‹ Ornithologie du PérouChapitre 39 sur 288 · Ciccaba melanonota · texte numérisé non relu

Ciccaba melanonota

Noctua melanonota, TscH., Wiegm. Arch., 1844, p. 267 — Faun. Peru., p. 114, tb. IV.

Macabra melanonota, Br., Rev. Mag. Zool., 1854, p. 541.

Athene melanota, PELZ., Orn. Bras., p. 9.

Ciccaba melanonota, ScL. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 117.

Syrnium melanonotum, SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., Il, p. 280.

C. supra pecloreque brunnea, sublus ochraceo rufa; fronte superciliisque rufis; macula jugulari alba; remigibus fasciis griseis; cauda lineis senis transversalibus albis; rostro aurantiaco.

D'un brun foncé en dessus, sur la poitrine, les ailes et la queue; sommet de la tête, les rémiges et les rectrices d’une nuance un peu plus foncée qu'au dos; le reste du dessous du corps et le plumage des pattes sont d’un roux ocreux vif, le devant du front, une raie sourcilière peu large et la collerette sur les côtés du visage sont de cette dernière couleur; une tache blanche au-dessous de la gorge. Les rémiges traversées de sept raies grisâtres, élargies et passant au roussâtre clair sur la partie basale de la barbe interne des secondaires; sous-alaires de la couleur de l’abdomen. Queue traversée par six lignes d’un gris brunâtre sur la barbe externe des rectrices et blanches sur l’interne; les médianes n’en ont que deux toutes grises situées dans leur moitié terminale; toutes les rectrices terminées par une bordure blanche assez large. Bec jaune orangé, à extrémité et les bords des mandibules cornés; doigts d’un jaune brunâtre; ongles d’un brun noirâtre.

Longueur de l'aile, 302; queue, 190; bec, 38; tarse, 50 millimètres.

Description d’un exemplaire du Brésil, dans la collection de M. Salvin.

« Tête et dos d’un brun fuligineux foncé; une large bande blanchâtre traverse au-dessus de chaque œil en se courbant jusque en arrière de la région auriculaire; les plumules de ces courbes sont mélangées avec des bordures d’un brun rougeûtre clair. Les tectrices supérieures des ailes et la barbe externe des rémiges secondaires sont plus claires que le dos; les primaires sont d'un brun noirâtre foncé avec des bandes transversales d’un brun clair, fines, qui sur la barbe externe sont marquées d'un point blanc; la même particularité se trouve sur les secondaires; la raie transversale fine des barbes externes, qui est intérieurement un peu plus claire et blanche au bord, n'arrive pas au bord interne, se courbant vers le devant, s’élargit, devient grise et blanche au bord même, surtout à la base des pennes; la bordure au bout de ces pennes est pour la plupart brun grisâtre clair; pli

de l’aile blanc; sous-alaires fauves. Le visage et la gorge sont blancs en entier. Queue d’un brun noirâtre foncé, ayec quatre raies transversales blanches très fines et une pareille bordure terminale ; poitrine un peu moins foncée que le dos, d’un brun soyeux avec des taches blanc roussâtre; le fond de l’abdomen et des pantalons est roux blanchâtre rayé en travers de bandes d’un blanc pur et d’un brun foncé, les dernières composées de deux raies d’un brun soyeux, renfermant entre elles une autre d’un brun plus clair; le tarse est unicolore comme le tibia, un peu plus foncé sur le côté externe que sur le postérieur; sur chacune des sous-caudales il y a une raie brune devant l’extrémité blanche. Cire d’un jaune obscur; bec d'un beau jaune orangé avec le bout et les bords des mandibules cornées clairs, doigts d'un jaune brunâtre ; ongles d’un brun noirâtre.

» Longueur totale, 17”; bec, 1”6”; tarse, 19°”; aile, 11”6°”; proportion du tarse aux ailes, 1 : 6,8 » (Tscauni).

Tschudi n’a vu cette espèce que deux fois et n’en a tué qu'une; il l’a trouvée dans la région des forêts épaisses dans les Andes.

+58. — Scops choliba

Choliba, AzarA, Apuntam., n° XLVIILI, tb. III, p. 126.

