‹ Orpheus; histoire générale des religionsChapitre 216 sur 283 · CALVIN ET SERVET · texte numérisé non relu

CALVIN ET SERVET

>rme des prières et des prêches; il institua même une îridiction consistoriale avec droit d'excommunicaion. » La Réforme avait sans doute raison de fermer ?s couvents; mais Calvin tendait à les rétablir sous Drme laïque et même à transformer en couvent tout n canton.

21. Un médecin espagnol, Michel Servet, qui avait ntrevu la circulation du sang avant Harvey et s'était listingué par son courage dans une épidémie à Vienne Dauphiné), avait, de cette ville, écrit à Calvin sur la Trinité. Ils différaient d'avis là-dessus ; ils discutèrent, puis s'injurièrent. « Calvin eut par trahison les feuilles d'un ouvrage que Servet faisait imprimer secrètement. Il les envoya à Lyon avec les lettres qu'il avait reçues de lui, action qui suffirait pour le déshonorer à jamais. Calvin fit accuser Servet par un émissaire : quel rôle pour un apôtre ! Servet, qui savait qu'en France on brûlait sans miséricorde tout novateur, s'enfuit tandis qu'on lui faisait son procès. Il passe malheureusement par Genève; Calvin le sait, le dénonce. » Pourtant, Calvin n'était pas le monstre d'intolérance qu'on a dit. Il écrivait, peu de temps ivant le procès de Servet : « En cas que quelqu'un soit hétérodoxe, nous ne croyons pas que ce soit une raison pour rejeter cet homme; nous devons le supporter sans le chasser de l'Église et sans l'exposer à aucune censure :omme un hérétique. » Servet fut jugé par le Conseil ie Genève, corps élu. indépendant de Calvin; le réquisitoire fut même rédigé par un membre du parti inticalviniste. Le 26 août 1553, Calvin écrivait à son ami Farel, qui avait tenté d'obtenir la rétracta-

tion de Servet : « J'espère qu'il sera condamné, mais j< désire que l'atrocité de la peine lui soit remise. » El Ae 26 octobre : « Demain il sera conduit au supplice; nous nous sommes efforcés de changer son genre de mort, mais en vain. » Le Conseil avait en effet décidé, le 25 octobre, que Servet serait brûlé vif à Champel. Il supporta sa peine avec une stoïque résignation. Le Ier novembre 1903, les calvinistes de Genève ont élevé un monument à la mémoire du savant martyr. Ce crime genevois doit être jugé comme ceux de la Terreur; ce fut un fruit de l'éducation intolérante donnée par l'Église romaine à l'Europe.

22. Voltaire remarque que certaines lettres de Luther ne respirent pas un esprit plus pacifique que celles de Calvin; mais les protestants répondent « qu'ils croient suivre les dogmes de la primitive Église, qu'ils ne canonisent point les passions de Luther et de Calvin ». Et Voltaire ajoute : « Cette raison est sage. L'esprit de philosophie a enfin émoussé les glaives. Faut-il qu'on ait éprouvé plus de deux cents ans de frénésie pour arriver à ces jours de repos! » Quand Voltaire écrivait cela, les jours de frénésies nouvelles n'étaient pas loin.

23. Tous les éléments de la Réforme existaient en Angleterre depuis Wycleff; il fallut le caprice d'un prince pour les amener à maturité.

24. « On sait que l'Angleterre se sépara du pape parce que le roi Henri VIII fut amoureux. Ce que

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