‹ Ornithologie du PérouChapitre 41 sur 288 · TC · texte numérisé non relu

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( DU PHROU 193

Otus americanus, Jarp., Ann. Nat. H., XVII, p. 118 — Scr. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 116.

Rhinoptynx mexicanus, Kaup, Contr. Orn., 1859, p. 114.

Asio mexicanus, STRICKL., Orn. Syn., p. 208 —- SHARPE, Cat. B'Brit.Mus IE vp.251.

O. vivide rufus; in pileo el interscapulio nigricante maculaius, in dorso infero, scapularibus et tectricibus alarum nigricante vermiculalus el cinereo varius ; scapularibus externis tectricibusque majoribus el mediis maculis magnis sericeo albis; facie alba, vita nigra postauriculari marginala; circulo oculari et qula rufs; macula jugulari candida; peciore abdomineque rufis, ventre medio albo, flammulis brunneis variis ; remigibus rectricibusque brunneo rufoque lransfasciatis.

G' Ad. — D'un roux vif en dessus, varié au sommet de la tête et au dos de grosses flammèches noirâtres, dont celles du premier sont prédominantes et variées le long des bords de taches rousses; sur le reste ainsi que sur les scapulaires et les tectrices alaires le dessin noir est plus compliqué, composé de grosses vermiculations noirâtres très irrégulières et de grosses stries médianes; en outre, dans certains endroits, surtout au bout des plumes postérieures, la couleur blanchâtre ou cendrée remplace le roux; le long des scapulaires externes il y a une série de grosses taches d'un blanc soyeux, colorées en partie de roux; sur les grandes tectrices alaires et les moyennes de grosses taches elliptiques d’un blanc soyeux pur. Devant du visage blanc, bordé sur les côtés par une collerette noire suivie d’une autre roussâtre; partie gulaire de la collerette blanche; tout le côté inférieur de l'œil entouré d'une bordure d’un roux ferrugineux fort élargie par devant; menton blanc; gorge rousse, variée de quelques stries noirâtres; une grosse tache jugulaire d’un blanc soyeux pur; poitrine et flancs de l'abdomen d’un roux vif, milieu du ventre blanc, le tout varié de longues et grosses stries noirâtres; sous-caudales rousses marquées de quelques stries brunes. Rémiges rousses rayées en travers de brun; la partie terminale rousse est plus ou moins changée en cendré et maculée de brun; sousalaires roussâtres. Rectrices rousses, traversées de sept bandes noirâtres, à barbe externe dans toutes et les deux dans les médianes variées de taches irrégulières brunes sar un fond roux. Plumage des pattes roussätre sans taches. Bec noir; doigts noirâtres; ongles noirs; iris jaune. Huppes aussi longues et de la même forme que celles de l'O. vulgaris d'Europe; doigts garnis de plumules en dessus jusqu'à la dernière phalange ; côtés en partie dénudés.

Longueur de l'aile, 236; queue, 125 ; bec, 31; tarse, 45; doigt médian, 40; ongles, 19 millimètres.

Tumbez (coll. RAIMONDI).

ei (Pb)

-63. — Otus brachyotus

Strix accipitrina, PaLr., Reis. Russ. Reichs., I, p. 455.

Noctua minor, GM., Nov. Comp. Petrop., XN, p. 447, tb. XII.

Strix brachyotus, F Phil. Trans., LXII, p. 384 — Naum., Væg. Deut., I, p. 459, tb. XLV. (Hs Ale

Strix arctica, SPARRM., Mus. Carls., IT, tb. LI.

Strix ulula, Gm., L. S. N., I, p. 294.

Strix tripennis, SCHRANK, Faun. Boïica, 1, p. 112.

Strix palustris, Becast., Natg. Deut., I, p. 906.

Strix caspia, SHAW, Gen. Zool., VII, p. 272.

Strix ægolius, PALL., Zoogr. Ross. As., I, p. 309.

Strix brachyura, Nizs., Orn. Suec., I, p. 62.

