‹ Ornithologie du chasseurChapitre 7 sur 65 · PERDRIX BARTAVELLE · texte numérisé non relu

PERDRIX BARTAVELLE

(Perdix grœca. BRISSON.)

La bartavelle ou perdrix grecque a aussi un collier noir qui descend assez bas sur le cou, mais sans taches noires, comme celles qu'on remarque sur la perdrix rouge. Le front et l’espace entre l'œil et le bec sont noirs et les parties supérieures et la poitrine d’un cendré bleuâtre ; les joues, la gorge et le devant du cou sont blancs et encadrés par le collier; les flancs sont d’un gris bleuâtre, et les plumes de ces parties sont traversées vers leur extrémité par deux bandes noires séparées par une bande blanchâtre et bordées d’une frange assez large et d’un marron clair. Le bec, le tour des yeux et les pieds sont rouges; l’iris est brun grisâtre.

La femelle, un peu moins grosse que le mâle, est d’une couleur cendrée moins vive que celle du mâle; elle a un peu moins de blanc au cou et les bandes noires et brunes des plumes des flancs sont moins larges. Cette perdrix se trouve, en France, sur les montagnes du Jura, des Alpes et des Pyrénées; en Suisse, en Italie, en Sicile, en Grèce et en Turquie.

La bartavelle fait sa ponte à terre , dans les lieux déserts, arides et rocailleux, dans la mousse des rochers, sous un buisson , une touffe de bruyère ou sous les racines découvertes d’un arbre. Elle pond de dix à vingt œufs d’un blanc fauve avec des taches d’un jaune pâle. Cette jolie perdrix se nourrit de graines de diverses espèces et d'insectes ; elle pique les jeunes pousses d’herbes, et elle recherche les baies et les bourgeons des arbres verts.

Les bartavelles vivent en troupes ; mais pendant le jour elles se séparent facilement pour se rejoindre au rappel du soir. Leur na-

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Chenu, Ornithologie du Chasseur. J. Rothschild, Editeur

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turel est très-sauvage et semble se refuser complétement à la domesticité. Au temps de la pariade, les mâles se disputent les femelles avec plus d'acharnement que ceux des autres espèces.

Pendant les hivers rigoureux, les bartavelles sont souvent forcées de quitter les montagnes pour descendre dans les vallées; mais elles n’y font pas un long séjour, et elles remontent bientôt vers

-les rochers, qu’elles préfèrent.

Cette perdrix est tellement abondante en Sicile qu’elle se vend à vil prix sur les marchés. Contrairement à ce que prétendent généralement les naturalistes, M. Malherbe dit que dans cette localité elle s’apprivoise facilement, et qu'elle vit volontiers avec la volaille, soit en cage, soit dans les basses-cours.

PERDRIX ROCHASSIÈRE. (Perdix Labatei. BoUTEILLE.) « Cette jolie espèce, dit M. Bouteille, voisine de la perdrix rouge et.de la bartavelle, mesure 35 centimètres de l’extrémité du bec à celle de la queue. Elle a le bec et les pieds rouges, et l'iris est de couleur de brique.

«Le plumage est moins roux et plus gris que celui de la perdrix rouge, tandis qu'il est moins gris et plus roux que celui de la bartavelle. Le blanc de la gorge est plus étendu que sur la perdrix rouge, et il ne descend pas aussi bas sur le cou que chez la bartavelle. Le collier noir qui entoure ce blanc est suivi de taches noires moins nombreuses et moins grandes que celles de la perdrix rouge.

« Les plumes des flancs portent deux bandes noires, comme celles de la bartavelle ; mais la supérieure est peu marquée et se trouve quelquefois interrompue dans son milieu.

«Lorsque nous ne nous occupions pas encore d’ornithologie , ajoute M. Bouteille, nous regardions, à l'exemple de tous les chasseurs du Dauphiné , la perdrix rochassière comme une espèce distincte ; depuis , nous en rapportant un peu trop à la parole du maitre, nous avions changé d'avis, non sans nous attirer toutes

les observations des chasseurs. Des investigations nouvelles sur les mœurs et le plumage de ces oiseaux nous ont ramené à notre première opinion. Ainsi que l'indique son nom , cette perdrix se trouve dans les endroits rocailleux ; elle y cherche sa nourriture au milieu des rochers, et ce n’est que rarement qu’on la rencontre dans les champs cultivés , encore faut-il qu’ils soient voisins de sa demeure habituelle.

