:1200 dans ud mois à Beauport.— (Journal des Jésuites.) Voici ce que dit Charlevoix : ht “TU y'a trois sortes de Perdrix ; les unes sont blanches. et etlés'ne se trouvent que l'hyver; elles ont de la plume jusque sur les argots, elles sont fort bellés et plus grosses’ que celles de Frante; la chair n'en est pas si bonne à manger; mais c’est un bel Oyseau, et elles. n6 sont pas ‘bien communes. Mau rm are Ily a aussi dés Perbrix grises, qui sont rs come des Poules ; célles-là sont fort comméäesiet bielt” aîséés!'à tuer; car elles ne s’enfuyent quasi pas du monde ; laiekait : est extrêmement blanche et secho. ” F (Voyage en. Amérique.)
ennemis, C'est la neige qui lui conserve tondres « succulentes les graines, dont il vit pendant l'hiver, et qui lui fournit en cette rade saison le vivreet Îe couvert; car le Lagopède a le pied muni d’un onle tranchant et canalioulé (celui du doigt méiau) à l’aide duquel, il sait se creuser de chaudes retraites au sein mèmu de cette éouche de frimas éternels, dite en style poétique le linceuil funéraire des champs. Et puis, c’est là qu'il aime, c'est là par conséquent que la nature à dû déployer tontes
ses splondeurs et ses magnificences. der Le costume de noces du Lagopède est moins riche que na tenue d'hiver, lequel consiste én un uniforblanc pur, qu'accentuent si gracieusement les filéts noirs desrémiges et la rouge epoqires ‘de l'œil’; c'est un, manteau, panaché de gr, de brun, d roussdtre, qui. va recouvrir les parles, la tête, le ou:et le devant. de, la poitrine. La couleur de’ce
manteau est anologue à celle des bécassés : ja nature y a négligé le dessin ét l'opposition dés nuances, et de cette négligence est resultée une confusion fsheuse qui ne charme plus le regard”,
Le Lagopède: perche sur les grands, saules, * Rien moius.qu'un froid arctic et continu. ne.saurait amener en nos latitudes, la Perdrix a
L'hiver de.1844 fut fort rigoureux ainsi quo de:1858: pendant ces deux saisons, les, Perdrix blanches se répandirent en grands. nombres dans les forêts du Canada et on en. tira quelques unes,
près des limites da la; cité de Québec. ;* Au, printeraps, le mâle a nancy Jus allures pompeuses gt passionnées des deux espèces précédentes pour: gar guer la faveur des famelles. À l'instar des, autres oisqaux. qui passent l'été dans le, cercle, polaire, Je Jagopède cr porent la ee ongues nuits arctiques, montre plus d'activité. ;q
pendant le lumière, éclatante du jour. Le “qu sont-jaunes.avec.des-taches chataignes ou. braies;
Ty ÉTAE BE IC IV vi) Eh. off “re * Cette famille d’après Baird, compte vingt individus, U
fl niche au Labrador et dans les pays du nord, ow dit même qu'il couve dans l’ile de Terreneuve. Longueur totale du mäle 17, envergure 264.
: LA CAILLE. * Aa (Quail) 1347
41e Caïlle; si commune dans l’ouest du Canada, ne se rencontre pas que nous sachïons, dans aucune localité à l’est de unten «: elle est même rare dans les environs de eëtte ville. Les dr forêts de-pins et de sapins des chaines dé montagnes du Bas Candida ne seraïent-ellés pas une barrière insurmontable pour des oiseaux, qui ne vivent que dans les plaines dénudées d'arbres? Si notre climat était moins froid, si les vastes plaines du, Haut-Canada se prolongeait dans cette partie dé la province, il-est-probable que nous aürions la Caille pour hôte de nos bois, On rencontre Ces oiseatx le matin et . le soir, dans les champs bien cultivés des fermiers du Haut-Canada. Quand le temns est beau, elles quittent leurs perchoirs de bonne! heure ; le repas dé-mütin achèvé, elles‘ rechérchent: quelqu’endroit St A se frotter dans lé sablé, aux rayons du soleil du midi, et pour se débarrasser par cé procedé de 1 vermine’ qui les’ rholéste. !La Cnihe, strictement parlant, n’est pas un oiseau qui émigre, cat uñ grand nombre passent l'hiver dans‘la partie méridionale du Canada, én proie au froid; néanmoins aux premiers frimas, plusieurs : abandonriéront les localités humides, suivront lés eours d'eau à une centaine de milles de l’endroît où elles ont couvé; le froid, la disétté de nourriture les rend si, pet mé: fiantes, "qu'elles viennent autour dés” granges ‘ét 26
mblent mème aux oiseaux de basse-cour, pot par- ‘tagér leur noürriture: :Lés Cailles s'iccouplent au
CR RS NE PP Un -
t No. 471. Ortyx Virginianus.—Batan.
