Harpyhaliaëétus coronatus
Harpyia coronata, Vieis., N. D. H. N., XIV, p. 237.
Falco coronatus, TEmm., P. C., CCXXXIV.
Harpyhaliaëtus coronatus, LAFR., Rev. Zool., 1849, p. 173 — SCL. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 119 — SnarPe, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 221.
Circaëtus solitarius, CAB. et TscH., Wiegm. Arch.,184%, p. 264 — Tscx., Faun. Peru., pp. 17 et 94, tb. II. |
Asturina Azaræ, Kaup, Isis, 1847, p. 209,
Urubitornis solitaria, Sc. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p.119.
H. occipile pennis elongatis cristalo ; corpore supra brunneo cinereo, subtus diluliore; tibiis nigricanlibus ; remigibus primariis nigris, externe basi cinereis ; subalaribus cinereis albo siriatis ; cauda nigra, fascia lata mediana alba.
Adulte. — D'un brun cendré en dessus avec une nuance chocolat et une teinte cendrée distincte sur les petites tectrices alaires et les plumes interscapulaires; une longue huppe occipitale composée de plumes plus foncées que celles du sommet de la tête, une large bande blanc roussâtre derrière l'œil tachetée de foncé; côtés du visage et du cou blanchâtres à disque des plumes d’un brun cendré; bord supérieur des tectrices auriculaires brun cendré en entier; la surface inférieure du corps brun cendré clair avec des bordures blanches aux plumes des pantalons et des souscaudales, plus larges sur ces dernières; plumage des tibias noirâtre, plus foncé en s’approchant du tarse; sous-alaires d’un cendré clair fort variées de stries blanches sur les bords des plumes; rémiges noirâtres ; les primaires enduites à l'extérieur de gris près de leur base; les secondaires d’un gris cendré varié de noir et bordées finement de blanchâtre devant une large bande noire subterminale, les secondaires postérieures semblables au dos; croupion et les sus-caudales d’un brun cendré foncé, les dernières mouchetées de blanc; queue noire mouchetée finement de blanc et traversée par une large bande médiane blanche et une bande pareille voisine de la base sur les rectrices externes; bec corné bleuâtre à base jaune clair; pattes d'un jaune foncé; iris brun rougeûtre.
Longueur totale, 33; bec, 3; aile, 22,5; queue, 13,5; tarse, 5,1 pouces anglais (SHARPE).
Oiseau non adulte. — Tout le corps, en dessus comme en dessous, est d’un gris noir foncé, à flancs et pantalons plus foncés; les- rémiges et la queue noires en entier; la dernière traversée par une bande blanche dans le tiers postérieur de sa longueur. L’extrémité de la queue entourée par une fine
bordure blanche. Aucune trace de huppe céphalique. Cire et tarses d’un
jaune vif; bec brun noirâtre; ongles d'un gris brunâtre foncé ; iris d’un beau brun. Longueur totale, ? 3”; bec, 1° 11°”; aile, 1° 7° 10°”; tarse, 4” 8°” millimètres (Tscaupi).
Jeune mâle en premier plumage. — Brun noirâtre en entier, avec un sourcil très large fauve roussâtre, strié de quelques lignes noires, très fines; les côtés de la tête, le milieu de la gorge et un large demi-collier occupant le haut du cou postérieur sont de la même couleur fauve roussâtre, variée de stries médianes brunes sur toutes les plumes, petites sur celles de la gorge et du devant des joues, fines et longues au cou; la région auriculaire occupée par une grosse bande brune; des bordures d’un roux ferrugineux sur les scapulaires postérieures, fauves sur les plumes du milieu de la poitrine, tandis qué l'abdomen est varié de grosses bordures fauves roussâtres et la base des plumes sur une grande longueur de cette dernière nuance; souscaudales fauves terminées par une grosse tache brune. Rémiges primaires noires à l'extrémité, puis d’un gris foncé varié d’une multitude de taches brunes disposées sans ordre; les secondaires brunes, maculées de taches d’un brun plus foncé; barbe interne des rémiges longuement fauve isabelle dans sa partie basale, parsemée de rares taches brunes; sous-alaires brunes, avec de grosses taches fauves roussâtres. Queue d’un gris brunâtre en dessus, varié d'un semis de taches brunes irrégulières et disposées sans ordre, terminée d'une zone d'un brun uniforme; la page inférieure de la queue isabelle, maculée de brun et terminée d’une zone brune pâle. Bec corné, cire jaune, peau nue bleuâtre devant l’œil; pattes d’un jaune sale; iris brun clair.
