PROLOGUE
ont la couleur de rairain doré. Sa poitrine est large. Il doit mener bien les troupeaux : il mènera bien les hommes.
Toi, conduis-nous. Nous devons saisir et saluer cet homme.
LE VIEILLARD Oh ! l'approcher ! Lui parler ! Je vous dis qu'il va s'enfuir.
L'UN Non pas, quand il saura ce que nous portons.
LE VIEILLARD Quoi ? et qui êtes-vous ?
L'UN Vois donc.
L'un et L'autre se dépouillent de leurj manteaux de peaux de bêted.
LE VIEILLARD
Tu es paré comme un Prêtre avant l'hommage!
lo ORPHEE-ROI
Et toi, armé comme un Guerrier de cortège triomphal...
Que voulez-vous faire de [Lui?
LE GUERRIER Conduis-nous.
LE VIEILLARD
Je n'ose pas. Je ne veux pas. S'il se taisait! S'il disparaissait !
Vous ignorez s'il est mortel ou non ?
Ecoutez-le : écoutez encore : jamais fils de la sourde Terre et du Ciel muet, jamais être conçu d'un être...
S'il se taisait! Oh ! soyez pitoyables à ma vieillesse qu'il réjouit : je ne peux plus vivre ailleurs que dans l'air vivant de sa voix.
LE GUERRIER
Tu ne peux pas nous résister : conduisnous !