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MEXICAINS ET PÉRUVIENS

Pérou, une tradition les faisait sortir des pierres et des rochers; mais la conception du héros civilisateur se retrouve aussi là.

3. Avant la conquête espagnole, le Mexique et le Pérou étaient parvenus à une culture élevée. Les Mexicains avaient des temples, des pyramides, des tombeaux, des palais, un calendrier solaire et une écriture hiéroglyphique encore partiellement à déchiffrer. Bien qu'honorant aussi des dieux sous forme animale, oiseaux et serpents, ils en adoraient déjà sous forme humaine. Le dieu principal des Toltèques, héros civilisateur, était un ami des hommes, comme l'Osiris égyptien, qui leur enseigna à vivre en paix; puis il disparut, mais pour revenir un jour. Le dieu des Aztèques était une sorte de Mars, belliqueux et implacable, exigeant des victimes humaines. Sa religion, à la fois cruelle et ascétique, avait de quoi réjouir les Espagnols, d'autant que les couvents d'hommes et de femmes abondaient. Ce qui frappa surtout les conquérants fut une cérémonie analogue à leur communion. Au moment de la fête d'hiver, on fabriquait une image en pâte du dieu ; puis il était mis à mort en effigie et la pâte distribuée aux assistants qui la mangeaient. On sacrifiait aussi de jeunes nobles, choisis un an à l'avance, c'est-à-dire qu'on les assimilait au dieu par des rites avant de les mettre à mort. L'idée de la dignité éminente de la victime, ainsi divinisée en vue du sacrifice, est très répandue dans les deux mondes; mais, aux yeux des Espagnols, ces ressemblances grossières avec le christianisme ne pouvaient s'expliquer que par une ruse du démon.

4. Le Pérou était moins avancé que le Mexique, parce qu'on y ignorait l'écriture; on correspondait à l'aide de quipos, cordelettes à nœuds de différentes couleurs. Cependant les Péruviens avaient fait des observations astronomiques; ils possédaient des calendriers solaire et lunaire. Le gouvernement était tout à fait théocratique. La tribu dominante, celle des Incas, exerçait à la fois le pouvoir religieux et politique; le temple du Soleil ne s'ouvrait qu'à eux. Ils se donnaient pour ancêtres un couple civilisateur d'enfants du Soleil, Manco Capac et Marna Oello. L'Inca régnant incarnait l'astre du jour; c'était le pape du royaume solaire. Des couvents recevaient des filles nobles, épouses du Soleil, qui, pareilles aux Vestales de Rome, se consacraient à son culte. Ce culte était moins cruel qu'au Mexique; on immolait surtout des lamas domestiques et des oiseaux de proie. Ce qui subsistait de totémisme, au x vie siècle, était subordonné à la religion du Soleil.

5. Parmi les tribus encore à demi barbares du Mexique, de l'Amérique centrale, du Brésil, etc., les voyageurs, tant anciens que modernes, ont observé des usages et des croyances qui relèvent du totémisme et de la magie. Rien de plus curieux, pour ne citer qu'un exemple, que la magie de la prière chez les Indiens Huichols du Mexique : figurer les divinités est, à leurs yeux, un des moyens les plus efficaces de les prier ; on les prie rien qu'en parlant d'elles, en racontant leurs mythes; tout ex-voto déposé dans un temple est une prière, incorporée dans un objet matériel. Une autre tribu mexicaine, celle des Zunis, a fourni

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les exemples les plus frappants de totémisme compliqué de fétichisme, car le fétiche est l'intermédiaire, le médiateur entre le Zuni et son dieu animal. Les Zufiis ont aussi une cosmogonie, un récit de la création du monde, et des initiations ou mystères compliquésqu'on a pu comparer à ceux des Grecs.

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