‹ Orpheus; histoire générale des religionsChapitre 157 sur 283 · Paul emprisonné à Césarée · texte numérisé non relu

Paul emprisonné à Césarée

63. Paul à Rome, où il est mis en prison. 64 (?) Mort de Paul à Rome.

56. Le groupe des lettres attribuées à saint Pierre à saint Jean, à saint Jude et à saint Jacques SfajpptÊH Épîtres catholiques, parce qu'elles sont destinées i l'université des fidèles. Aucune d'elles n'est authentique. La première de Pierre, datée de Babylone est toute paulinienne d'esprit; elle a été fabriquée poui faire croire que Pierre avait vécu à Babylone (le vieus Caire) et que cette communauté était plus ancienne que celle d'Alexandrie, qui se réclamait de saint Marc,

LES ÉPÏTRES CATHOLIQUES 351

t L'auteur a dépassé son but et a contribué à accréditer

fc a. légende de la venue de saint Pierre à Rome, qui

t j'appelle Babylone dans l'Apocalypse. Il va de soi

ri que cette désignation satirique, compréhensible dans

il une invective, serait absurde dans l'intitulé d'une

lettre. La seconde épître de Pierre est également

fj gréco-égyptienne, très voisine de l' Évangile apocryphe

dit de Pierre. Les trois lettres dites de Jean sont

probablement du même Jean que l'Évangile, mais non

de l'apôtre; dans les deux dernières, l'auteur se qualifie

lui-même d'ancien (presbytre). La lettre de Jude est

une petite homélie contre les hérétiques, écrite en

Egypte après l'an ioo, dans le même ton que la seconde

de Pierre ; elle ne saurait être de son prétendu auteur,

Jude, le frère de Jésus. L'épître de Jacques maintient

la doctrine du salut par les œuvres, à l'encontre de la

théorie de Paul; c'est pourquoi Luther l'a qualifiée

dédaigneusement d'épître de paille. Saint Jérôme

savait déjà qu'elle n'était pas du frère de Jésus.

57. Un de ces faux a été l'objet d'une interpolation postérieure, due peut-être à l'espagnol Priscillien (vers 380) . Au chapitre v de la première épître de Jean on lit ceci : « Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois sont un. » Ces deux versets, s'ils étaient authentiques, affirmeraient le dogme de la Trinité dès le premier siècle, alors que les Évangiles, les Actes et saint Paul n'en savent rien. En 1806 seulement, on démontra que ces versets étaient interpolés, parce qu'ils manquent dans les meilleurs manuscrits, en particulier dans tous les manuscrits grecs jusqu'au XVe siècle. L'Église

romaine refusa de s'incliner devant l'évidence : « Con ment, disait-on, si ces versets sont interpolés, l'Espr Saint, qui guide et dirige l'Église, a-t-il permis qv. pendant des siècles cette haute affirmation de 1 Trinité fût regardée comme authentique et inséré dans l'édition officielle des Livres Saints? » (i) L Congrégation de l'Index, le 13 janvier 1897, défendr avec l'approbation de Léon XIII, de révoquer e doute l'authenticité du texte « des trois témoins ce lestes. » Elle a montré par là une ignorance voulu qui tombe sous le coup de la parole de saint Grégoire « Dieu n'a pas besoin de nos mensonges. »

58. L'Apocalypse ou Révélation de saint Jea: aurait été écrite, suivant la tradition, dans l'île d Patmos, où Jean avait été relégué par Domitien. Ces une glorification de l'Agneau (Jésus) et une prédictioi de la ruine de Rome, qualifiée de « grande Babylone mère des abominations de la terre » (17, 5) a enivrée du sang des martyrs » (17, 6). Au bout d( 1000 ans, après le triomphe de l'Église, les mort: ressusciteront, Satan sera délivré de sa prison e1 Dieu fera descendre le feu du ciel; c'est là l'origine des croyances dites millénaristes, qui ont séduit de nombreux illuminés. L'Apocalypse ne peut être l'œuvre de l'apôtre Jean, mais il est possible qu'elle soit de la même main que le quatrième Évangile et les trois épîtres dites johanniques. Le rédacteur a du reste mis en œuvre des documents plus anciens. Le fond est une diatribe juive contre Néron, qui paraît désigna

(1) Voir Houtin, Question biblique au XIX* siècle, p. 220.

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