‹ Orpheus; histoire générale des religionsChapitre 158 sur 283 · L'APOCALYPSE · texte numérisé non relu

L'APOCALYPSE

!r*ar le « chiffre de la Bête », 666, somme des lettres du m 10m de l'empereur, suivant leur valeur numérale en h lébrcu (13, 18); mais le remaniement chrétien a

)ien eu lieu sous Domitien — qu'on appelait le Néron h-hauve — en 93, car il y est question de la grande crise

les vins résultant d'une mévente (6, 6) qui, d'après : es textes païens, se place en 92.

59. L'auteur de la Révélation se dit Jean l'apôtre t s'adresse aux sept Églises d'Asie; comme il n'est

pas l'apôtre Jean, qui mourut peut-être en Palestine vers 66, c'est un faussaire. Au milieu des folies qui remplissent ce livre, il y a quelques phrases sublimes qui ont conquis droit de cité dans toutes les littératures; mais l'ensemble est l'œuvre de plusieurs énergumener. L'Église a fait quelque difficulté avant d'admettre cet écrit dans son canon; le nom seul de Jean l'y a décidée.

60. Depuis 1892, nous possédons une grande partie d'une Apocalypse attribuée à l'apôtre Pierre, découverte en Egypte, six ans plus tôt, avec l'Évangile dit de Pierre. C'est un: vision des récompenses et des peines de l'autre monde, datant de l'an 100 environ et intéressante comme le premier essai d'eschatologie (science des choses dernières) dans le christianisme. Les sources en sont juives et grecques populaires; il y a des analogies frappantes avec les doctrines orphiques. L'auteur était un juif d' Egypte, hellénisant et assez instruit; cette Apocalypse doit être sortie de la même officine que les deux lettres de Pierre et son Évangile, qui sont aussi des faux gréco-égyptiens.

61. Quelques ouvrages, qui n'ont pas été inclus dans le canon, ont néanmoins exercé une trop grande

romaine refusa de s'incliner devant l'évidence : « Comment, disait-on, si ces versets sont interpolés, l'Esprit Saint, qui guide et dirige l'Église, a-t-il permis que pendant des siècles cette haute affirmation de la Trinité fût regardée comme authentique et insérée dans l'édition officielle des Livres Saints? » (i) La Congrégation de l'Index, le 13 janvier 1897, défendit, avec l'approbation de Léon XIII, de révoquer en doute l'authenticité du texte « des trois témoins célestes. » Elle a montré par là une ignorance voulue qui tombe sous le coup de la parole de saint Grégoire : « Dieu n'a pas besoin de nos mensonges. »

58. L'Apocalypse ou Révélation de saint Jean aurait été écrite, suivant la tradition, dans l'île de Patmos, où Jean avait été relégué par Domitien. C'est une glorification de l'Agneau (Jésus) et une prédiction de la ruine de Rome, qualifiée de « grande Babylone, mère des abominations de la terre » (17, 5), « enivrée du sang des martyrs » (17, 6). Au bout de 1000 ans, après le triomphe de l'Église, les morts ressusciteront, Satan sera délivré de sa prison et Dieu fera descendre le feu du ciel; c'est là l'origine des croyances dites millénaristes, qui ont séduit de nombreux illuminés. L'Apocalypse ne peut être l'œuvre de l'apôtre Jean, mais il est possible qu'elle soit de là même main que le quatrième Évangile et les trois épîtres dites johanniques. Le rédacteur a du reste, mis en œuvre des documents plus anciens. Le fond est une diatribe juive contre Néron, qui paraît désigné

(1) Voir Hou tin, Question biblique au XIX* siècle, p. 220.

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