‹ Ornithologie du PérouChapitre 25 sur 288 · Asturina magnirostris · texte numérisé non relu

Asturina magnirostris

Falco magnirostris, Gm., L. S. N., I, p. 282.

Astur magnirostris, Vic., Zool. Journ., I, p. 338.

Falco insectivorus, SPix, Av. Bras., I, p. 17, tb. VIII a.

Nisus magnirostris, Less., Man. Orn., I, p. 96 — Tscn., Faun. Peru., pp. 18 et 104.

Asturina magnirostris, SCL., P. Z. S., 1857, p. 261 — Scz. et SALV., P. Z.8S., 1866, p. 198; 1867, p. 793; 1873, p. 753 — Nomencl.

Av. Neotr., p. 118 — SHarpe, Cat. B. Brit. Mus., 1, p. 207 — Tacz., P: Z.S, 1879, p. 241; 1882 “p.40:

Astur macrorhynchus, PELz., Orn. Bras., pp. 6 et 398.

À. fusco cinerea; abdomine albo, rufescente et fusco transfasciato: tectricibus caudæ superioribus albo variis; subcaudalibus albis; remigibus basi cinna-

Mmomeo rufs, fasciolis transversalibus nigris; cauda nigro griseoque transfasciata.

g' et Q Ad. — D'un cendré foncé en dessus, d’une nuance un peu moins foncée sur la gorge et la poitrine, à baguettes des plumes noirâtres formant des stries assez distinctes ; tout l'abdomen occupé par des raies transversales blanches et rousses dont les dernières sont séparées des blanches par des lignes d’un gris foncé; pantalons également rayés, mais de bandes beaucoup moins larges; tectrices supérieures de la queue rayées en travers de blanc; les sous-caudales blanches. Aïles de la couleur du dos; rémiges longuement

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d'un roux cannelle intense, traversées de quelques raies noirâtres sur les deux barbes des primaires, excepté la première dont la barbe externe est brune presque en entier, toutes terminées par un brun noirâtre; les secondaires cendrées sur la barbe externe, rousses, rayées de noirâtre sur l’interne; ce roux passant graduellement sur les rémiges postérieures et s'étendant dans celles qui avoisinent les primaires sur la barbe externe; sous-alaires blanches, rayées et maculées de noirâtre. Queue traversée de quatre bandes noirâtres et de quatre autres d’un gris cendré distinctement moins larges que les précédentes et dont la terminale est de moitié moins large que les autres; les bandes claires blanchâtres en dessous. Bec noirâtre; cire et pattes d’un jaune orangé; iris jaune.

La femelle ne se distingue que par une taille un peu plus forte.

Quelques-uns ont le cendré de la poitrine plus ou moins enduit de roussâtre.

@ Les jeunes dans leur premier plumage ont toutes les plumes du dos et des tectrices alaires terminées par une bordure rousse assez large; les plumes de la gorge bordées largement de fauve blanchâtre; celles de la poitrine occupées par une grosse flammèche gris cendré, bordée sur les côtés de fauve roussâtre; les bandes abdominales et les pantalons d’un fauve roussâtre au lieu de blanc; les sous-caudales fauves à raies transversales d’un gris foncé; les sous-alaires fauves tachetées de noirâtre. Le reste comme chez les adultes.

Ce plumage pâlissant avant la mue a les bordures des plumes dorsales beaucoup moins intenses, les raies fauves du dessous du corps beaucoup plus pâles, la bordure terminale de la queue presque blanche.

SG! Longueur totale, VOL, NN aile 200; queue, 136;:bec, 27: tarse, 97, doigt médian, 26; ongle, 12 millimètres.

Q Longueur totale, 360-370; vol, 733-748 ; aile, 215; queue, 140; bec, 29; tarse, 91; doigt médian, 30; ongle, 15 millimètres.

« Commun à Tambillo, plus rare à Huambo. Il paraît qu’il se nourrit principalement de lézards et d'insectes; se perche sur les buissons bas et les pierres pour guetter sa proie sur laquelle il fond précipitamment et l’emporte. On croit aussi qu'il n’attaque jamais les petits oiseaux qu’on voit souvent sautiller tout près de ce rapace avec une confiance absolue. Un jour j'en ai rencontré une réunion de six individus faisant grand bruit ; c'était au mois de septembre. Sa voix consiste en un ki-ououou... prolongé; son autre chant plus commun se laisse traduire par les syllabes : kla-kla-kla... » (STOLZMANN).

