DE LA SIXIÈME ÉDITION
Cette nouvelle édition a été corrigée avec grand soin; beaucoup de lecteurs compétents m'y ont aidé.
La critique, en faisant bon accueil à mon livre, a parfois regretté de n'y point trouver ce que je n'avais ni l'intention ni le devoir d'y mettre, une suite d'études sur l'évolution du sentiment religieux. J'ai indiqué ce que je cro'S être les principes communs de toutes les religions à leur origine et j'ai essayé d'en retracer brièvement l'histoire ; mais comment aurais-, e pu, en quelques pages, exposer la religion complexe de Platon, celle de Spino\a, de Pascal et de Lamennais?
Il me semble, d'ailleurs, que tout sentiment religieux, tout mysticisme, quoi qu'y ajoutent la philosophie et la littérature, révèle, à l'analyse, la présence des facteurs que j'ai mis en lumière dans /'Introduction : l'animisme, tes scrupules et la magie. Si la magie est la science non encore laïcisée, il n'est pas étonnant que la religion ait longtemps paru promettre aux hommes ce que la science leur fait espérer plus timidement aujourd'hui : « un idéal de société bonne et de conscience satisfaite », suivant l'expression de l'abbé Loisy dans sa leçon d'ouverture au Collège de France (3 mai n/og).
Saim-G.rmaii, .ornai 1909. S. R»