Strix brasiliana, Gu., L. S. N., I, p. 289.

Strix choliba, Vies, N. D. H. N., VIL p. 39.

Strix decussata, Licar., Verz. Doubl., p. 59.

Ephialtes argentina, Licuar., Nomencl. Av., p. 7.

Strix atricapilla, TEMM., P. C., IL, tb. CXLV.

Strix crucigera et S. undulata, SPix, Av. Bras., IL, p. 22, tb. IX, CID AS ALAN

Scops lophotes et S. portoricensis, LEss., Trait. Orn., p. 107.

Scops brasiliensis et S. Watsoni, BP., Consp. Av., I, p. 46.

Scops choliba, D'ORrB., Voy. Amér. Mér., p.132 — Tscx., Faun. Peru., p. 118.

Scops brasilianus, GR., Hand List B. Brit. Mus., I, p. 47 — Scz. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 117 — SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., Il, p. 108 — Tacz., P. Z. S., 1879, p. 241.

S. supra brunneus, nigro et rufescente subtiliter maculatus et vermiculatus ; pileo nigricante, vix rufescente punctato; supercilits latissimis, margine interno cristarum fasciaque nuchali albis, brunneo variis; scapularibus externe maculis Mmagnis sericeo albis; sublus albidus, striis longitudinalibus nigris, transversalibus brunneis; remigibus brunneis, pogonio extlerno albido maculato; cauda brunnea, griseo subtiliter vermiculata et albido transfasciata.

gd! Ad. — Sommet de la tête brun noirâtre parsemé de quelques taches roussâtres à peine distinctes; un large sourcil blanc varié de brun commençant au front et prolongé en s’élargissant le long du bord interne des huppes, dont le côté externe est d’un brun noirâtre maculé de roussâtre d’une manière plus distincte et à taches plus nombreuses; une bande nucale blanche, à plumes traversées de quelques raies brunes. Le dos et les scapulaires sont bruns, vermiculés finement de gris roussâtre et parsemés de quelques petites taches fauves et de grosses stries noires; des taches blanchâtres au cou postérieur ; sur les scapulaires externes de grosses taches ovalab'es d’un blanc soyeux, terminées par une bordure noire. Tectrices alaires presque également variées comme le dos, avec quelques taches blanchâtres sur les grandes. Le devant des côtés du visage blanchâtre, traversé de raies brunâtres fines; région auriculaire plus foncée, le tout bordé en arrière d’une grosse raie noire, descendant sur les côtés du cou, la gorge et le devant du cou blanchâtres traversés de raies brunes fines et peu nombreuses; le reste du dessous du corps est blanchâtre, varié sur toutes les plumes de stries médianes noires, plus grosses sur la poitrine et fines sur l’abdomen, et de lignes transversales brunes; sous-caudales blanchâtres traversées de deux lignes onduleuses brunes. Rémiges brunes à barbe externe vermiculée de fauve et garnie d’une série de taches isabelles subcarrées ; des raies transversales moins foncées que le fond correspondent à ces taches sur la barbe interne dont les basales sont blanchâtres; sousalaires blanches. Queue brune vermiculée finement de fauve grisâtre et traversée de huit raies blanchâtres, peu larges et irrégulières. Plumage des tarses isabelle blanchâtre, varié de brunâtre; doigts dénudés. Bec gris corné, avec l'extrémité des mandibules plus claire et transparente; doigts oris légèrement verdâtres; ongles d'un gris corné à base carnée; iris jaune.

© La femelle a les macules roussâtres du sommet de la tête un peu plus nombreuses et un peu plus distinctes que chez le mâle; la couleur générale du dos tirant au roussâtre, à taches fauves plus grosses; toutes les parties et les taches blanches du mâle sont remplacées par l’isabelle.

g Longueur totale, 240; vol, 570; aile, 170; queue, 90; bec, 23; tarse, 33; doigt médian, 20 ; ongle, 12 millimètres.

Q Longueur totale, 250; vol, 597; aile, 18? ; queue, 95; bec, 25; tarse, 34; doigt médian, 20; ongle, 12 millimètres.