Longueur totale, 540; queue, 290; bec, 54; tarse, 110; doigt médian, 59; ongle, 31 millimètres. |
Forêt de Chanchamayo (TSCHUDI); Amable Maria (JELSKI).
« Nous l’avons constamment vue habiter les bords des rivières, où elle pouvait trouver des perchoirs sur les arbres ou sur les hauts buissons, là séjourner longtemps et attendre sa proie, puis parcourir la campagne en suivant les bords des rivières ou la lisière des bois. En Patagonie, elle se repose sur les saules qui bordent le haut du Rio Negro. Elle se nourrit particulièrement des mammifères, et le soir ou le matin elle guette le moment où de petites espèces de cette classe d'animaux sortent de leurs terriers pour les surprendre et les enlever. Nous avons même été témoin d’un fait assez curieux, Une moufette, dont l’odeur met en fuite jusqu'aux mammifères les plus carnassiers, est préférée par elle, d’où vient que sur les peaux transportées et conservées dans les collections on trouve encore un reste de cette odeur, si forte, quand l’animal est frais, qu’elle ferait fuir la personne la moins susceptible. De tous les oiseaux de proie de ces lieux c’est la seule espèce qui veuille s’abaisser jusqu’à cet animal infect. Pour le saisir, elle se met en faction; dès qu’elle le voit à portée, elle fond dessus et l’enlève dans les airs, à ce que disent les habitants, puis le laisse tomber de très haut, pour le tuer et le dépecer plus facilement. Dans la petite colonie de Carmen, en Patagonie, on m'a aussi assuré que les tatous pichis lui servent de pâture, et que pour les tuer et entamer avec moins de difficulté la carapace de ces animaux, elle les enlève également dans les airs et les laisse retomber ensuite. C’est le seul exemple de ce genre que nous ayons-pu observer dans nos voyages, car aucune des autres espèces d'oiseaux de proie d'Amérique n’est aussi exclusivement mangeuse de mammifères; ses voisins d'habitation, les aigles aguyas, Soumis au même besoin, dans les mêmes circonstances ne les recherchent pas, préférant se nourrir d'oiseaux et de poissons » (D'ORBIGNY).
T27. — Thrasaëétus harpyia
Vultur harpyia, L., S. N., I, p. 121.
Vultur coronatus, JAcQ., Beitr., p. 15.
Falco Jacquini, F. harpyia, F. cristatus, Gu., L. S. N., I, pp. 251 et 260.
Falco destructor, Daup., Trait., Il, p. 60.
Falco imperialis, F. regalis, SHAW, Gener. Zool., VII, p. 592, tb. XV et LVI.
Falco caracca, SHAW, [. c., p. 64.
Falco calquin, MouinA, St. Chili, p. 220.
Harpyia maxima, Bonn. et Vreis., Enc. Méth., IL, p. 1249.
Harpyia ferox, Less., Trait. Orn., p. 50.
Thrasaëtus harpyia, GR., P. Z. S., 1837, p. 108 — Scr. et SALV., P, Z. $S., 1873, p. 302 — Nomencl. Av. Neotr,, p. 120 — SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., 1, p. 224.
Harpyia destructor, Cuv., Règne An., I, p. 317 — D’Or8., Voy. Am. Mér., Ois., p. 81.
Moxphnus harpyia, Cas. et Tscx., Wiegm. Arch., 1844, p. 265 — Tscx., Faun. Peru., pp. 17 et 96.