Otus brachyotus, Srepx., Gen. Zool., XIIT, pt. IT, p.57 — D'ORr8., Voy. Amér. Mér., p. 134 — Tscx., Faun. Peru., pp. 20 et 121 — ScL. et SALV., Nomencl. Av. Neotr., p. 116.

Brachyotus galopagoensis, GouLp, P. Z. S., 1837, p. 10.

Otus galopagoensis, DARw., Voy. Beagle B., p. 32, tb. LIT.

Brachyotus palustris americanus, BP., Consp., I, p. 51.

Brachyotus Cassinii, BREWER, N. Amer. Ool., I, p. 68.

Asio sandwichensis, Bivrx, Ibis, 1863, p. 27.

Asio accipitrinus, Newr. et Varr., Brit. B., 1, p. 163 — SHaRPe, Cat. B. Brit. Mus., 1, p. 234.

O. supra brunneo fulvoque varius, sublus fulvus aut albidus, brunneo flammulatus; cristis minimis, parum distinclis; circulo circumoculari nigro; scapularibus externis el tlectricibus alarum mediis maculis magnis albis; remigibus rufis, brunneo transfascialis ; rectricibus rufescentibus, fasciis senis brunneis.

g' et © Ad.— La coloration des parties supérieures du corps composée d’un mélange du brun foncé du disque des plumes et du straminé roussâtre occupant largement leurs deux côtés, de sorte que les bandes de ces deux couleurs sont également larges sur la tête et le cou, tandis que le brun est prédominant au dos et sur les tectrices alaires ; le mélange de ces deux couleurs est plus compliqué sur les scapulaires postérieures; sur les scapulaires externes et sur les tectrices du milieu de l’aile il y a de grosses taches subarrondies d’un blanc soyeux; au sommet de la tête il y a deux petites huppes latérales composées de plumes un peu plus longues que les envi-

ronnantes et à peine distinctes quand l'oiseau les dresse; les plumes du visage blanchâtres, plus ou moins colorées de roussâtre ; tour de l'œil noir ; le front et le cercle facial variés finement de brun et de fauve blanchâtre ou roussâtre, gorge blanche; tout le dessous du corps roussâtre clair dans le plumage frais et blanchâtre dans le plumage pâli, varié de flammèches d’un brun foncé, larges sur le devant du cou et du haut de la poitrine, et fines sur l'abdomen; sous-caudales blanchätres uniformes. Rémiges d’un roux clair, rayées largement et terminées de brun; la page inférieure de l'aile blanche, à extrémité des rémiges brune, une ou deux raies voisines et une grande bande formée par une large extrémité des grandes tectrices primaires inférieures. Sur la queue d’un roux pâle et blanchâtre sur les rectrices externes cinq ou six raies. brunes; sur les médianes il y a souvent une tache brune au milieu de la bande claire des deux barbes. Plumage des pattes fauve ou blanc, immaculé. Le bec et la bordure des paupières sont noirs; ongles noirâtres ; iris jaune citron.

Les jeunes en premier plumage sont plus roussâtres et ont le tour de l'œil plus largement noir.

Les petits en duvet sont d’un blanc pur. Se couvrant de plumes, ils présentent une grande différence avec les adultes, et principalement en ce que leur dessous du corps est d’un fauve roussâtre uniforme sans taches; le haut de la poitrine est seulement tacheté de brun; le sommet de la tête noirâtre très peu varié de macules roussâtres; la région oculaire largement noire. Lorsque les plumes s’approchent de leur développement complet, les flammules foncées commencent à se montrer en dessous et deviennent enfin semblables en tout à celles des adultes.

Dimensions de l'oiseau de Tumbez de la collection de M. Raimondi :

Longueur totale, 345; vol, 811; aile, 330; queue, 150; bec, 30; tarse, 50; doigt médian, 32, ongle, 20; aile dépassant la queue de 31 millimètres.

Dimensions des oiseaux d'Europe :

d' Longueur totale, 360-370; vol, 1,020; aile, 304-310; queue, 160; bec, 29-33; tarse, 42; doigt médian, 30 millimètres.

Q Longueur totale, 380; vol, 1,045; aile, 312; queue, 160; bec, 33; tarse, 43; doigt médian, 33 millimètres.