«Par sa taille, ses couleurs et leur disposition, la rochassière tient le milieu entre la bartavelle et la perdrix rouge ; je sais qu’on peut inférer de là qu’elle est un hybride de ces deux espèces. Nous répondrons à cette objection que, si dans le voisinage des lieux qu’habite la rochassière on trouve quelquefois la perdrix rouge, nous pouvons affirmer qu’on n’y voit jamais la bartavelle. Ce dernier oiseau est plus généralement répandu dans la grande chaine des Alpes, en Oisans et en Briançonnais , tandis qu’on tue souvent des rochassières dans les environs de Grenoble, à Saint-Nizier, audessus de Quet et même sur le mont Rachet, près de la Bastille. Mais admettons que la rochassière soit un hybride ; ne peut-on, dans ce cas, regarder comme espèce distincte un oiseau qui depuis longues années a fait scission complète avec les deux tiges dont il sort, sans jamais y rentrer et qui se propage avec des goûts et des habitudes à part?

«On ne connaît rien de la nidification de cet oiseau, et sa nourriture paraît surtout consister en jeunes pousses de plantes alpestres. »

Contrairement à l’opinion de M. Bouteille, nous considérons la perdrix rochassière comme une variété de la perdrix rouge et, au besoin, comme un hybride de cette dernière et de la bartavelle, et nous ferons remarquer avec M. Degland que les mâles des rochassières se rapprochent plus des bartavelles, tandis que les femelles ressemblent plus aux perdrix rouges.

Si la rochassière formait une espèce distincte, il ne serait pas impossible de trouver une nichée complète, et les naturalistes du

Dauphiné auraient dû s’attacher à la recherche d’un témoignage qui, sans trancher la difficulté, laisserait au moins supposer l’hybridité. Au contraire, on ne connaît rien de la nidification de cet oiseau , qui est rare, dit-on, mais pas plus que la plupart des variétés que présentent les perdrix rouges et les perdrix grises.

Nous ajouterons enfin que, sous le nom de perdrix de bois, on trouve, dans les forêts des environs de Paris, une variété de la perdrix rouge qui présente tous les caractères de la rochassière , et je possède un individu sur lequel ils sont tellement exagérés qu’en adoptant l'espèce de M. Bouteille, il faudrait peut-être avec plus de raison en proposer encore une autre, SOUS un nom nouveau.

Dans un mémoire très-intéressant sur les moyens de remonter au type sauvage de nos espèces domestiques, mémoire communiqué à l’Académie des sciences (27 octobre 1856), M. Dureau de la Malle donne les détails suivants sur un métis de bartavelle avec un mâle de perdrix roquette ou de passage.

«En 1810, dans la partie du Perche, où se trouve mon domaine, la perdrix rouge, surtout la grosse bartavelle ou perdrix grecque, comptait pour un tiers dans la population perdrix. Alors les champs étaient petits, bordés de contre-haies remplies de buissons épineux. Maintenant, en 1856, ont disparu par le défrichement les taillis situés en plaine et presque tous ces buissons hérissés de ronces. La charrue du laboureur atteint partout le bord de la haie réduite à sa plus simple expression.

«Cependant, depuis plus de dix ans, mon garde me rapportait qu’on avait aperçu des perdrix rouges avec des ailes de perdrix grises , mais je n'avais pu m'en procurer aucun individu mort ou vivant. Je croyais que c’étaient des traces d’albinisme si communes chez la perdrix grise et le moineau. J'étais d'autant plus fondé à adopter cette fausse opinion, que, depuis plus de dix ans, mon voisin, M. Patu de Saint-Vincent, dans sa cour bordée de fossés, et en employant l’appât des œufs de fourmis et du blé dont ces

sortes de perdrix sont très-avides, avait essayé de domestiquer la perdrix rouge avec la perdrix grise et d’en obtenir des métis. J'avais moi-même, en imitant l'exemple de Varron et de Columelle, pour domestiquer l’oie et le canard, couvert d’un réseau à mailles suffisamment serrées des perdrix grises et rouges dans une vaste cour bien close de murs élevés. Tous ces essais, répétés pendant quinze ans, avaient été infructueux. À l’époque de l’appariage, chez M. de Saint-Vincent, les perdrix rouges et grises s’envolaient et ne reparaissaient plus. Dans ma cour fermée, d’où elles ne pouvaient sortir, les perdrix rouges et grises ne se croisaient pas, peut-être à cause du bruit des volailles de la ferme qui touchait à mon enclos.

