‹ Ornithologie du chasseurChapitre 28 sur 65 · CHEVALIERS · texte numérisé non relu

CHEVALIERS

Les chevaliers, d’après Belon, sont ainsi nommés parce que, montés sur de très-hautes jambes, leur corps semble être à cheval ; d’après d’autres, le nom de chevalier leur à été donné parce que les plus remarquables d’entre eux se livrent des combats continuels pour la possession d’une femelle. Ces oiseaux sont originaires du nord de l’Europe. Ils ont de grands rapports avec les barges et les bécassines. Leur bec est assez long, grêle, droit ou un peu renversé, dur à la pointe et flexible à la base. Ces oiseaux vivent généralement en troupes plus ou moins nombreuses dans les prairies humides, sur le bord des marais et des rivières, et surtout près de la mer. On les voit souvent entrer dans l’eau jusqu’à mi-jambes, à la recherche des vers et des petits mollusques. Ils sont de passage au printemps, en avril et mai, par le vent d'est, et à la fin de l’été, en août et septembre, par les vents du sud et sud-ouest. Le passage est très-court pour les bandes, et il faut en profiter ; les avant-coureurs et les traînards paraissent moins pressés de partir. On à remarqué que les premiers qui passent sont tous mâles , et que les femelles passent après, accompagnées des jeunes. |

Les chevaliers sont sauvages et inquiets. [1 faut les surprendre dans les joncs ou sur le bord des eaux. Ils aiment à s’abriter sous les berges raides, et au moindre bruit ils passent sur la rive op-

posée en rasant l’eau et en faisant entendre un petit cri aigu, ou

bien ils décrivent un demi-cercle allongé, pour aller prendre terre à cent cinquante ou deux cents pas du point de départ. Leurs ailes anguleuses et leur cri les font facilement reconnaître. Tous les chevaliers ne vivent pas en compagnie ; quelques-uns restent isolés ou par couples. On les attire sur certains points favorables des bords d’une rivière ou d’un étang en jetant sur la terre humide des vers, des asticots, du frai de grenouille et du très-petit poisson. Cette chasse présente de grandes chances de succès à deux chasseurs qui prennent chacun une rive; et lorsque la rivière est large, il convient d’avoir un troisième chasseur en bateau pour fouiller les herbes des bords et suivre les chiens à la recherche des chevaliers démontés? car, dans ce cas, quelques-uns plongent très-bien, très-souvent , filent assez loin entre deux eaux avant de reparaître, et finissent par rebuter ou fatiguer les chiens les plus ardents. Un blessé dans. la troupe produit de l’indécision dans le vol et des retours qui permettent de tirer plusieurs coups de fusil. Enfin, le battement de l'aile et les cris d’un de ces oiseaux blessé attirent les autres et les engagent à peu s'éloigner ou à revenir bientôt. La chair des chevaliers est justement estimée.

On rencontre dans les diverses parties de la France neuf espèces de chevaliers de dimensions bien différentes ; nous ne parlerons que des espèces principales.

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