Zonotrichia pileata
Emberiza pileata, Bopp., Tabl. Pl, Enl., CCCLXXX VI, fig. 1.
Fringilla australis, LATH., J. O.
Fringilla capensis, MüLL., Syst. Nat. Suppl.
Tanagra ruficollis, Spix, Av. Bras., II, p. 39, tb. LIIT, fig. 2.
Fringilla chilensis, MEYEN, lteise, IIL, p. 212.
Emberiza matutina, LArr. et D'ORB., Syn. Av., p. 80.
Pyrgita peruviana, Less., Rev. Zool., 1839, p. 45.
Zonotrichia matutina, TscH., Faun. Peru., p. 214.
Zonotrichia pileata, Sci., P.Z.S., 1855, p.160 — Scu. et SALv., Nomencl. Av. Neotr., p. 31 — Tacz., P.Z.S., 1874, p. 521; 1879, p. 230; 1880, p. 199.
Z. supra rufo cinerea, dorso nigro maculata; subtus albida; pileo genisque cinereis, vitlis quatuor nigris; cervice lateribusque colli el pectoris rufis, macula ulrinque nigra; qula alba.
g' et Q Ad. — Tête cendrée avec deux larges raies noires en dessus commençant aux narines et passant dans toute la longueur jusqu'à la nuque, en laissant au milieu une raie cendrée, à peu près également large que les noires; les lores et les côtés de la tête occupés par une large raie noire maculée finement de cendré sur la région sous-oculaire et une pareille grande tache sur la région auriculaire; tour de l'œil blanchâtre; au-dessus de la raie noire latérale reste une bande sourcilière cendrée, fine devant l’œil et fort élargie en arrière; gorge largement blanche; un large demicollier roux entoure la tête, descendant jusque sur les côtés de la poitrine; dos gris parfois plus ou moins coloré de roux et varié de larges stries brun noirâtres ; le croupion et les sus-caudales gris immaculés; sur chacun des côtés du bas de la gorge se trouve une grande tache noire touchant immédiatement le blanc gulaire et le roux des côtés de la poitrine; dans quelques-uns il y a encore plusieurs petites taches noires entre les deux grosses; la poitrine et les côtés de l’abdomen sont d’un gris ou cendré grisâtre clair; le milieu de l'abdomen et les sous-caudales blancs. Ailes noirâtres, à petites tectrices d’un cendré grisâtre ; les moyennes et les grandes terminées de bordures blanches, en formant deux bandes transalaires; les bordures des rémiges et du côté externe des grandes tectrices d'un fauve plus ou moins roussâtre ou presque roux; rectrices brun foncé, bordées finement de grisâtre; sous-alaires fauves; bord interne des rémiges blanchâtre. Bec brun (en décembre), ou jaunâtre, à mandibule supérieure rembrunie (en septembre); pattes d'un carné brunâtre; iris brun foncé.
@ Le jeune en premier plumage a les raies céphaliques brunes tirant légèrement au ferrugineux, maculées de plus foncé; la bande médiane grise tachetée de brun et les deux sourcilières fauves; les taches sous-oculaires et auriculaires fauves; le demi-anneau collaire très peu indiqué par une nuance rousse claire; le dos semblable à celui des adultes, mais outre les taches noires il en possède d’autres fauves plus ou moins prononcées; la gorge est blanche maculée faiblement de brunâtre dans sa partie inférieure ; le reste du dessous est blanc sale sur la poitrine et les côtés maculés de petites taches brunes en forme de pinceau; les côtés de la poitrine lavés de roussâtre, le milieu de l'abdomen et les sous-caudales blancs. Ailes comme celles des adultes, mais à bordures des tertiaires et des secondaires plus largement rousses; les petites tectrices grises; les bordures des rectrices roussâtres.
gd Longueur de l’aile, 70-72; queue, 61; bec, 13; tarse, 2? millimètres.
Les œufs présentent entre eux une grande variabilité dans la forme; en général ils sont ovés, mais les uns sont courts et ovés, les autres fort allongés, tandis que dans les uns le gros bout est fort émoussé et le petit fort aigu, dans les autres la différence entre les deux extrémités est très petite, et les œufs s’approchent plus ou moins de la forme elliptique à deux bouts plus ou moins émoussés. La surface est d’un lustre très faible. Le fond d’un vert bleuâtre pâle est varié de taches irrégulières plus ou moins petites d’un rouge violet pâle et d’autres superficielles rouge brunâtre ou brun rougeâtre assez foncé. Ces taches sont petites et peu nombreuses, presque également éparpillées sur toute la surface, avec une couronne peu dense autour du gros bout; dans les autres les taches sont plus grosses, moins nombreuses et bien séparées entre elles; dans les autres les superficielles plus grossies et confondues, surtout sur la couronne. Les dimensions suivantes montrent le mieux les variétés de la forme : 18,6 sur 14,2;
Lima, Maraynioc, Pumamarca, Junin, Acancocha, Chorillos (JELSKI); Cutervo, Tambillo, Pacasmayo (STOLZMANN ).