«Depuis deux ans, en 1854 et 1855, dans les deux lieues carrés qui entourent mon domaine de Landres, la bartavelle rouge avait presque entièrement disparu, soit par le braconnage au fusil et aux lacets, soit par l’avide curiosité des bergers et des enfants qui emportaient le nid qu’elle indiquait elle-même par son chant.

«Cependant, comme on parlait toujours de ces métis, j'indiquai à mon garde (lui promettant une bonne récompense en cas de succès), le territoire de Colonard, situé entre deux grands taillis, chacun d'environ 300 arpents, comme étant le lieu le plus favorable à l'exploration. C’est dans ce territoire, en effet, qu'il a enfin découvert le produit à l’état sauvage, de la bartavelle grecque femelle avec un mâle de l’espèce de perdrix grise, nommée la roquelle, étrangère aussi et — (?) originaire des Pyrénées-Orientales —. Pressée sans doute par la violence de ses désirs, obéissant malgré elle à cette loi générale imposée par le Créateur pour la conservation de l'espèce , ne trouvant plus dans le canton qu’elle habitait de mâle de sa race, la perdrix grecque, enfin, a contracté cette union illégitime avec le mâle de la roquette, étranger lui-même au pays. Gette circonstance explique à la fois la rareté du métis et la persistance (plus de quinze ans) du produit à l’état sauvage et toujours fécond de ces deux étrangers. »

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PERDRIX GAMPBI

J. Rothschild, Editeur.

Chenu, Ornithologie du Chasseur.

PERDRIX GAMBRA.

(Perdiæ petrosa. LATHAM.)

Quoique cette espèce ne se montre que très-raremenf et toujours accidentellement dans le midi de la France, nous la décrirons, parce qu'on est parvenu à faire d'assez nombreux élèves aux environs de Paris avec des œufs envoyés d'Afrique.

La perdrix gambra , aussi nommée perdrix de roche et perdrix rouge de Barbarie , ressemble beaucoup à la perdrix rouge ; mais il est facile de la reconnaître à son large collier roux violacé, marqué de taches blanches. La gorge et les joues sont gris cendré. Sur l’aile on remarque huit ou dix plumes larges, d’un cendré bleuâtre et bordées de roux. La femelle est un peu moins forte que le mâle ; elle a le collier plus étroit et les couleurs moins vives.

La gambra se trouve en Espagne, dans les îles de la Méditerranée et en Afrique. Elle pond douze ou quinze œufs à terre , dans les plaines sèches et les lieux accidentés et déserts.

M. Degland décrit ainsi la gambra mâle adulte : Parties supérieures d’un cendré olivâtre, nuancé de roux au dos, avec le dessus de la tête et du cou roux marron; joues et gorge d’un cendré bleuâtre; poitrine de même nuance plus foncée dans la plus grande partie de son étendue; bas de la poitrine, abdomen et jambes d’un roux jaune pâle ; flancs cendrés , avec chaque plume traversée d’une bande blanchâtre, puis.d’une bande noire et terminée par une large frange rousse ; un large collier d’un cendré foncé, couvert de taches blanches arrondies, occupe le bas du cou et monte sur les côtés jusqu’à la région parotique, cette région variée de roux ; une bande d’un cendré bleuâtre au-dessus des yeux, s’éten-

dant jusqu’au cou et séparant supérieurement le collier des plumes de la nuque; scapulaires variées de plumes bleues et de roux rouge; rémiges bordées de jaune d’ocre clair en dehors vers leur extrémité; rectrices d’un roux rouge, plus foncé à leur base, excepté les quatre médianes, qui sont de la même couleur que le dos ; pieds, bec et tour des yeux rouges.

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