OBSERVATIONS. — Ces oiseaux du Maranon se distinguent de ceux de Cayenne et du Brésil par le sommet de la tête noir, presque uniforme; la bande sourcilière et nucale blanche beaucoup plus prononcée; le fond des parties inférieures du corps plus blanc; une taille moins forte. Ils s'appliquent à la forme de S. atricapilla Temm., qui ne paraît être qu’une variété probablement locale,

Tschudi n'indique pas la localité de ses exemplaires; sa description s'applique, comme il paraît, à la forme typique. Jelski l’a trouvée à Guadalupe et à Tumbez, Stolzmann à Guajango sur le Maraïñon, Bartlett sur le haut Ucayali, à Cashiboya, Chamicuros et Sarayacu.

« Nous ne l’avons vue que dans les lieux boiseux, et surtout auprès des habitations et des villages; elle est sédentaire. Le jour, elle se tient d'ordinaire au plus épais des bois, surtout de ceux qui avoisinent les villages, se cachant endormie sur les branches

les plus surchargées de feuillage. Le plus souvent les consorts sont ensemble et posés si près l’un de l’autre qu’on peut facilement les tuer tous deux du même coup de fusil; comme l’espèce on ne peut plus nocturne, elle ne commence à voler que dès le crépuscule, si ce n’est sous la feuillée la plus sombre des bois; on ne la voit s’approcher des lieux habités que lorsqu'il fait très obscur. Aux alentours des maisons champêtres, elle passe la nuit voltigeant d’un toit à l’autre, visitant tous les enclos, les cours, les jardins, se posant sur les arbres du voisinage, sur les muraïlles, sur les poteaux ; elle se familiarise alors plus que jamais avec les hommes, en les débarrassant de tous les animaux incommodes, comme rats, chauves-souris, blattes, etc., et les hommes en retour ne lui font jamais de mal. Ils la protègent au contraire autant que possible, l’élevant même chez eux pour lui faire remplacer les chats. C’est au milieu de leurs courses de nuit que les cholibas font retentir les airs de leur chant monotone qui a deux caractères différents : un cri de crainte ou de colère qu'ils font entendre rarement, espèce de sifflement accompagné le plus souvent d’un claquement du bec, ou bien un chant d’appel ou d'habitude qu’ils poussent lorsqu'ils sont posés et qu’on peut rendre par les sons de éourourou-toutou, qui comme on le verra à la synonymie américaine se traduisent de bien des manières par les diverses nations, chant que le paisible cultivateur ou le voyageur bivaquant au sein des campagnes entend de temps à autre résonner autour de lui dans le silence imposant des belles nuits des pays chauds, et qui lui fait apprécier davantage cette nature entièrement plongée dans le sommeil.

» Le choliba fait son nid au milieu des boïs épais; il choisit le creux d’un arbre mort et y dépose deux ou trois œufs entièrement blancs, des diamètres de 28 et 32 millimètres. Le mâle et la femelle couvent alternativement pendant la nuit; le jour l’un couve, tandis que l’autre est perché sur une branche voisine. Les habitants les recherchent pour les élever, parce qu’ils se familiarisent facilement et mangent de tout; mais s’ils manquent de nourriture, ils attaquent et dévorent tous les autres animaux domestiques. Leur vol est léger et peu prolongé, et leur marche un sautillement qui leur est peu habituel à l’état sauvage, qu’ils exécutent péniblement lorsqu'ils sont captifs déjà âgés, mais qu’ils apprennent lorsqu'ils sont élevés très jeunes » (D'ORBIGNY).

+59. — Scoops uüusta

SCL., Trans. Z.S., IV, p. 265, tb. LXI — Gr., Hand List B. Brit. Mus., 1, p. #7 — So. et SaLv., P. Z. S., 1866, p. 198.

Scops ustus, SHARPE, Cat. B. Brit. Mus., IL, p. 111.

Scops brasilianus, TAcz., P. Z. S., 1889, p. 46.