UP Ortyx Virginisna,—Auposon.::
Vétat de la température ; même après que cela a eu lieu, si le froià s6 fait de nouveau sentir, elles se réunissent.en bandes. Des feuilles, des herbes :sèches, des plumes arrachées de sen propre corps, tels sont les matériaux que la femelle emplois dans la structure de son nid, qu’elle abrite derrière ou au pied d’un arbrisseau, d'un chicof, ou d’une cloture: €6 nid est si bien protégé contre le froid et l’œil humain, que très souvent, il échappe à tous les regards. Les œufs sont blancs et sont d’erdinaire, au nombre: de quinze à vingt; on a constaté des cas où vingt-: cinq œufs reposaient dans le même. nid : l’incubation dure à peu près vingt'et'un jours. La femelle: dépérit sensiblement et mue pendant cette période: les jeunes naissent très forts ; on en a vu suivre la mère, avec des morceaux de la coquille de l’œuf sur: leur dos. Les Gailles sont monogames, et pendant ue la femelle couve, le mâle se perchera sur, une: der ou sur un buisson voisin, et chantera pour une demie-heure entière, comme pour encourager sa compagne dans ses devoirs ardus: en dit même qu’il pousse la sollieitude jusqu’à la remplacer sur le nid'quarid elle le quitte. lan Si la température est chaude et sèche, la jeune couvéesera capable de voler dans trois ou quatre: semaines ; si au contraire, la saison est froide-et pluvieuse, grand nombre des jeunes succomberont en eotiséquence: | CONS Dès que la mère suivie de sa couvés, quitte le aid, le mâle se réunit à la famille qu'il protége ‘en toutes occasions; de concert avec sa compagne, il recherche pour les jeunes la nourriture nécessaire; au: premier Éruit les petits se réfugient sous l’herbe : ou dans les haies, et les vieux ont recours à mille ruses r détourner le she de leur progéniture. Si chasseur se montre, .les. vieux oiseaux prennent leur volet réviennent secrètement et par un détour,: à l'endroit qu'ils viennent d'abandonner; puis à demie voix, la femelle appelle autour d'elle sa famille éplorée et les entraine à la hâte, loin du danger. Pendant ce temps, le mâle pirouetts sur le sol, les ailes pendantes et comme s'il était blessé.
Il. réussit, en -effet, irès souvent: de cette sorte À attirer à: sa suite chien ét: chassenr et donne le:-temps à ses pe de battre. en, retraite ;
lo danger passé, la: voix dé la. femelle : signale an mêle le nouveau: domicile qu’elle a :choisi. La Gaille sait. aussi trouver :le eourage::et les moyens: de lutter contre les oisesux plus forts wélle: elle ne craint pas d’attagner: les -oisesux iproie, qui osent atteñter à son ‘bonheur domestiqde : On cite un combat entre:uné Caille:et. une Coulénvre noire, ‘qui eut bientôt terminé tragiquement pour: l'oiseau, que le: reptilé avait :saisi par Yaïls:: l'intervention d’une personne-qui broya:le dos dn reptile, mit fin à: cette lutte inégale : le témoin de ce combat, en cherchant, déconvrit, doux jeunes Cailles dans l’herbe;:tout meurtries, que la Couleuvre se reseryait: comme bonne bouche, avant l'assaut que lui-liyra la mère des innocontes vieti-
r@'est-une tâche fort. difficile; nou dirieis même impôssiblé, que: d’apprivoiser :des Cailles, - On, à confié à des poules, : dés :; œufs : de. Cailles ; une fois éclos, les jeunes ont montré. ovp de bonté pour leur :protectricé qui les'a-traiéé. conime s'ils enssent été ses: propres FA Das 2 ; tout. allait bien jusqu’à ce que la -période:de laccouplement avait lieu et alors les jeurles étrangers, oubliant leurs nouveaux amis de basse-cour, prenaient.leur vol vers la forèt pour y caclier leurs: amours et y goûter les douceurs de lé liberté. 1:
“Obs oiseaux réduits en.-captivité, s'accommo- ‘dent. de la: vie. de volière mieux que . des limites étroites. d'une .cage : le. mangne d'espace. leur-: est mortel,. Leur nourriture consiste en graines, : baies, et. fruits : dans les champs à. dé couvertiet surtout en maïs: Le chant de la Caille se compose detrois notes, le première etla dernière gales en étendue et plus sonores que la pots intermédiaire : cetri que les anglais disent ressembler sux:mots 4} Bob Wäte; l'oisean le repète d’une eldture ou d’uhbuisson pendaïit des heures entières. La
te nuit, ils se groupent à torié/é6it dans l'herbe, soit sous ne un objet quelconque, et se placent en cercle, la 2; tôte sur le dehors du! ééfdlël et près l’un de l'autre :
le de cette manière s'ils sont alarmés, ils peuvent si. pendre leur vol en directions-différentes: On les es capture de diverses manières: en captivité, ils rts deviennent fort gras, sans s'attacher pour tout cela
ux àlsipérsonne ‘qui les nourrit. En automne, léùrs es 1nigrations ‘se: font: de la: même manière les ne Détdons: sauvages: 8avoir, avec un vol rapide où n6- peu élevéiide’terréi: ‘Île: han rare de’ Rte
par ainées d'existence: ‘|: ï
; de “La, Caillessoures dans: téaté l'étendue: dé. Etats le de la République voisine, depüis'.le Mnsshchiüssett: 4 my Tera t ‘elle couve: pre dem Die de da! [pro
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ant Ellea te Bec noir; sunë digue avides de, d'éeil,
eti- le long‘ dulcou; Je: monton, lanc pur ;'
et bornée” par une ‘bandé de noir: Er À et's'étend ement: sur là gorge; ol ‘est noi sette ‘fünc6; le:lhaut:de km poitrine et le Das:-du: cou, dut rouge brun; lès côtés du cou, tache-' tés'de”:blänc. et de:int’rsur ‘unifond rouge bruns ( les :#enpulaires et'les:couverturgs inférieures, rou brun, mêlées de cendréiet.pareemées : de noirs lus: tertiaires; frangées d’un. jauriâtre: blänc élégamant marquées de: taches noives:' qui oft Ja’ forme: deû fièches ; la queue est cendrée, saupoudrée de rouge brun ; les pieds d’un cendré-pâle.
Longueur Rai 10 ; envergure 15.
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