Cyphorhinus modulator
Thryothorus modulator, D’Ors., Voy. Amér. Mér., Ois., p. 430.
Troglodytes arada, Larr. et D'ORB., Syn. Av., I, p. 25.
Sarochalinus rufogularis, DES Murs, Casteln. Expéd., Ois., p.429 tb XMVIL he 9;
Cyphorhinus modulator, CA8., Mus. Hein., I, p. 79 — Scz. et SALV., P. Z. S., 1867, p. 749; 1873, p. 256 — Nomencl. Av. Neotr., p. Ô — SuarPe, Catal. B. Brit. Mus , NI, p. 291, tb. XVIII, fig. 2.
Cyphorhinus phæocephalus, Gr., A. List B. Brit. Mus., I, p. 193 (nec Sci).
C. supra brunneo fuscescens; fronte, superciliis, quiture pecloreque rufis; subius brunneo fuscescens dilutior ; remigibus nigrescentibus, pogonio externo rufo nigroque transversim maculatis; cauda brevi brunneo fuscescente, nigro transversim radiata (n'ORBIGNY).
g'et Q Ad. — D'un brun olive roussâtre en dessus, à front, bande sourcilière postoculaire, gorge et poitrine roux, à nuance la plus foncée au front où les plumes ont l'extrémité foncée; côtés de l'abdomen d’un brun roussâtre, milieu plus pâle teint de roussâtre. Aïles noirâtres, à petites tectrices de la couleur du dos, les grandes bordées légèrement de roux foncé rayé de noir; la barbe externe de toutes les rémiges rousse brunâtre rayée de noir; sous-alaires rousses. Queue de la même couleur que les rémiges à raies plus fines; sous-caudales d’un roux plus foncé que les sous-alaires. Bec brun foncé en dessus et blanchâtre en dessous de la mandibule inférieure; pattes brunes; iris jaune.
S' Longueur de l’aile, 61; queue, 30; bec, 23; tarse, 22 millimètres.
Chayavetas, Yurimaguas, Chamicuros, Santa Cruz (BARTLETT); Loretoyacu, Moyobamba (coll. RAIMONDI).
« Nous n’avons rencontré cette espèce que sur les montagnes basses et boisées du pied oriental de la chaîne des Andes boliviennes, principalement dans la province de Yungas et dans le pays habité par les Indiens Yuracares, toujours dans les ravins
des lieux les plus escarpés, au sein des précipices les plus affreux pour peu qu’ils soient couverts d’une végétation active. C’est là que perchée sur les branches basses des arbres suspendus au bord des torrents, son chant sonore et mélodieux vient contraster avec le triste aspect des environs; ses accents que nous ne pouvons comparer à rien de ce que nous connaïssons en Europe sont beaucoup plus forts que ceux du rossignol; et sans en avoir peut-être toute la flexibilité, ils sont bien plus sonores, bien plus clairs ; ils sont beaucoup plus remplis d'effet. Souvent ce sont des gammes chromatiques, rendues par des notes flûtées qui s'entendent à une grande distance ; d’autres fois, des cadences variées, interrompues par des éclats de voix, par les plus belles basses, ou enfin une musique grave formée des sons les plus purs. En un mot, nous n’avons réellement aucun terme assez fort pour rendre l'impression que ce chant nous a faite, au milieu de cette nature si active, mais en même temps si accidentée des montagnes déchirées des lieux solitaires qu’il habite,
» Connu de tous les habitants des montagnes, le thryothore chanteur reçoit d’eux le nom d’organito (petit orgue); il est pour eux le sujet de beaucoup de contes absurdes. Comme on l’entend aussi souvent qu’il est rare qu’on l’aperçoive, les habitants de la province de Yungas croient, pour la plupart, que l’animal qui produit d’aussi beaux accords n’est pas un oiseau, mais bien un insecte caché sous l'écorce des arbres ; aussi assurent-ils qu’on chercherait vainement à le voir. Nous en devons la découverte et la capture aux Indiens Yuracares, meilleurs observateurs, qui nous ont dit le nommer bijubiju » (D'ORBIGNY).