Cette race ne se distingue des oiseaux de l'espèce typique que par le fond des parties supérieures du corps d’un brun roussâtre foncé, varié de petites taches et de stries noirâtres, et d’une vermiculation foncée, peu prononcée, ainsi que de petites taches d’une nuance roussâtre moins foncée que le fond, mais peu distinctes. La couleur du dessous est rousse, plus ou moins brunâtre, avec des stries brunes fines et un dessin transversal brunâtre:; le sommet de la tête est d’un brun très foncé; bord externe des plumes des huppes largement noir ; collerette rousse, à plumes bordées de brun noirâtre ; les taches latérales des scapulaires d'un ocreux soyeux; face plus claire

que le plumage général; sous-alaires ocreuses ; taches de la barbe externe des rémiges fauves.

Longueur de l’aile, 166; queue, 86; bec, 25; tarse, 25 millimètres.

Description prise d’un exemplaire de Sarayacu, de la collection de M. Salvin.

Un jeune mâle de Yurimaguas est brun roussâtre en dessus, vermiculé de foncé; le sommet de la tête et le cou postérieur ondulés en travers de brun et de roussâtre; cette dernière couleur est dominante au front et le long des côtés du sommet, à ondulation brune moins distincte, bordée d’un sourcil noirâtre; huppes d’un brun foncé, à bord interne roussâtre varié de brun ; tout le dessous est roussâtre, sale sur la poitrine, ondulé de brun pâle; stries noires fines sur les côtés de l'abdomen, les scapulaires et les tectrices alaires sans taches blanches; la barbe externe des rémiges à taches d’un fauve roussâtre ; queue brune foncée, à raies transversales d’un fauve roussâtre, à vermiculation plus grossière que chez les adultes et seulement sur la partie terminale. Plumage du tarse roussâtre immaculé; doigts d’un gris très pâle.

Longueur totale, 252: vol, 597; aile, 170; queue, 84 millimètres.

+ 60. — Lophostrix cristata

Strix cristata, Daup., Trait., Il, p. 207.

Strix superciliosa, SHAW, Gen. Zool., VII, p. 250.

Bubo griseatus, Cuv., Règn. Anim., 1, p. 344 — Scur., Mus. P. B. Oti., p. 16.

Syrnium griseatum, Less., Trait. Orn., p. 113.

Lophostrix griseatum, LEss., Compl. Buff., 1, p. 261.

Lophostrix cristata, GR., Catal. Accip. Brit. Mus., 1844, p. 47 — Sc. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 117.

Ephialtes cristatus, GR., Gen. B., 1, p. 38.

Scops cristatus, STRICKL., Orn. Syn., p. 205 — SHARPE, Cal. B. Brit. Mus., I, p. 122.

L. supra cofeineo brunnea, fusco subtiliter vermiculata; sublus dilutror ; abdomine ochraceo, fusco vermiculato; pileo fusco brunneo; cinerascente perfuso; fronte latissime albido; plumis crisiarum pogonio interno albido; lectricibus aurium fusco castaneis; alis dorso concoloribus albo guitatis; rectricibus pogontio interno fasciis fulvis ; plumis tarsi ochraceis, brunneo varirs.

G' Parties supérieures du corps d’un brun café vermiculé finement de

noirâtre, à sommet de la tête beaucoup plus foncé enduit légèrement de cendré sans aucune trace de vermiculation; front largement blanc subvermiculé de brunâtre; les plumes des huppes aussi foncées que le sommet de la tête, à barbe interne blanc de crème; le blanc du front réuni à celui des huppes par une raie blanche sus-oculaire. Les joues et les côtés du cou d'un brun foncé uniforme; tectrices auriculaires d’un roux brunâtre ; le devant du cou et la poitrine d’un brun moins foncé que le dos, également vermiculé; abdomen ocreux vermiculé de brun; sous-caudales d’un ocreux pâle. Aïles de la couleur du dos à tectrices parsemées de grosses gouttes blanches; des taches fauves sur la barbe externe des rémiges et des raies correspondantes sur l'interne; sous-alaires rousses. Queue de la couleur des rémiges avec quelques raies fauves sur la barbe interne des rectrices. Plumage des jambes roux clair uniforme, celui du tarse ocreux, rayé en travers de brun. Bec jaune; doigts d’un carné brunâtre.

Longueur de l’aile, 290; queue, 180; bec, 35; tarse, 33; doigt médian, 32; ongle, 18 millimètres.

