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GANGA CATA

(Pterocles alchata. CH. BONAPARTE.)

Le ganga cata est généralement connu sous le nom de gelinotte des Pyrénées, nom que rien ne justifie, et sous celui plus vulgaire de grandoule.

Le ganga est un fort bel oiseau : le mâle a le dessus de la tête, la nuque , le dos et les scapulaires d’une teinte vert d'olive , variée de jaune et de noir formant de petites bandes. Les couvertures supérieures de la queue présentent des bandes jaunes et noires. La gorge est noire , et la poitrine, d’un roux orangé, est encadrée par deux bandes noires formant un double collier. Le ventre est blanc, avec quelques plumes brunes sur les côtés. La queue est longue, surtout à cause du prolongement des deux pennes médianes. Les tarses sont garnis en avant de petites plumes blanches piliformes. La femelle a la gorge blanche, et sur le cou on voit un large demicollier noir, suivi d’un autre d’un cendré roussâtre. Cet oiseau, à première vue, a beaucoup de rapports avec la perdrix, et s’il en diffère essentiellement par des caractères importants, on peut dire encore que sa chair ne vaut rien et qu’il est constamment maigre ; cependant le chasseur se félicitera toujours de l’occasion qu'il aura de tuer un si bel oiseau.

En comparant les gangas aux perdrix, on remarque de suite des différences bien sensibles. Les principales sont une queue longue et effilée, des ailes allongées, un vol léger, long et élevé. Ajoutons à cela que les gangas ne pondent que trois ou quatre œufs ; que les petits ne courent que quelques jours après l’éclosion et que

la mère leur dégorge la nourriture jusqu’à ce qu'ils soient assez forts pour quitter le nid.

Les gangas vivent en troupes plus ou moins nombreuses dans les plaines de sable du midi de la France et particulièrement dans celles de la Crau. Ils sont très-sauvages, et il est difficile de les surprendre ; ce n’est guère qu’en les attendant à l’abreuvoir ou en leur tendant des piéges qu’on peut en prendre. Ils se nourrissent de grains, surtout de ceux de l’asphodèle commun, d’herbages tendres et de vers. «Une particularité à signaler dans les mœurs de cette espèce, c’est sa disposition à se familiariser ; autant elle est inabordable à l’état de liberté primitive, ‘autant elle se montre calme et sociable aussitôt qu’elle est réduite en captivité; son éducation devient possible jusqu'à la familiarité, et sa reproduction , dans cette condition , est plus facile que celle de la perdrix ou de la caille. Jeunes et vieux se plient également aux exigences de la volière : ils deviennent loquaces et se permettent certaines allures voisines de la coquetterie. »

« D’un naturel méfiant et farouche , cet oiseau se laisse difficilement approcher ; lors même qu'il est surpris par le chasseur, son élan rapideet vertical le met promptement à l’abri du danger, et, s'il est manqué du premier coup, toute recherche ultérieure devient à peu près Inutile. Si ce n'était la chasse au filet, qui est pratiquée par quelques rares braconniers de profession , à l’époque du temps chaud, si ce n’était l’affüt à la même époque , on peut avancer que très-peu de gangas succomberaient sous le feu des chasseurs de bon aloi.

«Sous l’influence du soleil de juillet, alors que les flaques d’eau ont été desséchées, s’il se rencontre, en un point isolé, le moindre filet d’eau courante, c’est là que le braconnier dresse son embuscade et dispose son filet habilement dissimulé; c’est Jà qu'il vient avant l’aube. Les gangas réunis en bande sont de bonne heure à la recherche de l’eau; dès qu'ils l’aperçoivent, ils abaissent leur vol,

tournent et reviennent {oujours en défiance. Enfin la troupe entière s’abat , elle couvre le périmètre entier du filet, le déborde même ; mais la manière de boire du ganga est si saccadée, si rapide, que le chasseur émérite ne doit pas permettre à l'oiseau de plonger son bec plus de deux fois dans le courant. Le filet tombe et la compagnie presque entière reste captive. À l’affüt au fusil, le coup doit être tiré au moment où l'oiseau vient de s’abattre, avant qu’il ait puisé sa seconde gorgée. » (Jaubert et Barthelemy-Lapommeraye.)

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