Les œufs sont elliptiques, assez allongés ; longs de 40-43 millimètres sur 31-32,3 de largeur.

&« Nous ne l’avons rencontrée que dans les terrains ondulés ou dans les plaines rocaïlleuses, sablonneuses, arides ou couvertes de hautes graminées ; elle se cache quelquefois pendant le. jour au milieu de ces herbes. Le plus souvent elle dort peu dans la journée, car on la voit sans être poursuivie s'élever du milieu des herbes, s'envoler, planer longtemps, puis aller se poser sur un tertre, sur un petit buisson. ou dans les herbes, d’où elle repart dès qu’on s’en approche, même de très loin, et nous pouvons assurer qu’elle est beaucoup moins crépusculaire que les autres espèces de sa famille, puisque même dans la journée elle chasse encore lorsque le soleil n’est pas fort et paraît y voir parfaitement. Elle est toujours seule dans la campagne où elle marche au milieu des herbes; dès que le soleil se couche, avant même que le crépuscule soit arrivé, elle commence à la parcourir, faisant parfois entendre un chant mélancolique qui rompt d’une manière désagréable le silence sauvage de ces affreux déserts, et là se met à poursuivre les innombrables rongeurs qui peuplent

ordinairement ces contrées, faisant bien facilement sa chasse habituelle ; aussi le reste de la nuit continue-t-elle à faire retentir les échos de ses chants lugubres.

» Ses postures ordinaires sont celles de nos individus d'Europe; son vol est le vol commun à tous les oiseaux nocturnes, quoique avec plus de rapports avec celui de quelques oiseaux diurnes, surtout lorsqu'elle plane en tournoyant au-dessus des plaines à une hauteur de 15 à 20 pieds seulement. Elle se perche sur les rochers, sur les tertres et parfois sur les grandes plantes ou les petits et rares buissons des contrées qu’elle habite: tournant alors continuellement la tête tout autour d'elle avec inquiétude et défiance, elle répète son eri favori. Au dire des habitants qui parcourent plus fréquemment ces contrées, elle nicherait aussi entre les rochers, soit dans des terriers des mammifères » (D'ORBIGNY).

À ces détails sur les habitudes de cette chouette cosmopolite j'ajoute de ma part que d’après les observations que j’ai faites sur une nichée, aux environs de Varsovie, je suppose que pendant tout le temps qu’ils élèvent leurs petits, les parents restent dans la journée cachés à une petite distance du nid et ne se montrent pas volontiers pour ne pas trahir leur progéniture, et ce n’est que pendant la nuit qu’ils sont très actifs ; ils chassent continuellement et apportent la proie aux petits dans de courts intervalles. La ponte se compose de 6 à 10 œufs.

Pendant mon retour d'Afrique, j'ai eu l’occasion de remarquer que cette chouette voyage quelquefois en plein jour. C'était au milieu du trajet entre Philippeville et Marseille qu’une de ces chouettes s’approcha de notre bateau, dans l'intention de se percher sur les cordages, maïs inquiétée par la présence des spectateurs, elle tournoya plusieurs fois autour des mâts et se lança ensuite dans la direction de la Sardaigne. Cette circonstance m'a procuré aussi l’occasion d’estimer la vitesse de son vol, qui paraît être aussi lent: notre navire à vapeur, excellent marcheur, avança à toute voile, et quoique nous suivions la chouette dans presque la même direction, nous la perdimes de vue au bout de dix minutes.

464 — Strix perlatea

Licar., Verz. Doubl., p. 50 — n’Or8., Voy. Amér. Mér., p. 135 — Tscx., Faun. Peru., pp. 20 et 121 — Scr. et Sarv., P. Z.$8., 1873, p. 303 — Tacz., P. Z. S., 1874, p. 593; 1880, p. 212.

Giyphidiura perlata, GR., Hand List B. Brit. Mus., I, p. 52.

Strix flammea, var. americana, Cours, Key N. Am. B., p. 202.

Strix flammea, var. Guatemalæ, Rincw., N. Ain. B., UE, p. 11.