Pebas (collection RAIMONDI).

Cette chouette présente aussi une variété rousse. Un exemplaire pareil fourni au Musée de Varsovie par M. Jelski, de Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane française), a le fond du dos, les aïles et la queue d’un roux assez vif vermiculé de brun d’une manière assez dense sur le premier et sur les tectrices alaires, et peu sur la queue et les rémiges; tectrices alaires parsemées de grosses gouttes blanches entourées d’une bordure brune; sur la tête il n’y a que les côtés du visage qui sont d’un roux foncé uniforme et une grosse tache verticale d’un roux sale ondulé de brun; le,blanc s'étend longuement au front et largement sur la moitié interne des huppes dont le côté externe est roux; le blanc du front maculé fortement de brun dans sa partie postérieure; le reste comme la nuque avec le cou postérieur et ses côtés et tout le dessous du corps sont blanchâtres, ondulés de brun roussâtre d’une manière moins dense sur la tête et le cou et plus dense en dessous; sous-alaires fauves parsemées de quelques grosses taches brunes,

+ 61. — Bubo magellanicus

GM., L. S, N., I, p. 286 — D'Ors., Voy. Amér. Mér., p. 137 — Pezz., Reis. Nov. Væg., p.26 — Suarpe, Cat. B. Brit. Mus., IL, p. 29 — Tacz., P. Z.8.,1880, p. 211.

Nacurutu, AZARA, Apunt., II, p. 192.

Strix nacurutu, VIEIL, N. D. H. N., VIL p. 44.

Bubo crassirostris, Burm., Th. Brasil., Il, p. 1921 — La Plata Reis., IL, p. 439. ;

Bubo virginianus, Tscx., Faun. Peru., pp. 20 et 190 — Sc. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 116 (pt.).

Bubo virginianus, var. magellanicus, RipG., B. N. Amer., III, p. 61.

B. supra brunneus ; pileo maculis parvis fulvis ; collo postice rufescente vario; dorso tectricibusque alarum fulvis, albido cinereoque vermiculatis; scapularibus externis maculis magnis roltundatis, r'ufescentibus et albis ; cristis nigris, basi fulvo marginalis; facie albida, brunneo varia; quia el torque jugulari late albis; peciore abdomineque isabellinis, brunneo fasciatis et vermiculatis ; remigibus rufis, nigro transfascialis; cauda rufa, fasciis quinis brunneïs.

Q Ad. — Fond des parties supérieures du corps brun foncé; sommet de la tête parsemé de petites taches fauves peu rombreuses; le cou postérieur couvert de plumes roussâtres, traversées par une raie brune, terminées par une tache pareille et parsemées de quelques petites ; tout le dos et les tectrices alaires sont bruns, variés de vermiculations roussâtres, blanchâtres sur les scapulaires postérieures et les tectrices alaires; de grosses taches arrondies roussâtres et blanchâtres sur les scapulaires externes; croupion rayé de roussâtre et de brun. Plumes sétiformes des lores blanches, terminées de noir; celles du tour de l’œil fauves, variées de brunâtre; gorge largement et un large demi-collier d’un blanc pur, séparés entre eux par une raie brune variée de fauve, prolongé sur les côtés du visage en une raie d'un brun noirâtre atteignant la base des huppes. Le fond du reste des parties inférieures du corps est isabelle, tirant au rous- Sâtre sur la poitrine, traversé de raies brunes, qui sont en grande partie parsemées d'ondulations roussâtres; quelques grosses taches brunes sur la poitrine ; région anale sans taches ; des raies brunes sur les sous-caudales. Rémiges rousses traversées de raies brunes noirâtres. Rectrices d’un roux un peu plus pâle avec cinq raies d’un brun noirâtre et des macules brunes sur le fond clair; les médianes fort tachetées de brun sur les bandes roussâtres. Plumage des pattes isabelle maculé de brunâtre d’une manière peu distincte, à doigts emplumés au dos dans toute leur longueur. Bec presque noir, à mandibule inférieure tirant légèrement au grisâtre; ongles noirs; iris Jaune.

