ORPHÉE, EURIDICE
Oi-phée amène Euridice par la main, sans la regarder.
Viens, viens, Euridice, suis-moi, Unique et doux objet de l'amour le plus tendre.
EURIDICE
C'est toi je te voiî...
Ciel! devais-je m'attendre
Oui, tu vois ton époux ; j'ai voulu vivre encor, Et je viens t'arracher au séjour de la Mort. Touché de mon ardeur fidèle, Jupiter au jour te rappelle.
EURIDICE
Quoi f je vis, et pour toi ?
Ah 1 grands dieux, quel bonheur l
Euridice, suis-moi.....
Profitons sans retard de la faveur céleste ;
Sortons, fuyons ce lieu funeste .
Non, tu n'es plus une ombre, et le dieu des amours
Va nous réunir pour toujours I
EURIDICE
Qu'entends-je! ah ! se peut-il I heureuse destinée! Eh quoi! nous pouvons resserrer D'amour la chaîne fortunée ?
Oui : suis mes pas sans différer.
Il quitte la main d' Euridice.
EURIDICE
Mais par ta main, ma main n'est plus pressée... Quoi I tu fuis ces regards que tu chérissais tant ! Ton cœur pour Euridice est-il indifférent ? La fraîcheur de mes traits serait-elle effacée ?
ORPHÉH:, à part.
0 Dieux ! quelle contrainte !
Haut.
Euridice, suis-moi...
Fuyons de ces lieux, le temps presse, Je voudrais t'exprimer l'excès de ma tendresse...
A part.
Mais, je ne puis ! ô trop funeste loi !
EURIDICE, teudreraeril,
Un seul de tes regards!...
ORPHKE
Tu me glaces d'effroi I