Hæmophila Stolzmanni
Tacz., P. Z. S., 1877, p. 399, tb. XXXVI, fie. 2.
H. supra cinereo grisea, fusco maculata; sublus albida; pectore hypochondriisque griseo indutis; capite binis villis latis brunneo ferrugineis; striga postoculari brunnea, mystacibus fuscis; loris superciliisque albidis; alæ et cauda fusco brunneæ, remigibus tectricibusque majoribus fulvo limbalis, lectricibus minoribus castancis, fleœura alarum flava.
g' Ad. — Le sommet de la tête est occupé par trois larges bandes longitudinales, dont celle du milieu est cendrée striée de brun et bordée de chaque côté d’une bande brune ferrugineuse également large, ces deux dernières passent au noir au front et s’y rapprochent entre elles, de sorte à atténuer la médiane grise en une raie linéaire blanche; les lores et les sourcils blancs, ces derniers fort élargis et teints d’une nuance cendrée dans leur partie postérieure; un trait brun ferrugineux se trouve en arrière de chaque œil, passant au-dessus de la région auriculaire; les joues et les côtés du cou sont d'un gris cendré; la gorge blanche bordée des deux côtés d'une fine moustache noirâtre, commençant à la naissance de la mandibule inférieure, entre cette moustache et la couleur grise des joues se trouve une large raie blanche. Le dos est gris, strié de brun foncé; croupion gris, presque unicolore. Tout le dessous est blanchâtre, teint de grisâtre sur la poitrine et les côtés du ventre; gorge blanche pure. Les ailes et la queue sont brunes, à rémiges bordées de fauve; les petites tectrices largement terminées de roux cannelle, de manière à former une couleur uniforme sur le devant de l'aile; les grandes tectrices et les moyennes bordées de blanchâtre sale; le bord de l'aile jaune pâle; sous-alaires blanches; les fines bordures des rectrices grises et celles des externes blanchâtres. Bec corné noirâtre, à mandibule inférieure gris bleuâtre; pattes d’un gris jaunâtre, iris brun rougeâtre.
Longueur totale, 156-160; vol, 266-229; aile, 68; queue, 57; bec, 16; tarse, 20 millimètres.
Tumbez (STOLZMANN); Paucal (coll. RAIMONDI).
« Cet oiseau ressemble au premier coup d'œil à la Zonotrichia matutina, et, chose singulière, je n’ai pas trouvé cette dernière espèce dans les localités habitées par l’Hæemophila. Pour la première fois je l’ai tué à Nancho, et après avoir reconnu sa différence de la Zonotrichia j'ai cherché en vain pendant trois jours ce dernier oiseau dans la contrée sans pouvoir le trouver. Par ses habitudes et sa voix il en diffère aussi. Il se tient par terre ou dans les buissons, et jamais je ne l’ai rencontré sur un arbre. Sa voix consiste en un ésit-tsit-tsit, au lieu du chant sonore à trois sons de la matutina. Il n’est pas aussi gai que cette dernière, et changeant de place il ne traverse pas de distances aussi grandes. On ne le voit jamais près des habitations, mais seulement sur les collines couvertes de rares buissons » (JELSKI).
« C’est un fait que notre oiseau ne se trouve que là où manque la Znotrichia. Au Pérou septentrional l’Ææmophila habite une bande de terrain de la côte, large à peine de quelques dizaines de kilomètres, qui au nord même, près de Tumbez se rétrécit beaucoup. Nous avons aussi constaté à Tumbez l’absence de la Zonotrichia, comme l’a remarqué M. Jelski aux environs de Nancho, à 1,000 pieds d'altitude, et moi un peu plus au nord dans les environs de Chongollape. Ce fait est le plus remarquable pour Nancho, car la Zonotrichia se trouve à Pacasmayo, au bord même de la mer, et se retrouve de nouveau plus haut. Cet antagonisme apparent de ces deux espèces doit avoir sa raison particulière, car ces deux oiseaux diffèrent tellement par leurs habitudes qu'il serait impossible d'attribuer ce fait à une rivalisation directe, La bande de terrain habitée par l'Aæmophila que j'ai décrite dans la caractéristique des contrées péruviennes sous le nom de Zomas (collines) doit présenter des conditions naturelles contraires aux exigences de la Zonotrichia et qui sont au contraire recherchées par l’A/æmophila. Ainsi donc le fait que ces deux oiseaux si
semblables en apparence s'évitent mutuellement doit être considéré comme accidentel.
» L’Hæmophila se tient par paires dans les broussailles rares de la côte péruvienne aride. Elle reste ordinairement à terre ou sur les branches inférieures des buissons. Elle est moins vive ou plutôt plus grave que la Zonotrichia, s'approchant plus des Arrémons, auxquels elle ressemble aussi par la voix. Jamais je ne Lai rencontrée dans les villes et près des habitations où la Zonotrichia s'établit ordinairement, représentant sous certain rapport en Amérique Méridionale notre moineau domestique » (STOLZMANN).