Bartlett le cite du Haut Ucayali, Xeveros, Chayavetas, Chamicuros et Santa Cruz.

« Si nous considérons cette espèce sous le rapport de ses mœurs, nous verrons qu’elle forme anomalie parmi les éperviers, dont elle n’a réellement aucune des habitudes, tandis qu'elle partage celles des macaguas et des autours proprement dits, sans être aussi criarde que les premiers; aussi avons-nous cru, maloré l'opinion des auteurs, devoir la ranger parmi les autours, où elle vient naturellement se placer, lorsqu'on la considère sous le point de ses mœurs.

» C’est une des espèces d'oiseaux de proie le plus répandus sur le sol de l’Amérique Méridionale où elle est même partout commune, plus multipliée que toutes les autres, à l’exception de celle des caracaras; cependant il nous à semblé qu'elle devenait plus rare au sud sur les montagnes que dans les plaines ou vers les régions

tropicales (1). L’autour à gros bec est une des espèces qui, à proprement parler, n'ont pas de lieu spécial d'habitation. Il vit dans les plaines, auprès des eaux et dans les lieux les plus secs; mais nous re saurions dire laquelle de ces localités il préfère. Dans les provinces de la République Argentine nous l’avons presque toujours rencontré au bord des rivières, et en Bolivie, sur les montagnes de la province de Yungas élevées au moins à 2,500 mètres au-dessus du niveau de la mer: cependant nous avons pu reconnaître que sur l’immense surface de terrain que nous signalons comme sa demeure habituelle, il y à beaucoup de lieux où il ne se trouve jamais, par exemple au sein des immenses forêts ou dans les plaines dénuées d’arbres; et nous avons aussi remarqué que de petites familles isolées étaient séparées les unes des autres par d’assez grandes distances pour qu’il leur fût difficile de se réunir. Cette espèce d’ailleurs est sédentaire et n’émigre jamais comme certaines autres, restant en des cantons spéciaux où chaque couple paraît fixé pour le temps de son existence, visitant toujours les mêmes endroits, se reposant souvent sur le même arbre et quelquefois sur la même branche. Elle habite toujours de préférence les points entrecoupés de petits bois et de plaines. Aussi l’avons-nous rencontrée dans la province de Corrientes à la lisière des taillis peu élevés, principalement de bois d’espinillos, ou acacias épineux, çà et là dispersés dans la campagne. En Bolivie, elle s’est offerte à nous au bord des ravins ou sur les arbres qui avoisinent les petits bois; c’est sur les arbres morts qu’elle se repose le plus volontiers et qu’elle vient attendre sa proie. Le mâle et la femelle, unis toute l’année, ne s’abandonnent jamais, se suivant sans cesse de très près, se plaçant souvent sur le même arbre, quelquefois à côté l’un de l’autre. — On ne voit pas entre eux cet égoïsme qui caractérise en général les oiseaux de rapine; si l’un des deux consorts s'éloigne de l’autre, ils font entendre un sifflement de rappel assez plaintif que tous deux répètent tour à tour; jamais nous ne les avons vus se quereller; mais nous avons cru remarquer que des rixes ont lieu entre des mâles, principalement au temps des amours. Au reste, cette espèce est peu craintive et ne redoute pas la rencontre de l’homme qu’elle attend de très près, en faisant entendre son sifflement habituel pour se prévenir du danger; s’envolant ensuite pour se reposer à une cinquantaine de pas tout au plus sur un autre arbre, d’où elle ne s'envole de nouveau qu'avec peine, après avoir sifflé, sans jamais chercher une retraite dans l'épaisseur des bois.