Longueur totale, 515; vol, 1,235; aïle, 350; queue, 210; bec, 43; tarse, 65; doigt médian, 48 ; ongle, 24 millimètres.

Une femelle de l'Ecuador occidental (Cechcech 10,000 pieds), tuée par M. Siemiradzki en juillet 1883, se distingue de la femelle péruvienne décrite plus haut par la coloration en général plus foncée, le manque de la couleur rousse et peu de fauve, remplacée pour la plupart par le blanc pur. Le fond des parties supérieures du corps et des scapulaires est d’un brun très foncé presque noirâtre, varié de quelques petites taches blanches au sommet de la tête; des taches fauves plus grandes et plus nombreuses au cou, sur la région interscapulaire et les scapulaires, ces taches peu variées de brun; le croupion et les sous-caudales rayés en travers de fauve; en dessous la collerette blanche moins prononcée est variée de noirâtre sur les côtés; le devant du cou et la poitrine sont d’un brun foncé traversé de raies blanches et fauves, de manière que le brun prédomine, et sans aucune petite tache; tout l'abdomen rayé en travers de brun et de blanc sur le milieu et de fauve sur les flancs, de sorte que les raies foncées sont beaucoup moins larges que les claires, surtout au milieu du corps; sous-caudales d’un fauve

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blanchâtre rayé en travers de brun. Les ailes sont d'un brun foncé varié de quelques petites taches fauves sur les petites tectrices et d’une grosse tache blanche arrondie au bout de la barbe externe des tectrices médianes et des grandes, dont celles voisines du bord de l'aile sont pures, et les autres tachetées de brun, les rémiges et les rectrices comme chez l'oiseau péruvien, mais le roux dans les premières remplacé par le gris sur la barbe externe et par une nuance plus pâle sur l’interne, d’un fauve roussâtre sur les rectrices; toutes les bandes brunes alaires et caudales en général beaucoup plus larges que chez l’oiseau péruvien; l'extrémité des rectrices blanchâtre. Pelage du tarse et des doigts comme dans l'oiseau péruvien, mais blanchâtre et immaculé.

Longueur de l'aile, 462 ; queue, 195; bec, 41; tarse, 65; doigt médian, 46; ongle, 26 millimètres.

OBSERVATIONS. — Notre oiseau péruvien diffère du 2. virginianus de l'Amérique Septentrionale par une taille moins forte, le bec moins épais, les pattes plus faibles, la coloration générale moins rousse, le dessin sur les parties supérieures et les inférieures du corps plus subtil et plus compliqué, la couleur blanche beaucoup plus répandue sur la gorge et le devant du visage, et nettement séparée en deux par une raie foncée ; les pattes moins garnies de plumes.

Un mâle de Cayenne, fourni au Musée de Varsovie en 1868 par M. Jelski, présente la couleur générale analogue à celle de l’oiseau péruvien et ne diffère principalement que par le collier blanc réduit à une bande au cou, tandis que le menton et la gorge n'ont rien de blanc; le dessin de la queue est également compliqué et autant varié que chez le duc de l'Amérique Méridionale, Cet oiseau de Cayenne a aussi une taille plus forte, le bec et les pattes plus robustes. Son plumage au tarse est beaucoup moins abondant que celui des oiseaux de l’Amérique Septentrionale et même moins fourni que chez l’oiseau péruvien, surtout aux doigts, dont les plumules piliformes ne couvrent pas en entier la surface dorsale et sont nulles sur la dernière phalange. Cet oiseau présente les dimensions suivantes :

Longueur de l'aile, 375; queue, 200; bec, 48 ; tarse, 70; doigt médian, 50; ongle, 13 millimètres.

Cet oiseau de Cayenne est intermédiaire entre le 2. vèrginianus et le B. magellanicus, et présente une difficulté pour décider à laquelle de ces deux formes il doit être appliqué. Selon la coloration générale il appartiendraït à la forme méridionale, tandis que la taille, la force des pattes, le manque de blanc sur la gorge et la couleur de la queue le rapporteraient au 2. virginiannus.

Trouvé par Tschudi dans la région de la puna, jusqu’à 15,000 pieds d’altitude ; par Jelski aux environs de Junin et de Huanta, au Pérou central; par Stolzmann à Cutervo, au Pérou septentrional, et par Whitely aux environs de Tinta, au sud de la République.

