ACTE DEUXIÈME Zj
LA MÉNADE
Non pas ! Il est fort. Mais si peu raisonnable... Cette servante, — la vagabonde qu'il ramena du fond de la montagne...
LE GUERRIER La fille du vieux fou ?
LE PRÊTRE Eh bien ! Qu'on la chasse à présent.
LA MÉNADE C'est elle qu'il prend pour épouse !
LE PRÊTRE Comment sais-tu...
LA MÉNADE
Je le guette chaque nuit. Il passe là-bas toutes les nuits au bord du fleuve, en chantant, toujours suivi d'elle.
Il s'arrête, il s'allonge au bord du fleuve
et la caresse d'une voix si puissante et si douce que toute femme envierait d'être làbas étendue auprès de lui.
LE PRÊTRE Que répond-elle ?
LA MÉNADE
Elle ouvre les yeux ; elle ne sait que dire. . . Une autre, plus ingénieuse, répondrait.
LE GUERRIER Tu voudrais bien être. . .
LA MÉNADE
Non. Il donne peur avec son grand air magique.
LE PRÊTRE
Ce n'est pas un magicien. C'est le Roi : l'Oracle est indiscutable.
LE GUERRIER Je n'ai pas compris. Mais je vois clair :