Th. occipite pennis elongalis cristalo; corpore supra nigro, brunneo et griseo vario; sublus albo, torque pectorali nigro; tibiis nigro fasciatis; cauda nigro griseoque transfasciata.
g' Ad. — Tête ornée d'une huppe occipitale, composée de plumes prolongées, dont celles du milieu sont beaucoup plus longues que les latérales, noirâtres ; le reste du sommet de la tête gris foncé; les joues d’un gris plus clair, derrière du cou couvert de plumes d'un gris brunâtre, terminées par une bordure blanchâtre; tout le dos et les ailes sont noirs, variés de gris brunâtre marbré de-plus foncé, surtout sur les tectrices alaïires, dont celles du devant même de l’aile sont toutes d’un noir uniforme. Tout le dessous du corps est blanc, avec une large bande pectorale noire, profondément échancrée au milieu; les pantalons rayés finement de noir en travers. Rémiges primaires noires, à barbe interne marbrée de brun grisâtre, les secondaires sur les deux barbes ; sous-alaires blanches, variées de quelques taches noires. Queue traversée de cinq bandes noires, et d'autant de raies grises marbrées de brun et terminées par une bordure pareille, sur la page inférieure de la queue les bandes claires sont d’un gris blanchâtre. Bec corné plombé,; pattes jaunes.
Q Jeune. — Huppe plus longue et plus large, toute grise comme tout le sommet de la tête et le cou; le reste des parties supérieures du corps et des ailes est d’un gris varié de taches irrégulières noires plus nombreuses sur les aïles et les scapulaires que sur la région interscapulaire. Tout le dessous du corps est d’un gris uniforme, beaucoup plus pâle que celui du dos, avec quelques raies noirâtres sur les plumes du bas des pantalons. Queue traversée de sept bandes noires moins larges et moins régulières que celles des adultes, et d'autant de bandes grises tachetées de noir, plus larges que les foncées, en dessous ces bandes claires sont d’un gris pâle presque uniforme.
G' Longueur de l'aile, 555; queue, 370; bec, 67; tarse, 100; doigt médian, 70; ongle, 36; ongle du pouce, 60 millimètres. £
© Longueur de l'aile, 615; queue, 400; bec, 70; tarse, 105; doigt médian, 90.
Description d’après les oiseaux de Cayenne, du Musée de Varsovie, Nauta (BARTLETT).
Selon d’Orbigny, une surface des plus considérables de l'Amérique Méridionale composée seulement de terrains inondés et couverts de forêts et en même temps un grand pays voisin de la ligne ou tout au moins intertropical et toujours humide, servent d'habitation à la harpie qui ne monte jamais sur les montagnes et se trouve tout au plus au bord des rivières voisines des derniers contreforts. On ne l’observe que sur les berges des rivières et jamais au sein même des forêts; elle s’y perche sur les branches basses d’un arbre et paraît si peu craintive qu’on l’approche presque à la toucher.
Le matin elle vole ordinairement en tournoyant, le long des rives des canaux naturels multipliés à l'infini, qui traversent les forêts, surtout des plus larges, à la recherche des singes, qui constituent son principal aliment. Cet éminent voyageur n’a pas pu se convaincre si elle chasse aux paresseux, comme on le prétend généra lement,
L'opinion sur la force de cet oiseau a été exagérée par les anciens voyageurs. Il ne craint pas cependant d’attaquer l’homme, lorsqu'il s’agit de se défendre. D’Orbigny raconte que dans sa reconnaissance sur le Rio Securi, en Bolivie, on aperçut une harpie perchée sur les branches basses d’un arbre. Les Indiens, ses rameurs, sautèrent les premiers à terre et l’abattirent de leurs flèches ; ils l’étourdirent en lui donnant des coups sur la tête, se partagèrent sur les lieux mêmes toutes les plumes des aïles, de la queue et de la tête qu'ils estiment beaucoup, et la rapportèrent toute mutilée et regardée comme morte sur la pirogue., Le voyageur s’aperçut qu’elle revenait peu à peu et avant qu'il eût pu se reconnaître l'oiseau se lança violemment sur lui et lui traversa de ses formidables ongles l’avant-bras de part en part entre le cubitus et le radius, tandis qu’il déchirait le reste du bras avec sa seconde patte. En même temps il faisait des efforts, mais inutiles, pour le transpercer de son bec. Malgré ses blessures, il fallut deux personnes pour lui faire lâcher prise.
Les Indiens assurent que la harpie ne chasse jamais aux oiseaux ; que les mammifères seuls composent sa nourriture; qu’elle préfère les singes à tous les autres animaux et qu’elle mange aussi fréquemment les jeunes cabiais et même les jeunes des autres mammifères. D'Orbigny a remarqué qu'elle ne quitte jamais les bois pour entrer dans les plaines, sans pourtant pénétrer dans l’intérieur, se contentant de parcourir les bords des rivières.
