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HARLE-BIÈVRE

(Mergus merganser. LINNÉ.)

Le harle-bièvre ou grand harle est d’une grosseur intermédiaire entre l’oie et le canard. Son corps est large et un peu aplati sur le dos. Il à la tête et la partie supérieure du cou d’un beau noir vert à reflets; les plumes du vertex, un peu allongées, forment une sorte de toupet. Le bas du cou, la poitrine et le ventre d’un blanc nuancé de rose jaunâtre, tirant sur le beurre-frais ; le haut du dos, et les scapulaires rapprochées du corps, d’un beau noir; le reste du dos, le croupion et la queue, gris cendré, avec l'extrémité des plumes très-légèrement frangée de gris plus foncé. Les scapulaires voisines de l’aile et les couvertures alaires, d’un blanc jaunâtre, finement lisérées de noir ; bec long , effilé, garni de lamelles dentiformes, rouge, l'onglet noir vert, ainsi que la ligne médiane des mandibules; pieds rouges.

Le femelle est plus petite; elle a la tête et le haut du cou d’un brun cendré, et les plumes du vertex, un peu plus longues, forment aussi une huppe; sa gorge est blanchâtre; le reste de son plumage offre des teintes plus sombres que celui du mâle, et ses pieds sont moins rouges.

Cet oiseau passe en France pendant les hivers rigoureux, et quelquefois il y arrive en grand nombre.

Le bec de cet oiseau est garni de dentelures, et sa langue hérissée de papilles dures et dirigées en arrière, disposition qui $econde parfaitement sa voracité, et lui permet de retenir les poissons dont il se nourrit. Il en saisit souvent de gros, qu'il cherche à avaler, et dont, malgré ses efforts, il ne peut engloutir qu’une par-

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tie. Dans ce cas, la tête se loge la première dans l’œsophage, et ce nest qu'après l'avoir digérée, qu'il peut avaler le reste du COrps.

«Le harle nage tout le corps submergé et la tête seule hors de l’eau; il plonge profondément, reste longtemps sous l’eau, et parcourt souvent un très-grand espace avant de reparaître à la surface. Quoiqu'il ait les ailes courtes, son vol est rapide, et le plus souvent il file au-dessus dé l’eau. Le harle est, comme on le voit, un fort bel oiseau; mais sa chair est sèche et de mauvais goût.

« Les instincts de cet oiseau le retiennent ordinairement à la mer, où l’on peut suivre de loin ses rapides évolutions. Quand il vient à terre, ce n'est guère que pour se reposer; on le trouve alors couché sur le sable, occupé à lustrer ses plumes et à faire sa toilette. Le moindre danger le ramène vers son élément favori, et il disparaît aussitôt sous les flots pour ne ressortir que fort loin. »

Le nom de bièvre a été donné anciennement au harle, que l’on comparait et quelque sorte au castor ou bièvre, à cause des dégâts qu'il fait dans les rivières.

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