‹ Orphée-roi. Ed. décorée de compositions originales gravées sur voisChapitre 16 sur 67 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Kntendre un chant qui ne soit pas le mien !

Ho! bruits d'hommes... Tumulte et insultes ! Ils me traquent jusqu'au fond de mon silence.

Non... C'est plus doux... Mousse froissée... Rosée secouée... C'est plus f urtif que le galop d'un chacal. On glisse...

Des pieds nus à peine posés... Ce ne sont pas les hommes... Ce ne sont pas mes bêtes familières... Ni la course du vent dans les taillis...

Il s'en vient vers moi quelque chose d'ignoré, d'inouï...

Paraît EURYDICE

Elle s'arrête d'un bond, interdite. lU \se déifiéagent et s'épient L'un l'autre, sauvagement.

Puid Eurydice balbutie :

D'où je viens? Pourquoi je viens? JVlon père m'a dit...

Il m'a dit... Oh! voici ta Lyre. Comme elle est grande et courbée ! Elle a des cordes bien tendues...

Elle a des cordes nombreuses : quatre, et huit et douze... Douze cordes, est-ce donc permis ?

ELU aisance.

Puis-je la prendre? La soulever?

se dreddant à demi, fait un ^edte..,

EURYDICE

... Non?

Tu ne veux pas. Est-elle lourde? — Je sais un peu jouer aussi ; sur le tétracorde... Mon père, quand les doigts lui pèsent, je joue pour lui devant des chefs.

C'est pourquoi il m'a enseignée...

Toi, qui t'enseigna? Qui fut ton maîtrej?

On dit que tu charmes les bêtes velues et que tu fais danser les pierres...

On dit parmi les villages... — Est-ce vrai que tu es tombé du ciel ?

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