Elle paraît vivre isolée, craignant sans doute la concurrence. Comme le disent aussi les Indiens, elle se tient, paraît-il, constamment dans le lieu dé sa naissance; son petit nombre au milieu de ces forêts semble chose extraordinaire. Dans une
navigation de dix à douze jours au milieu des bois qui lui servent d’asile, on en voit à peine une ou deux, et il est difficile de croire que cette rareté provienne de la chasse qu’en font les indigènes, car ceux-ci n’habitent guère que la millième partie de l'étendue de la forèt.
Les Indiens considèrent comme un grand honneur pour eux de posséder une harpie vivante, à l’état de captivité, et celui qui est assez heureux pour en capturer une est regardé comme un homme privilégié. Ils se procurent les jeunes, et les femmes mettent le plus grand zèle à les soigner et à les nourrir du surplus de la chasse de leurs maris. Deux fois par an leur propriétaire leur arrache les grandes plumes de la queue et des ailes pour empenner ses flèches, et bien plus souvent encore il leur enlève le duvet du dessous des plumes pour s’en parer dans les grandes occasions. Ce qu'il y à d’incroyable c’est que les Indiens font pour ainsi dire ce qu'ils veulent de cet oiseau, l’attachent avec facilité pour le plumer ou pour voyager d’un lieu à un autre, car lorsqu'ils changent de résidence, les femmes sont obligées de porter tous les animaux qu'ils possèdent et la harpie n’est jamaïs oubliée.
Les plumes de la harpie sont beaucoup plus préférées à toutes autres pour orner les flèches, et l’Indien qui n’a pas été heureux pour en tuer une ou pour s’en procurer des plumes par échange ne passe pas pour bon chasseur, étant obligé de se servir des plumes d’autres oiseaux. Le duvet ne sert que dans les occasions solennelles. Les cheveux sont alors bien peignés, bien huïlés avec de l’huile de coco et saupoudrés de ce duvet blanc, ce qui ferait croire que les Indiens ont la tête couverte de neige. Ils suspendent aussi à leur cou les ongles de cet oïseau, comme un trophée dont ils sont fiers.
+28. — Morphnus guianensis
Falco guianensis, DAuD., Trait., IT, p. 78.
Falco Sonnini, F. delicatus, SHAw, Gen. Zool., VIT, p. 67.
Morphnus guianensis, Cuv., Règne Anim., I, p. 318 — Scz. et SALV., P. Z. S., 1807, p. 793; 1873, p. 302 — Nomencl. Av. Neotr., p. 120 — Sxarpe, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 222.
Spizaëtus variegatus, Vieis., Enc. Méth., TT, p. 1257.
Morphaus cristatus, Less., Trait. Orn., p. 51, tb. XI, fig. 2.
M. cristatus; supra brunneo niger, albido variegatus, fronte et occipile griseo; sublus albidus, brunneo marmoratus ; laleribus pecloris nigris ; abdomine, tibirs subcaudalibusque fasciis transversalibus nigris variis ; cauda prælonga el lata, nigra, fasciis quinis griseis, brunneo marmoratis.
© Ad. — D'un noir brunâtre en dessus, varié sur les scapulaires et les ailes de raies transversales blanchâtres, plus ou moins marbrées de brun, en général peu distinctes et peu nombreuses; les plumes du croupion blanchâtres, à marbrures brunes, rayées et terminées de brun; les sus-caudales noires, entourées d’une bordure terminale blanche et traversées de deux ou trois raies de cette couleur; sommet de la tête gris, mélangé avec quelques plumes brunes au front et au vertex; la partie cervicale garnie de plumes
prolongées blanches à la base et terminées longuement de noir, formant une huppe large et plate, arrondie en arrière ; les côtés de la tête, de la gorge et du cou couverts de plumes blanchâtres, marbrées finement de brunâtre et tachetées de brun; le fond de toutes les parties inférieures du corps est blanchâtre, marbré finement de brunâtre; les côtés de la poitrine d’un brun largement foncé uniforme; l'abdomen, les pantalons et les sous-caudales traversés de grosses raies brunes. Rémiges noiïres avec de larges raies transversales pâles, marbrées de brun; en dessous elles sont blanchâtres, parsemées de taches brunes; sous-alaires blanches rayées de brun. Queue longue et large, brune noirâtre, traversée de cinq bandes grises marbrées de brun; d’un gris blanchâtre en dessous ; toutes les rectrices terminées par une bordure pareïlle. Bec noir à son extrémité, jaune pâle à sa base; pattes d’un jaune verdâtre ; iris roux foncé.