Stolzmann a trouvé tout son estomac rempli de coprides; Jelski prétend qu’il se nourrit principalement de rongeurs et a vu beaucoup de débris de différents petits animaux de cette famille, surtout des Zagotis, dans les lieux habités par le hibou.

D’après la description de d’Orbigny des habitudes de ce duc, que je cite en entier, on voit qu’elles sont tout à fait les mêmes que celles du grand duc d'Europe.

« Cet oiseau est peu commun; on ne le rencontre que dans les bois, et surtout dans ceux qui avoisinent les rivières et les lieux humides, principalement dans les plus touffus voisins des plaines ou tout au moins des clairières. Le jour on le voit le plus souvent seul, isolé, dormant sur les grosses branches les plus cachées des arbres touffus, dans des endroits où le soleil ne pénètre pas. Nous avons cru remarquer qu’il est sédentaire et qu’il vient souvent au même perchoir du jour, restant aussi longtemps possesseur du même bois; aussi, excepté dans la saison des amours,

rencontre-t-on rarement deux de ces oiseaux l’un près de l’autre. Surpris dans la retraite du jour ils cherchent peu à s'envoler, contents de siffler et de faire claquer leur bec en se balançant d’un pied à l’autre sur leur branche ; cependant quand on les approche trop, ils s’envolent; mais éblouis par la lumière du jour ils se dirigent mal et cherchent promptement à se cacher dans le fourré voisin.

» Il n’en est pas ainsi quand le crépuscule est arrivé ; alors ils sortent de leur léthargie, s’envolent légèrement et planent sans bruit à la lisière des bois et au bord des marais, s’approchant même quelquefois près des habitations voisines de leur demeure; ils se perchent à chaque instant sur les arbres morts, sur les pieux des parcs à bestiaux, et chaque fois font retentir les échos des forêts de leurs accents monotones et mélancoliques. Ils paraissent même très curieux, car nous n’avons pas dormi dans la campagne auprès de leur habitation sans les avoir vus se percher à plusieurs reprises sur l’arbre le plus voisin, comme pour faire retentir les environs de leur chant. Ce chant de rappel ou de contentement peut être exprimé ainsi : Guacouroutou-tou, ces deux derniers sont longtemps prolongés et d’un ton nasillard et fort. Un autre de leurs cris s’entend seulement dans la crainte ou dans la colère; c’est un ton aigu et cadencé. Un troisième son accompagné presque toujours du claquement du bec est un sifflement analogue qu’on peut produire en serrant les dents. Ces oiseaux, lorsqu'ils sont pris, ont les postures un peu moins ridicules que celles de l’effraie, maïs ils tournent aussi la tête d’une manière extraordinaire. Blessés, ils se renversent de suite sur le dos comme les oïseaux de proie diurnes et cherchent à se défendre avec leurs serres acérées ; ils ne marchent pas ou sautillent, lorsqu'on les force à se tenir à terre, car habituellement, ils ne se posent que pour dépecer la proie. S'ils voient peu le jour, la nuit ils paraissent découvrir les plus petits objets, et alors font une chasse abondante, d'autant plus que leur vol est si peu bruyant qu’ils ne réveillent pas les oiseaux qu’ils veulent saisir à l’improviste, ou qu'ils fondent plus facilement sur les petits mammifères, rongeurs et chauvessouris qui constituent le fond de leur nourriture ; ils se contentent de leur briser la tête d’un coup de bec et les avalent ensuite tout entiers avec les plumes et les poils, rejetant subséquemment en paquets les os, les poils et les plumes, qui ne peuvent pas se digérer. Ils nichent au plus épais des bois, sur les branches croisées et chargées de feuilles. Les naturels nous ont montré un nid voûté qu’ils nous disaient appartenir à cette espèce. Les habitants prétendent qu’elle pond deux œufs blancs et qu’alors le couple est très attentif pour la nichée. On élève facilement les petits dans les maisons; mais ils finissent toujours par se jeter sur les volailles, ce qui fait qu’on ne les conserve pas. »

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