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LES MIRACLES

ni ne boirait plus avec eux que dans le royaume des cieux. » (i) La doctrine du péché et de la justification est également absente de l'enseignement de Jésus dans les Évangiles (2). L'idée de la rédemption ne paraît que dans des passages interpolés, sous l'influence de la prédication de saint Paul.

25. Les miracles que la tradition évangélique attribue à Jésus sont des exorcismes (expulsions de démons) ou des allégories (la multiplication des pains, la transformation d'eau en vin aux noces de Cana). Le miracle le plus complet, la résurrection de Lazare qui sentait déjà, est lui-même allégorique; d'ailleurs, il se lit seulement dans saint Jean. S'il y avait eu là un fait réel, même embelli et transformé par la tradition la plus ancienne, il serait inexplicable que les Synoptiques n'en eussent rien dit.

26. Le miracle de la résurrection de Jésus est raconté, par les Synoptiques, avec des variantes inconciliables. La découverte du tombeau vide est d'autant moins digne de foi que Jésus, s'il a été livré au supplice, a dû être jeté par les soldats romains dans la fosse commune. La fin de Marc (16, 9-20), est, comme nous l'avons vu (p. 325) , une addition postérieure, qui manque dans les bons manuscrits. « La tradition suivie par le rédacteur du premier Évangile est celle du Marc authentique, d'après laquelle les apparitions principales ont eu lieu en Galilée, celles que Luc et Jean placent à Jérusalem, le jour de la résurrection, étant

(1) Loisy, Réflexions, p. 90.

(2) Loisy, Évangile et Église, p. 199.

discours prêté à saint Pierre par les Actes (2, 22), Jésus est seulement un homme divin, que Dieu a ressuscité et qu'il a élevé à sa droite. Enfin, il n'y a pas trace que les juifs aient accusé Jésus de s'être dit Dieu. « C'est seulement dans l'Évangile de Jean que les discours et les miracles du Christ tendent à prouver sa mission surnaturelle, son origine céleste et sa divinité. Cette particularité sert à montrer le caractère théologique et non historique du quatrième Évangile. » (1)

23. Jésus n'a pas désigné Pierre comme le chef de son église, il n'a pas « institué la papauté ». Le passage de Matthieu (16, 18) : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église...; je te donnerai les clefs du royaume des cieux, etc. » est une évidente interpolation, faite à une époque où il y avait déjà une Église séparée de la Synagogue. Dans les passages parallèles de Marc (8, 27-32) et de Luc (9, 18-22), il n'y a pas un mot de la primauté de Pierre, fait que Marc. qu'on dit disciple de Pierre, n'aurait pu omettre s'il en avait eu connaissance. L'interpolation est postérieure à la rédaction de l'Évangile de Luc.

24. Jésus n'enseigne aucun dogme, ni rien qui ressemble aux sacrements de l'Église. Baptisé par saint Jean, il ne baptise lui-môme personne. Les paroles fameuses : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » n'appartiennent pas à la tradition primitive sur la dernière Cène. « Jésus a seulement présenté le pain et le vin à ses disciples, en leur disant qu'il ne mangerait

(1) Loisy, Réflexions, p. 69.

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