» Dans le repos, l’attitude de l’autour à gros bec est assez stupide ; il rentre sa tête entre ses deux épaules et ne semble s'occuper de rien; mais si quelque chose l’inquiète, il tourne continuellement la tête vers l’objet qui l’effraye et vers son compagnon en sifflant sans cesse, ce qui le fait paraître comme fou et lui a valu un nom espagnol de gabilancito bobo (petit busard fou), qu'il porte au Paraguay et à Corrientes. Son vol est peu rapide, quoique assez léger. Rarement il s'élève dans les airs, se contentant de voler d’un arbre à l’autre, ou restant longtemps immobile lorsqu'il n’est pas dérangé. Il y a dans le vol de ces oiseaux quelque chose de léger qui rappelle jusqu’à un certain point celui des oiseaux nocturnes. [ls ne vont à terre que pour manger et n’ont pas l'habitude de marcher; car à peine leur repas achevé, ils vont se percher sur l'arbre le plus voisin où ils font la digestion, en regardant si quelque proie ne passe pas à terre à leur portée. Ils se nourrissent principalement d'insectes, de vers, de grillons, de coquilles terrestres; maïs lorsqu'ils rencontrent des oiseaux morts ils ne les dédaignent pas.

» Nous avons tué un autour à gros bec pendant qu'il dévorait un poisson mort; mais jamais nous ne l’avons vu s'approcher des grosses proies mortes. Le peu d'hostilités qu’il exerce envers les oiseaux vivants explique peut-être pourquoi ceux-ci ne le poursuivent pas, comme ils ont coutume de le faire pour beaucoup d’autres espèces, Dans la saison des amours qui commence en septembre et dure jusqu'en

(1) Toute cette relation s'applique à deux formes voisines, À. magnirostris (Gm.) eb A, Nattereri (Sel. et Salv.), que d’Orbigny n’a pas distinguées.

janvier, les couples sont plus étroitement unis; on nous a assuré qu'ils construisent leur nid à la lisière des bois sur les arbres touffus; que ce nid se compose de branches enlacées et qu’ils pondent de 4 à 5 œufs de couleur rougeâtre et presque ronds » (D'ORBIGNY).

De tout ce que dit d'Orbigny dans cette relation sur les mœurs de ce rapace, il

ressort que les Aséurina ont beaucoup plus de rapports avec les buses qu avec les autours, comme le prétendaient notre auteur, ainsi que bien d’autres ornithologistes-

23, —__ Asturina Nattereri

Falco magnirostris, Srix, Av. Brasil., I, p. 18 (pt.). — TEmm., NO TMD ENVIE EN rED., Beitr. Natura Bras. Ut p4102

Astur magnirostris, D'ORB., Voy. Am. Mér., p. 91 (pt.) — Perz., Orn. Bras., pp. 6 et 398.

Asturina Nattereri, Scz. et Sazv., P. Z. $S., 1869, p. 132 — Nomencl. Av. Neotr., p. 118 — Suarpe, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 208.

Asturina magnirostris, Tacz., P. Z. S., 1874, p. 552.

A. supra e brunneo grisea; peclore rufo, fulvo fuscoque vario; abdomine fulvo, rufescente et fusco transfasciato; tectricibus caudæ superioribus albo variis; subcaudalibus albidis plus aut minus fusco maculalis; remigibus basi cinnamomeo-rufis, fasciis transversalibus nigris; cauda nigro griseoque transfasciala.

Get Q© — D'un gris foncé, tirant au brunâtre en dessus, à plumes des scapulaires et des tectrices alaires bordées d’une nuance distinctement plus claire ; les plumes de la gorge grises foncées, bordées latéralement de blanc; poitrine rousse, variée de fauve et de gris foncé, tantôt en raies transversales, tantôt en taches isolées; abdomen rayé comme chez l’A. magnirostris, mais les raies claires sont d’un blanc moins pur, tirant plus ou moins au fauve, surtout sur le bas-ventre et plus encore sur les pantalons; les raies foncées bordant les rousses plus fines et moins prononcées que chez l'oiseau cité; les tectrices supérieures de la queue rayées en travers de fauve blanchâtre et de brun; sous-caudales d’un fauve blanchâtre ou blanchâtres, variées de quelques raies foncées, élargies sur la baguette. Aïles et queue comme chez l'A. magnirostris, mais les sous-alaires sont d’une nuance légèrement fauve ou d’un blanc de crème; les bandes noires caudales moins larges, tandis que les claires tirent plus ou moins au roussâtre. Bec noir; cire et pattes orangées; iris jaune.