S. supra cinerea, fusco sublililer vermiculata, et albo nigroque maculata; sublus sericeo rufescens, nigro maculatla; facie rosea aut roseo albida, macula anteoculari nigra; circulo faciali rufo, inferne plus aut minus fusco brunneo ; remigibus rufis, fasciis nigricantibus, cinereo maculatis; cauda rufa, fasciis quaternis el maculis nigricantibus; pedibus gracilibus; digitibus nudis, pilosis.

g' et Q — Dessus du corps finement vermiculé, et tacheté de noirâtre et de cendré clair, et parsemé d’ocelles noirs, au milieu desquels il y a une tache blanche, fine, linéaire, atténuée au bout ou subtriangulaire ; le dessous

du corps est d’un roussâtre soyeux, plus ou moins intense ou pâle, parsemé de petites taches noires, irrégulières; la face est couverte de plumes rigides à barbes désunies, disposées en rayons autour de l’œil, d’une couleur rosée sale ou rosée blanchâtre entourée tout autour d’une collerette, composée de petites plumes serrées d’un roux plus intense que celui des parties environnantes et terminées d’un brun noirâtre dans la partie inférieure du cercle, formant une bordure très distincte du reste du plumage. Les tectrices alaires sont de la même couleur que le dos mélangée de roussâtre plus intense que celui du dessous du corps; rémiges rousses traversées de cinq raies noirâtres et maculées plus ou moins de cette dernière couleur sur les bandes rousses ; l'extrémité maculée de cendré et la barbe interne largement blanche dans sa partie basale; sous-alaires de la couleur de l’abdomen et parsemées également de taches noires. Queue roussâtre, traversée de quatre bandes noirâtres; les bandes rousses tachetées plus où moins de noirâtre, tandis que les foncées le sont de cendré ou de roussâtre, surtout sur la barbe externe; l'extrémité des rectrices fort ondulée de blanchâtre avec une tache blanche précédée d’une noire au bout même. Pattes longues et grêles, à tarse vêtu de plumes rousses jusqu'à la moitié de la longueur, puis de poils jusqu'aux doigts; les poils sur ces derniers plus petits et moins nombreux; chez les uns la jambe et le tarse sont sans taches, tandis que chez les autres individus ils sont tachetés de noirâtre. Bec carné grisâtre, à base tirant au violet très pâle; doigts et ongles gris; iris brun foncé presque noir.

© Longueur totale, 370; aile, 310; queue, 120; bec, 43; tarse, 70; doigt médian, 32; ongle, 21 millimètres.

Le mâle que Stolzmann a mesuré a eu 347 millimètres de longueur totale,

Les oïseaux péruviens que J'ai vus de Monterico et de Cutervo (9,000 pieds d’altitude) ont la nuance des parties inférieures du corps aussi jaune que chez les oiseaux de l’Europe Centrale; ils diffèrent cependant par la coloration des parties supérieures, dont le dessin foncé est beaucoup moins délicat et les macules blanches plus grosses, ce qui fait que le fond cendré est beaucoup moins net et réduit à une fine vermiculation ; le dessous du corps plus fortement parsemé de macules noires ; la partie inférieure de la collerette est plus ou moins d’un brun foncé; les rémiges maculées et barrées d’une manière différente. Mais ce qui distingue le plus cette chouette de la race européenne, c’est la hauteur des pattes, dont le tarse est plus long de 5 à 15 millimètres, ce qui frappe au premier coup d’œil. Les ailes sont aussi plus longues; chez un exemplaire de Cayenne elle excède de 45 millimètres l’aile des individus européens.

Parmi les oiseaux de Cayenne la majorité paraît être d’un blanc presque pur en dessous et plus ou moins roux en dessus; les individus roux en dessous ont cette nuance plus pâle que chez les oiseaux des montagnes péruviennes.

