Troglodytes audax
TscH., Faun. Peru., p. 185 — Tacz., P. Z. S., 1874, p. 505; 1880, p. 191.
T. supra griseo brunneus, dorso vix fusco subundulato, uropygio rufo; superciliis postocularibus fulvescentibus; subtus fulvus, hypochondriis rufescente lavatis; crisso subcaudalibusque rufis unicoloribus; alis brunneis, fulvo undulatis; cauda rufescente, brunneo transfasciata.
g' et Q — D'un gris brunâtre terreux en dessus, à croupion roux brunâtre dans sa partie antérieure et roux dans la postérieure ainsi qu'aux souscaudales ; dos rayé en dessus de plus foncé d’une manière à peine distincte et sur une surface plus ou moins restreinte; sourcil postoculaire roussâtre assez bien prononcé; tout le dessous est fauve sur la gorge, au milieu de la poitrine et de l'abdomen, et d'un fauve roussâtre sur les flancs, d'un roux plus fort sur le milieu du bas-ventre, la région anale et les souscaudales, ces dernières non rayées. Aïles brunes, à petites tectrices de la couleur du dos; les grandes tectrices et la barbe externe des rémiges fauves rayées de brun foncé; sous-alaires et bord interne des rémiges blanchâtres. Rectrices rousses, rayées en travers de noir. Bec brun à mandibule inférieure jaunâtre pâle à la base; pattes carnées, légèrement brunâtres; iris brun foncé.
@ Le jeune en premier plumage est plus brun et plus foncé en dessus que les adultes, sans aucune trace de rayure dorsale, à croupion roux; le dessous beaucoup plus roussâtre que chez les adultes, à peine squamulé de brunâtre sur la poitrine et les côtés de l’abdomen; le roux des flancs et des sous-caudales plus foncé que chez l'adulte. Aïles et queue comme celles des adultes, mais les raies alaires sont rousses au lieu de fauves, le roux de la queue plus intense.
G' Longueur de l’aile, 55; queue, 40; bec, 18; tarse, 18 millimètres.
L'oiseau typique de Tschudi, du Musée de Neufchâtel, se distingue de nos oiseaux de Monterico et d'Huanta par une nuance en général plus roussâtre; cette différence est la plus frappante sur les ailes, la queue, le croupion et les flancs, ensuite au dos, où les raies transversales foncées sont assez distinctes. Cette différence me paraît provenir de la fraîcheur du plumage de cet oïseau typique, qui est fort pâle dans nos individus tués à la fin d'octobre et au commencement de janvier. Les dimensions s'accordent en tout.
OBSERVATIONS. — Ces oiseaux se distinguent du 7! furvus de Cayenne par la nuance des parties supérieures du corps moins foncée, plus terreuse, à raïes dorsales foncées à peine distinctes ou presque nulles; ils ont la couleur rousse au croupion également peu prononcée, la couleur du dessous semblable, c’est-à-dire fauve isabelle, à côtés du ventre et des sous-caudales d’un roux de la même intensité, la queue semblable en tout; le fond du dessus des ailes est plus gris chez nos oiseaux péruviens, rayé également de noirâtre.
Is ressemblent plus aux oiseaux du Brésil du sud (Santa Catharina, Petropolis), qui ont le fond des parties supérieures du corps semblable, à raïes foncées aussi faibles ou nulles, le dessous presque de la même nuance.
Ils se distinguent plus des oiseaux de Chili (magellanica Gould; Aorncensis Less.), qui ont aussi le dos non rayé, mais d’un brun différent, tirant au roux; Le roux plus fort au croupion; la couleur du dessous moins isabelle, tirant plus au grisâtre sur la gorge, le devant du cou et le milieu de l’abdomen ; les ailes plus roussâtres.
Les oiseaux de Bahia (subsp. æquatorialis Sws.) présentent une différence beaucoup plus grande que les autres, surtout par la couleur des parties inférieures du corps plus rousse, d’un roux beaucoup plus fort sur les côtés du ventre et les souscaudales ; le roux beaucoup plus vif au croupion ; une teinte plus ou moins roussâtre sur les parties supérieures du corps.
En général toutes ces formes présentent les différentes variétés individuelles dans les différents détails, comme des taches brunes sur les sous-caudales, des raies au dos, etc.
Les œufs du troglodyte péruvien présentent beaucoup de variétés en coloration. Le fond est d’un rosé pâle varié de nombreuses petites taches et de petits traits rouges mélangés avec d’autres taches d’un rosé violâtre pâle. Sur les uns les taches sont disposées également sur toute la surface et ressemblent à une certaine variété des œufs du Phylloscopus trochilus. Sur les autres les taches sont plus petites, en forme de petits points sur toute la surface et formant une couronne plus ou moins dense autour du gros bout, imitant les œufs de la Locustella Rayi dans leurs différentes variétés. Sur les autres les taches sont plus grosses, moins nombreuses, sur un fond plus blanc, et ces œufs ressemblent à ceux des mésanges. Les uns sont courts et ventrus, les autres beaucoup plus oblongs. Longueur, 17-19, sur 12,8-14 millimètres de largeur.
Région des forêts du Pérou nord oriental (TSCHUDI); Tarma, Junin, Ninarupa, Auquimarca, Huanta, Monterico, Maraynioc, au Pérou central (JELSKI) ; Callacate, Cutervo, Chachapoyas, au nord du Pérou (STOLZMANN). S
« Le Zroglodytes audax se nourrit principalement de blattes, qui lui procurent souvent beaucoup de peine. Il les prend à terre et les porte dans un buisson, leur arrache d’abord la tête, mange ensuite le corps et rejette les aïles. Les Indiens l’appellent curarachero » (TSCHUDI).
« Très répandu au Pérou; je l’ai rencontré partout jusqu’à Huambo. Celui de la côte me paraît être différent; j’en ai tué un à Tumbez, mais il s’est gâté.
» Ami intime de l’homme et son compagnon constant; il paraît même qu'il ne se trouve pas dans les contrées inhabitées. 11 se tient constamment aux environs des habitations, où sautillant sur les toits il ramasse sa nourriture; pendant ces courses il s'arrête de temps en temps, élève la tête et exécute sa chanson courte, mais gaie, puis il recommence la marche en produisant son tourrier, tourrier, duquel vient son nom éwrriche, à Cutervo. On le voit toujours par paires.
» Il niche en avril et en mai, c’est-à-dire à la fin de la saison des pluies. Le nid a la forme d’une retorte, maïs moins régulière que celui du 7! solstitialis ; construit de brins d’herbe et de différentes ordures; on y trouve souvent l’épiderme de la peau des serpents, d’où on lui a donné le nom, à Chachapoyas, de culebra pischeou. L'intérieur est abondamment garni de plumes de différents oiseaux. Le plus souvent il le place dans les toits à chaume. J’en ai trouvé un dans une tige d’un bananier coupé, où personne ne se serait douté de son existence, si l'oiseau en partant ne l’avait pas trahie. La ponte ordinaire est composée de trois ou quatre œufs » (STOLZMANN).