SG Longueur de l'aile, 225; queue, 150; bec, 25; tarse, 60; doigt médian, 29; ongle, 15 millimètres.

Q Longueur de l'aile, 230; queue, 154; bec, 30; tarse, 62; doigt médian, 29; ongle, 16 millimètres.

Forme très voisine de l’A. magnirostris et distincte principalement par une taille un peu plus forte, la nuance des parties supérieures du corps tirant au brunâtre et la nuance rousse dominant sur la poitrine,

Monterico (JELSK1).

24, — Creranoætus melanoleucus

Spizætus melanoleucus, VieiL., N. D. H. N., XXXIL, p. 57.

Spizætus fuscescens, VIEIL., /. c., p. 59.

Falco aguia, Temm., P. C., I, tb. CCCIT.

Haliætus melanoleucus, D'OrB., Voy. Amér. Mér., p. 76.

Buteo aguya, Cas. et TscH., Wiegm. Arch.,1844, p. 246 — Tscx., Faun. Peru., pp. 17 et 89.

Geranoætus melanoleucus, STRICKL., Orn. Syn., p. 55 — SCL. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 119.

Geranoætus aguia, Tacz., P. Z.$S., 1874, p. 550; 1877, p. 745.

Buteo melanoleucus, SHarPpe, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 168.

G. fusco ardesiacus; pectore albo maculato; alis cinereo fasciatis; abdomine subcaudalibusque albis, fusco transverse linealis; tectricibus caudæ inferioribus nigricantibus, albido transfascialis; cauda nigra.

get Q Ad. — D'un schistacé sur la tête et le cou, beaucoup plus foncé, presque noirâtre au dos, sur les scapulaires et le croupion; les côtés de la tête et le devant sont d’un schistacé plus cendré, la gorge plus pâle; toute la poitrine noirâtre foncé, parsemée de taches blanches subtriangulaires, occupant le bout des plumes ; l'abdomen, les pantalons ct les sous-alaires sont blancs ou blanc de crème, traversés de lignes noirâtres sinueuses, de plus en plus fines en avancçant sur le bas-ventre et les pantalons, distinctement plus grosses sur les sous-alaires; sous-caudales noirâtres variées de raies blanches ou d’un gris blanchâtre, la terminale la plus large et blanche. Tectrices alaires d’un gris cendré, rayées de plus foncé en travers et parsemées de quelques stries noires; rémiges noires, traversées de raies cendrées, à base de la barbe interne rayée en travers de raies blanchâtres en dessous. Queue noire, terminée d’une bordure d’un gris brunâtre pâle. Mâchoire gris verdâtre à la base, passant par le gris en noir terminal; mandibule grise à bords d’un jaune sale et l'extrémité noire; pattes d'un jaune pâle, à ongles noirs; cire et angle de la bouche d’un jaune sale; iris brun noisette; peau nue au-dessus des yeux d’un gris noirâtre.

@ Jeune mâle, dans son premier plumage, brun foncé en dessus, à sommet de la tête varié de blanc, par quelques bordures latérales des plumes;

les sourcils largement et les joues fauves striés de brun; plumes de la gorge et du devant du cou blanchâtres à la base, terminées en brun; ventre et pantalons bruns parsemés de quelques taches fauves; sous-caudales brunes tachetées de fauve blanchâtre. Aïles brunes foncées, à tectrices parsemées de bordures terminales fauves, petites sur les petites, grosses et blanches sur les moyennes et les grandes; rémiges primaires comme celles des adultes, les secondaires sans raies claires sur leur barbe externe; sousalaires brunes, tachetées de fauve. Queue brune, noirâtre en dessus, nébulée de cendré sur les rectrices médianes et les suivantes, et traversées par des raies grises irrégulières sur la barbe interne.

G'Eongueur de l'aile, 475; queue, 210; bec,:54; tarse, 92; doigt médian, 51; ongle, 27 millimètres.

© Longueur de l’aile, 560; queue, 245; bec, 65; tarse, 105, doigt médian, 59 millimètres.