M. Jelski a observé cette chouette dans une grotte aux environs de Lima, à Monterico, à Junin, Pumamarca, Auquimarca, Ropaybamba et Cajamarca ; Stolzmann à Cutervo. Selon les deux voyageurs elle se tient principalement dans les églises et dans les grottes des rochers. Immédiatement après le coucher du soleil elle se rend dans les champs pour chasser aux souris. Elle niche souvent à Cutervo dans les trous pratiqués par le Colaptes Stolzmanni.

Xeveros, Nauta (BARTLETT). — Tschudi dit lavoir souvent observée dans les plantations de la côte où elle niche souvent dans les trous des hautes murailles.

« L’effraie paraît ne vivre qu’où l'homme a commencé à bâtir les édifices; elle doit donc le suivre partout, ce qui la fait s'étendre peu à peu sur tout le sol américain. Une chose qui nous à cependant étonné dans cette espèce, c’est cette facilité même à s'établir en tous lieux; en effet, si dans un endroit désert, sans roches, aux environs duquel il ne peut y avoir aucune effraie, endroit souvent séparé des habitations par une très grande étendue de terrains sauvages ; si dans un tel endroit, disons-nous, on établit une ville ou seulement un grand village, il ne se passera pas deux ans avant qu'un couple d’effraies ne vienne prendre possession des nouveaux édifices sans qu'on sache comment il aura pu s’y rendre et franchir l’espace qui le séparait de son nouveau séjour. C’est surtout au milieu de ces immenses plaines inondées de la province de Moxos, en Bolivie, que nous avons été frappé de cette idée ; rencontrant partout des effraies dans des missions modernes séparées souvent des autres par une traite de cinquante lieues de maraïs ou de terrains inondés où l’effraie pouvait difficilement vivre.

» On doit donc supposer que la nuit elle s'éloigne beaucoup de sa demeure habituelle ou qu’elle voyage plus que ne le font d'habitude les espèces d'oiseaux de proie ordinaires; on pourrait encore supposer que les jeunes couples chassés du lieu de leur naïssance par leurs parents dès qu'ils sont en âge de pourvoir à leur existence, ne pouvant pas vivre dans le même édifice ou ne trouvant pas d’édifices voisins, errent longtemps dans les campagnes jusqu’à ce qu'ils aient rencontré un lieu habité où ils puissent se fixer. Ces faits expliqueraient peut-être cette migration journalière ; néanmoins dans nos voyages nous n’avons jamais rencontré l’effraie au milieu des bois, et si nous l’avons aperçue loïn des habitations, c’est dans des endroits où des rochers caverneux viennent remplacer les édifices; mais ces localités sont rares et ne pourraient en rien expliquer ce qui se passe au milieu des plaines des pampas, non plus que la manière dont vivaient ces oiseaux, lorsque, avant la conquête, de simples huttes d’Indiens ne leur permettaient pas defaire société avec l’homme, habitant primitif de ces contrées.

» Nous ne nous étendrons pas beaucoup sur les mœurs des effraies en Amérique ; elles sont en tout les mêmes qu’en Europe où ces oiseaux sont connus de tout le monde. De même elles se cachent dans les églises, dans les ruines, dans les trous de rochers; de même elles sont tellement nocturnes qu’elles ne sortent que lorsque le crépuscule est déjà très sombre et chassent alors aux petits mammifères, tels que les rongeurs et les chauves-souris. Elles saisissent aussi quelquefois les jeunes poulets dans les basses-cours. Aïnsi que les effraies européennes, celles d'Amérique sont craintives, sauvages et bizarres dans leurs postures. Elles pondent également quatre à cinq œufs blancs dans les trous des rochers et dans les églises; leur cri encore est identique ; aussi soit que les superstitions répandues en Europe dans la classe peu éclairée aient été transportées en Amérique, soit que ces superstitions appartiennent originairement au pays, on les retrouve partout. Depuis l'Espagnol jusqu’à l’Indien, tous craignent d'entendre l’effraie attrister de son chant les environs lorsqu'elle se pose sur une maison ; comme en Europe, ce chant est profondément mélancolique

lorsque l'oiseau est au repos: il se change en un sifflement aigu quand il s’irrite

où quand il à peur » (D'ORBIGNY).

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FAMILLE STEATORNITHIDÆ

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