BARGES
Les barges ont le bec très-long, droit ou un peu recourbé en haut, et les pattes très-hautes. Ces oiseaux sont destinés à vivre dans les marais, sur les bords fangeux des fleuves et sur les rivages de la mer; leur bec très-tendre et très-flexible ne peut servir ni à ramasser leur nourriture sur un terrain dur et graveleux, ni à l’enfoncer dans la terre serrée des prairies; il est organisé pour fouiller dans les boues, les limons ou dans le sable mouillé, qui nourrissent un grand nombre de vers, de larves et d'insectes.
Ces oiseaux ressemblent beaucoup aux bécasseaux et aux chevaliers; mais ils ont le bec plus long et les pattes plus hautes. Pendant le jour ils se tiennent cachés dans les herbes humides, et ne se montrent que le matin et le soir sur le bord des eaux. Il est très-difficile de les approcher, et ils fuient à pattes avec une grande rapidité. Cependant leur défiance, motivée par la faiblesse de leur vue, et l’habitude qu'ils ont de se cacher dans les herbes pendant le jour, permettent aux chasseurs de les surprendre avec un chien d'arrêt. Au départ ils font entendre un cri analogue à celui des chevaliers, dont nous parlerons plus loin, mais il est chevrotant. C’est le matin et le soir, au moment du passage, que cette chasse présente le plus de chances de succès.
Les barges, comme gibier, sont aussi estimées que les bécassines; elles sont même généralement plus grasses, surtout en octobre. Elles recherchent de préférence les bords de la mer et les
marais salés; celles qu’on rencontre dans l’intérieur des terres y ont été poussées accidentellement. Aux époques du passage, on les voit en troupes et on les entend souvent le soir. Fatiguées, elles reprennent difficilement leur vol, et on peut alors les approcher. Elles sont peu sédentaires, et il faut profiter du moment; car on n'en trouve plus une dans les lieux où, la veille, elles étaient nombreuses. Les barges viennent des régions septentrionales, leur séjour habituel.
Les barges vivent de vers et de vermisseaux qu’elles tirent de la vase. Elles sont très-défiantes; mais à leur arrivée, la fatigue les rend moins promptes à fuir; elles prennent alors leur vol avec peine; elles courent très-vite; mais, en les tournant, on peut les
rassembler et en tuer plusieurs d’un coup de fusil. :
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