« Cet oiseau, à une très vaste distribution géographique et orographique, se trouve partout au Pérou depuis la côte jusqu’à 10,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, ou à peu près jusqu'à la limite des forêts. IL manque seulement dans une bande étroite du terrain de la côte du Pérou septentrional, habitée par l'Hæmophila Stolzmanni. À l’est je le trouvais jusqu'à la vallée d'Huayabamba, dans le système de la rivière Huallaga. On ne le voit point plus bas, où il est remplacé par le Coturniculus.
» La Zonotrichia peut justement être appelée moineau de l'Amérique Méridionale, car elle se tient près des habitations, et on la rencontre même au milieu des grandes villes. Nulle part cependant elle n’est aussi nombreuse comme notre moineau et n’est pas si intimement attachée aux habitations humaines comme ce dernier. Souvent on la rencontre loin des habitations, mais toujours dans les lieux découverts: elle évite les forêts, et ce n’est que sur les lisières qu’on peut la rencontrer. Elle ne se rassemble jamais en troupes aussi nombreuses comme celles du moineau et se tient notamment par paires ou par petites troupes composées de quelques individus. Elle se trouve partout, mais nulle part elle n’est nombreuse,
» C’est un oiseau très gentil, moins effronté que notre moimeau domestique, mais plus coquet. Ses manières sont plus lentes et plus élégantes. Souvent on le voit immobile assez longtemps sur les basses branches des buissons. Il aime à hérisser les plumes de la calotte en y formant une sorte de huppe. Un de ses mouvements, le plus caractéristique, consiste en une habitude de baisser la tête, comme pour examiner son plumage. Souvent, par ce mouvement coquet, il m'arrivait de le reconnaître quand je ne savais pas quel oiseau était devant moi. Jamais je ne l’ai vu traverser une plus grande distance à la fois.
» Sa voix d'appel est un #sit-tsit. Le chant est court et peu varié, composé à peine de quelques syllabes qu'on pourrait traduire par : Pi-piu, pi-trsehi. M. Jelski a remarqué d’abord, et je l'ai constaté plus tard, que les Zonotrichia ont le chant différent dans les différentes localités. Les trois premières syllabes restent les mêmes partout et la différence ne se manifeste que dans la dernière. Dans certaines localités ils omettent entièrement la dernière syllabe, dans les autres ils la remplacent par un sifflement semblable aux trois premiers sons, ou introduisent les autres pareilles modifications. Il est étonnant que même les individus diffèrent par leur chant dans deux localités voisines. Par exemple les oiseaux de Callacate ont le chant différent de ceux de Cutervo, quoique ces deux localités ne soient éloignées entre elles que de 8 à 10 kilomètres. Leur chant retentit depuis le mois de mars jusqu’en juillet, correspondant à l’époque de la nidification. On entend alors de tous côtés leurs sons sympathiques par lesquels on reconnaît leur présence. Dans les autres saisons ils sont silencieux, ou faisant entendre de temps en temps leur voix d'appel.
» La Zonotrichia cherche sa nourriture principalement et peut-être même exclusivement à terre. Plusieurs fois j'ai eu l’occasion de constater que cet oiseau fouille dans la couche des feuilles, mais d’une manière originale, Les gallinacés grattent et rejettent derrière eux la terre ou les autres objets tour à tour par chacune des pattes, les Nothoproctes et les Buarrémons exécutent cette opération avec le bec; la Zonotrichia sautille en poussant des deux pattes en même temps en arrière pour rejeter les feuilles.
» Elle niche en février, mars, avril et mai. Le plus souvent elle place son nid par terre ou sur les buissons bas, Elle dépose 2, 3 ou 4 œufs. Souvent on y trouve des œufs du Molothrus. À Pacasmayo j'ai vu ce moineau nourrissant un jeune parasite d’une taille presque complète.
» A Lima elle est connue sous le nom de gorion (moïineau des Espagnols); à Cutervo, indio-pischcou (oiseau indien) » (STOLZMANN).
Selon M. Jelski son nom spécifique matutina est très juste, car sa voix se fait déjà entendre avant le commencement du jour et quelquefois même pendant la nuit. Ce voyageur l’a trouvé aussi dans la région des punas, où il n’a pas entendu son chant, mais seulement la voix d'appel.