Longueur de l'aile, 490; queue, 510; bec, 60; tarse, 95 ; doigt médian, 51; ongle, 26 millimètres.
Description d’après une femelle de Cayenne, du Musée de Varsovie. Chayavetas, Yurimaguas (BARTLETT).
+29. — Spizaétus tyrannus
Falco tyrannus, Wiep., Reis. Bras., I, p. 360.
Harpyia bracchata, Spix, Av. Bras., I, tb. IIT.
Aquila tyrannus, Less., Man. Orn., I, p. 84.
Spizaëtus tyrannus, GR., Gen. B., I, p. 14 — ScL. et SaLv., P. Z. S., 1873, p. 302 — Nomencl. Av. Neotr., p. 120 — SHarpe, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 264.
Spizaëtus Spixii, DES Murs, Rev. Zool., 1877, p. 895.
S. niger ; crista occipilali lala, rolundaia, plumis basi albis ; tibiis tarsisque albo fasciolatis; subalaribus albidis nigro maculatis; cauda longa, fasciis qualernis pallide brunneis, sublus griseo albidis.
S' Noir en entier, à plumes de l’occiput prolongées formant une huppe assez longue, plate, arrondie, large et dirigée en arrière; les plumes de la huppe, du sommet de la tête, de la nuque et de la gorge longuement blanches à la base; les pantalons et le plumage du tarse rayés en travers de blanc, ces raies interrompues plus ou mains sur le milieu des plumes; souscaudales traversées de quelques raies blanches; sous-alaires blanchâtres variées de nombreuses taches noires. Rémiges traversées de larges bandes d’un brun distinctement plus pâle que le plumage général, passant au blanc vers le bord interne des pennes; ces raies sont blanches en entier sur la page inférieure de l’aile, tirant plus ou moins au grisâtre dans la partie
terminale des rémiges. Queue noire, traversée en dessus de quatre raies d'un brun pâle presque aussi larges que les noires et de blanchâtres plus ou moins-parsemées de brun en dessous. Bec noirâtre corné; cire et doigts jaunes; iris jaune.
Le mâle moins adulte est en dessus brun noirâtre à plumes du sommet de la tête plus longuement blanches à la base, d’un blanc isabelle en entier sur le devant du front et un large sourcil; celles du vertex, de l'occiput et de la nuque bordées de fauve; la gorge et une raie passant le long du milieu de la région jugulaire blanc de crème, la première traversée d’une ligne médiane noire; joues, côtés du cou et du haut de la poitrine noirs, variés par les bordures des plumes roussâtres; le reste des parties inférieures du corps est brun, varié de bordures blanchâtres de toutes les plumes, grosses sur le devant et fines au bas-ventre; raies blanches des pantalons plus larges que celles des adultes; plumage du tarse isabelle maculé de brun. Ailes et queue comme chez l'adulte.
Longueur de l'aile, 400; queue, 330 ; bec, 40; tarse, 80; doigt médian, 46; ongle, 25 millimètres.
Description des oiseaux de la Guyane française, du Musée de Varsovie. Rio Huallaga, près de Santa Cruz (BARTLETT).
+30. — Spizaétus ornatus
Falco ornatus, Falco Mauduyti, Daun., Trait., Il, pp. 77 et 73.
Esparvero calzado, AzArA, Apuntam., I, p. 106.
Falco superbus, SHAW, Gen. Zool., VII, p. 64.
Aquila urutaurana, Dumonr, Dict. Sc. Nat., I, p. 358.
Plumipeda superba, FLEM., Phil. Zool., I, p. 234.
Harpyia ornata, Spix, Av. Bras., p. 8.
Spizaëtus ornatus, Viein., N. D. I. N., XXXII, p. 60 — Gal. Ois:, I, ib. XXI — Sc. et Sazv., P. Z.S., 1873, p. 302 — Nomencl. Av. Neotr., p. 120.