Ce rapace est très répandu au Pérou. M. Jelski l’a observé aux environs de Lima, à Ayacucho, Chanchamayo, Pumamarca et Nancho; il ne l’a rencontré nulle part dans les Cordillères du Pérou central. Stolzmann l’a trouvé à Tumbez, à Tambillo, Cutervo et Chachapoyas. Tschudi l’a rencontré deux fois dans la montaña de Vitoc, sur le versant oriental de la chaîne continentale.

(«Il se tient principalement dans Ja sierra, où les rochers inaccessibles lui procurent des endroits sûrs pour la nidification, et ne vient sur la côte que pour un certain temps. Il paraît être exclu de la faune des forêts vierges, et s’il se trouve dans leur voisinage ce n’est que dans les endroits où les forêts sont en partie détruites ou situées près des pâturages alpins. Il fait des dommages considérables dans la volaille, et l’on prétend même qu’il tue les cochons de laït. Dans le département des Amazonas, il est en usage que lorsque quelqu'un vient de tuer un de ces rapaces, tous les habitants de la contrée lui apportent une paire d’œufs de poule et même une poule en récompense ; le chasseur heureux a même le droit de réclamer cette récompense. Dans la sierra, on le connaît sous le nom de gavilan-oque ou aguila.

» J’ai été témoin à Cutervo de sa poursuite d’une troupe de Conurus mitratus, volant sans ordre, tandis qu'ordinairement ces perroquets s’avancent rangés de manière que chaque paire est reconnaissable dans la bande. A leur suite un peu plus haut, un aguia s’avançait comme une flèche sans aucun mouvement d'ailes. Un perroquet s’écarta sur le côté, le rapace fondit sur lui avec rapidité, mais il le manqua et s’éloigna tranquillement » (STOLZMANN).

M. Jelski à trouvé dans un de ces oiseaux les débris d’un Æhipidomys leucodactylus, quatre petites souris et une tête d’une souris plus grosse. Les indigènes prétendent qu'il mange aussi les serpents.

Selon la relation de d’Orbigny, l’aguia habite principalement les plaines de l’Amérique Méridionale et s'élève à une assez grande hauteur sur les montagnes ; il aime à fréquenter les bords des rivières, surtout dans les lieux où il y a de hautes falaises, ou bien sur les bords de la mer; on ne le voit pas, comme beaucoup d’autres «iseaux de proie, près des grandes forêts. Pour se percher, il choisit ordinairement un arbre mort et dépourvu de petites branches, maïs il semble préférer dans tous les cas se poser sur les rochers.

11 couche ordinairement sur un arbre mort, voisin des eaux, sur les branches le moins hautes ou plus souvent dans les anfractuosités des falaises; se réveille dès la pointe du jour et s'élève presque aussitôt pour tournoyer dans les airs, guettant sa proie, c’est-à-dire les petits mammifères dans les plaines, ou les cadavres des poissons, des oiseaux et des otaries sur la côte. Sitôt qu’il a aperçu quelque

pâture, il s’abat et se repaît, puis s'envole de nouveau et se perche pour le reste de la journée. Son attitude est alors stupide : la tête rentrée dans les épaules, il reste immobile, regardant autour de lui, car il est si défiant qu’il laisse rarement approcher le chasseur d’assez près pour qu'il puisse le viser. Le soir venu, il recommence sa tournée aérienne et continue le même manège du matin pour se repaître de nouveau.

On le rencontre constamment au bord des eaux douces et salées, jamais à ure grande distance de ces lieux. Le mâle et la femelle sont unis pour toute l’année et tournoient assez près l’un de l’autre. Il est rare de voir un individu isolé, et alors c’est nécessairement un jeune. En Patagonie, et même à la frontière du Paraguay, l’aguia suit ces innombrables troupes de pigeons qui couvrent en hiver toutes les rives du Rio Negro et les plaines des bords du Parana. En été ils y sont rares, en hiver d’Orbigny a compté jusqu’à trente aguias dans un bois de saules, à trois lieues au plus de distance. On ne peut donc point dire que ce rapace soit sédentaire. Ce dernier voyageur l’a vu se jeter souvent au milieu de ces bandes de pigeons qui obscurcissent l’air à l'horizon et en sortir toujours avec un de ces oiseaux dans ses serres.

