LE SIONISME
Karaïtes russes, ils n'ont jamais été molestés; mais aucun juif ne peut se convertir au karaïsme.
85. Un des résultats des persécutions a été de donner une vie nouvelle à la vieille chimère du retour des juifs en Palestine, destinée à devenir un État juif de refuge; c'est le but que poursuivent les Sionistes. Une autre société, celle des Territorialistes, cherche seulement un territoire quelconque où les juifs persécutés puissent s'établir en masse et former un corps politique. Plus pratiques et moins ambitieuses, l'Alliance israélite universelle (1862) et d'autres sociétés analogues à Londres, à Berlin et à Vienne s'occupent du relèvement des juifs orientaux par la création d'écoles; une société anglaise, fondée par le riche financier Maurice de Hirsch, crée des colonies pour les persécutés dans la République Argentine, au Brésil et au Canada. L'émigration vers les États-Unis est devenue si considérable depuis 1881 que New- York est aujourd'hui, avec ses 850 000 Israélites, la véritable métropole du judaïsme.
86. Les juifs ne font pas de prosélytisme, mais on en fait beaucoup parmi eux. Ceux qui se convertissent au christianisme sont ou bien des mendiants astucieux, qui acceptent le baptême plusieurs fois plutôt qu'une, ou bien des jeunes gens pauvres, mais laborieux, que les lois restrictives empêchent de fréquenter les écoles et de gagner leur pain (surtout en Russie) ; ou enfin des riches qui, ne croyant à rien, achètent par le baptême le droit de se faire mal recevoir dans les salons. Leurs enfants sont généralement antisémites.
BIBLIOGRAPHIE
Les sources d'information les plus abondantes sont les encyclopédies et dictionnaires bibliques de Smith, Cheyne, Hastings, Vigouroux, l'Encyclopédie de théologie protestante de Hauck (3° éd., allem.) et la Jewish Encyclopedia (angl.). L'ouvrage de S. Munk, La Palestine, quoique vieux (1845), reste admirable et indispensable. Il y a un Dict. de la Bible illustré, en un seul vol., publié par Piercy en 1908 (anglais).— On peut se tenir au courant avec la Revue biblique et la Revue des Études juives.
E. Meyer, Die Israeliten und ihre Nachbarstâmme, 1906; M. Nicolas, Éludes critiques sur la Bible, t. I, 1862; Piepenbring, Hist. du peuple d'Israël, 1898; E. Renan, Hist. du peuple d'Israël, 3 vol., i887-i894;Wellhausen, Proie gomena^ur Geschichte Israëls, 5e éd., 1904 (cf. Renan, Journ. des Sav., 1886, p. 201); Robertson Smith, The relig. of the Sémites, 3° éd., 1904.
6. — E. Reuss, La Bible, 17 vol., 1877-1881 (trad. avec introd. et commentaires;- indispensable pour toute étude sérieuse); E. Kaulzsch, Die heiligen Schriften des A. T., 3» éd., 1908; Die Apokryphen und Pseudepigraphen des A. T., 2 vol., 1900 (trad. allemandes de textes qu'on ne trouve pas traduits ailleurs); Now-ao-k. Hand-Commentar ;um allen Testament, 1901 et suiv.—Pout l'usage courant, une Bible protestante a 1 franc peut suffire; se métier de la Bible de Lemaistre de Sacy.