Spizaëtus Mauduyti, SHARPE, Cat. B. Brit, Mus., I, p. 262.
S. albus; dorso alisque fusco brunneis; tibiis plus aut minus nigro transfascialis ; crista occipitalri elongata brunnea; cauda nigro brunneoque transfasciata.
gd! Ad. — Tête, cou et toutes les parties inférieures du corps d'un blanc plus ou moins pur, dos et ailes d’un brun plus ou moins foncé; la tête ornée d'une huppe occipitale, composée de quelques plumes allongées, subparallèles et assez étroites, dont deux sont les plus longues (8-9 centimètres), . brunes, les autres blanches ; cette huppe est penchée en arrière, mais l’oiseau
en hérissant les plumes peut les relever jusqu'à une certaine hauteur; les pantalons rayés de noir en travers, le plumage du tarse maculé de quelques taches noirâtres; quelques stries rousses sur les côtés du cou; quelques plumes roussâtres au sommet de la tête et quelques raies et taches noires sur quelques-unes des dernières plumes des flancs de l’abdomen. Les rémiges rayées de bandes noirâtres en dessus et brunes en dessous; les raies claires sont blanchâtres sur la page inférieure des rémiges; sousalaires blanches. Queue traversée de cinq larges raies d'un noir brunâtre et d'autant de raies d’un gris brunâtre; les premières sont moins larges et moins foncées en dessous, les claires sont blanchâtres: toutes les rectrices terminées par une bordure d’un gris brunâtre assez large. Bec corné noirâtre; doigts jaunes à ongles cornés.
Un autre mâle adulte ne diffère du précédent que par le sommet de la tête roux sale, avec les baguettes des plumes noirâtres; le derrière du cou couvert d’un mélange de plumes analogues à celles du sommet de la tête, et d’autres blanches, dont les premières sont plus fraiches que les blanches; les raies noires des pantalons plus grosses et les taches plus nombreuses sur le tarse, dont le côté externe est rayé.
Q Ad. — Semblable au mâle précédent et n’en différant que par un mélange de quelques plumes noires au sommet de la tête; tout le cou postérieur roux sale; les joues fauves; côtés du cou d’un roux ferrugineux mélangé de fauve; abdomen varié de quelques grosses taches noires, . subarrondies au milieu et transversales sur les flancs.
Une autre femelle de Lechugal paraissant être moins adulte, a tout le sommet de la tête avec la huppe noir; dos noir brunâtre; les côtés de la tête, du cou et la poitrine d’un roux brunâtre intense avec quelques taches noires au-dessous de la gorge et des bordures blanches sur les plumes du milieu même de la poitrine; gorge blanche pure bordée des deux côtés d'une large moustache noire, partant de la commissure du bec; tout l'abdomen est rayé en travers de grosses bandes blanches et d’autres noires, presque d’égale largeur; pattes jusqu'aux doigts également rayées, mais d'une manière fine; sous-caudales traversées de quelques raies noires. Tectrices alaires d’un brun noirâtre, les petites du devant de l’aile variées de quelques petites bordures terminales blanches; sous-alaires blanches maculées de noir.
La jeune femelle a le sommet de la tête noir, à plumes longuement blanches à la base; les joues, la nuque, le derrière et les côtés du cou d’un roux ferrugineux foncé; la gorge, le milieu de la région jugulaire largement, et la poitrine blancs immaculés; abdomen blanc maculé de grosses taches noires arrondies au milieu et transversales formant des bandes sur les flancs ; une raie noire interrompue par du blanchâtre sépare la couleur blanche de la gorge de celle des côtés du cou; pattes rayées fortement de noir et de blanc. Dos et tectrices alaires noirs; toutes ces dernières entourées d’une fine bordure terminale blanche; de pareilles bordures, mais plus fines, sur quelques-unes des scapulaires et des plumes du dos postérieur.
g' Longueur de l'aile, 330-335; queue, 240-250 ; bec, 41; tarse, 65; doigt médian, 46; ongle, 23; ongle du pouce, 35 millimètres.
Q Longueur de l'aile, 350-380; queue, 265; bec, 4%; tarse, 70; doigt médian, 52; ongle, 20; ongle du pouce, 39 millimètres.