D’aussi loin qu’on puisse apercevoir l’aguia, on le distingue par son vol parmi tous les oiseaux de proie américains. Ses ailes sont courtes et le paraissent encore bien plus en raison de la longueur démesurée des petites rémiges, qui jointes au corps ne laissent à l’aile aucune ligne de séparation, formant de tout l'oiseau un rhomboïde allongé. L’extrémité des rémiges est aussi toujours relevée et l’ensemble de son vol le rapproche de celui des urubus. Le plus souvent, son vol est élevé, toujours très aisé sans être rapide. Cet oïseau plane d’abord très longtemps en tournoyant, et tout en chassant décrit des cercles à une grande hauteur, puis se laisse rapidement tomber sur sa proie; mais s’il la manque, ce qui est rare, il s'élève de nouveau jusqu’à ce qu'il l’ait définitivement atteinte. Quand le temps est à l’orage, il monte en tournoyant au-dessus du même point, jusqu'à ce qu'il se soit dérobé à la vue, en faisant entendre un cri aigu et qui arrive jusqu’à terre.

On ne le voit sur le sol que quand il dépèce sa proie, ce qui n’est pas long, ne marchant que rarement et se contentant de rester dans la même place.

Comme il est dit plus haut, sa nourriture est fort variée. En hiver, elle se compose presque exclusivement de pigeons qu'il suit dans leurs migrations. Le reste de l’année, il chasse aux petits mammifères, tels que les cobayes et les rats, et aux oiseaux lorsqu'ils sont en rase campagne. Néanmoins, en temps de disette, il mange tout ce qu’il trouve : des poissons et des cadavres de différents animaux. Quand il chasse aux pigeons, il fond sur une troupe au moment où elle couvre la terre sur un grand espace, ou bien sur une volée où il saisit sa proie au vol.

Les habitants assurent qu'il construit an nid volumineux au sommet des arbres, composé de nombreuses bûchettes et qui contient ordinairement deux œufs de couleur rouge brun foncé.

Les Indiens, qui emploient toujours pour remèdes quelque partie de presque chaque animal, attachent beaucoup de prix à l’aguia, à cause du duvet blanc du dessous de son aile qui sert à la guérison des blessures.

+25. — Pandion haliætus

Falco haliætus, L., S. N.,I, p. 129 — Naum., Væg. Deut., I, p. 241, tb. XVI.

Falco arundinaceus, GM., L. S. N., I, p. 263.

Falco carolinensis, GM., L. S. N., 1, p. 263.

Falco cayennensis, GM., L. S. N., I, p. 263.

Aquila americana, Viein., Ois. Amér. Sept., I, p. 31.

Aquila piscatrix, Vieis., l. c., p. 29, tb. IV.

Pandion fluviatilis, SAvien., Descr. Égypte, Ois., p. 272.

Accipiter haliætus, Pazz., Zoogr. Ross. As., I, p. 355.

Aquila balbusardus, Dumoxr, Dict. Se. Nat., I, p. 351.

Pandion americanus, VieiL., Gal. Ois., tb. XI.

Pandion haliætus, Less., Man. Orn., 1, p. 86 — Sw. et Ricx., Faun. Bor. Am. B., p. 20 — SHarPe, Cat. B. Brit. Mus., 1, 1874, p. 449 — Tacz., P. Z. S., 1877, p. 749.

P. supra brunneus, sublus sericeo albus; capite subcristato albo, fronte nuchaque plus autl minus brunneo variis, fascia latissima transoculari brunnea ; cauda fasciis pallidis, rostrum nigrum ; cera et pedes cyaneo cinerei; iris flava.

g' et © Ad. — D'un brun foncé en dessus, avec un léger éclat violâtre sur les plumes fraîches, tandis que dans le plumage usé toutes les plumes sont moins foncées, entourées d'une bordure pâle, plus ou moins régulièrement; tout le dessous du corps est blanc soyeux, avec quelques stries brunes sur la poitrine; tête blanche avec des stries brunes plus ou moins grosses au milieu du sommet de la tête et sur la nuque, formant quelquefois une grosse tache brune uniforme plus ou moins grande sur l’occiput; les plumes de la nuque prolongées, atténuées et aiguës à l'extrémité, formant une espèce de collier; une large bande brune occupe les lores et après avoir dépassé l'œil s'étend $ur toute la région auriculaire. Rémiges brunes foncées à barbe interne blanche à la base rayée de brun; sous-alaires du bord de l’aile brunes, bordées de blanchâtre; les autres blanches. Queue brune en dessus, rayée d’une nuance plus pâle, rayée en dessous de brun et de blanchâtre. Bec noir, à base grise au-dessous des narines; cire noirâtre; pattes d'un cendré bleuâtre clair; ongles noirs; iris jaune.