La description de tous ces exemplaires est faite d’après les exemplaires du Musée de Varsovie, fournis de Cayenne par M. Jelski, et une femelle de la collection de M. Raiïmondi.
Chayavetas (BARTLETT) ; Lechugal (coll. RAIMONDI).
OBSERVATIONS. — Ce rapace varie tellement sous le rapport de sa coloration qu'il serait impossible de donner la description dans toutes ses variétés et de bien comprendre les différences qu’il subit dans ses transitions. Il paraît que, comme la bondrée d'Europe, il est sujet à une multitude de variétés individuelles et que chaque âge présente une infinité d'anomalies.
+31. — Nauclerus furcatus
Falco furcatus, L., S. N., I, p. 129.
Cola tixera, AzarA, Apuntam., [, p. 169.
Milvus furcatus, Vieir., Ois. Amér. Sept., p. 38, tb. X — D’Or8., Voy. Amér. Mér., p. 100.
Elanoïdes yetapa, Bonn. et Viei., Enc. Méth., IL, p. 1205.
Nauclerus furcatus, Vic., Zool. Journ., IT, p.387 — Pezz., Orn. Bras., p. 6 — Sc. et SaLv., P. Z. S., 1873, p. 303.
Nauclerus forficatus, RipGcw., Pr. Phil. Acad., 1870, p. 114.
Elanoïdes furcatus, SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., I, p. 317.
N. albus; dorso, alis, caudaque nigris, nitore viridi violaceo.
g' et Q — Blancs, à dos avec le croupion, les tectrices supérieures de la queue, les ailes et la queue fourchue profondément noirs, avec un éclat bleu verdâtre, assez fort et tirant au bronzé chocolat foncé sur la région interscapulaire, les scapulaires antérieures et une large bande alaire le long de l’avant-bras. Les lores largement dénudés et parsemés de rares poils noirs. Sous-alaires blanches, ainsi que la base des rémiges secondaires et de la barbe interne des rectrices. Bec noir; pattes d’un gris bleuâtre; iris brun rougeûtre.
SG Longueur de l’aile, 410; queue, 312; rectrices médianes, 106; bec, 32; tarse, 27; doigt médian, 28; ongle, 13 millimètres.
Q Longueur de l’aile, 425; queue, 314; rectrices médianes, 120; bec, 31; tarse, 27; doigt médian, 28 ; ongle, 13 millimètres.
Chamicuros (BARTLETT).
« Nous ne l’avons jamais vue que près des eaux.— Dans la province de Chiquitos
elle était quelquefois par troupes, d’autres fois par paires, voyageant d’un lac à l’autre, restant près de l’un d’eux quelques jours, puis l’abandonnant pour aller en visiter un autre. Pendant tout le temps qu’elle ne donne pas aux amours, elle voyage ainsi, occupée des heures entières à tournoyer au-dessus des eaux, tantôt près de la surface, tantôt très haut dans les airs; ouvrant parfois sa queue et la refermant comme des ciseaux ; se reposant très rarement et toujours au sommet des plus hauts arbres où elle ne demeure que quelques instants pour recommencer bientôt ses tournées aériennes. C’est surtout le matin qu’elle tournoïe au-dessus des eaux; la crainte ordinairement la fait s'élever dans les airs, car elle ne commence à monter que lorsqu'on l’inquiète. Son genre de vie nous porte à croire qu’elle rase aussi la surface des fleuves, afin d’y saisir les poissons morts qui y surnagent ; la longueur de ses ongles indiquerait encore ce genre de chasse. Nous croyons toutefois que les insectes sont la base de sa nourriture habituelle, surtout les orthoptères qui abondent au bord des eaux.
>» Vers le mois de décembre, les couples abandonnent le pays de plaines et se rapprochent des forêts, afin de s'occuper de leur nichée ; nous les avons rencontrés dans cette saison, au milieu des forêts qui séparent les provinces de Chiquitos et de Moxos, dans le pays des Guarayos, vivant autour des lacs de ces lieux ou sur les bords des rivières. Les Indiens Guarayos nous ont assuré qu'ils y nichent au sommet d’un des plus hauts arbres » (D'ORBIGNY).