Les oiseaux moins adultes ont la poitrine plus fortement tachetée de brun, en y formant souvent un espace uniforme, plus ou moins grand.

@ Les jeunes en premier plumage ont toutes les plumes des parties supérieures du corps et des ailes entourées d’une bordure blanchâtre qui sur les

grandes et les moyennes est fauve; les stries brunes sur tout le sommet de la tête; les plumes de la nuque fauves roussâtres avec des stries brunes sur les antérieures; la tache pectorale fauve, variée de brun; toutes les rémiges et les rectrices terminées par une bordure fauve; les plumes des côtés du cou et les sous-caudales lavées d’une nuance ocreuse.

L'oiseau péruvien ne présente aucune différence avec les oiseaux d'Europe et avec ceux de l'extrême Asie orientale.

G' Longueur totale, 577; vol, 1,648; aile, 495; queue, 215; bec, 40; tarse, 99; doigt médian, 44; ongle, 28 millimètres.

Q: Longueur totale, 610; vol, 1,710;vaile, 505; "queue, 240; bec, 43; tarse, 60; doigt médian, 46; ongle, 31 millimètres.

g' Aïle plus longue que la queue de 16 millimètres.

Les œufs sont oblongs, à deux bouts peu différents entre eux et doucement arrondis, à coque épaisse, blanche, de transparence verdâtre, à surface rugueuse, semblable sous la loupe à une roche grésiforme ; à coloration assez variable; la plus commune à fond blanc jaunâtre ou blanc rougeâtre couvert en grande partie de grosses taches de rouille foncée, ou bien d’un roux rougeâtre ou brunâtre, disposées de différentes manières; quelques-uns sont foncés en entier comme les œufs de la bondrée. Dans la même ponte on trouve des variétés différentes. Le nombre constant est de 3 pour chaque ponte. Dimensions : 62,5-64,3 de longueur, sur 46-47,3 millimètres de largeur.

« Pour-la première fois j'ai vu le balbuzard dans le port de Huacho, au nord de Lima, puis à Tumbez. Aux environs de Santa Lucia et de Curacocha, on le rencontre souvent, mais il n’y est pas en nombre. Tous les jours on y entend son sifflement aigu. — On est frappé là d’une prédilection de cet oiseau pour certains arbres; j'en connais un de semblable à Santa Lucia sur lequel on rencontre toujours un balbuzard mangeant un poisson ou se reposant, et sans cesse sur la même branche. Trois fois je l’ai tiré sur cet arbre, mais vainement, à cause du grand éloignement. Ce ne fut qu’au quatrième coup que je réussis à m’approcher plus près et à lui briser une aile. 11 prit un aspect très farouche quand je m’approchai de lui et me donna beaucoup de peine à le prendre. Sur un kilomètre de distance entre Santa Lucia et Curacocha il existe quatre ou cinq arbres fréquentés par les balbuzards.

» IL est très rusé et s'envole à 300 pas. En allant en barque, on peut parfois l’approcher à 40 pas de distance. IL est quelquefois difficile de le distinguer parmi les branches, mais il y trahit toujours sa présence par sa voix caractéristique, puis il déploie lentement ses aïles et s’envole.

» Il porte ordinairement le poisson la tête tournée en avant, mais ce n’est pas constant, car j'en ai remarqué un qui le tenait dans la direction opposée. Je l'ai souvent vu portant dans son bec un siluride nommé bagre.

» En janvier, il couvait à Santa Lucia. Le nid était placé au sommet d’un rhizophore. La femelle restait obstinément sur les œufs.

» Cet oiseau possède une odeur caractéristique semblable à celle des Musées zoologiques, surtout dans leurs galeries de gros mammifères. Sa peau conserve constamment cette odeur. Il est connu sous le nom de martin pescador » (STOLZMANN)

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